Thursday, December 24, 2009

Sur Pie XII, S. Klarsfeld se rapproche-t-il des révisionnistes ?


Première surprise : Serge Klarsfeld vient de prendre la défense de Pie XII. Seconde surprise : il le fait en utilisant au passage un argument de nature quelque peu révisionniste. Pour ma part, j’ai écrit en 2002 et répété en 2009 :

1) « Favorable aux Alliés et secourable aux juifs, le pape Pie XII était aussi révisionniste. C’est précisément son scepticisme de révisionniste, et non pas une quelconque ignorance des faits, qui explique son silence sur la prétendue extermination physique des juifs, sur les prétendues chambres à gaz nazies et sur les prétendues six millions de victimes juives de ce qu’on appelle aujourd’hui ‘l’Holocauste’ ou ‘la Shoah’ » (début de la préface de : Le Révisionnisme de Pie XII, 2002, nouvelle édition en 2009, 131 p., à commander à Akribeia, 45/3, Route de Vourles, 69230 Saint Genis Laval, 15€, port compris.) ;

2) « Son scepticisme en la matière s’apparentait, avec encore plus de netteté, à celui des hauts dirigeants alliés pendant la guerre. Ces derniers, dans leurs diatribes antinazies, flétrissaient assurément ‘l’extermination’ des juifs mais avec l’enflure rhétorique des discours de guerre, et seulement dans un sens général et traditionnel; c’est ainsi que par ‘extermination’, ils entendaient excès, mauvais traitements, exécutions massives, famine. En août 1943, ils avaient failli aller plus loin et parler de ‘chambres à gaz’ mais, à Londres, le Foreign Office et, à Washington, le State Department, inondés de propagande juive, décidaient d’un commun accord, le 29 août 1943, que les preuves étaient insuffisantes (insufficient evidence) pour parler de chambres à gaz d’exécution. Dans le même esprit, pendant et après la guerre, dans leurs discours comme dans leurs mémoires, Churchill, Eisenhower et De Gaulle se sont gardés de mentionner les prétendues chambres à gaz ou les prétendus camions à gaz des nazis » (autre extrait de ladite préface).

Il va sans dire que mon argumentation a été généralement accueillie par le silence ou la réprobation. Encore récemment, en 2009, quand j’ai voulu faire don de mon ouvrage à la bibliothèque principale de l’Institut catholique de Paris, on me l’a refusé et retourné avec une lettre d’accompagnement dénuée des remerciements d’usage et de toute formule de politesse. J’ai fait le récit de cet épisode dans ma « Lettre sur quelques effets du tabou holocaustique » (19 décembre 2009), où j’écrivais :

Il y a quelques jours je me suis rendu, 21, rue d’Assas, à l’Institut catholique de Paris. J’y ai constaté que mon opuscule intitulé Le Révisionnisme de Pie XII n’était pas mentionné au catalogue des deux bibliothèques. Pourtant j’avais autrefois déposé à la banque d’entrée de l’Institut un exemplaire de la première édition en spécifiant qu’il s’agissait d’un « don de l’auteur ». L’employé de faction, un Arabe, m’avait remercié. Le 30 novembre 2009 au soir, par précaution, j’ai demandé à voir une responsable de la bibliothèque principale. A cette dame (Marie-Christine Vaillant) j’ai montré un exemplaire de la seconde édition, revue et corrigée, et je lui ai dit que je souhaitais en faire don à l’Institut. Au vu du titre elle m’a déclaré qu’elle doutait fort qu’on accepte un tel ouvrage. Je lui ai confié que j’avais habité tout contre la chapelle des Carmes, partie intégrante de l’Institut, et qu’en 1945, à l’âge de 16 ans, je ne me serais pas douté qu’un jour, à l’âge de 80 ans, je viendrais demander à l’Institut catholique qu’on veuille bien accepter un petit ouvrage défendant le pape de l’époque, Pie XII, contre les calomniateurs de sa mémoire. Elle m’a dit que la décision dépendrait d’un groupe de personnes. Dès le 1er décembre, Odile Dupont, « directrice des bibliothèques », m’a retourné mon cadeau ; la lettre d’accompagnement ne mentionnait pas le titre de l’ouvrage retourné et ne comportait pas de formule de politesse. Elle se réduisait aux deux phrases suivantes : « Monsieur, Nous ne souhaitons pas intégrer votre ouvrage dans notre catalogue. – Je vous le retourne donc et vous en souhaite bonne réception. » Rien dans les archives ne signalera donc quel était l’ouvrage en question.

Ce n’est donc pas sans satisfaction que j’entends aujourd’hui S. Klarsfeld nous déclarer que Pie XII « a joué un rôle déterminant contre Hitler » et ajouter qu’en bien des circonstances le général de Gaulle, lui, s’est tu sur le drame des juifs.

S. Klarsfeld répond au Point

Serge Klarsfeld : « Il n'y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint » Propos recueillis par Ségolène Gros de Larquier (lepoint.fr)
Le feu vert de Benoît XVI à la béatification du pape Pie XII suscite de nombreuses protestations au sein des communautés juives. Une décision qui « ne choque absolument pas » l’historien Serge Klarsfeld, fondateur de l’association « Les fils et filles des déportés juifs de France ». 


lepoint.fr : Que pensez-vous de la prochaine béatification de Pie XII ? 
Serge Klarsfeld : C’est une affaire interne à l’Église ! Je pourrais presque dire que cette décision me laisse assez indifférent. Il n’y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint ! En revanche, une chose me heurte davantage : la publication des lettres antisémites de Céline dans La Pléiade, chez Gallimard. Même si Louis-Ferdinand Céline est considéré comme un génie littéraire, je trouve cela choquant. Et puis, si l’on parle beaucoup de Pie XII, pourquoi ne regarde-t-on pas aussi le général de Gaulle ? Il est considéré comme un saint en France ! Eh bien, lors de l’été 1942, après la rafle du Vel’ d’hiv, le général de Gaulle n’a pas élevé la voix. Pourtant, par la suite, de nombreuses autres rafles ont suivi, menées uniquement par des uniformes français et organisées par l’administration préfectorale ! Le général de Gaulle n’a pas élevé la voix pour avertir par exemple : ‘Fonctionnaires, si vous arrêtez les juifs, vous serez arrêtés et traduits en justice !’ 


Quel est votre jugement sur la position de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale ? 

Pie XII a joué un rôle déterminant contre Hitler, mais aussi dans la lutte contre le communisme en Europe de l’Est. Le Polonais Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, est né [sic] de la volonté de Pie XII de lancer ce mouvement de résistance. Le rôle de Pie XII a aussi été diplomatique et idéologique : il a été le rédacteur de l’encyclique de 1937 condamnant le nazisme et publiée par son prédécesseur. 


Pourtant, on reproche à Pie XII son silence pendant la Shoah...
Tout cela est très difficile à apprécier. N’occultons pas que Pie XII a eu des gestes discrets et efficaces pour aider les juifs. Citons par exemple ce qui s’est passé à Rome. Un millier de juifs ont été arrêtés lors d’une rafle-surprise. Pie XII n’a pas protesté à voix haute, mais il a demandé aux établissements religieux d’ouvrir leurs portes. Résultat : des milliers de juifs ont pu être sauvés. Alors que si Pie XII avait élevé la voix, quelles auraient été les conséquences ? Est-ce que cela aurait changé les choses pour les juifs ? Probablement pas. Déjà, ses déclarations pour défendre les catholiques n’ont pas été entendues puisqu’en Pologne deux millions de catholiques ont été tués. Néanmoins, une prise de parole publique aurait sûrement amélioré la propre réputation de Pie XII aujourd’hui. 


Au sein du monde juif, certains sont plus virulents que vous...
Quelques-uns, comme moi, essaient de regarder quels étaient la réalité historique et le contexte de l’époque. En revanche, d’autres ne pensent pas une seconde aux milliers de catholiques tués, mais en priorité aux rabbins et aux juifs massacrés pendant la Shoah. Mais le pape, c’est avant tout le pape des catholiques. La priorité de Pie XII était de protéger les catholiques des régimes nazi et communiste. 


Alors que pensez-vous de cette polémique ? 

Cette controverse ne me surprend pas. Elle me paraît assez normale dans la mesure où les archives du Vatican n’ont pas été ouvertes malgré des promesses. Il s’est quand même passé plus de 60 ans depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les archives devraient être libres d’accès pour que l’on constate, par nous-mêmes, quels ont été les gestes et la réaction de Pie XII.

On laissera à S. Klarsfeld ses réflexions sur Céline dont le péché capital n’a pas été l’antisémitisme mais le révisionnisme. Céline a très tôt soupçonné que l’existence des prétendues chambre à gaz hitlériennes pouvaient être une imposture. Le 8 novembre 1950, de son lieu d’exil au Danemark, venant de lire Le Mensonge d’Ulysse, de Paul Rassinier, il écrivait à Albert Paraz : « Rassinier est certainement un honnête homme […] Son livre, admirable, va faire [grand] bruit – quand même. Il tend à faire douter de la magique chambre à gaz ! ce n’est pas peu ! Tout un monde de haines va être forcé de glapir à l’Iconoclaste ! C’était tout la chambre à gaz ! Ça permettait TOUT ! Il faut que le diable trouve autre chose… Oh je suis bien tranquille ! ». Cette lettre et d’autres de même contenu ne figurent pas dans le volumineux recueil de « la Pléiade, chez Gallimard ». Henri Godard et Jean Paul Louis n’ont pas cru devoir les y reproduire. On fera grâce également à S. Klarsfeld de ses erreurs sur les archives du Vatican. Pour ce qui est du général de Gaulle, S. Klarsfeld omet de dire que ce dernier s’est associé, ès qualités, aux diverses déclarations des Alliés (y compris les Soviétiques) sur les crimes des Allemands (y compris celui de Katyn et autres charniers !), que ces crimes aient été vrais ou faux, qu’ils aient été perpétrés contre les juifs ou contre les non juifs. Pour leur part, les Alliés ont accumulé au détriment des populations civiles européennes ou extrême-orientales bien plus d’horreurs systématiques que les vaincus.

S. Klarsfeld reste un militant de la Shoah mais, depuis quelques années, le doute semble l’habiter. N’avait-il pas, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, annoncé que son protégé, le pharmacien Jean-Claude Pressac, allait enfin nous livrer une preuve de l’existence des chambres à gaz hitlériennes ? Las ! Le 15 juin 1995, J.-C. Pressac, signant par là sa capitulation, déclarait le dossier « pourri » et tout juste bon pour les « poubelles de l’histoire ». (Valérie Igounet, cinq ans plus tard, dans son Histoire du négationnisme en France, Seuil, 2000, p. 651). Dura veritas sed verrats !
24 décembre 2009

Saturday, December 19, 2009

Lettre sur quelques effets du tabou holocaustique


Merci de m’avoir transmis ce message de Claude C... Le nom de cette Michèle D…, qui m’aurait eu comme professeur de grec, m’évoque de lointains souvenirs. Le Lycée de jeunes filles des Célestins est devenu le Collège [mixte] des Célestins. La petite pâtisserie de la rue du Général-Galliéni a laissé place à une marchande de couleurs.

J’étais un professeur d’une grande sévérité. C’était dans les années 1957-1963. J’avais été nommé à Vichy sans l’avoir demandé. J’avais souhaité un poste dans l’Académie de Clermont et Vichy était le seul endroit où venait de se libérer un poste d’agrégé des lettres.

Il y a quelques mois, à Vichy, une dame d’une soixantaine d’années m’a interpellé à la sortie de la médiathèque, juste en face du collège. Elle m’a demandé si j’étais le professeur Faurisson. Je lui ai répondu oui. Elle s’est lancée dans un discours dithyrambique sur le prof que j’avais été. Un flot de paroles. Toutes sortes de confidences. Elle n’en finissait pas. Manifestement elle avait tout son temps alors que, pour ma part, j’étais pressé. Tout à coup, s’interrompant, elle m’a dit : « Mais, au fait, et vous... ? » Cédant à mon goût du langage direct et de l’expression ramassée, je lui ai simplement dit : « Depuis 34 ans je me retrouve, dans mon pays, traité en Palestinien. » Et là elle m’a fait ce que j’appelle « le coup du rideau ». Ses traits ont changé comme si je lui avais administré un uppercut. Elle a bredouillé : « Excusez-moi ! Mon mari m’attend. » Nous nous sommes serré la main. Elle a tourné les talons.

La médiathèque est dirigée par une dame juive. Dans le fichier « Auteurs » et dans le fichier « Matières » ne figurent que quelques œuvres littéraires de Faurisson. Pour ce qui est de mes œuvres historiques, celles-ci sont totalement absentes mais, en revanche, sous le nom de « Faurisson » on voit apparaître... des ouvrages de Pierre Vidal-Naquet et consorts où Faurisson est présenté sous les traits d’un faussaire. Il y a quelques années j’avais fait don à cette bibliothèque de quelques livres révisionnistes dont je n’étais pas l’auteur. Ils n’ont jamais été répertoriés. J’ignore ce qu’ils sont devenus.

Passons de Vichy à Paris. Il y a quelques jours je me suis rendu, 21, rue d’Assas, à l’Institut catholique de Paris. J’y ai constaté que mon opuscule intitulé Le Révisionnisme de Pie XII n’était pas mentionné au catalogue des deux bibliothèques. Pourtant j’avais autrefois déposé à la banque d’entrée de l’Institut un exemplaire de la première édition en spécifiant qu’il s’agissait d’un « don de l’auteur ». L’employé de faction, un Arabe, m’avait remercié. Le 30 novembre 2009 au soir, par précaution, j’ai demandé à voir une responsable de la bibliothèque principale. A cette dame (Marie-Christine Vaillant) j’ai montré un exemplaire de la seconde édition, revue et corrigée, et je lui ai dit que je souhaitais en faire don à l’Institut. Au vu du titre elle m’a déclaré qu’elle doutait fort qu’on accepte un tel ouvrage. Je lui ai confié que j’avais habité tout contre la chapelle des Carmes, partie intégrante de l’Institut, et qu’en 1945, à l’âge de 16 ans, je ne me serais pas douté qu’un jour, à l’âge de 80 ans, je viendrais demander à l’Institut catholique qu’on veuille bien accepter un petit ouvrage défendant le pape de l’époque, Pie XII, contre les calomniateurs de sa mémoire. Elle m’a dit que la décision dépendrait d’un groupe de personnes. Dès le 1er décembre, Odile Dupont, « directrice des bibliothèques », m’a retourné mon cadeau ; la lettre d’accompagnement ne mentionnait pas le titre de l’ouvrage retourné et ne comportait pas de formule de politesse. Elle se réduisait aux deux phrases suivantes : « Monsieur, Nous ne souhaitons pas intégrer votre ouvrage dans notre catalogue. – Je vous le retourne donc et vous en souhaite bonne réception. » Rien dans les archives ne signalera donc quel était l’ouvrage en question.

Revenons à Vichy. En face de l’immeuble situé au 22 de la Place d’Allier, où nous habitions au début des années 1960 et où j’ai eu mon « illumination révisionniste » à la lecture de la fameuse et piteuse lettre de Martin Broszat publiée le 19 août 1960 dans Die Zeit, se trouve la pittoresque maison d’Albert Londres, natif de Vichy et mort en 1932 dans l’incendie du Georges Philippar, paquebot de la Compagnie des Messageries Maritimes. En juillet 2009, j’ai eu le plaisir de visiter au Grand Casino de Vichy une exposition qui lui était consacrée. A la sortie, j’ai engagé la conversation avec les organisateurs, lesquels m’ont invité à m’inscrire pour 20 euros à leur association « Regarder ... Agir pour Vichy ». Ce que j’ai fait bien volontiers. Le 9 septembre, la présidente de ladite association, une commerçante du nom de Marie de Colombel, me retournait ma cotisation et m’annonçait en propres termes : « Monsieur, nous avons le regret de vous faire savoir que notre Conseil d’administration n’a pas entériné votre adhésion à notre association. – Nous vous prions d’agréer, Monsieur, nos meilleures salutations. »

Toujours à Vichy. J’ai eu pour habitude d’héberger mes visiteurs dans un hôtel deux étoiles tenu par un Marocain qui boit jusqu’à en tituber. Je le payais rubis sur l’ongle et il se confondait en remerciements. Mais il y a peu il a appris que j’étais révisionniste. Son comportement a changé. A l’occasion d’une conversation avec d’autres personnes, il a fait sonner haut et clair sa foi en « la Shoah » (tel est le mot qu’il a employé). La femme qui vient travailler chez lui et qui est peut-être son amie m’a révélé qu’elle avait été étudiante à « Lyon 2 » quelques années après mon expulsion en 1979. Son mémoire de maîtrise avait été, m’a-t-elle révélé, consacré à Lautréamont ; elle y développait, paraît-il, exactement ma propre thèse, celle du canular. Son directeur de thèse lui avait reproché d’avoir mentionné dans sa bibliographie mon A-t-on lu Lautréamont ? publié en 1972 chez Gallimard dans la collection « Idées ».

J’ai voulu en savoir plus. Le Marocain est intervenu et, maugréant, a coupé court à la conversation. Quelques semaines plus tard, lisant le pavé de Jean-Jacques Lefrère, Isidore Ducasse / Auteur des « Chants de Maldoror par le comte de Lautréamont » (Fayard, 1998), j’ai noté que mon livre n’y était pas même nommé. Je suis repassé à l’hôtel pour essayer de renouer avec la femme en question, pour lui parler du livre de Lefrère et pour lui dire que ce Lefrère était un ingrat car je lui avais autrefois rendu un bien précieux service. Elle n’était pas là et c’est tout juste si le Marocain ne m’a pas mis à la porte.

Sunday, December 6, 2009

Comment, le 29 décembre 1978, "Le Monde" s’est vu contraint de publier mon article sur « le problème des chambres à gaz » (réponse à Günter Deckert)


Cher Deckert,
Voici les titres et les dates des deux textes que j’ai réussi à faire publier dans le journal Le Monde sur les prétendues chambres à gaz hitlériennes. Dans les deux cas j’ai utilisé ce que notre « loi sur la liberté de la presse » appelle le « droit de réponse ».
En novembre 1978, ce journal avait rapporté que j’avais été la victime d’une agression physique à l’université de Lyon où j’enseignais alors. Il avait donné mon nom mais il n’avait pas dit pour quelle raison mes agresseurs avaient ainsi agi. J’ai écrit au journal en invoquant le « droit de réponse » ; dans ma lettre, qu’il a bien fallu publier, j’ai rappelé que j’avais, à plusieurs reprises depuis quatre ans, envoyé à ce journal un texte où j’expliquais ma position sur « le problème des chambres à gaz » ; j’ai dit qu’avec cette agression le moment était venu d’informer les lecteurs du Monde de la raison pour laquelle j’avais été ainsi agressé. Le journal s’est donc exécuté et a présenté, sur les chambres à gaz un « dossier commençant par la phrase suivante : « M. Robert Faurisson a, dans une certaine mesure, réussi ».
Voici les deux textes qui ont été finalement publiés, à chaque fois en vertu du « droit de réponse » et non par honnêteté journalistique, le journal Le Monde étant d’une remarquable obliquité.
1) « Le problème des chambres à gaz » ou « la rumeur d’Auschwitz », Le Monde, 29 décembre 1978, p. 8 ;
2) “Une lettre de M. Faurisson”, Le Monde, 16 janvier 1979, p. 13.
Ces deux textes sont inséparables.
En réponse à ces deux textes est notamment paru le mois suivant, après mûre réflexion, un long texte intitulé : « La politique hitlérienne d’extermination : une déclaration d’historiens », Le Monde, 21 février 1979, p. 23.
Cette déclaration était signée par 34 historiens, dont Fernand Braudel, qui était à cette époque l’historien le plus prestigieux de France et peut-être du monde.
Leur déclaration prenait fin en ces termes : « Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette vérité, il nous appartenait de la rappeler simplement : il n’y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz. » (Notez que le mot de « techniquement » est, la première fois, en italique et, la fois suivante, en romain).
Cette déclaration équivalait à une capitulation. Aujourd’hui, 6 décembre 2009, soit 30 ans plus tard, je n’ai toujours pas reçu de réponse à ma question, laquelle pouvait se résumer ainsi : « L’existence des prétendues chambres à gaz hitlériennes se heurte à une impossibillté technique radicale. Si vous prétendez que je me trompe, expliquez-moi comment, à votre avis, un tel meurtre de masse a été possible techniquement. » Personne ne m’a répondu là-dessus et Jean-Claude Pressac, qui a d’abord tenté de répondre, a fini par capituler à son tour en écrivant que la thèse officielle était, en fin de compte, vouée aux « poubelles de l’histoire » (déclaration écrite de 1995 révélée en 2000 par Valérie Igounet).
L’une des dates les plus importantes de ma vie de chercheur a été le 19 mars 1976. Ce jour-là, j’ai découvert dans les archives du Musée d’Etat d’Auschwitz-Oswiecim des plans de construction des crématoires d’Auschwitz qui, jusqu’ici, étaient tenus cachés. Ces plans montraient que ces crématoires étaient de conception classique et possédaient, par exemple, d’inoffensifs dépositoires appelés soit « Leichenhalle », soit « Leichenkeller ».
Deux questions se posent :
1) Pourquoi, depuis 30 ans, l’historiographie officielle refuse-t-elle d’expliquer aux révisionnistes comment un tel meurtre de masse a été techniquement possible ?
2) Pourquoi ces plans étaient-ils tenus cachés jusqu’à ce qu’un révisionniste les découvre ?
Bon courage pour la phase finale de votre rapport.
Bien à vous. RF
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Le 6/12/09 1:15, « Günter Deckert » a écrit :
Sehr geehrter Herr Prof. Faurisson!
Ich bin in der Endphase des Korrekturlesens der „Mannheimer Ketzerprozesse“. Meine Berichte sollen in Buchform erscheinen.
Ich bräuchte von Ihnen das Jahr Ihres „berüchtigten“ Leserbriefes an Le Monde.
Ich wünsche Ihnen und Angehörigen besinnliche Stunden zum Jahresausklang und verbleibe mit den besten Grüßen.
Ihr
Günter Deckert