Friday, October 24, 2008

Avocat de R. Badinter, Bernard Jouanneau accumule les flops


La malchance décidément le poursuit. Maître Bernard Jouanneau a un jour déclaré: «La Shoah m’est un jour tombée dessus en 1972, lorsque Robert Badinter m’a fait entrer à la LICRA. Dès lors, j’ai fait du combat contre Faurisson l’engagement de toute ma vie » (Fanny Bijaoui, « Bernard Jouanneau en première ligne contre le négationnisme », Tribune juive, avril 2008, p. 91). B. Jouanneau s’est toujours fait l’ardent défenseur de la loi anti-révisionniste Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990. Prenant récemment connaissance de l’«Appel de Blois » lancé par Pierre Nora, directeur de l’association bidon « Liberté pour l’histoire » (Le Monde, 11 octobre 2008, p. 21), il s’est alarmé. Il a cru que P. Nora considérait «les lois mémorielles – y compris la loi Gayssot de 1990 – comme des dispositions législatives indignes d’un régime démocratique ». Il se trompe du tout au tout. P. Nora veut que l’on conserve la loi Gayssot et il lance un appel pour qu’on la préserve de toute concurrence ! C’est ce que révèle une lecture attentive de son texte, un texte de maître filou destiné à faire croire que son auteur, P. Nora, est contre toutes les lois mémorielles alors qu’en réalité il ne condamne que ce qu’il appelle « la dérive des lois mémorielles [...] dont l’application peut entraîner des conséquences graves pour le métier d’historien et la liberté intellectuelle en général ». Pour P. Nora, la Mémoire juive est la seule qu’on ne pourra pas « contester », toute «contestation» de cette Mémoire entraînant pour son auteur de lourdes peines de prison, d’amende, de dommages-intérêts sans compter les frais de publications judiciaires forcées.

Dans l’article qu’on lira ci-dessous, B. Jouanneau commet une seconde méprise. Il écrit : « Robert Badinter [avait été] poursuivi pour diffamation par Robert Faurisson, pour avoir traité ce dernier de ‘faussaire de l’histoire’». En réalité, R. Badinter était allé beaucoup plus loin : il avait osé prétendre, sur la chaîne de télévision ARTE, qu’il m’avait « fait condamner [en justice, en 1981] pour être un faussaire de l’histoire ». Il commettait là un froid mensonge et j’avais donc porté plainte contre lui pour diffamation ; B. Jouanneau allait être son défenseur. Le 21 mai 2007, le tribunal de la XVIIe chambre prononçait que R. Badinter, incapable de fournir la preuve de son assertion, m’avait effectivement diffamé mais... de bonne foi (sic). B. Jouanneau a fait un double aveu à F. Bijaoui, journaliste de Tribune juive (article susmentionné) : il a d’abord reconnu que le procès de 1981 s’était achevé sur « une défaite » pour son client aussi bien que pour lui-même et que Faurisson n’y avait nullement été condamné pour être un faussaire de l’histoire ; puis il a admis que, dans le procès de 2007, les juges ont estimé que la preuve de la vérité n’avait « pas été apportée [par R. Badinter]. » Un double bide judiciaire pour l’avocat et son client.

Ajoutons enfin, pour en terminer ici avec l’infortuné et maladroit avocat de la Shoah, de la Mémoire juive et de R. Badinter, que son livre, avec un avant-propos de son ami et client, a été un fiasco. La Justice et l’Histoire face au négationnisme / Au cœur d’un procès, Fayard, 2008 [janvier], 407 pages, a été mis en vente le 23 janvier 2008. A ce jour il n’a connu aucune recension. Il faut dire que l’ouvrage est d’une nullité pathétique. Si j’en trouve le temps, j’en rendrai compte parce qu’il est hautement significatif des procédés d’esbroufe auxquels ont recours B. Jouanneau, R. Badinter et leurs amis quand il leur faut affronter les révisionnistes dans un prétoire.


Sur un site arménien, le pitoyable article (fond et forme) de B. Jouanneau (24 octobre 2008) <http://www.armenews.com/article.php3?id_article=45945>

S.O.S pour la dignité

La mobilisation des historiens contre les lois mémorielles vient de donner lieu à un nouvel appel (appel de BLOIS d’octobre 2008) qui fait suite à celui de décembre 2005 lancé par Pierre Nora, Historien et membre de l’Académie française et président de l’association « Liberté pour l’Histoire ». LE MONDE s’en est fait l’écho le 11 octobre dernier ; sans qu’à ma connaissance personne n’ait réagi.

Ce nouvel appel s’adresse aux Historiens pour « mettre un coup d’arrêt à la dérive des lois mémorielles « et aux responsables politiques auxquels il demande de « ne pas instituer par la loi et pour le Passé des vérités d’Etat dont l’application judiciaire peut entraîner des conséquences graves pour le métier d’Historien et la liberté intellectuelle en général »

Alors que nous attendons toujours un acte de courage de la part du sénat, après le vote par l’Assemblée Nationale de la loi incriminant la négation du génocide arménien, on peut s’attendre à ce que cet appel nourrisse la résistance de la Haute Assemblée à s’engager dans cette voix [sic].

Mais ce n’est pas encore assez. Ainsi faudrait-il revenir sur la loi du 29 juillet 2001 qui a reconnu l’existence du génocide arménien ; parce qu’il ne s’agirait, somme toute « que de crimes dans lesquels la France n’a aucune part ». Comme si la loi Gayssot avait eu vocation à compenser la part que la France aurait prise dans la mise en œuvre de la Solution Finale !

L’illustre académicien qui veut bien concéder que la notion de crime contre l’humanité est un progrès de la conscience universelle, n’en persiste pas moins à considérer les lois mémorielles -y compris la loi Gayssot de 1990 -comme des dispositions législatives indignes d’un régime démocratique.

Contrairement à ce que j’entends dire ça et là l’abrogation de la loi Gayssot sur la nécessité et l’opportunité de laquelle tous les historiens n’ont pas le même point de vue , figure bien au programme de l’association Liberté pour l’Histoire. Le serait-elle qu’on serait en droit de se demander pourquoi.

Qui n’a pas compris, que ce n’est pas la compassion envers les victimes et les survivants qui justifie le recours à la loi en cette matière...que c’est la Dignité de la personne humaine qui rend ces lois justes et nécessaires ...que la Dignité de la personne humaine est un principe constitutionnel de valeur équivalente à la Liberté d’Expression... qu’il n’y a pas de défense professionnelle et catégorielle qui tienne face à cette exigence qui vaut pour tous les génocides ?

Cela ne signifie pas que les recherches et les travaux des historiens soient interdits ou compromis dès lors qu’ils portent sur les génocides ou sur les crimes contre l’humanité.

Pour avoir, comme avocat depuis 1972 et comme président de MEMOIRE 2000 depuis 1992 pris part à tous les combats menés sur tous les fronts ,au nom du respect de la Dignité de la personne humaine pour faire admettre et reconnaître que la négation des génocides ; qu’il s’agisse des juifs ,des arméniens ,des cambodgiens, des tutsis, des yougoslaves musulmans ou des populations du Darfour, n’en étaient finalement que l’accomplissement et l’achèvement rendant ces crimes presque parfaits, je tiens à rassurer les historiens ; aussi bien ceux qui ont souscrit à l’appel de Blois que ceux qui sont venus en justice soutenir la défense du sénateur Robert Badinter, poursuivi pour diffamation par Robert Faurisson, pour avoir traité ce dernier de «faussaire de l’histoire»

De tous les professeurs que j’ai rencontrés, je n’en vois qu’un qui ait eu à se plaindre de moi et de se voir traîner en justice et il s’appelle Robert Faurisson.

Vous n’avez rien à craindre du parlement ni des juges (je les pratique depuis plus de quarante ans). Ils savent bien faire la différence entre les historiens qui pratiquent la révision en permanence et les négationnistes qui falsifient l’Histoire.

Mais si la dignité a fait des progrès dans notre droit, la liberté d’expression aussi : Le recours à l’article 1382 et à la responsabilité civile nous est aujourd’hui fermé. Bernard Lewis ne serait plus condamné, comme il le fut en 1994. Je ne sache pas que cette condamnation obtenue par le CDCA ait entravé depuis ses recherches ; mais nous n’avons plus été entendus lorsqu’au nom du principe de Dignité de la personne humaine nous avons tenté, ces temps derniers et malgré la reconnaissance législative de 2001, contre le QUID de faire admettre que la négation du génocide arménien y portait atteinte ; ni lorsque nous en sommes pris au consulat de Turquie. Les attaques sournoises de la chambre de commerce d’Ankara qui, sous prétexte de promotion en faveur du tourisme en Turquie, ont permis la diffusion de 700 000 DVD de propagande anti-arménienne, n’ont pas encore trouvé leur juge.

Ça ne peut plus durer .Une telle discrimination dans la protection de la Dignité de la personne humaine est intenable .Que les historiens poursuivent leurs recherches sur le génocide arménien. Il n’est pas question de le leur interdire ni même de les menacer de procès ; mais les négationnistes, d’ou qu’ils viennent et même s’ils se cachent à l’université ne doivent pas y trouver refuge ; mais pour éviter l’arbitraire, seule la loi peut les en priver.

C’est l’honneur de la France d’avoir été le pays des droits de l’homme dans lequel on a compris que l’Homme était fait aussi de sa mémoire et de ses origines ; sans qu’il soit besoin ; comme croit pouvoir le faire l’illustre académicien, de remonter à « la Saint-Barthelemy, aux cathares, aux albigeois ou aux croisades » pour le comprendre.

Il n’y a pas raison pour que ce privilège ne profite qu’aux uns et pas aux autres.

La seule manière de sortir dignement et légalement de cette impasse qui ne relève pas d’un problème professionnel ; mais d’une question existentielle ,est d’éviter la concurrence des victimes et de considérer que c’est l’Humanité qui est victime du négationnisme, comme elle est victime des crimes de ce nom ; quelle que soit la date et le lieu ou le génocide s’est accompli ; dès lors qu’il aura été reconnu par les historiens et/ou par la conscience universelle à travers les instances internationales. Le parlement ne peut pas interdire à l’Humanité d’entrer dans l’hémicycle.

A mon tour je lance un appel pour la Dignité.

24 octobre 2008

Wednesday, October 8, 2008

Pierre Nora jette le masque

Feu René Rémond avait fondé l’association «Liberté pour l’Histoire» (LPH). Il prétendait défendre le droit pour chacun, et non pas seulement pour les historiens professionnels, de traiter de l’histoire en toute liberté, sans encourir les foudres d’une loi qui nous dicterait d’avance où sont le vrai et le faux en matière historique. Mais, lorsque des révisionnistes sont tombés sous le coup de lourdes condamnations prononcées sur le fondement de la loi Fabius-Gayssot (adoptée le 13 juillet 1990), il a, en substance, déclaré que ces «négationnistes» n’étaient pas… des historiens, et qu’il les condamnait.

Pierre Nora, son successeur, a d’abord entretenu l’équivoque. Soucieux de défendre un collègue universitaire poursuivi en justice pour avoir publié une histoire de l’esclavage qui déplaisait à une association noire, il a dénoncé la nocivité des «lois mémorielles», dont la première était la loi Fabius-Gayssot. Certains se sont alors imaginé qu’il demandait, en conséquence, l’abrogation de cette loi spécifiquement dirigée contre les révisionnistes. J’ai eu l’occasion de mettre certains révisionnistes en garde contre cette illusion et j’ai pu leur révéler qu’au sein de son association P. Nora était allé jusqu’à dire que, dans la défense de «la loi Gayssot», il fallait se montrer résolu; il déclarait: «Gardons-nous d’adopter une attitude défensive; nous devons être offensifs sur le plan intellectuel» ou encore: «Il importe de convaincre individuellement les historiens gênés par la loi Gayssot». Pour lui, il convient que la loi Fabius-Gayssot reste la seule loi de son espèce car un seul «génocide» mérite la protection de la loi, celui des juifs. La cause des Vendéens, des Noirs, des Arméniens, des victimes du communisme (autrefois et aujourd’hui), des Rwandais ou d’autres encore ne doit pas bénéficier, à son tour, d’une loi spécifique interdisant toute contestation. Les juifs devront conserver l’exclusivité de leur privilège (comme des nobles? comme des commerçants soucieux d’interdire la concurrence?).

Demain, 9 octobre, paraîtra aux éditions du CNRS un livre portant le titre fallacieux de Liberté pour l’Histoire. Il a pour auteurs P. Nora, «historien, membre de l’Académie française», et Françoise Chandernagor, «romancière, membre de l’Académie française». C’est ce qu’annonce, en page 8, Le Figaro (de M. Dassault). Dans un article intitulé «Gare à une criminalisation générale du passé», P. Nora jette le masque: il est en faveur d’une criminalisation particulière du passé, celui des juifs, et il réprouve toute criminalisation générale qui s’étendrait au passé d’autres groupes humains. En clair, pour lui, il est et il restera criminel de contester l’histoire de «l’extermination» (sic) des juifs telle que l’ont écrite les juges de Nuremberg en 1945-1946, mais il ne devra pas être criminel de contester l’histoire de toute autre «extermination». Selon ses propres mots, «la loi Gayssot avait été conçue dans les circonstances très précises du négationnisme faurissonien, non pas contre les historiens, mais contre les militants de la contre-vérité historique.» Autrement dit, pas de liberté pour les ennemis de la liberté (ou pour ceux que, d’autorité et sans le prouver le moins du monde, l’on décrète menteurs).

Quant à la romancière F. Chandernagor, en un premier temps, elle a su dénoncer la loi Fabius-Gayssot à l’égal de toute autre «loi mémorielle», mais, en un second temps, elle a cru devoir approuver P. Nora. On le regrettera pour elle.

Tuesday, October 7, 2008

Les Journaux d’Anne Frank (France 2)

Après le film, il y aura un débat où l’on aura l’aplomb de prétendre qu’une expertise et une édition "savante" des "Journaux d’Anne Frank" attestent enfin de l’authenticité du Journal d’Anne Frank. Il n’en est rien. Les responsables du Journal d’Anne Frank sont Otto-Heinrich Frank et Isa Cauvern (une Néerlandaise qui écrivait des récits pour une station de radio néerlandaise; elle s’est suicidée l’année de publication du livre, c’est-à-dire en 1947). Le père Frank se croyait une plume mais sa connaissance de la langue néerlandaise était médiocre.

Avant de devenir un escroc littéraire, il a été à Francfort, avec l’un de ses frères, un banquier véreux. Il a eu affaire avec la justice allemande pour cette raison avant l’arrivée de Hitler au pouvoir. Pendant la guerre, il a, à Amsterdam, fait de juteuses affaires grâce à un homme de paille non juif; pour cette raison il a eu des ennuis avec la justice néerlandaise après la guerre mais "l’affaire s'est arrangée".

Anne et Margot Frank ont été à Auschwitz. Pendant longtemps, on nous a dit qu’Anne y avait été gazée. Devant l’arrivée des Soviétiques, elles ont été transférées à Bergen-Belsen où elles sont toutes deux mortes du typhus. Il est attesté par une proche se trouvant dans ce camp que jamais Anne, une brave fille pas mal balourde, n’a parlé d’un quelconque journal qu’elle aurait tenu à Amsterdam.

L’édition "savante" est de pure esbroufe et elle ne contient aucune expertise d’écriture attestant de ce que les spécimens d’écriture qu’on nous y montre sont... d’Anne Frank. On a totalement escamoté ma question sur les deux spécimens d’écriture: une écriture d’adulte du 12 juin 1942 précède une écriture enfantine du 10 octobre 1942.

On a grossièrement caricaturé mes arguments parce qu’on ne leur a pas trouvé de réplique. Et pour cause! Ils reposent sur des observations matérielles imparables.

On s’est gardé de reproduire la remarquable concession que m’a faite le père Frank, pris, devant sa (seconde) femme interloquée, au piège de ses mensonges: "Monsieur Faurisson, vous avez théoriquement et scientifiquement raison. Je vous approuve à 100%... Ce que vous me signalez était, en effet impossible. Mais, dans la pratique, c’est pourtant bien ainsi que les choses se sont passées". Pour ma réponse à cette tentative de fuite, voyez ma réponse immédiate (Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique?, La Vieille Taupe, 1980, p. 236).

Le père Frank, un miraculé d’Auschwitz, a eu certes la douleur de perdre pendant la guerre sa première femme et ses deux filles mais il n’en était pas moins un escroc (un charmeur) dont les mensonges embarrassent même ceux qui cherchent ou ont cherché à défendre cette histoire à dormir debout qu’est le prétendu "Journal d’Anne Frank".

Monday, October 6, 2008

Soirée spéciale sur Anne Frank


Demain soir, France 2 consacrera une « soirée spéciale » à Anne Frank avec un documentaire, réalisé par Jon Jones ; un débat suivra au cours duquel on ne manquera sans doute pas de prétendre qu’une expertise et une édition « savante » des Journaux d’Anne Frank sont enfin venues attester, en 1986, de l’authenticité du Journal d’Anne Frank. Il n’en est rien.
En réalité, les auteurs de la version originale en néerlandais du Journal d’Anne Frank sont bel et bien Otto-Heinrich Frank, le père d’Anne, et sa collaboratrice, Isa Cauvern, qui, avec son mari, Albert Cauvern, écrivait des récits pour une station de radio néerlandaise ; Isa s’est suicidée l’année de publication du livre, c’est-à-dire en 1947. Le père Frank se croyait une plume mais sa connaissance de la langue néerlandaise était médiocre.
Pour sa part, avant de devenir un escroc littéraire, il a été, à Francfort, avec l’un de ses frères, un banquier véreux. Il a eu affaire avec la justice allemande pour cette raison avant même l’arrivée de Hitler au pouvoir. Pendant la guerre, il a, à Amsterdam, fait de juteuses affaires grâce à un homme de paille non juif ; pour cette raison il a eu des ennuis avec la justice néerlandaise après la guerre mais « l’affaire s’est arrangée ».
Anne et Margot Frank ont été à Auschwitz. Pendant longtemps, on nous a dit qu’Anne y avait été gazée. Devant l’arrivée des Soviétiques, les deux soeurs ont été transférées à Bergen-Belsen où elles sont mortes du typhus. Il est attesté par une proche se trouvant dans ce camp que jamais Anne, une brave fille pas mal balourde, n’a jamais parlé d’un quelconque journal qu’elle aurait tenu à Amsterdam.
L’édition « savante » est de pure esbroufe et elle ne contient aucune expertise d’écriture attestant de ce que les spécimens d’écriture qu’on nous y montre sont d’Anne Frank. On a totalement escamoté ma question sur les deux spécimens d’écriture : une écriture d’adulte du 12 juin 1942 précède une écriture enfantine du 10 octobre 1942. On a grossièrement caricaturé mes arguments parce qu’on ne leur a pas trouvé de réplique. Et pour cause ! Ils reposent sur des observations matérielles imparables.
Enfin on s’est gardé de reproduire l’extraordinaire concession que m’a faite le père Frank, pris, devant sa (seconde) femme interloquée, au piège de ses mensonges : « Monsieur Faurisson, vous avez théoriquement et scientifiquement raison. Je vous approuve à 100%... Ce que vous me signalez était, en effet, impossible. Mais, dans la pratique, c’est pourtant bien ainsi que les choses se sont passées ». Pour ma réponse à cette tentative de fuite, voyez ma réponse immédiate (Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique ?, La Vieille Taupe, 1980, p. 236).
Le père Frank, un miraculé d’Auschwitz, a eu certes la douleur de perdre pendant la guerre sa première femme et ses deux filles mais il n’en était pas moins un escroc (un charmeur) dont les mensonges embarrassent même ceux qui cherchent ou ont cherché à défendre cette histoire à dormir debout qu’est le prétendu Journal d’Anne Frank.
Pour rappel et à titre d’exemple
Pour ce qui est des invraisemblances ou des impossibilités physiques dont fourmille le prétendu journal de la jeune Anne, on voudra bien trouver, reproduits ci-dessous, les points 5 et 6 de mon étude de 1978, laquelle comprenait 103 points.

5) Prenons l’exemple des bruits. Les clandestins, nous dit-on, ne doivent pas faire le moindre bruit. C’est au point que, s’ils toussent, ils prennent vite de la codéine. Les « ennemis » pourraient les entendre. Les murs sont tellement «minces» (25 mars 43). Ces « ennemis » sont très nombreux : Lewin, qui connaît l’immeuble « comme sa poche » (1er octobre 42), les hommes du magasin, les clients, les livreurs, le facteur, « la femme de ménage », «le gardien de nuit» Slagter, les plombiers, le « service d’hygiène », le comptable, la police, qui multiplie les perquisitions, les voisins proches ou éloignés, le propriétaire, etc. Il est donc invraisemblable et même inconcevable que Mme Van Daan ait pour habitude de passer « l’aspirateur » chaque jour à 12h 30 (5 août 43). Les aspirateurs de l’époque étaient, de plus, particulièrement bruyants. Je demande : « Comment cela est-il concevable ? » Ma question n’est pas de pure forme. Elle n’est pas oratoire. Elle n’a pas pour but de manifester un étonnement. Ma question est une question. Il faut y répondre. Cette question pourrait être suivie de quarante autres questions concernant les bruits. Il faut expliquer, par exemple, l’usage d’un « réveille-matin » (4 août 43). Il faut expliquer de bruyants « travaux de menuiserie » : suppression de marches de bois, transformation d’une porte en armoire tournante (21 août 42), fabrication d’un lustre en bois (7 décembre 42). Peter fend du bois au grenier devant la fenêtre ouverte (23 février 44). Il est question de fabriquer avec le bois du grenier « des étagères et autres charmantes bricoles » (11 juillet 42). Il est même question de construire au grenier... « un cagibi » pour y travailler (13 juillet 43). Il y a le bruit presque constant de la « radio », des «portes claquées», des « éclats de rire interminables » (6 décembre 43), les «disputes», les « cris », les «hurlements», un « fracas de jugement dernier » (9 novembre 42), « Un “vacarme” s’ensuivit [...]. J’étais pliée en deux de rire » (10 mai 44). L’épisode rapporté le 2 septembre 1942 est inconciliable avec la nécessité d’être silencieux et discret. On y voit les clandestins à table. Ils « bavardent » et «rient». Tout à coup un « sifflement perçant » se fait entendre. Et on entend la voix de Peter qui « crie », par le tuyau du poêle, qu’il ne descendra certainement pas. M. Van Daan se lève, sa serviette tombe et, le visage en feu, il « crie » : «C’en est assez !» Il monte au grenier et là, « coups et frappements de pieds ». L’épisode rapporté le 10 décembre 1942 est du même genre. On y voit Mme Van Daan soignée par le dentiste Dussel. Celui-ci lui touche, de son crochet, une dent malade. Mme Van Daan lance alors « des sons invraisemblables ». Elle essaye d’arracher le petit crochet. Le dentiste regarde la scène, les mains sur les hanches. Les autres spectateurs sont tous pris de « fou rire ». Anne, au lieu de manifester la moindre angoisse devant ces cris ou ce fou rire, déclare : « Ça, c’était vache, car je suis sûre que j’aurais crié encore bien plus fort qu’elle. »

6) Les remarques que je fais ici à propos des bruits, je pourrais les répéter à propos de « toutes » les réalités de la vie matérielle et morale. Le « Journal » présente même cette particularité que pas un domaine de la vie qui y est vécue n’échappe à la règle d’invraisemblance, d’incohérence, d’absurdité. Dès leur arrivée dans leur cachette, les Frank, pour cacher leur présence, « installent des rideaux ». Or, installer des rideaux à des fenêtres qui n’en possédaient pas jusqu’alors, n’est-ce pas le meilleur moyen de signaler son arrivée ? N’est-ce pas le cas, en particulier, si ces rideaux sont faits de pièces « bigarrées » (11 juillet 42) ? Pour ne pas trahir leur présence, les Frank brûlent leurs «ordures». Mais, ce faisant, ils signalent leur présence par la « fumée » qui s’échappera du toit d’une demeure qui est censée être inhabitée ! Ils font du feu pour la première fois le 30 octobre 1942 [cette date étant mentionnée dans la lettre du 29] , alors qu’ils sont arrivés dans les lieux le 6 juillet. On se demande ce qu’ils ont pu faire des ordures de 116 jours d’été. Je rappelle, d’autre part, que les apports de nourriture sont énormes. En régime normal, les clandestins et leurs hôtes consomment chaque jour huit petits déjeuners, huit à douze déjeuners et huit dîners. En neuf passages du livre, on fait allusion à une nourriture mauvaise, médiocre ou insuffisante. Ailleurs, la nourriture est abondante et «délicieuse». Les Van Daan « dévorent » et Dussel «absorbe des quantités énormes» de nourriture (9 août 43). On fabrique sur place des saucisses et des saucissons, des conserves de fraises et des confitures en bocaux. Eau-de-vie ou alcool, cognac, vins et cigarettes ne semblent pas non plus manquer. Le café est si peu rare qu’on ne comprend pas que l’auteur, énumérant (23 juillet 43) ce que chacun voudra faire le jour où il pourra quitter la cachette, dise que le vœu le plus cher de Mme Frank sera d’avoir une tasse de café. Voici, d’autre part, en février 1944 – le terrible hiver 1943-1944 – l’inventaire des réserves disponibles pour les seuls clandestins, à l’exclusion de tout cohabitant ami ou « ennemi » : 30 kg de blé, à peu près 30 kg de haricots et dix livres de pois, cinquante boîtes de légumes, dix boîtes de poisson, quarante boîtes de lait, 10 kg de lait en poudre, trois bouteilles d’huile, quatre bocaux de beurre salé, quatre idem de viande, deux bouteilles de fraises, deux bouteilles de framboises à la groseille, vingt bouteilles de tomates, dix livres de flocons d’avoine, huit livres de riz. Il entre, à d’autres moments, des sacs de légumes pesant chacun « vingt-cinq kilos », ou encore un sac de « dix-neuf livres » de petits pois frais (8 juillet 44). Les livraisons sont faites par le « gentil marchand de légumes ». Et cela « toujours à l’heure du déjeuner » (11 avril 44). C’est invraisemblable. Comment, dans une ville par ailleurs décrite comme affamée, un marchand de légumes peut-il, en plein jour, quitter sa boutique avec de pareils chargements pour aller les déposer dans un immeuble situé dans un quartier animé ? Comment ce marchand pouvait-il éviter, dans son propre quartier (il était «du coin»), la rencontre de ses clients normaux pour qui, en ces temps de disette, il devait normalement être un personnage qu’on recherche et qu’on sollicite ? Il y a bien d’autres mystères à propos des autres marchandises et de la manière dont elles parviennent dans la cachette. Pour les fêtes et les anniversaires des clandestins, les cadeaux abondent : œillets, pivoines, narcisses, jacinthes, pots de fleurs, gâteaux, livres, sucreries, briquet, bijoux, nécessaire à raser, jeu de roulette, etc. Je signalerais à ce propos une véritable prouesse réalisée par Elli. Celle-ci trouve le moyen d’offrir des raisins le 23 juillet 1943. Je dis bien : des raisins, à Amsterdam, un 23 juillet. On nous en indique même le prix : cinq florins le kg.

6 octobre 2008

Sunday, October 5, 2008

Un débat sur le révisionnisme avec Marcel Gauchet ?

Marcel Gauchet est le rédacteur en chef de la revue bimestrielle Le Débat, fondée et dirigée par Pierre Nora. L’homme n’est pas antipathique mais il peut ravir ses auditoires par sa nigauderie d’enfant de choeur.

Si j’en crois un article d’Elisabeth Lévy portant sur l’affaire Siné («Liberté ou délit d’expression?», Le Point, 31 juillet 2008, p. 66-67), M. Gauchet souhaite que la presse française jouisse de la même liberté que celle dont bénéficie la presse américaine grâce au premier amendement.

Devançant l’argument selon lequel ce serait ouvrir la porte aux révisionnistes, M. Gauchet a, paraît-il, déclaré: «Je me sens de taille à régler leur compte aux négationnistes et autres fauteurs de haine par l'argumentation.»

Qu’attend nigaudon pour passer à l’acte? Dans sa revue même. En ouvrant un débat avec un révisionniste de son choix. Je me tiens personnellement à sa disposition.

Mais, attention! Pierre Nora, son patron, qui dirige aussi l’association «Liberté pour l’histoire», est résolument hostile à tout contact avec les révisionnistes. Il est pour la libre expression en matière d
histoire sauf dans le cas de ce qu'il appelle, lui aussi, «le négationnisme».

A défaut de la revue Le Débat, M. Gauchet pourrait donc se voir contraint à nous choisir un autre lieu de rencontre. Dans cette rencontre nous lui laissons l’avantage du terrain, du soleil et du vent.