Monday, October 29, 2007

Robert Badinter, mon diffamateur…


Le 11 novembre 2006, lors d’une émission de la chaîne de télévision ARTE, Robert Badinter a mensongèrement déclaré : « Le dernier procès que j’aurai plaidé dans ma vie avant de devenir ministre [de la Justice], c’est le procès contre Faurisson. J’ai fait condamner Faurisson [par un jugement en date du 8 juillet 1981] pour être un faussaire de l’histoire. »
Or, ni le tribunal, le 8 juillet 1981, ni, plus tard, la cour d’appel, le 26 avril 1983, ne m’ont, en réalité, jamais condamné « pour être un faussaire de l’histoire ». En près de trente ans de procès pour révisionnisme, aucun tribunal ni aucune cour ne m’ont jamais condamné pour un tel motif ou pour un motif approchant. Qu’on y songe : si cela avait été le cas, partout et à tout propos, on se serait fait un plaisir de clamer les termes de l’infamante condamnation.
R. Badinter m’a donc diffamé et c’est ce qu’a confirmé un jugement de la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris, en date du 21 mai 2007. A la fin, les mots du tribunal ont été : « Il convient, en conséquence, de constater que le défendeur [R. Badinter] a échoué en son offre de preuve. » Que le tribunal ait choisi de me débouter en accordant à mon diffamateur le bénéfice de la bonne foi ne change rien au fond de l’affaire. Les juges m’ont condamné à verser 5 000 euros pour les frais d’avocat de mon diffamateur et 619, 10 euros de dépens ; je me suis exécuté, sans interjeter appel ; j’ai mes raisons pour avoir agi ainsi ; que nul n’y voie de ma part l’intention de me retirer du combat !
Trois témoignages du passé contre mon diffamateur
Il y a déjà près d’un quart de siècle, juste après l’arrêt rendu par la première chambre de la cour d’appel, le 26 avril 1983, mes adversaires, qui m’avaient poursuivi pour « dommage par falsification de l’histoire », n’avaient pu dissimuler leur consternation. Pour ne prendre que trois exemples, Simone Veil, en 1983, puis Pierre Vidal-Naquet et Georges Wellers, tous deux en 1987, avaient marqué surprise et indignation.
S. Veil était allée jusqu’à proférer étourdiment : « Au cours d’un procès intenté à Faurisson pour avoir nié l’existence des chambres à gaz, ceux qui intentent le procès sont contraints d’apporter la preuve formelle de la réalité des chambres à gaz. Or, chacun sait que les nazis ont détruit ces chambres à gaz et supprimé systématiquement les témoins » (France-Soir Magazine, 7 mai 1983, p. 47). Ce disant, elle passait par pertes et profits les « chambres à gaz » nazies que, dans certains camps, on fait encore aujourd’hui visiter aux touristes ! Elle en faisait autant pour les « témoins » dont, jusque là, elle avait cautionné les récits (elle vient, en 2007, de se désavouer en préfaçant le rocambolesque « témoignage » de Shlomo Venezia, paru chez Albin Michel sous le titre de Sonderkommando / Dans l’enfer des chambres à gaz) ! D’un coup, d’un seul, elle admettait l’absence de ce qu’elle appelait une « preuve formelle de la réalité des chambres à gaz » !
P. Vidal-Naquet, quant à lui, allait écrire : « Le procès intenté en 197[9] à Faurisson par diverses associations antiracistes a abouti à un arrêt de la cour d’appel de Paris en date du 26 avril 1983, qui a reconnu le sérieux du travail de Faurisson, ce qui est un comble, et ne l’a, en somme, condamné que pour avoir agi avec malveillance en résumant sa thèse en slogans » (Les Assassins de la Mémoire, La Découverte, 1987, p. 182).
A         A la même époque, G. Wellers, pour sa part, se lamentait dans les termes suivants : « [Faurisson] a été jugé deux fois. Mais en France le tribunal n’est pas qualifié pour se prononcer sur l’existence des chambres à gaz. Cependant il peut se prononcer sur la façon dont les choses sont présentées. En appel, la cour a reconnu qu’il [Faurisson] s’était bien documenté. Ce qui est faux. C’est étonnant que la cour ait marché » (Le Monde juif, juin/juillet 1987, p. 13).
A elles seules, ces trois réactions donnent à penser que R. Badinter, contrairement à ce qu’il prétend, n’a pas pu faire « condamner Faurisson pour être un faussaire de l’histoire ». Mais voyons de plus près les décisions rendues en cette affaire, respectivement, par le tribunal en 1981 et par la cour d’appel en 1983. Là encore, comme on va le voir, si j’ai été condamné, ce n’est certainement pas pour avoir été un « faussaire de l’histoire » mais, ainsi que le résume P. Vidal-Naquet, pour ma supposée « malveillance ». A telle enseigne qu’on peut se demander si le meilleur résumé possible de l’arrêt du 26 avril 1983 ne serait pas : « Faurisson est si sérieux, honnête et convaincant dans ses travaux sur ‘le problème des chambres à gaz’ qu’il en est dangereux. »
Deux décisions de justice contre mon diffamateur
Les deux décisions de justice rendues, en 1981, par le tribunal et, en 1983, par la cour d’appel s’inscrivaient d’avance en faux contre l’assertion de R. Badinter. A ceux qui, à l’époque, m’avaient poursuivi pour « falsification de l’Histoire » le tribunal allait, de la manière la plus nette et la plus expéditive, répondre, dans une simple incise, qu’il n’avait tout simplement pas « à rechercher si un tel discours [celui de Faurisson] constitu[ait] ou non une falsification de l’histoire ». Deux années plus tard, la cour, elle, allait beaucoup plus loin encore, déclarant qu’elle se trouvait bien devant un « problème historique » (sic), qu’elle définissait comme étant celui de l’existence ou de la non-existence des « chambres à gaz » ! Puis, passant en revue chacune des quatre accusations portées contre moi par mes adversaires sur le sujet, elle avait successivement prononcé qu’elle n’avait, pour sa part, trouvé dans mes travaux aucune trace de légèreté, aucune trace de négligence, aucune trace d’ignorance délibérée, ni, enfin, aucune trace de mensonge. De ce quadruple constat elle avait tiré une spectaculaire conclusion ; en son langage, elle prononçait, en effet : « La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson [quant au problème des chambres à gaz] relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public. » Dans les mots de tous les jours, cela signifiait que désormais on reconnaissait à chacun le droit de soutenir, comme l’avait fait Faurisson, que lesdites « chambres à gaz » n’étaient qu’une rumeur de guerre dont la fausseté était démontrable essentiellement par le recours à des arguments d’ordre physique, chimique, architectural, topographique et documentaire exposés par ce dernier en sa défense.
Par la suite, divers jugements et arrêts concernant le révisionnisme historique mentionneront ce jugement et surtout cet arrêt en leur donnant honnêtement une interprétation fidèle à la lettre et à l’esprit de ces deux décisions de justice, c’est-à-dire en leur attribuant un sens contraire à celui qu’allait mensongèrement inventer R. Badinter en 2006.
Bernard Jouanneau au secours de mon diffamateur
L’avocat Bernard Jouanneau est un vétéran de la lutte antirévisionniste. En 1981, il avait lancé en plein prétoire : « Monsieur Faurisson, vous hantez mes nuits » et, depuis ce temps, en maintes occasions, il ne cesse de redire son cauchemar. Face à ma plainte contre R. Badinter, B. Jouanneau, comme bien d’autres, avait immédiatement compris que mon diffamateur s’était mis dans un mauvais cas. Un journaliste du Nouvel Observateur avait manifesté sa crainte et trouvé que l’affaire « ne sentait pas bon » car elle pouvait mal tourner pour R. Badinter. B. Jouanneau allait donc tenter, comme par le passé, une manœuvre de diversion ; au vrai procès il allait substituer un faux procès ; il allait faire du théâtre et du cinéma. Evoquons trois de ses précédentes tentatives de diversion remontant, les deux premières, au début des années 1980 et, la troisième, au début des années 1990.
Le premier exemple nous ramène à un procès de l’année 1981. Léon Poliakov m’avait poursuivi en diffamation parce que j’avais écrit qu’il avait manipulé et même fabriqué des textes attribués à l’Allemand Kurt Gerstein. Ma démonstration était matérielle, arithmétique et imparable. Aussi son avocat, B. Jouanneau, décidait-il de monter tout un scénario pour faire croire que j’avais mis en doute l’existence même de K. Gerstein ! Du coup, il avait convoqué des témoins venus à grands frais de Suède ou des Pays-Bas pour attester que K. Gerstein avait vraiment existé, ce que je n’avais jamais mis en doute ; au contraire. Le tribunal finissait par conclure que L. Poliakov avait enfreint « la rigueur scientifique sur des points de détail » (sic), ce qui était grave pour un membre éminent du CNRS, mais – piètre consolation – il lui accordait le bénéfice, rituel, de la bonne foi. Il n’empêche qu’un procès annoncé à son de trompe comme devant confondre Faurisson avait abouti à un jugement que L. Poliakov allait bien se garder de publier, comme le jugement lui en donnait pourtant le droit.
Le deuxième exemple nous conduit à l’année suivante. En décembre 1982, lors de l’une des audiences qui allaient conduire à l’arrêt du 26 avril 1983, devant la première chambre de la cour d’appel de Paris sous la présidence de M. Grégoire, se plaide le procès que m’ont intenté neuf associations, dont la LICRA, laquelle a pour avocats B. Jouanneau et son ami, Charles Korman. La nuée des avocats de ces associations va en appeler essentiellement à l’émotion et plaider de manière lancinante qu’en somme je ne suis qu’un antisémite et un bien méchant personnage. B. Jouanneau, lui, a été choisi pour la tâche la plus ardue : prouver l’existence des « chambres à gaz » nazies et la réalité d’un « génocide » juif. Il faut savoir qu’au début de l’affaire, il s’était fait fort de trouver et d’apporter ces preuves. En conséquence, pris au mot, il avait été payé pour se rendre, avec son confrère et ami Korman, à Varsovie, à Auschwitz et à Jérusalem afin d’en rapporter des preuves. Las ! Les deux avocats étaient rentrés bredouilles de leur expédition. Aussi, le jour du procès, mis au pied du mur, B. Jouanneau en avait-il été réduit à égrener quelques pauvres documents, d’un ton particulièrement accablé et en concluant chacune de ses lectures par une remarque désabusée du genre de : « Oui, vous me direz que ce n’est, en soi, guère concluant. » Son manque de conviction, son abattement croissant, cette façon de dénigrer la valeur de sa propre documentation, cette voix qui peu à peu s’éteignait, tout cela concourait à donner l’impression qu’il allait s’effondrer. A la fin de sa plaidoirie, au lieu de rester au milieu des siens, il s’éclipsait du prétoire. Peu après, on apprenait qu’il s’était effondré en pleurs sur une banquette du couloir d’accès à la cour et qu’il avait fallu appeler son épouse pour le consoler. Ce n’était pas que l’émotion l’avait terrassé à l’instant d’évoquer quelque expérience tragique de la déportation. Ses confrères s’étaient réservé cette facilité-là et comptaient que, pour sa part, B. Jouanneau produirait devant la cour les preuves qu’il était allé chercher, à grands frais, en Pologne et en Israël. Son double échec était patent : le coûteux déplacement n’avait servi à rien et l’avocat n’avait eu aucune preuve réelle à fournir aux magistrats.
Le troisième exemple se situe en 1991. Le tribunal est présidé par Claude Grellier. A un moment, B. Jouanneau, adoptant un ton tragique, dépose à la barre un grand carton qui, à l’en croire, renfermerait la preuve de ce que les révisionnistes ne sont, au fond, que d’infâmes antisémites décidés en toute occasion à se jouer de la douleur des juifs. Le carton, nous assure l’avocat, contient une « couronne mortuaire » adressée par Pierre Guillaume, ami de Faurisson, à une jeune femme qui avait pris l’habitude de venir chaque mardi rue d’Ulm, à Paris, semaine après semaine, avec de nombreux juifs, manifester, non sans accompagnement de violences physiques, sa vertueuse indignation devant la librairie de P. Guillaume. D’ailleurs, à force de voies de fait et de violences, il avait fallu fermer à jamais cette librairie : autant pour la liberté de la presse ! L’homélie à peine achevée, Me Jouanneau quitte la barre avec son carton. Mais mon avocat, Eric Delcroix, exige son rappel et l’ouverture du carton. Me Jouanneau revient sur ses pas et n’ouvre qu’à peine le carton. Se mettant de la partie, le président Grellier obtient, non sans peine, l’ouverture complète du carton et même l’extraction du bouquet. Déclenchant pour le coup l’hilarité générale, B. Jouanneau retire du carton un galant bouquet de fleurs printanières (dans le langage des fleuristes, un « bouquet rond à main » comme pour les mariages), accompagné, on s’en apercevra l’instant d’après, de la formule « Dites-le avec des fleurs ! ». Un aimable message accompagne le bouquet ; signé de P. Guillaume, il porte les mots suivants : « En manière d’hommage. Pour tous ces mardis vécus si intensément de part et d’autre, et en espérant qu’ils seront nombreux encore ». La scène tourne à la confusion de l’avocat, qui, rendu conscient du comique de la situation, quitte la place non sans souffler : « Cette affaire de bouquet, ce n’est pas ce que j’aurai fait de mieux dans ma carrière. »
La mise en scène finale de l’avocat de mon diffamateur
En 2007, à l’occasion du procès intenté à son ami R. Badinter, B. Jouanneau va faire encore mieux. Cette fois-ci, il va demander et obtenir un enregistrement vidéographique ou cinématographique des débats afin de conférer à ce procès une dimension à la fois historique et spectaculaire. Il engagera les services d’une sténotypiste officielle (car une greffière se contente d’inscrire quelques notes au plumitif). Il convoquera toute une cohorte de témoins qui prouveront que je suis un faussaire et que, pour commencer, je ne suis pas même un professeur d’université mais un simple maître de conférences ! En outre, il inondera le tribunal d’un flot de littérature sur « l’Holocauste ». Bref, une fois de plus, il va tenter de substituer un procès de son cru au véritable procès. Son intention est de faire croire que le débat porte sur R. Faurisson et non sur R. Badinter et qu’il s’agit de punir en Faurisson un faux professeur qui a déjà été condamné en tant que faussaire de l’histoire. Or la question n’est pas là. Il ne s’agit pas de chercher si je suis un faussaire invétéré ou si ce qu’on appelle « l’Holocauste » a eu lieu comme on nous le raconte. Il s’agit de savoir si R. Badinter et son défenseur sont en mesure de produire un jugement de 1981 condamnant définitivement R. Faurisson pour être un faussaire de l’histoire. L’affaire pourrait se régler en quelques minutes. Il suffirait de fournir au tribunal et à la presse une seule phrase du jugement de 1981 déclarant que Faurisson est un faussaire de l’histoire et qu’il a été condamné en tant que tel.
Nouveau fiasco ! Au cours du procès, c’est à peine si la masse des pièces déposées est inventoriée. La prestation des huit témoins tourne à la déconfiture : ceux qui ont assisté à l’audience avec tant soit peu d’attention peuvent en attester et la lecture de la sténographie est édifiante à cet égard. Pendant quelques heures on a attendu un exemple probant de falsification commise par Faurisson. Rien de tel n’est apparu. Les témoins, lors du contre-interrogatoire mené sur ce point par mon avocat, admettent, l’un après l’autre, qu’ils ne connaissent aucune décision judiciaire m’ayant condamné pour être un faussaire de l’histoire ; par ailleurs, aucun d’entre eux ne donne l’impression d’avoir lu de près mes écrits. Ils ne tentent même pas de citer le jugement de 1981 ou l’arrêt de 1983 ; et pour cause ! Certains affirment, parfois non sans quelque hésitation, que j’ai usurpé le titre de professeur. L’impudent Gérard Panczer, ancien membre du comité national du CNRS, déclare sous serment qu’il a entrepris des recherches à ce sujet et qu’il n’a découvert aucun document permettant de conclure que j’ai été professeur ; je serais donc un usurpateur. Malheureusement pour B. Jouanneau, l’un de ses derniers témoins, plus avisé que les autres, Henry Rousso, porte le coup de grâce à ce mensonge éhonté et révèle qu’en fait je possède bien le titre de professeur d’université. B. Jouanneau accordait une telle importance à cette prétendue usurpation de titre qu’à une suspension d’audience il nous avait interpellés, Me Delcroix et moi-même, afin de nous signifier à voix assez haute pour être bien entendu qu’il nous mettait au défi d’apporter la preuve de ce que j’étais un professeur. Apparemment il était venu à ce procès avec la conviction qu’il possédait là une arme décisive contre Faurisson. (Pour un compte rendu détaillé des huit témoignages on voudra bien se reporter au texte de douze pages que j’ai intitulé : « Les témoins de Robert Badinter ».)
Des aveux sortis « de la bouche du cheval »
Pour couronner le tout, R. Badinter, B. Jouanneau et Ch. Korman vont, çà et là, laisser échapper, sans paraître s’en rendre compte, que je n’ai effectivement jamais été condamné pour être un faussaire de l’histoire ! Le premier le fera sur le ton du gémissement et les deux autres par manque d’attention : à force de s’entendre parler et de s’échanger des compliments, la vigilance de B. Jouanneau et celle de Ch. Korman semblent s’être émoussées. Comme pris d’ivresse, Me Jouanneau lance à son confrère : « La bonne nouvelle que vous nous apportez, c’est que nous avons gagné ce procès ? » [par erreur, la sténotypiste écrit : « allons gagner »]. Le président s’agace. Ch. Korman bredouille et répond : « Je ne m’avancerai pas à dire cela. »
Dans sa déposition à la barre, R. Badinter a reconnu qu’en juillet 1981, pris par sa nouvelle tâche de ministre de la Justice, il n’avait peut-être pas lu le jugement. Selon la sténographie du procès (Fascicule 1, p. 18-19), il déclare : « Pour moi, à cet instant, croyez-le bien, je ne suis pas même sûr d’avoir lu le jugement. Si je l’ai fait, ce qui est possible, vingt-cinq ans se sont écoulés entre le moment où cette affaire a été jugée [le 8 juillet 1981] et le moment où une question imprévue m’a été posée [à la télévision, le 11 novembre 2006] ». Et d’ajouter qu’il n’a pas fait une réponse réfléchie mais une réponse « improvisée ». Ses propres mots sont : « A question imprévue réponse improvisée ». Et de préciser qu’il n’a pas eu, en la circonstance, la possibilité de « vérifier [s]es sources ». Ses mots sont exactement les suivants : « Si cela se trouvait dans des mémoires éventuels (ce n’est pas mon intention à cet instant [d’en écrire]), j’aurais eu l’obligation de vérifier mes sources, je l’aurais fait. Moi aussi, je suis un universitaire. Vous êtes sur un plateau de télévision, une question vous est posée, vous répondez en fonction de vos souvenirs et vous dites ‘faussaire de l’histoire’. Ceci correspond très exactement à la réalité pour moi que j’en avais conservée ». (Ici et ailleurs, les soulignements sont de mon fait. RF). En bon français, R. Badinter reconnaît donc qu’il a parlé sans savoir et qu’il a lancé les mots « faussaire de l’histoire » sans prendre le temps d’y réfléchir. Ajoutons qu’il n’a aucun droit d’incriminer, comme il le fait, la chaîne de télévision ARTE car aucune question ne lui avait été posée à ce sujet et le nom de Faurisson n’avait pas été prononcé ; c’est spontanément que, parmi d’autres fanfaronnades, il s’était vanté de m’avoir fait ainsi condamner.
S’adressant à l’un de ses propres témoins, Annette Wieviorka, B. Jouanneau l’interroge sur l’absence, à la barre, d’un « historien » et d’un « expert » dont on était en droit d’attendre le témoignage : Serge Klarsfeld. Pour justifier sa question, il en appelle malencontreusement à l’arrêt du 26 avril 1983 où la cour avait conclu : « La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public ». Et c’est ainsi qu’on entend soudain B. Jouanneau en personne dire textuellement à son témoin : « Lorsque le Tribunal et la Cour se sont prononcés en 1981 et en 1983 sur les écrits de Faurisson qui faisaient l’objet du procès civil – c’était à une époque où la loi Gayssot n’existait pas ; c’était seulement de la responsabilité civile de Faurisson qu’il s’agissait – le Tribunal et la Cour ont considéré que ce n’était pas là leur mission de se pencher sur l’histoire et de dire ce qu’il fallait penser de telle ou telle théorie. Là le Tribunal et la Cour ont renvoyé l’examen de cette question aux historiens, aux experts et au public, c’est la formule même de l’arrêt de la Cour » (même fascicule, p. 43). Or ces propos de B. Jouanneau correspondaient, mot pour mot, à ce que, pour ma part, j’avais exposé au tout début de cette si longue journée pour justifier ma plainte contre R. Badinter. B. Jouanneau venait donc de porter le plus rude des coups à son propre système de défense.
Se tournant plus tard vers un autre témoin, Henry Rousso, il récidive en déclarant : « Permettez-moi cependant que je vous pousse dans vos retranchements. Le Tribunal en 1981 et la Cour en 1983, lorsque a eu lieu ce procès engagé contre Robert Faurisson, ont expressément déclaré qu’il n’appartenait pas aux tribunaux de se faire juges de l’histoire et que, par contre, l’appréciation – je crois que ce sont les mots exacts – de la valeur des conclusions de Faurisson relevait de la compétence exclusive des historiens, des experts et du public.» (Fascicule 3, p. 8). Là encore, un pavé de l’ours !
S’adressant enfin à son ultime témoin, son confrère et ami Charles Korman, qui, en 1981, avait plaidé à ses côtés contre moi, il demande, après avoir commencé par le tutoyer : « Pouvez-vous expliquer ou comprendre que le Tribunal [en 1981] n’a pas voulu s’arrêter à ce type de démonstration puisque, dans le jugement, figure expressément cette phrase :‘sans avoir à rechercher s’il s’agit d’une falsification’ ? Quelle est votre lecture d’avocat de ce jugement, vingt-cinq ans après ? » (même fascicule, p. 19). Par les mots « type de démonstration », B. Jouanneau faisait allusion à une tentative de Ch. Korman en vue de démontrer comment j’avais, selon lui et selon un autre témoin, manipulé un témoignage écrit de Johann-Paul Kremer, médecin à Auschwitz en 1942. La tentative en avait été faite plus de vingt-cinq ans auparavant et n’avait pas eu le résultat escompté par mes adversaires. Il faut dire qu’en 1980 j’avais, dans mon Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire, poussé le scrupule jusqu’à produire longuement le fac-similé du texte en question. Par la suite, j’ai découvert, sur la « confession » de J.-P. Kremer à ses geôliers communistes, un document confirmant, s’il en était besoin, mon interprétation de certains passages de son journal (Ecrits révisionnistes 1974-1998, p. 513-514). D’ailleurs, B. Jouanneau semble ici avoir conscience que l’argument de son compère est plutôt indigent ; ne qualifie-t-il pas la pauvre démonstration de « lapidaire et résumée » ? Pour faire bonne mesure, Ch. Korman aggrave encore son cas en ajoutant les remarques suivantes : « [le Tribunal, en 1981,] ne s’est pas arrêté, comme il le dit d’ailleurs, à décider du vrai et du faux », « le Tribunal s’est très clairement cantonné au cadre juridique dans lequel l’action avait été engagée » et, enfin, « [le Tribunal] a fait le partage entre ce qui était son devoir, sa mission et ce qui relevait, ne relevait pas de sa mission, à savoir s’engager dans un débat scientifique » (même fascicule, p. 19, 21). Donc, en conclusion, Ch. Korman, à son tour, vient de se faire là, involontairement, l’avocat de celui que, pourtant, à sept reprises, il nomme « l’usurpateur » Faurisson (même fascicule, p. 16 [2 fois], 20 [4 fois], 21 [1 fois]). La fin de sa déposition prend l’allure d’une déroute. B. Jouanneau tente un dernier effort en évoquant un procès que j’avais intenté à Jean Pierre-Bloch, lequel s’était permis de me traiter de « faussaire de l’histoire » mais au moins ce diffamateur-là n’avait-il pas, lui, excipé d’une décision judiciaire en ce sens. J’avais été débouté, toujours au nom de la bonne foi du diffamateur, si bien que Le Droit de vivre, que dirigeait J. Pierre-Bloch, avait pu titrer : « Traiter Faurisson de faussaire, c’est le diffamer mais de bonne foi ». Me Jouanneau essaie d’interroger Ch. Korman sur le sujet, s’égare, se fait rappeler à l’ordre par le président, lequel exige une question précise, et notre homme, s’égarant à nouveau, finit par demander à son témoin : « Avez-vous [dans cette affaire de Faurisson contre J. Pierre-Bloch] considéré que la preuve avait été rapportée alors devant le Tribunal que Faurisson pouvait être convaincu en justice d’être un faussaire de l’histoire ? ». La question est d’autant plus incongrue que, dans ce procès que j’avais intenté à J. Pierre-Bloch, le tribunal avait clairement fini par prononcer que me traiter de faussaire de l’histoire, c’était me diffamer, mais de bonne foi. B. Jouanneau, avocat de la LICRA et lecteur du Droit de vivre, ne pouvait l’ignorer. Apparemment déconcerté par la maladresse de son confrère et ami, Ch. Korman commence par répondre dans le sens contraire à celui que B. Jouanneau attendait de lui et, confondant tribunal et cour, bredouille : « Mon souvenir est que la Cour, en vérité, s’est placée non pas au niveau de la preuve de vérité… ». B. Jouanneau l’interrompt : « Il n’y avait pas d’offre de preuve ? ». Ch. Korman reprend : « … mais de la considération de sa bonne foi. C’est le souvenir que je garde » (même fascicule, p. 22-23). Sur quoi B. Jouanneau déclare soudainement qu’il n’a plus d’autre question à poser. Le fiasco, là encore, est manifeste. A telle enseigne que mon avocat, Me Delcroix, contrairement à son habitude, fait savoir qu’il renonce, pour sa part, à poser au témoin Ch. Korman la moindre question. Celui-ci aura donc été le huitième et dernier témoin d’un défilé, qui, pour Me Jouanneau, vient de s’achever dans la confusion.
Abusées, les éditions Arthème Fayard admettent et corrigent leur erreur
B. Jouanneau s’était promis de publier ou de faire publier un livre sur le procès. De fait, sur leur site Internet, les éditions Arthème Fayard annonçaient la sortie, prévue pour le 21 novembre 2007, d’un ouvrage de 320 pages intitulé Faurisson contre Badinter, ou le procès du négationnisme. Dans leur présentation de l’ouvrage, elles se permettaient d’écrire :
Le jugement, rendu le 21 mai [2007], a débouté Faurisson de sa plainte, reconnaissant que l’usage à son endroit de l’expression « faussaire de l’Histoire » n’était pas diffamatoire. Il n’a pas fait appel.
Le 10 octobre, mon avocat, Eric Delcroix, expédie à Claude Durand, PDG des éditions Arthème Fayard, un avertissement aux fins, notamment, d’obtenir la modification de cette présentation qu’il qualifie de « mensongère et gravement préjudiciable ». Références à l’appui, il lui signale que, pour les juges, « la diffamation a été constituée » et que, selon les mots mêmes du tribunal, « le défendeur [Badinter] a échoué en son offre de preuve ». Il ajoute : « Si Robert Badinter, ainsi reconnu diffamateur, l’a finalement emporté, ce n’est que sur l’argument subjectif et subsidiaire de la ‘bonne foi’. »
Le lendemain, par retour du courrier, C. Durand répond sur ce point qu’il a fait « amender la notice » conformément aux vœux de mon avocat. Sur le site, effectivement, à la place de la formulation mensongère apparaît alors la formulation suivante :
Le jugement, rendu le 21 mai, a débouté Faurisson de sa plainte. Il n’a pas fait appel.
Par la même occasion, le titre de l’ouvrage, lui aussi, a été modifié et il est devenu La Justice et l’Histoire face au négationnisme. Quelques jours plus tard, toute mention du livre disparaît du site des éditions Arthème Fayard ; pourtant, d’autres sites (Alapage, FNAC, Chapitre) nous promettent la sortie de l’ouvrage pour le mois de janvier 2008 mais sous l’ancien titre.
Avertissement à mes diffamateurs
Si C. Durand a retiré le fragment de phrase où il était dit que, pour la justice, l’expression de « faussaire de l’Histoire » appliquée à R. Faurisson n’était pas diffamatoire, c’est qu’il lui a fallu convenir que la justice avait bel et bien prononcé que R. Badinter m’avait diffamé, fût-ce de bonne foi. Selon une formule qui a cours dans le monde de la basoche, « Telle une allumette, la bonne foi ne peut servir qu’une fois ». En conséquence, R. Badinter ne peut plus répéter le mensonge selon lequel Faurisson aurait été condamné pour être un faussaire de l’histoire. Si jamais il récidivait, il encourrait une condamnation en justice pour diffamation exclusive de toute bonne foi. Il le sait et ses amis et conseils le savent. Qu’ils prennent garde, en conséquence, à toute nouvelle accusation ou insinuation diffamatoire, sous quelque forme que ce soit ! Leur livre, s’il voit le jour, sera l’objet de toute notre attention. Il pourrait, si la nécessité s’en faisait sentir, m’inciter à porter plainte contre son auteur ou ses auteurs et à publier, à mon tour, un ouvrage qui aurait pour titre Robert Badinter, mon diffamateur… Soit dit en passant, j’y reproduirais dans leur intégralité les articles de presse qui, se faisant l’écho du procès, en ont dénaturé et la substance et le résultat alors que, par des envois RAR, je les avais prévenus des distorsions à ne pas commettre.
Je le rappelle une dernière fois, aussi bien aux intéressés qu’aux agences de presse et aux médias, il doit être clairement entendu 1) que jamais de ma vie je n’ai été condamné pour être un faussaire de l’histoire (si tel avait été le cas, on n’aurait cessé de le dire et de l’écrire depuis 1981) ; 2) que me traiter de faussaire, c’est me diffamer (plusieurs jugements ou arrêts en ont décidé ainsi) ; 3) qu’un homme prévenu en vaut deux et que, dans le cas présent, l’argument de la bonne foi ne peut plus être invoqué.
NBMe Delcroix demande à Henry Rousso : « Le témoin a-t-il connaissance de décisions de justice qui auraient déclaré que le Professeur Faurisson était un faussaire de l’histoire, [décisions] obtenues par un avocat nommé R. Badinter ? » L’intéressé ose répondre : « J’ai connaissance d’un certain nombre de décisions de justice où effectivement il a été désigné comme faussaire » (Fascicule 2, p. 14). Mais H. Rousso ne cite aucune de ces prétendues décisions. Or, si l’on se reporte à l’un de ses ouvrages, on y lit à propos du jugement du 8 juillet 1981 (R. Badinter avait plaidé) : « Sur le fond, la justice a refusé de prendre position, estimant que ‘les tribunaux n’ont ni qualité ni compétence pour juger l’Histoire’, encore moins de ‘décider comment doit être représenté tel épisode de l’Histoire nationale ou mondiale’ ». Et d’ajouter que ce jugement a été confirmé le 26 avril 1983 par la cour d’appel (Le syndrome de Vichy, Seuil, 1987, p. 166-167).
[Ces huit pages seront envoyées à R. Badinter, B. Jouanneau, C. Durand et au bâtonnier de Paris ainsi qu’à l’AFP et à d’autres agences de presse ; elles seront également envoyées, en France comme à l’étranger, à des organes de la presse écrite, radiophonique ou télévisuelle. Et on les trouvera sur Internet]
29 octobre 2007

Monday, October 22, 2007

Quels tracts Guy Môquet distribuait-il ?


Guy Môquet, militant (« Pionnier ») des Jeunesses communistes, a été arrêté le 13 octobre 1940, à la Gare de l’Est, par deux policiers français et non par les Allemands. Il distribuait des tracts du Parti communiste. Quel tract précisément ce jour-là et quels tracts les jours précédents ? Il me paraît indispensable d’avoir la réponse, laquelle doit bien figurer dans l’enquête de police dont, à ma connaissance, on ne nous a livré jusqu’ici que des bribes.

A l’époque, le Parti communiste n’était nullement entré en résistance contre les Allemands. Le plus connu et le plus représentatif de ses tracts peut se voir au Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne, dont le conservateur est Guy Krivopissko ; il s’agit d’un texte imprimé de deux pages particulièrement denses, titré « Peuple de France ! » et signé « au nom du Comité Central du Parti Communiste Français » à la fois par Maurice Thorez, Secrétaire général, et Jacques Duclos, Secrétaire. M. Thorez, qui avait déserté l’armée française en octobre 1939, séjournait alors dans les environs de Moscou et J. Duclos vivait dans la clandestinité aux environs de Paris. Le texte du tract se trouve reproduit en annexe iconographique et aux pages 165-175 de l’ouvrage de Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier, Juin 40, La Négociation secrète, Les Editions ouvrières / Les Editions de l’Atelier (Ivry-sur-Seine), 2006 [novembre], 208 p. Plus tard nommé « Appel du 10 juillet », le texte aurait plutôt été rédigé et distribué « dans la deuxième quinzaine de juillet » (p. 175) et aurait connu par la suite une très vaste diffusion.

Pas un seul instant, le contenu du tract ne vise les Allemands. Au contraire, il constitue une sorte de codicille français ajouté au « Pacte germano-soviétique », pacte expressément nommé et invoqué. Implicitement il constitue une offre de collaboration directe avec les autorités allemandes par-dessus la tête des autorités de Vichy. Il dénonce les terribles conséquences des « gouvernements indignes » qui ont voulu la guerre contre l’Allemagne et qui sont responsables de la défaite et de l’occupation qui s’en est suivie. Ces responsables sont Daladier, Reynaud, Blum et Mandel qui « ont poussé la France à la guerre pour servir les intérêts des ploutocrates » [entendons : des ploutocrates anglais et français], pour « écraser le peuple et porter les armes contre l’URSS, pays du socialisme (envoi de matériel de guerre aux gardes blancs finlandais et constitution de l’armée Weygand en Syrie) ». On lit encore : « Seul, debout dans la tempête, fidèle à sa politique de paix, notre Grand Parti Communiste s’est dressé contre la guerre, comme il s’était dressé seul contre l’occupation de la Ruhr par Poincaré [1923-1924] parce qu’il a toujours été CONTRE L’OPPRESSION D’UN PEUPLE PAR UN AUTRE PEUPLE ». Le tract évoque « la France enchaînée au char » non pas de l’Allemagne hitlérienne mais « de l’impérialisme britannique » ; il vilipende « les aventuriers de Vichy », « le Parti de Blum et de Paul Faure », « les Princes de l’Eglise », « ces Messieurs du gouvernement de Vichy », les « fauteurs et profiteurs de guerre » ainsi que Pétain, Laval et « la dictature des forbans ». Il exige que les députés et sénateurs communistes, déchus et emprisonnés par Daladier à cause de leur approbation du Pacte germano-soviétique (23 août 1939), soient libérés et rétablis dans leurs droits et fonctions et aussi que reparaisse la presse du Parti communiste. (Les Allemands, eux, libéreront effectivement bien des communistes). Il conclut : « A la porte le gouvernement de Vichy ! A la porte le gouvernement des ploutocrates et des profiteurs de guerre ! » Appelant à la renaissance de la France sous le signe de la fraternité des peuples, il lance : « A bas le capitalisme générateur de misère et de guerre ! Vive l’Union Soviétique de Lénine et Staline, espoir des travailleurs du Monde ! »

Guy Môquet semble avoir eu beaucoup d’admiration pour son père, Prosper Môquet, ancien cheminot, membre responsable du syndicat CGTU, élu député du Parti communiste dans le quartier des Epinettes et déchu de sa fonction de député pour avoir approuvé le Pacte germano-soviétique. Il serait intéressant de savoir si le jeune Guy avait distribué ce tract de « non-résistance aux autorités d’occupation allemande » si on peut l’appeler ainsi ou encore s’il avait diffusé d’autres écrits communistes, plus virulents encore, contre celui que Jacques Duclos et Maurice Tréand appelaient avec insistance « le juif Mandel » ou contre « le défenseur des intérêts capitalistes anglais », Paul Reynaud.

Les jeunes Français ont besoin de le savoir. Les autres Français aussi d’ailleurs, à commencer par le Président de la République.

(Publié sous ce titre et sous ma signature dans Rivarol, 26 octobre 2007, p. 11, avec deux caricatures de de Leno [Ralph Soupault] représentant Maurice Thorez et Jacques Duclos)


Additif du 27 octobre 2007

Guy Môquet officiellement NON résistant ?

D’après une pièce administrative, depuis longtemps connue, le titre d’« Interné résistant » aurait été refusé à Guy Môquet, que partout aujourd’hui on qualifie de « résistant » ; seul lui aurait été accordé le titre d’ « Interné politique ». Datant du 7 février 1956, la pièce est à en-tête du Ministère des anciens combattants et victimes de la guerre. Il s’agit d’une « décision » « portant refus du titre INTERNE RESISTANT et attribution du titre INTERNE POLITIQUE ». Elle est adressée au père de Guy Môquet, dont l’adresse parisienne est indiquée au bas de la page. Le texte porte :

1° La demande d’attribution du titre d’INTERNE RESISTANT concernant MOQUET Guy, né le 28 avril 1924 à Paris 18° [et] décédé le 22 août [erreur pour 22 octobre] 1941 à Chateaubriant (Loire-Inférieure) est rejetée pour le motif ci-après : Il résulte du dossier que l’intéressé ne remplit pas les conditions exigées par les dispositions combinées des articles R. 286 et R. 287 du Code des Pensions.

2° Le titre d’INTERNE POLITIQUE est accordé à l’intéressé, sur avis conforme de la Commission Nationale des déportés et internés politiques. – Période d’internement prise en compte : du 13 octobre 1940 au 22 octobre 1941.

Carte n° 130 108 900 délivrée à Monsieur MOQUET Prosper, 34 Rue Baron, PARIS 17°.

En conclusion, s’il se confirme que ses tracts étaient de même nature que ceux que diffusait à l’époque le Parti communiste français, Guy Môquet aura été probablement pendant un an (20 juin 1940-21 juin 1941), une sorte de collabo actif, pro-allemand et anti-Vichy, avant de devenir à partir du 22 juin 1941 (rupture du Pacte germano-soviétique et entrée des troupes allemandes en URSS) jusqu’au 22 octobre 1941 (date de son exécution), soit pendant quatre mois, un éventuel résistant réduit à l’impuissance puisque incarcéré. Il a dû son exécution au fait que trois jeunes militants communistes, venus de Paris, ont assassiné un Allemand (francophile ?), le lieutenant-colonel Karl Hotz, commandant la place de Nantes, puis ont refusé de se dénoncer, provoquant ainsi de sanglantes représailles.

NB - Sur le sujet des fusillés, on lira, de Jean-Pierre Besse & Thomas Pouty, Les Fusillés, Répression et exécutions pendant l’Occupation (1940-1944), Les Editions de l’Atelier / Les Editions Ouvrières (Paris), 2006 [octobre], 200 p. Selon ces auteurs, pendant toute la durée de l’Occupation, les Allemands auraient jugé, condamné à mort et fusillé entre 4 520 et 4 540 personnes (p. 182). On est loin des « 75 000 fusillés » du seul Parti communiste.

22, 27 octobre 2007

Wednesday, October 17, 2007

Avertissement à Robert Badinter et à ses amis et conseils pour le cas où ils persisteraient à me diffamer

1) Avertissement (RAR) envoyé, le 10 octobre 2007, par Me Eric Delcroix à Claude Durand, président directeur général des éditions Arthème Fayard


Librairie Arthème Fayard, 13 rue du Montparnasse, 75006 PARIS

A l’attention de Monsieur le Président directeur général

Aff : Faurisson c/ Badinter

Monsieur le Président,

Je vous écris en ma qualité d’avocat du professeur Robert Faurisson.

Nous venons, lui et moi, d’apprendre sur votre site Internet www.fayard.fr la sortie annoncée pour le 21 novembre de l’ouvrage intitulé : Faurisson contre Badinter, ou le procès du négationnisme.

Nous savons que cet ouvrage a vocation à contenir les différentes contributions des acteurs du procès ayant opposé mon client à Robert Badinter et qui s’est achevé par un jugement rendu le 21 mai par la XVIIe chambre (chambre de la presse) du tribunal de grande instance de Paris.

C’est pourquoi je vous fais savoir par la présente :

1°- Que le professeur Faurisson et moi-même interdisons formellement la publication de nos prétendues contributions à ce procès, au demeurant extraites de sténographies douteuses et souvent en contradiction avec les notes d’audience du greffier ;

2°- Que je vous mets en demeure, sous huit (8) jours, de faire modifier la notice correspondante apparaissant sur votre site, notice où figure de façon mensongère et gravement préjudiciable l’indication suivante :

Le jugement, rendu le 21 mai, a débouté Faurisson de sa plainte, reconnaissant que l’usage à son endroit de l’expression « faussaire de l’Histoire » n’était pas diffamatoire.

Or, le jugement susvisé du 21 mai 2007, tout à l’inverse, s’il a débouté mon client, a reconnu que la diffamation était constituée (pages 5 et 6, § « Sur le caractère diffamatoire des propos poursuivis »), après que le Tribunal eut constaté « que le défendeur [Badinter] a échoué en son offre de preuve » (page 13, 3e alinéa, § « Sur les éléments de preuve ») !

Si Robert Badinter, ainsi reconnu diffamateur, l’a finalement emporté, ce n’est que sur l’argument subjectif et subsidiaire de la « bonne foi » (page 16, 2e alinéa, § « Sur la bonne foi »)…

Si vous n’entendiez pas satisfaire les présentes et impératives demandes, il serait de votre intérêt même de me faire connaître celui de mes confrères que vous choisissez pour avocat.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués. E.D.

2) Réponse (RAR) envoyée le 11 octobre 2007 (c’est-à-dire par retour du courrier) par Claude Durand à Me E. Delcroix

Maître,
J’ai bien reçu votre lettre du 10 octobre dont j’accuse volontiers réception.
J’ai pris bonne note du refus de M. Faurisson et du vôtre de la reproduction de vos déclarations telles que résultant de la sténotypie des débats.
Je fais par ailleurs amender la notice annonçant l’ouvrage conformément à vos voeux.
Veuillez agréer, Maître, l'expression de ma meilleure considération.

3) Les deux versions consécutives du texte d’annonce du livre : la version originelle et la version corrigée sur notre demande

Version originelle

Faurisson contre Badinter, ou le procès du négationnisme

*

* Date de Parution : 21/11/2007

* Collection : Documents

* Prix public TTC : 20,00 €

* Code ISBN / EAN : 9782213635583 / hachette : 3538030

* Format (153 x 235)

* Nombre de pages : 320

Les 12 mars et 12 avril ont eu lieu devant la 17e Chambre du tribunal correctionnel de Paris les débats de ce qui aura probablement été le tout dernier grand procès du négationnisme.

À l’origine, une plainte de Robert Faurisson contre Robert Badinter et la chaîne Arte. Motif : sur cette chaîne, Robert Badinter a déclaré : « Le dernier procès que j’aurai plaidé dans ma vie avant de devenir ministre, c’est le procès contre Faurisson. J’ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l’Histoire. » Ce sont ces derniers mots qui sont invoqués par Faurisson pour intenter sa plainte en diffamation.

Le jugement, rendu le 21 mai, a débouté Faurisson de sa plainte, reconnaissant que l’usage à son endroit de l’expression « faussaire de l’Histoire » n’était pas diffamatoire. Il n’a pas fait appel.

Ce dossier restera dans l’histoire de la justice et pour l’Histoire tout court le verdict de condamnation définitive du négationnisme en France.

www.fayard.fr - tous droits réservés 2007

Version corrigée

* La Justice et l’Histoire face au négationnisme

auteur : XXX

* Date de Parution : 21/11/2007

* Collection : Documents

* Prix public TTC : 0,00 €

* Code ISBN / EAN : 9782213635583 / hachette : 3538030

* Format (153 x 235)

* Nombre de pages : 320

Les 12 mars et 12 avril ont eu lieu devant la 17e Chambre du tribunal correctionnel de Paris les débats de ce qui aura probablement été le tout dernier grand procès du négationnisme.

À l’origine, une plainte de Robert Faurisson contre Robert Badinter et la chaîne Arte. Motif: sur cette chaîne, Robert Badinter a déclaré : «Le dernier procès que j’aurai plaidé dans ma vie avant de devenir ministre, c’est le procès contre Faurisson. J’ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l’Histoire.» Ce sont ces derniers mots qui sont invoqués par Faurisson pour intenter sa plainte en diffamation.

Le jugement, rendu le 21 mai, a débouté Faurisson de sa plainte. Il n’a pas fait appel.

Ce dossier restera dans l’histoire de la justice et pour l’Histoire tout court le verdict de condamnation définitive du négationnisme en France.

(http://www.fayard.fr/livre/fayard-299857-La-Justice-et-l-Histoire-face-au-negationnisme-hachette.html)

4) Conclusion et nouvel avertissement : C. Durand a retiré le fragment de phrase où il avait osé dire que, pour la justice, l’expression de « faussaire de l’Histoire » appliquée à R. Faurisson n’était pas diffamatoire. C’est qu’en réalité il lui a fallu convenir que la justice a bel et bien prononcé que R. Badinter avait diffamé R. Faurisson, fût-ce de bonne foi. Cependant, selon la formule bien connue, la bonne foi est comme une allumette et ne peut servir qu’une fois. En conséquence, l’intéressé ne peut plus répéter que Faurisson a été condamné pour être un faussaire de l’histoire. Si jamais il venait à le répéter, il encourrait une condamnation en justice pour diffamation exclusive de toute bonne foi. Il le sait et ses amis et conseils le savent. Qu’ils prennent garde à toute nouvelle accusation ou insinuation diffamatoire !

17 octobre 2007

Saturday, October 6, 2007

Assemblée générale de l’association Liberté pour l’histoire

(Ce compte rendu a été rédigé par Grégoire Kauffmann, secrétaire délégué ; certains mots ou passages sont, de notre fait, reproduits en gras ; le commentaire de R. Faurisson se lit à la fin du texte, en italique)

Pierre Nora ouvre la séance – Il rend hommage à la mémoire de notre premier président, René Rémond, décédé le 14 avril 2007. Après sa disparition, Pierre Nora a accepté d’assumer la présidence de LPH qui doit être aujourd’hui consacrée par le vote des adhérents. Il ne veut pas d’une présidence éternelle et espère que celle-ci sera renouvelée dans un an. Il insiste sur la nécessité d’être épaulé dans sa tâche par le Conseil d’administration. Il évoque brièvement les changements politiques intervenus depuis le printemps dernier et la nouvelle ère qui s’est ouverte pour LPH depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.

Françoise Chandernagor, vice-présidente : rapport juridique – A la suite du décès de René Rémond, de la démission de Pierre Kerleroux comme secrétaire général adjoint, de l’impossibilité d’Alain Decaux de se rendre à une réunion de bureau, le Conseil d’administration réuni le 6 juin 2007 à la Fondation nationale des Sciences politiques a proposé comme membres remplaçants Jean-Noël Jeanneney, Jean-Claude Casanova et Krzysztof Pomian. Le bureau a élu Pierre Nora président de LPH en remplacement de René Rémond. Mona Ozouf a souhaité être déchargée de la vice-présidence tout en restant membre du Conseil d’administration. En conséquence, le bureau propose à l’Assemblée générale de confirmer l’élection au Conseil d’administration de Jean-Noël Jeanneney, de Jean-Claude Casanova et de Krystof Pomian et de reconduire les membres suivants : Jean-Pierre Azéma, Jean-Jacques Becker, Catherine Brice, Françoise Chandernagor (vice-présidente), Christian Delporte (trésorier), Valérie Hannin, Pierre Nora (président), Mona Ozouf, Hubert Tison (secrétaire général), Maurice Vaïsse, Michel Winock.

Le renouvellement du Conseil d’administration est mis aux voix de l’Assemblée générale. Il est approuvé à l’unanimité.

Pierre Nora, président : rapport moral – Françoise Chandernagor, Michel Winock et Pierre Nora ont été reçus par le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, lequel, à titre personnel, s’est montré désireux de soutenir les initiatives de LPH, notamment sur la question de l’Arménie. Bernard Accoyer leur a conseillé de solliciter différentes personnalités à Matignon, à l’Elysée, au ministère de la Culture. Pierre Nora et Françoise Chandernagor ont été reçus le 2 octobre par le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, pour le mettre au courant de nos initiatives et lui demander si l’application de la circulaire parue au Bulletin officiel du 30 août 2007 et intitulée 22 octobre : commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés impliquait obligation et sanction. M. Darcos s’est montré très ouvert. A la question de savoir si la circulaire avait un caractère contraignant, M. Darcos a répondu qu’il avait réuni les recteurs d’académies pour leur donner des conseils de souplesse : les professeurs garderont leur liberté de pédagogie. Lors de cette entretien, M. Darcos a confirmé que Nicolas Sarkozy se rendrait sans doute au lycée Carnot le 22 octobre 2007 afin d’y lire la lettre de Guy Môquet.

Françoise Chandernagor, vice-présidente – Les propositions de lois mémorielles se multiplient et sont déposées sur le bureau de l’Assemblée nationale. Il existe déjà une proposition de loi sur le « génocide » vendéen. D’autres suivront immanquablement sur le massacre des Cathares, la Saint-Barthélemy, etc. Ces propositions de loi dessinent une tendance typiquement franco-française. Il en va tout autrement au niveau européen, où le conseil des ministres européens vote les lois à l’unanimité. Ainsi, une décision-cadre « concernant la lutte contre le racisme et la xénophobie », proposée en 2001 par le gouvernement français, a été adoptée par le Conseil des vingt-cinq ministres de la Justice le 20 avril dernier, à l’unanimité. Les Etats membres doivent, sous peine de sanctions de la Commission, la transcrire dans leur droit interne avant deux ans.

Cette décision-cadre va plus loin que la législation française existante : 1°) Elle étend les sanctions pénales du type loi Gayssot (ici, jusqu’à trois ans d’emprisonnement) à la contestation de tous les génocides et crimes contre l’humanité quels qu’ils soient ; 2°) En se référant aux statuts de la Cour pénale internationale, elle s’appuie sur une définition des génocide et « crime contre l’humanité » plus large que celle de notre code pénal ; 3°) Elle crée, outre le délit de « négation », un délit de « banalisation » que le droit français ignorait jusqu’à présent. Elle crée aussi un délit de « complicité de banalisation » ; 4°) Les comportements délictueux de « négation » ou de « banalisation » ne sont plus sanctionnés seulement dans les cas de génocides ou de crimes contre l’humanité, mais aussi – ce qui est nouveau – dans les cas de crimes de guerre ; 5°) En revanche, la « négation » ou la « banalisation » de crimes contre l’humanité pour des raisons religieuses ne seront sanctionnées que si la communauté religieuse opprimée s’identifie à une race ou une ethnie particulière ; 6°) Lorsque le génocide, le crime contre l’humanité ou le crime de guerre ont été commis par un régime totalitaire (à l’exception des crimes nazis, visés dans le texte par une disposition relative au Tribunal de Nuremberg), il reste, pour l’instant, permis de les nier, de les banaliser ou même d’en faire l’apologie. Malgré la demande des pays baltes, le Conseil des ministres européens a jugé impossible de rattacher les crimes du totalitarisme au racisme, unique objet, en principe, de la décision. Le Conseil se borne donc à renvoyer à la Commission le soin d’organiser, quand il lui plaira, une « audition publique » sur cette catégorie de crimes dans l’espoir de déboucher un jour sur des « réparations appropriées ». En clair, la « gayssotisation » générale continue d’épargner ceux qui nient ou banalisent les crimes du communisme, Katyn, la dékoulakisation, etc. En France, l’adoption de cette décision-cadre est passée inaperçue. Nous en avons été alertés par un historien italien. Pour l’heure, seuls les Anglais ont réagi en protestant contre une décision qui aboutit à une limitation inacceptable de la liberté d’expression. Cette affaire exprime un état d’esprit global ; elle montre que les historiens doivent s’organiser à l’échelle européenne pour défendre leur liberté d’expression.

Hubert Tison, secrétaire général : rapport financier – Les recettes sont celles des cotisations. Les dépenses en 2006 sont celles 1°) de la domiciliation de l’association, 23-25 rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris : 138,58 euros du 12/9/2006 au 31/12/2006 2°) de la gestion du compte Bred : 8 euros par mois 3°) de l’assurance MAIF ; 4°) des envois de convocations pour l’assemblée générale de 2006. Les dépenses en 2007 sont celles : 1°) de la domiciliation rue Jean-Jacques Rousseau : 55,26 euros par trimestre ; 2°) de la gestion du compte Bred : 8 euros par mois ; 3°) de la cotisation MAIF ; 4°) des enveloppes et timbres pour les convocations des adhérents (1er envoi) ; 2ème envoi « bon pour le pouvoir » par la poste (destinés aux adhérents qui n’ont pas de courriel). Bilan au 26/9/2007 : 5391,42 euros Le nombre d’adhérents était de 217. A la veille de l’assemblée générale 2007, 137 adhérents avaient renouvelé leur cotisation.

Pierre Nora, président – Il constate que les ressources financières sont insuffisantes. Il lui paraît donc impératif de mobiliser des mécènes, de multiplier les adhésions de soutien. Il estime qu’une somme 20 à 30 000 euros permettrait à l’association des initiatives que sa pauvreté actuelle lui interdit. Par ailleurs, les adhérents de LPH sont trop peu nombreux. Un effort doit être entrepris en direction des professeurs d’histoire et de géographie du secondaire. Il importe d’autre part d’élargir le cercle de LPH en obtenant le concours de philosophes, d’avocats, de magistrats. Les juristes doivent se mobiliser car tous ces textes de lois mémorielles avancent masqués. Il est temps que LPH engage une ouverture vers l’étranger : Italie, Angleterre, Belgique où il existe une association du même type que la nôtre. Coordonnons notre lutte à l’échelle internationale : il y a là un cadre d’action que nous connaissons mal. Il est essentiel de faire comprendre au public que LPH ne mène pas un combat corporatiste mais que les historiens se trouvent aujourd’hui, par la force des choses, au premier rang d’un combat pour la liberté de l’esprit qui intéresse tous les citoyens.

Le rapport moral et le rapport financier sont mis aux voix de l’Assemblée générale. Ils sont approuvés à l’unanimité.

Pierre Nora, président – Il présente Grégoire Kauffmann, secrétaire délégué de LPH, auteur d’une récente thèse sur Edouard Drumont et éditeur à CNRS Editions. Grégoire Kauffmann est chargé d’assurer la coordination entre les adhérents et d’animer le site Internet de l’association, qui sera mis en ligne à la fin du mois d’octobre. Pierre Nora annonce la publication pour le début de l’année 2008 d’un court texte d’intervention sur LPH à CNRS Editions. L’opinion a évolué ; elle a compris qu’il était impossible de revenir sur la loi Gayssot. Sur cette question, gardons-nous d’adopter une attitude défensive ; nous devons être offensifs sur le plan intellectuel. LPH doit devenir un laboratoire de réflexion. Il importe de convaincre individuellement les historiens gênés par la loi Gayssot.

Françoise Chandernagor, vice-présidente – A la question de Pierre Bonet sur l’attitude de LPH face au « floutage » du visage de Mahomet dans les manuels scolaires Belin (classes de 5e), Françoise Chandernagor répond que nous pourrions rendre visite aux éditeurs de manuels scolaires pour leur dire : ne vous censurez pas. Elle revient sur la question de la loi Gayssot, impossible à abroger car elle s’inscrit aujourd’hui pleinement dans la législation européenne, d’où la nécessité de sortir le débat sur les lois mémorielles du cadre franco-français.

Pierre Nora, président – Il souhaite que l’association soit aussi présente que possible dans la presse et les médias pour sensibiliser l’opinion et définir une attitude qui n’est pas toujours facile à faire comprendre à une opinion sensible aux souffrances légitimes des victimes. Il souhaite aussi qu’entre les Assemblées générales, des réunions plus intimes puissent être organisées pour discuter des actions à entreprendre. Il souhaite que ces réunions puissent faire de LPH un laboratoire de réflexion.

Liste des présents : Aldebert Jacques, Allain Jean-Claude, Azéma Jean-Pierre, Barthélemy Dominique, Becker Jean-Jacques, Benkorich Nora, Bilger Philippe, Blandin Claire, Cadet Nicolas, Brice Catherine, Bonet Pierre, Chandernagor Françoise, Briquel Chatonnet Françoise, Chassagne Françoise, Colosimo Jean-François, Crepin Thierry, Damaye Joëlle, Delaunay Jean-Marc, Eveno Philippe, Fichten Louis, Foucrier Annick, Hannin Valérie, Jeanneney Jean-Noël, Joly Laurent, Kazancigil Ali, Kauffmann Grégoire, Kerleroux Pierre, Le Bail Karine, Le Goff Jean-Pierre, Lemaître Nicole, Maillard Christophe, Maillé-Virole Catherine, Montenay Yves, Nantet Bernard et son fils, Nora Pierre, Ozouf Mona, Pervillé Guy, Peyrot Jean, Pomian Krzysztof, Puiseux Hélène, Renonciat Annie, Senard Catherine, Senneville Gérard de, Thibaud Paul, Till Eric, Tison Hubert, Vaïsse Maurice, Vergez Chaignon Bénédicte, Winock Michel.

Liste des pouvoirs : Agulhon Maurice, Allies Paul, Andrivet Patrick, Benassar Bartholomé, Bianco Lucien, Bimbenet Jerôme, Boulle Pierre, Champet Chantal, Chandernagor André, Chaouky Hamida, Cérino Christophe, Cieutat Bernard, Cieutat Marie-Antoinette, Chartier Marie-Thérèse, Chrétien Jean-Pierre, Cochet François, Coudry Marianne, Croubois Claude, Daix Pierre, Descamps Cyril, Duhem Jacqueline, Duval Noël, Fauchois Yann , Fray Jean Luc, Gaillard Michèle, Galster Ingrid, Gayrard Pierre Jean , Grenouilleau Mauricette, Guénaire Michel, de Guillenchmidt Jacqueline, Koessler Thierry, Lalouette Jacqueline, Lecuir Jean, Lecat Jean-Philippe, Marconis Robert, Martin Michèle, Medard Madeleine, Michaux Madeleine, Michaux Marie-Anne, Monnet Sylvie, Neveu Valérie, Oudin Bernard Pagnon Bruno, Pagnon-Pila Claire, Pecha Soulez Michel, Perriaux Bernard, Petot Françoise, Piachet Sylvie, Poignant Nathalie, Roman Alain, Rowley Antony, Roudinesco Elizabeth, Savornin Marie-Noël, Stora Frank, Sussel Philippe, Thomann Bernard, Verclytte Thomas, Verger Jacques, Veyne Paul, Vincent Catherine, Vivant Carole, Weber Jacques.

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Commentaire de Robert Faurisson : L’officine qui se pare du nom de Liberté pour l’histoire vient de jeter le masque mais en petit comité. Elle affecte de combattre TOUTES les lois mémorielles, mais, en réalité, rien ne lui est plus cher que la loi Fabius-Gayssot, laquelle permet d’envoyer en prison quiconque doute de la sacro-sainte « Shoah » ou la conteste. J’ai toujours dit que René Rémond, ancien président de cette association, entendait faire le jeu de ceux qui voulaient et qui veulent encore, à tout prix, conserver au seul profit de la « Shoah » une loi mémorielle. Pour ces personnes, il faut empêcher de possibles rivaux, tels les Arméniens, les Noirs, les Pieds-noirs, les anciens colonisés, les Vendéens et d’autres, d’obtenir à leur profit le vote de lois identiques. L’abominable réponse de feu R. Rémond à Georges Theil, qui venait d’être lourdement condamné à une peine de prison ferme et à de graves sanctions financières sur le fondement de cette loi, prouvait déjà, s’il en était besoin, la détermination de nos bons apôtres (de la liberté de recherche !) à sauvegarder en fait un privilège : celui d’une loi spécifique au seul bénéfice de la « Shoah ». On voit ici que, pour la vice-présidente de l’association, il est « impossible de revenir sur la loi Gayssot » ; cette loi est « impossible à abroger ». Mieux : il faut, dans la défense de cette loi, se garder « d’adopter une attitude défensive » ; « nous devons être offensifs sur le plan intellectuel » et il faut « convaincre individuellement les historiens gênés par la loi Gayssot ». Ce qui est ici préconisé, c’est de prendre, en public et de manière « offensive », la défense de la loi Fabius-Gayssot qui permet d’envoyer les sceptiques en prison pour trois ans cependant qu’en privé, au sein de la corporation des historiens, cette défense de la crapuleuse loi socialo-communiste se fera, de préférence, en cherchant à « convaincre individuellement » ceux qui sont « gênés » par cette loi. Ces propos, Françoise Chandernagor les tient à l’heure où elle sait qu’une décision-cadre européenne, fondée sur une décision-cadre française mais dépassant cette dernière, pourrait nettement aggraver la loi Fabius-Gayssot tout en préservant le droit, en ce qui concerne les « crimes de guerre » et les « crimes contre l’humanité » imputables aux mouvements et régimes communistes, « de les nier, de les banaliser ou même d’en faire l’apologie » ! Au passage, on aura aussi noté la suggestion faite par le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, d’aller solliciter telle ou telle personnalité politique pour essayer d’entraver le vote d’une loi mémorielle « arménienne ». On y ajoutera l’idée, émise par F. Chandernagor, d’aller rendre visite aux éditeurs de manuels scolaires pour leur dire : « Ne vous censurez pas ! » ; il s’agirait de ne plus censurer (ici, par floutage) ce qui peut offenser les musulmans. Non seulement il se confirme donc qu’il est interdit de pénétrer avec l’arme du doute et de la réflexion dans le domaine d’une « chasse gardée », celui de la « Shoah », mais nul n’aura le droit, en particulier les musulmans, à un privilège identique : seule la préservation de la « Shoah » est sacrée sous peine de poursuites soit pour blasphème, soit pour outrage ! Et F. Chandernagor se permet, ici, de dénoncer « ceux qui s’avancent masqués » !

La réunion, à la fois publique et confidentielle, dont on vient de lire ici le compte rendu, s’est tenue à la Sorbonne, où un amphithéâtre avait été mis gracieusement à la disposition de P. Nora et F. Chandernagor, respectivement président et vice-présidente de l’association qui arbore le nom de Liberté pour l’histoire, association à laquelle on peut s’inscrire en s’adressant à son siège, 23-25, rue Jean-Jacques-Rousseau, 75001 PARIS.

6 octobre 2007