Friday, November 30, 2007

Le Père Patrick Desbois est un sacré farceur

Le mythe des chambres à gaz nazies se porte si mal qu’il a fallu lui trouver un substitut ou un succédané. Les « charniers d’Ukraine » feront pour l’instant l’affaire, du moins sur le plan médiatique. Mais ces prétendus « charniers d’Ukraine » n’ont pas été ouverts et ne le seront jamais ! C’est sur parole qu’il faudra croire nos mystificateurs. Ainsi nous rejoue-t-on le coup des chambres à gaz : aucune preuve et rien que des récits ébouriffants à la Filip Müller ou à la Shlomo Venezia.
Les personnes qui prétendent avoir découvert ces « charniers » n’ont, en réalité, procédé à aucune fouille, aucun décompte, aucune vérification, aucune autopsie, aucune constatation physique ou matérielle du type que prévoit obligatoirement tout protocole d’enquête en cas de découverte, où que ce puisse être, d’un seul cadavre. Aucun officier de police ou de justice n’est venu sur place procéder à une investigation quelconque. On devra ajouter foi aux dires des représentants de deux associations juives qui osent nous raconter que, si ces procédures, qui sont pourtant normales et de routine, n’ont pas été suivies, c’est parce que la religion juive interdirait qu’on « profane » ainsi les cadavres de juifs !
Ces associations se sont contentées d’organiser une quête de « témoignages » que, par la suite, elles ont triés et retenus selon des critères qui ne sont pas révélés au bon public mais que connaissent tous les spécialistes de la « com » et du « story telling » (l’art de « trousser une histoire » comme, par exemple, quand les néo-cons veulent déclencher une guerre). On enregistre à la caméra des récits de villageois ukrainiens mobilisés pour la circonstance et, par la suite, seuls des morceaux choisis seront prélevés de manière à obtenir des narrations formatées et toilettées (good stories to tell), d’où seront éliminées les contradictions ainsi que toute précision qui serait contrôlable et donc éventuellement réfutable. Au spectacle de ce défilé de « témoins », le voyeur-auditeur n’apprendra rien de vrai mais on le fera baigner dans l’émotion, la colère, le gémissement, l’horreur de Grand Guignol et de Dracula. Dans un vrai jacuzzi de confort, il goûtera la douce chaleur d’un mélange, savamment dosé, de haine et de bonté. Il haïra ces « salauds » de nazis capables d’insensées prouesses dans le mal et, simultanément, il se sentira inondé d’une bonté particulière, celle qu’on éprouve à se sentir bon, non pas tout seul dans son coin, là où votre bonté risquerait de passer inaperçue, mais bon avec les autres, beaucoup d’autres, au sein d’une communauté dont tous les membres s’admirent et se congratulent d’être si bons et si compassionnels. De son jacuzzi émotionnel, le voyeur-auditeur contemplera l’écran de télé : avec une once de repentance chrétienne, un pur nanan ! Il y trouvera la nourriture à laquelle son esprit s’est habitué. Il n’en voudra pas d’autre. Au soap-opéra de la Shoah, le menu ne doit surtout pas varier. Toujours les mêmes clichés, les mêmes couleurs, les mêmes rengaines et les mêmes refrains de la propagande de guerre et de haine. Une drogue ! On en veut et on en redemande. Attention à ne pas décevoir le client ! Il est devenu dépendant. Il va falloir corser la dose et dépasser Claude Lanzmann.
Mais, pour en revenir à ces prétendus charniers, comment juger de la valeur d’un témoignage si l’on n’a pas auparavant établi la matérialité des faits ? Comment déterminer s’il se cache, à tel endroit, ne serait-ce qu’un seul cadavre ? Comment fixer le nombre des cadavres ? Comment affirmer qu’il s’agit de juifs ? Et de juifs tués par les Allemands ? Le simple fait qu’on trouve, paraît-il, des douilles allemandes à proximité du supposé emplacement d’un supposé « charnier » ne prouve rien. Qui nous prouve que ces douilles ont été découvertes sur place ? Et la terre de Russie et d’Ukraine n’est-elle pas semée de douilles de balles utilisées par les armées allemandes, soviétiques ou autres ? Au fait, de réelles enquêtes, fouilles et autopsies l’ont prouvé : les officiers polonais, au nombre attesté de 4 410, qui ont été exécutés d’une balle dans la nuque par les Soviétiques dans la forêt de Katyn, en 1940, l’ont tous été avec des balles de provenance allemande, fournies par l’industrie de guerre allemande à l’Union soviétique dans le cadre des accords du Pacte germano-soviétique. N’a-t-on pas, ces dernières années, découvert et examiné scientifiquement, en Russie et en Ukraine, des charniers qui, tous, se sont révélés contenir des victimes de la Tcheka, du NKVD ou du NKGB, à l’exception de quelques charniers contenant les restes des soldats de la Grande Armée napoléonienne, dont l’examen, près de deux siècles plus tard, a prouvé qu’ils étaient morts du typhus ?
Le 13 décembre 2006, à Téhéran, dans un long entretien privé avec un Allemand, j’ai eu l’occasion d’évoquer le mythe qu’on voit, aujourd’hui plus que jamais, se développer autour des Einsatzgruppen, de Babi Yar et de la « Shoah par balles en Ukraine », et cela grâce notamment au Père Patrick Desbois, cet ami d’Elie Wiesel, de feu Mgr Lustiger et de Mgr Vingt-Trois. Lors de cet entretien, après des mises au point sur les Einsatzgruppen et Babi Yar, je déclarais ce qui suit au sujet de P. Desbois :
En ce moment, en Ukraine, il est un prêtre catholique qui fait beaucoup parler de lui, le père Patrick Desbois, un Français, grand ami des juifs. Sa spécialité consiste à sillonner le pays à la recherche de « charniers juifs ». Il fait annoncer aux braves villageois ukrainiens qu’il va se rendre dans telle ou telle localité et qu’il entend y recueillir des témoignages sur les massacres de juifs commis par les Allemands pendant la guerre. Les habitants ont tout intérêt à pouvoir se vanter de posséder de tels charniers sur lesquels on édifiera des monuments qui attireront le touriste étranger. Les « témoins » se réunissent et mettent au point un récit. Le prêtre arrive ensuite au village et se fait photographier avec des paysans ou des paysannes qui lui montrent du doigt tel ou tel emplacement. D’abord, on peut s’étonner de l’âge de certains des témoins photographiés : ils ont manifestement moins que l’âge requis, qui serait normalement d’environ 80 ans. Mais il y a beaucoup plus étonnant : ces charniers supposés, on ne les ouvrira pas ; on ne procédera à aucune exhumation ni à aucune vérification matérielle, et cela sous l’admirable prétexte que la religion juive interdirait de toucher aux cadavres de juifs ; or il suffit d’ouvrir l’Encyclopedia Judaica (1978) à l’entrée « Autopsies [pluriel] and Dissection [singulier] » pour voir qu’il n’en est rien. Dans un seul endroit, à Busk, on a ouvert quinze fosses mais aucun des squelettes qu’on y a trouvés n’a été expertisé et les emplacements ont tous été ensuite recouverts d’une chape de ciment de sorte qu’aucune vérification ne sera vraiment possible à l’avenir ! Curieuse façon de respecter un cadavre selon la loi juive ! L’historien devra donc se satisfaire de ce que le père Desbois, un habile homme, nous dira que les témoins lui ont dit. Des chiffres non vérifiés de victimes non trouvées et non montrées iront ainsi s’additionner et, en fin de compte, on nous affirmera que l’Ukraine compte tant de charniers contenant tant de victimes juives. Et tout cela sous le sceau des représentants respectifs de l’Eglise catholique romaine, de l’association « Yahad-in Unum » et de l’association « Zaka », laquelle se présente en « garante du respect des corps des victimes selon la loi hébraïque ». Comme à Auschwitz, le tourisme aura quelque chance de prospérer.
Son exposition au Mémorial de la Shoah
Le 26 juillet 2007, j’ai visité, à Paris, au Mémorial de la Shoah, l’exposition sur « Les fusillades massives des Juifs en Ukraine 1941-1944 / La Shoah par balles ». Au terme de ma visite, j’ai posé à une responsable du Mémorial la plus simple des questions : « Comment sait-on qu’il y a là des charniers juifs ? » Ma question a déconcerté. On a bien voulu reconnaître qu’elle se justifiait. On m’a conseillé d’écrire à un responsable du lieu pour obtenir une réponse. Peut-être pourrait-on poser la question au Père Desbois qui en est actuellement à donner des cours à la Sorbonne sur ses « charniers ». Shoah par-ci, Shoah par là ! Décidément « There’s no business like Shoah business » (Pas de business qui vaille le Shoah business). Le Père Patrick Desbois est un sacré farceur.
30 novembre 2007