Monday, October 29, 2007

Robert Badinter, mon diffamateur…


Le 11 novembre 2006, lors d’une émission de la chaîne de télévision ARTE, Robert Badinter a mensongèrement déclaré : « Le dernier procès que j’aurai plaidé dans ma vie avant de devenir ministre [de la Justice], c’est le procès contre Faurisson. J’ai fait condamner Faurisson [par un jugement en date du 8 juillet 1981] pour être un faussaire de l’histoire. »
Or, ni le tribunal, le 8 juillet 1981, ni, plus tard, la cour d’appel, le 26 avril 1983, ne m’ont, en réalité, jamais condamné « pour être un faussaire de l’histoire ». En près de trente ans de procès pour révisionnisme, aucun tribunal ni aucune cour ne m’ont jamais condamné pour un tel motif ou pour un motif approchant. Qu’on y songe : si cela avait été le cas, partout et à tout propos, on se serait fait un plaisir de clamer les termes de l’infamante condamnation.
R. Badinter m’a donc diffamé et c’est ce qu’a confirmé un jugement de la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris, en date du 21 mai 2007. A la fin, les mots du tribunal ont été : « Il convient, en conséquence, de constater que le défendeur [R. Badinter] a échoué en son offre de preuve. » Que le tribunal ait choisi de me débouter en accordant à mon diffamateur le bénéfice de la bonne foi ne change rien au fond de l’affaire. Les juges m’ont condamné à verser 5 000 euros pour les frais d’avocat de mon diffamateur et 619, 10 euros de dépens ; je me suis exécuté, sans interjeter appel ; j’ai mes raisons pour avoir agi ainsi ; que nul n’y voie de ma part l’intention de me retirer du combat !
Trois témoignages du passé contre mon diffamateur
Il y a déjà près d’un quart de siècle, juste après l’arrêt rendu par la première chambre de la cour d’appel, le 26 avril 1983, mes adversaires, qui m’avaient poursuivi pour « dommage par falsification de l’histoire », n’avaient pu dissimuler leur consternation. Pour ne prendre que trois exemples, Simone Veil, en 1983, puis Pierre Vidal-Naquet et Georges Wellers, tous deux en 1987, avaient marqué surprise et indignation.
S. Veil était allée jusqu’à proférer étourdiment : « Au cours d’un procès intenté à Faurisson pour avoir nié l’existence des chambres à gaz, ceux qui intentent le procès sont contraints d’apporter la preuve formelle de la réalité des chambres à gaz. Or, chacun sait que les nazis ont détruit ces chambres à gaz et supprimé systématiquement les témoins » (France-Soir Magazine, 7 mai 1983, p. 47). Ce disant, elle passait par pertes et profits les « chambres à gaz » nazies que, dans certains camps, on fait encore aujourd’hui visiter aux touristes ! Elle en faisait autant pour les « témoins » dont, jusque là, elle avait cautionné les récits (elle vient, en 2007, de se désavouer en préfaçant le rocambolesque « témoignage » de Shlomo Venezia, paru chez Albin Michel sous le titre de Sonderkommando / Dans l’enfer des chambres à gaz) ! D’un coup, d’un seul, elle admettait l’absence de ce qu’elle appelait une « preuve formelle de la réalité des chambres à gaz » !
P. Vidal-Naquet, quant à lui, allait écrire : « Le procès intenté en 197[9] à Faurisson par diverses associations antiracistes a abouti à un arrêt de la cour d’appel de Paris en date du 26 avril 1983, qui a reconnu le sérieux du travail de Faurisson, ce qui est un comble, et ne l’a, en somme, condamné que pour avoir agi avec malveillance en résumant sa thèse en slogans » (Les Assassins de la Mémoire, La Découverte, 1987, p. 182).
A         A la même époque, G. Wellers, pour sa part, se lamentait dans les termes suivants : « [Faurisson] a été jugé deux fois. Mais en France le tribunal n’est pas qualifié pour se prononcer sur l’existence des chambres à gaz. Cependant il peut se prononcer sur la façon dont les choses sont présentées. En appel, la cour a reconnu qu’il [Faurisson] s’était bien documenté. Ce qui est faux. C’est étonnant que la cour ait marché » (Le Monde juif, juin/juillet 1987, p. 13).
A elles seules, ces trois réactions donnent à penser que R. Badinter, contrairement à ce qu’il prétend, n’a pas pu faire « condamner Faurisson pour être un faussaire de l’histoire ». Mais voyons de plus près les décisions rendues en cette affaire, respectivement, par le tribunal en 1981 et par la cour d’appel en 1983. Là encore, comme on va le voir, si j’ai été condamné, ce n’est certainement pas pour avoir été un « faussaire de l’histoire » mais, ainsi que le résume P. Vidal-Naquet, pour ma supposée « malveillance ». A telle enseigne qu’on peut se demander si le meilleur résumé possible de l’arrêt du 26 avril 1983 ne serait pas : « Faurisson est si sérieux, honnête et convaincant dans ses travaux sur ‘le problème des chambres à gaz’ qu’il en est dangereux. »
Deux décisions de justice contre mon diffamateur
Les deux décisions de justice rendues, en 1981, par le tribunal et, en 1983, par la cour d’appel s’inscrivaient d’avance en faux contre l’assertion de R. Badinter. A ceux qui, à l’époque, m’avaient poursuivi pour « falsification de l’Histoire » le tribunal allait, de la manière la plus nette et la plus expéditive, répondre, dans une simple incise, qu’il n’avait tout simplement pas « à rechercher si un tel discours [celui de Faurisson] constitu[ait] ou non une falsification de l’histoire ». Deux années plus tard, la cour, elle, allait beaucoup plus loin encore, déclarant qu’elle se trouvait bien devant un « problème historique » (sic), qu’elle définissait comme étant celui de l’existence ou de la non-existence des « chambres à gaz » ! Puis, passant en revue chacune des quatre accusations portées contre moi par mes adversaires sur le sujet, elle avait successivement prononcé qu’elle n’avait, pour sa part, trouvé dans mes travaux aucune trace de légèreté, aucune trace de négligence, aucune trace d’ignorance délibérée, ni, enfin, aucune trace de mensonge. De ce quadruple constat elle avait tiré une spectaculaire conclusion ; en son langage, elle prononçait, en effet : « La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson [quant au problème des chambres à gaz] relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public. » Dans les mots de tous les jours, cela signifiait que désormais on reconnaissait à chacun le droit de soutenir, comme l’avait fait Faurisson, que lesdites « chambres à gaz » n’étaient qu’une rumeur de guerre dont la fausseté était démontrable essentiellement par le recours à des arguments d’ordre physique, chimique, architectural, topographique et documentaire exposés par ce dernier en sa défense.
Par la suite, divers jugements et arrêts concernant le révisionnisme historique mentionneront ce jugement et surtout cet arrêt en leur donnant honnêtement une interprétation fidèle à la lettre et à l’esprit de ces deux décisions de justice, c’est-à-dire en leur attribuant un sens contraire à celui qu’allait mensongèrement inventer R. Badinter en 2006.
Bernard Jouanneau au secours de mon diffamateur
L’avocat Bernard Jouanneau est un vétéran de la lutte antirévisionniste. En 1981, il avait lancé en plein prétoire : « Monsieur Faurisson, vous hantez mes nuits » et, depuis ce temps, en maintes occasions, il ne cesse de redire son cauchemar. Face à ma plainte contre R. Badinter, B. Jouanneau, comme bien d’autres, avait immédiatement compris que mon diffamateur s’était mis dans un mauvais cas. Un journaliste du Nouvel Observateur avait manifesté sa crainte et trouvé que l’affaire « ne sentait pas bon » car elle pouvait mal tourner pour R. Badinter. B. Jouanneau allait donc tenter, comme par le passé, une manœuvre de diversion ; au vrai procès il allait substituer un faux procès ; il allait faire du théâtre et du cinéma. Evoquons trois de ses précédentes tentatives de diversion remontant, les deux premières, au début des années 1980 et, la troisième, au début des années 1990.
Le premier exemple nous ramène à un procès de l’année 1981. Léon Poliakov m’avait poursuivi en diffamation parce que j’avais écrit qu’il avait manipulé et même fabriqué des textes attribués à l’Allemand Kurt Gerstein. Ma démonstration était matérielle, arithmétique et imparable. Aussi son avocat, B. Jouanneau, décidait-il de monter tout un scénario pour faire croire que j’avais mis en doute l’existence même de K. Gerstein ! Du coup, il avait convoqué des témoins venus à grands frais de Suède ou des Pays-Bas pour attester que K. Gerstein avait vraiment existé, ce que je n’avais jamais mis en doute ; au contraire. Le tribunal finissait par conclure que L. Poliakov avait enfreint « la rigueur scientifique sur des points de détail » (sic), ce qui était grave pour un membre éminent du CNRS, mais – piètre consolation – il lui accordait le bénéfice, rituel, de la bonne foi. Il n’empêche qu’un procès annoncé à son de trompe comme devant confondre Faurisson avait abouti à un jugement que L. Poliakov allait bien se garder de publier, comme le jugement lui en donnait pourtant le droit.
Le deuxième exemple nous conduit à l’année suivante. En décembre 1982, lors de l’une des audiences qui allaient conduire à l’arrêt du 26 avril 1983, devant la première chambre de la cour d’appel de Paris sous la présidence de M. Grégoire, se plaide le procès que m’ont intenté neuf associations, dont la LICRA, laquelle a pour avocats B. Jouanneau et son ami, Charles Korman. La nuée des avocats de ces associations va en appeler essentiellement à l’émotion et plaider de manière lancinante qu’en somme je ne suis qu’un antisémite et un bien méchant personnage. B. Jouanneau, lui, a été choisi pour la tâche la plus ardue : prouver l’existence des « chambres à gaz » nazies et la réalité d’un « génocide » juif. Il faut savoir qu’au début de l’affaire, il s’était fait fort de trouver et d’apporter ces preuves. En conséquence, pris au mot, il avait été payé pour se rendre, avec son confrère et ami Korman, à Varsovie, à Auschwitz et à Jérusalem afin d’en rapporter des preuves. Las ! Les deux avocats étaient rentrés bredouilles de leur expédition. Aussi, le jour du procès, mis au pied du mur, B. Jouanneau en avait-il été réduit à égrener quelques pauvres documents, d’un ton particulièrement accablé et en concluant chacune de ses lectures par une remarque désabusée du genre de : « Oui, vous me direz que ce n’est, en soi, guère concluant. » Son manque de conviction, son abattement croissant, cette façon de dénigrer la valeur de sa propre documentation, cette voix qui peu à peu s’éteignait, tout cela concourait à donner l’impression qu’il allait s’effondrer. A la fin de sa plaidoirie, au lieu de rester au milieu des siens, il s’éclipsait du prétoire. Peu après, on apprenait qu’il s’était effondré en pleurs sur une banquette du couloir d’accès à la cour et qu’il avait fallu appeler son épouse pour le consoler. Ce n’était pas que l’émotion l’avait terrassé à l’instant d’évoquer quelque expérience tragique de la déportation. Ses confrères s’étaient réservé cette facilité-là et comptaient que, pour sa part, B. Jouanneau produirait devant la cour les preuves qu’il était allé chercher, à grands frais, en Pologne et en Israël. Son double échec était patent : le coûteux déplacement n’avait servi à rien et l’avocat n’avait eu aucune preuve réelle à fournir aux magistrats.
Le troisième exemple se situe en 1991. Le tribunal est présidé par Claude Grellier. A un moment, B. Jouanneau, adoptant un ton tragique, dépose à la barre un grand carton qui, à l’en croire, renfermerait la preuve de ce que les révisionnistes ne sont, au fond, que d’infâmes antisémites décidés en toute occasion à se jouer de la douleur des juifs. Le carton, nous assure l’avocat, contient une « couronne mortuaire » adressée par Pierre Guillaume, ami de Faurisson, à une jeune femme qui avait pris l’habitude de venir chaque mardi rue d’Ulm, à Paris, semaine après semaine, avec de nombreux juifs, manifester, non sans accompagnement de violences physiques, sa vertueuse indignation devant la librairie de P. Guillaume. D’ailleurs, à force de voies de fait et de violences, il avait fallu fermer à jamais cette librairie : autant pour la liberté de la presse ! L’homélie à peine achevée, Me Jouanneau quitte la barre avec son carton. Mais mon avocat, Eric Delcroix, exige son rappel et l’ouverture du carton. Me Jouanneau revient sur ses pas et n’ouvre qu’à peine le carton. Se mettant de la partie, le président Grellier obtient, non sans peine, l’ouverture complète du carton et même l’extraction du bouquet. Déclenchant pour le coup l’hilarité générale, B. Jouanneau retire du carton un galant bouquet de fleurs printanières (dans le langage des fleuristes, un « bouquet rond à main » comme pour les mariages), accompagné, on s’en apercevra l’instant d’après, de la formule « Dites-le avec des fleurs ! ». Un aimable message accompagne le bouquet ; signé de P. Guillaume, il porte les mots suivants : « En manière d’hommage. Pour tous ces mardis vécus si intensément de part et d’autre, et en espérant qu’ils seront nombreux encore ». La scène tourne à la confusion de l’avocat, qui, rendu conscient du comique de la situation, quitte la place non sans souffler : « Cette affaire de bouquet, ce n’est pas ce que j’aurai fait de mieux dans ma carrière. »
La mise en scène finale de l’avocat de mon diffamateur
En 2007, à l’occasion du procès intenté à son ami R. Badinter, B. Jouanneau va faire encore mieux. Cette fois-ci, il va demander et obtenir un enregistrement vidéographique ou cinématographique des débats afin de conférer à ce procès une dimension à la fois historique et spectaculaire. Il engagera les services d’une sténotypiste officielle (car une greffière se contente d’inscrire quelques notes au plumitif). Il convoquera toute une cohorte de témoins qui prouveront que je suis un faussaire et que, pour commencer, je ne suis pas même un professeur d’université mais un simple maître de conférences ! En outre, il inondera le tribunal d’un flot de littérature sur « l’Holocauste ». Bref, une fois de plus, il va tenter de substituer un procès de son cru au véritable procès. Son intention est de faire croire que le débat porte sur R. Faurisson et non sur R. Badinter et qu’il s’agit de punir en Faurisson un faux professeur qui a déjà été condamné en tant que faussaire de l’histoire. Or la question n’est pas là. Il ne s’agit pas de chercher si je suis un faussaire invétéré ou si ce qu’on appelle « l’Holocauste » a eu lieu comme on nous le raconte. Il s’agit de savoir si R. Badinter et son défenseur sont en mesure de produire un jugement de 1981 condamnant définitivement R. Faurisson pour être un faussaire de l’histoire. L’affaire pourrait se régler en quelques minutes. Il suffirait de fournir au tribunal et à la presse une seule phrase du jugement de 1981 déclarant que Faurisson est un faussaire de l’histoire et qu’il a été condamné en tant que tel.
Nouveau fiasco ! Au cours du procès, c’est à peine si la masse des pièces déposées est inventoriée. La prestation des huit témoins tourne à la déconfiture : ceux qui ont assisté à l’audience avec tant soit peu d’attention peuvent en attester et la lecture de la sténographie est édifiante à cet égard. Pendant quelques heures on a attendu un exemple probant de falsification commise par Faurisson. Rien de tel n’est apparu. Les témoins, lors du contre-interrogatoire mené sur ce point par mon avocat, admettent, l’un après l’autre, qu’ils ne connaissent aucune décision judiciaire m’ayant condamné pour être un faussaire de l’histoire ; par ailleurs, aucun d’entre eux ne donne l’impression d’avoir lu de près mes écrits. Ils ne tentent même pas de citer le jugement de 1981 ou l’arrêt de 1983 ; et pour cause ! Certains affirment, parfois non sans quelque hésitation, que j’ai usurpé le titre de professeur. L’impudent Gérard Panczer, ancien membre du comité national du CNRS, déclare sous serment qu’il a entrepris des recherches à ce sujet et qu’il n’a découvert aucun document permettant de conclure que j’ai été professeur ; je serais donc un usurpateur. Malheureusement pour B. Jouanneau, l’un de ses derniers témoins, plus avisé que les autres, Henry Rousso, porte le coup de grâce à ce mensonge éhonté et révèle qu’en fait je possède bien le titre de professeur d’université. B. Jouanneau accordait une telle importance à cette prétendue usurpation de titre qu’à une suspension d’audience il nous avait interpellés, Me Delcroix et moi-même, afin de nous signifier à voix assez haute pour être bien entendu qu’il nous mettait au défi d’apporter la preuve de ce que j’étais un professeur. Apparemment il était venu à ce procès avec la conviction qu’il possédait là une arme décisive contre Faurisson. (Pour un compte rendu détaillé des huit témoignages on voudra bien se reporter au texte de douze pages que j’ai intitulé : « Les témoins de Robert Badinter ».)
Des aveux sortis « de la bouche du cheval »
Pour couronner le tout, R. Badinter, B. Jouanneau et Ch. Korman vont, çà et là, laisser échapper, sans paraître s’en rendre compte, que je n’ai effectivement jamais été condamné pour être un faussaire de l’histoire ! Le premier le fera sur le ton du gémissement et les deux autres par manque d’attention : à force de s’entendre parler et de s’échanger des compliments, la vigilance de B. Jouanneau et celle de Ch. Korman semblent s’être émoussées. Comme pris d’ivresse, Me Jouanneau lance à son confrère : « La bonne nouvelle que vous nous apportez, c’est que nous avons gagné ce procès ? » [par erreur, la sténotypiste écrit : « allons gagner »]. Le président s’agace. Ch. Korman bredouille et répond : « Je ne m’avancerai pas à dire cela. »
Dans sa déposition à la barre, R. Badinter a reconnu qu’en juillet 1981, pris par sa nouvelle tâche de ministre de la Justice, il n’avait peut-être pas lu le jugement. Selon la sténographie du procès (Fascicule 1, p. 18-19), il déclare : « Pour moi, à cet instant, croyez-le bien, je ne suis pas même sûr d’avoir lu le jugement. Si je l’ai fait, ce qui est possible, vingt-cinq ans se sont écoulés entre le moment où cette affaire a été jugée [le 8 juillet 1981] et le moment où une question imprévue m’a été posée [à la télévision, le 11 novembre 2006] ». Et d’ajouter qu’il n’a pas fait une réponse réfléchie mais une réponse « improvisée ». Ses propres mots sont : « A question imprévue réponse improvisée ». Et de préciser qu’il n’a pas eu, en la circonstance, la possibilité de « vérifier [s]es sources ». Ses mots sont exactement les suivants : « Si cela se trouvait dans des mémoires éventuels (ce n’est pas mon intention à cet instant [d’en écrire]), j’aurais eu l’obligation de vérifier mes sources, je l’aurais fait. Moi aussi, je suis un universitaire. Vous êtes sur un plateau de télévision, une question vous est posée, vous répondez en fonction de vos souvenirs et vous dites ‘faussaire de l’histoire’. Ceci correspond très exactement à la réalité pour moi que j’en avais conservée ». (Ici et ailleurs, les soulignements sont de mon fait. RF). En bon français, R. Badinter reconnaît donc qu’il a parlé sans savoir et qu’il a lancé les mots « faussaire de l’histoire » sans prendre le temps d’y réfléchir. Ajoutons qu’il n’a aucun droit d’incriminer, comme il le fait, la chaîne de télévision ARTE car aucune question ne lui avait été posée à ce sujet et le nom de Faurisson n’avait pas été prononcé ; c’est spontanément que, parmi d’autres fanfaronnades, il s’était vanté de m’avoir fait ainsi condamner.
S’adressant à l’un de ses propres témoins, Annette Wieviorka, B. Jouanneau l’interroge sur l’absence, à la barre, d’un « historien » et d’un « expert » dont on était en droit d’attendre le témoignage : Serge Klarsfeld. Pour justifier sa question, il en appelle malencontreusement à l’arrêt du 26 avril 1983 où la cour avait conclu : « La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public ». Et c’est ainsi qu’on entend soudain B. Jouanneau en personne dire textuellement à son témoin : « Lorsque le Tribunal et la Cour se sont prononcés en 1981 et en 1983 sur les écrits de Faurisson qui faisaient l’objet du procès civil – c’était à une époque où la loi Gayssot n’existait pas ; c’était seulement de la responsabilité civile de Faurisson qu’il s’agissait – le Tribunal et la Cour ont considéré que ce n’était pas là leur mission de se pencher sur l’histoire et de dire ce qu’il fallait penser de telle ou telle théorie. Là le Tribunal et la Cour ont renvoyé l’examen de cette question aux historiens, aux experts et au public, c’est la formule même de l’arrêt de la Cour » (même fascicule, p. 43). Or ces propos de B. Jouanneau correspondaient, mot pour mot, à ce que, pour ma part, j’avais exposé au tout début de cette si longue journée pour justifier ma plainte contre R. Badinter. B. Jouanneau venait donc de porter le plus rude des coups à son propre système de défense.
Se tournant plus tard vers un autre témoin, Henry Rousso, il récidive en déclarant : « Permettez-moi cependant que je vous pousse dans vos retranchements. Le Tribunal en 1981 et la Cour en 1983, lorsque a eu lieu ce procès engagé contre Robert Faurisson, ont expressément déclaré qu’il n’appartenait pas aux tribunaux de se faire juges de l’histoire et que, par contre, l’appréciation – je crois que ce sont les mots exacts – de la valeur des conclusions de Faurisson relevait de la compétence exclusive des historiens, des experts et du public.» (Fascicule 3, p. 8). Là encore, un pavé de l’ours !
S’adressant enfin à son ultime témoin, son confrère et ami Charles Korman, qui, en 1981, avait plaidé à ses côtés contre moi, il demande, après avoir commencé par le tutoyer : « Pouvez-vous expliquer ou comprendre que le Tribunal [en 1981] n’a pas voulu s’arrêter à ce type de démonstration puisque, dans le jugement, figure expressément cette phrase :‘sans avoir à rechercher s’il s’agit d’une falsification’ ? Quelle est votre lecture d’avocat de ce jugement, vingt-cinq ans après ? » (même fascicule, p. 19). Par les mots « type de démonstration », B. Jouanneau faisait allusion à une tentative de Ch. Korman en vue de démontrer comment j’avais, selon lui et selon un autre témoin, manipulé un témoignage écrit de Johann-Paul Kremer, médecin à Auschwitz en 1942. La tentative en avait été faite plus de vingt-cinq ans auparavant et n’avait pas eu le résultat escompté par mes adversaires. Il faut dire qu’en 1980 j’avais, dans mon Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire, poussé le scrupule jusqu’à produire longuement le fac-similé du texte en question. Par la suite, j’ai découvert, sur la « confession » de J.-P. Kremer à ses geôliers communistes, un document confirmant, s’il en était besoin, mon interprétation de certains passages de son journal (Ecrits révisionnistes 1974-1998, p. 513-514). D’ailleurs, B. Jouanneau semble ici avoir conscience que l’argument de son compère est plutôt indigent ; ne qualifie-t-il pas la pauvre démonstration de « lapidaire et résumée » ? Pour faire bonne mesure, Ch. Korman aggrave encore son cas en ajoutant les remarques suivantes : « [le Tribunal, en 1981,] ne s’est pas arrêté, comme il le dit d’ailleurs, à décider du vrai et du faux », « le Tribunal s’est très clairement cantonné au cadre juridique dans lequel l’action avait été engagée » et, enfin, « [le Tribunal] a fait le partage entre ce qui était son devoir, sa mission et ce qui relevait, ne relevait pas de sa mission, à savoir s’engager dans un débat scientifique » (même fascicule, p. 19, 21). Donc, en conclusion, Ch. Korman, à son tour, vient de se faire là, involontairement, l’avocat de celui que, pourtant, à sept reprises, il nomme « l’usurpateur » Faurisson (même fascicule, p. 16 [2 fois], 20 [4 fois], 21 [1 fois]). La fin de sa déposition prend l’allure d’une déroute. B. Jouanneau tente un dernier effort en évoquant un procès que j’avais intenté à Jean Pierre-Bloch, lequel s’était permis de me traiter de « faussaire de l’histoire » mais au moins ce diffamateur-là n’avait-il pas, lui, excipé d’une décision judiciaire en ce sens. J’avais été débouté, toujours au nom de la bonne foi du diffamateur, si bien que Le Droit de vivre, que dirigeait J. Pierre-Bloch, avait pu titrer : « Traiter Faurisson de faussaire, c’est le diffamer mais de bonne foi ». Me Jouanneau essaie d’interroger Ch. Korman sur le sujet, s’égare, se fait rappeler à l’ordre par le président, lequel exige une question précise, et notre homme, s’égarant à nouveau, finit par demander à son témoin : « Avez-vous [dans cette affaire de Faurisson contre J. Pierre-Bloch] considéré que la preuve avait été rapportée alors devant le Tribunal que Faurisson pouvait être convaincu en justice d’être un faussaire de l’histoire ? ». La question est d’autant plus incongrue que, dans ce procès que j’avais intenté à J. Pierre-Bloch, le tribunal avait clairement fini par prononcer que me traiter de faussaire de l’histoire, c’était me diffamer, mais de bonne foi. B. Jouanneau, avocat de la LICRA et lecteur du Droit de vivre, ne pouvait l’ignorer. Apparemment déconcerté par la maladresse de son confrère et ami, Ch. Korman commence par répondre dans le sens contraire à celui que B. Jouanneau attendait de lui et, confondant tribunal et cour, bredouille : « Mon souvenir est que la Cour, en vérité, s’est placée non pas au niveau de la preuve de vérité… ». B. Jouanneau l’interrompt : « Il n’y avait pas d’offre de preuve ? ». Ch. Korman reprend : « … mais de la considération de sa bonne foi. C’est le souvenir que je garde » (même fascicule, p. 22-23). Sur quoi B. Jouanneau déclare soudainement qu’il n’a plus d’autre question à poser. Le fiasco, là encore, est manifeste. A telle enseigne que mon avocat, Me Delcroix, contrairement à son habitude, fait savoir qu’il renonce, pour sa part, à poser au témoin Ch. Korman la moindre question. Celui-ci aura donc été le huitième et dernier témoin d’un défilé, qui, pour Me Jouanneau, vient de s’achever dans la confusion.
Abusées, les éditions Arthème Fayard admettent et corrigent leur erreur
B. Jouanneau s’était promis de publier ou de faire publier un livre sur le procès. De fait, sur leur site Internet, les éditions Arthème Fayard annonçaient la sortie, prévue pour le 21 novembre 2007, d’un ouvrage de 320 pages intitulé Faurisson contre Badinter, ou le procès du négationnisme. Dans leur présentation de l’ouvrage, elles se permettaient d’écrire :
Le jugement, rendu le 21 mai [2007], a débouté Faurisson de sa plainte, reconnaissant que l’usage à son endroit de l’expression « faussaire de l’Histoire » n’était pas diffamatoire. Il n’a pas fait appel.
Le 10 octobre, mon avocat, Eric Delcroix, expédie à Claude Durand, PDG des éditions Arthème Fayard, un avertissement aux fins, notamment, d’obtenir la modification de cette présentation qu’il qualifie de « mensongère et gravement préjudiciable ». Références à l’appui, il lui signale que, pour les juges, « la diffamation a été constituée » et que, selon les mots mêmes du tribunal, « le défendeur [Badinter] a échoué en son offre de preuve ». Il ajoute : « Si Robert Badinter, ainsi reconnu diffamateur, l’a finalement emporté, ce n’est que sur l’argument subjectif et subsidiaire de la ‘bonne foi’. »
Le lendemain, par retour du courrier, C. Durand répond sur ce point qu’il a fait « amender la notice » conformément aux vœux de mon avocat. Sur le site, effectivement, à la place de la formulation mensongère apparaît alors la formulation suivante :
Le jugement, rendu le 21 mai, a débouté Faurisson de sa plainte. Il n’a pas fait appel.
Par la même occasion, le titre de l’ouvrage, lui aussi, a été modifié et il est devenu La Justice et l’Histoire face au négationnisme. Quelques jours plus tard, toute mention du livre disparaît du site des éditions Arthème Fayard ; pourtant, d’autres sites (Alapage, FNAC, Chapitre) nous promettent la sortie de l’ouvrage pour le mois de janvier 2008 mais sous l’ancien titre.
Avertissement à mes diffamateurs
Si C. Durand a retiré le fragment de phrase où il était dit que, pour la justice, l’expression de « faussaire de l’Histoire » appliquée à R. Faurisson n’était pas diffamatoire, c’est qu’il lui a fallu convenir que la justice avait bel et bien prononcé que R. Badinter m’avait diffamé, fût-ce de bonne foi. Selon une formule qui a cours dans le monde de la basoche, « Telle une allumette, la bonne foi ne peut servir qu’une fois ». En conséquence, R. Badinter ne peut plus répéter le mensonge selon lequel Faurisson aurait été condamné pour être un faussaire de l’histoire. Si jamais il récidivait, il encourrait une condamnation en justice pour diffamation exclusive de toute bonne foi. Il le sait et ses amis et conseils le savent. Qu’ils prennent garde, en conséquence, à toute nouvelle accusation ou insinuation diffamatoire, sous quelque forme que ce soit ! Leur livre, s’il voit le jour, sera l’objet de toute notre attention. Il pourrait, si la nécessité s’en faisait sentir, m’inciter à porter plainte contre son auteur ou ses auteurs et à publier, à mon tour, un ouvrage qui aurait pour titre Robert Badinter, mon diffamateur… Soit dit en passant, j’y reproduirais dans leur intégralité les articles de presse qui, se faisant l’écho du procès, en ont dénaturé et la substance et le résultat alors que, par des envois RAR, je les avais prévenus des distorsions à ne pas commettre.
Je le rappelle une dernière fois, aussi bien aux intéressés qu’aux agences de presse et aux médias, il doit être clairement entendu 1) que jamais de ma vie je n’ai été condamné pour être un faussaire de l’histoire (si tel avait été le cas, on n’aurait cessé de le dire et de l’écrire depuis 1981) ; 2) que me traiter de faussaire, c’est me diffamer (plusieurs jugements ou arrêts en ont décidé ainsi) ; 3) qu’un homme prévenu en vaut deux et que, dans le cas présent, l’argument de la bonne foi ne peut plus être invoqué.
NBMe Delcroix demande à Henry Rousso : « Le témoin a-t-il connaissance de décisions de justice qui auraient déclaré que le Professeur Faurisson était un faussaire de l’histoire, [décisions] obtenues par un avocat nommé R. Badinter ? » L’intéressé ose répondre : « J’ai connaissance d’un certain nombre de décisions de justice où effectivement il a été désigné comme faussaire » (Fascicule 2, p. 14). Mais H. Rousso ne cite aucune de ces prétendues décisions. Or, si l’on se reporte à l’un de ses ouvrages, on y lit à propos du jugement du 8 juillet 1981 (R. Badinter avait plaidé) : « Sur le fond, la justice a refusé de prendre position, estimant que ‘les tribunaux n’ont ni qualité ni compétence pour juger l’Histoire’, encore moins de ‘décider comment doit être représenté tel épisode de l’Histoire nationale ou mondiale’ ». Et d’ajouter que ce jugement a été confirmé le 26 avril 1983 par la cour d’appel (Le syndrome de Vichy, Seuil, 1987, p. 166-167).
[Ces huit pages seront envoyées à R. Badinter, B. Jouanneau, C. Durand et au bâtonnier de Paris ainsi qu’à l’AFP et à d’autres agences de presse ; elles seront également envoyées, en France comme à l’étranger, à des organes de la presse écrite, radiophonique ou télévisuelle. Et on les trouvera sur Internet]
29 octobre 2007