Wednesday, April 21, 2004

Retour sur "Shoah", film de Claude Lanzmann



Dans l’argot du cinéma, « nanard » ou « nanar » désigne un mauvais film, en particulier un film déprécié parce qu’il est archaïque, rétro, ringard. Quant à « navet », le mot s’applique à un très mauvais film, insipide ou ennuyeux ; on dira : un affreux, un insupportable navet. Le film culte de Claude Lanzmann date de près de vingt ans, il est d’une insupportable durée (environ 9h20) et son style, grossier et lourd, semble inspiré des plus vieux produits de la propagande stalinienne. En somme, il est, au choix, un « navet » ou un « nanar », et vraiment rien de plus. Par ailleurs, pour ce qui est de la malhonnêteté du contenu, les révisionnistes en ont assez parlé pour qu’on n’y revienne pas ici.
Mais il est toujours plaisant de voir les coreligionnaires de C. Lanzmann mettre leurs pas dans les pas des révisionnistes et décider enfin, à leur tour, de proclamer une évidence qu’en 1985, à la sortie du film, ils feignaient de ne pas voir. Bernard-Henri Lévy s’émeut de constater qu’on ose maintenant remettre en question ce qu’il appelle la « grandeur de Lanzmann » (« Le bloc-notes », Le Point, 11 mars 2004, p. 130). En son pathos de marchand de bretelles, il écrit :
Bizarres […] ces attaques croisées, quoique encore feutrées contre Claude Lanzmann et son Shoah. Ici, ce sont des blagues grasses sur sa supposée intolérance aux autres films sur la « question ». Là des considérations confuses – et témoignant, surtout, de ce que l’on parle du film sans l’avoir vu – sur l’ « interdit » qu’il ferait peser sur l’idée même de représenter le trou noir de la destruction des juifs. Là encore (Georges Didi-Huberman, Images malgré tout, Minuit), une étrange « guerre des images », dont le seul effet est, pour l’heure, de relancer les débats les plus oiseux autour des « preuves » des chambres à gaz. Et puis le comble, enfin : ce gros livre (Shlomo Sand, Le XXe siècle à l’écran, Seuil) qui se présente sans rire comme une synthèse des relations entre le cinéma et le siècle et qui, dans les quatre pages consacrées à Shoah, accumule les niaiseries, les contre-vérités les plus énormes et, parfois, les calomnies (quelques lignes, ordurières, sur la production du film). Je ne vais pas rappeler ici l’importance d’une œuvre qui bouleversa la vision du monde de nombre d’entre nous. Je ne vais pas redire la force d’une entreprise qui sut, sans prétendre les « ressusciter », faire parler les âmes mortes d’Auschwitz et de Treblinka. Et je ne m’inquiète guère, au demeurant, du tort que peuvent causer des vomissures de cette espèce à un film qui a d’ores et déjà sa place – et quelle place ! – dans l’histoire du cinéma. Mais il y a là, simplement un signe. Un très, très mauvais signe. Je ne « sacralise » pas Lanzmann. Mais je suis persuadé que le cas Lanzmann est un marqueur. Cracher sur Shoah, c’est dire que le pire est, de nouveau, à portée de souffle.
B.-H. Lévy met ainsi en cause, d’une part, G. Didi-Hubermann et, d’autre part, S. Sand. Le premier des accusés s’exprime en un si pénible jargon qu’on s’abstiendra de le citer. Le second, plus compréhensible et plus direct, mérite qu’on rapporte au moins ce qu’il écrit sur Shoah dans les pages 330-333 de son ouvrage, Le XXe Siècle à l’écran (préface de Michel Ciment, traduit de l’hébreu par Yaël Shneerson et Michel Bilis, Le Seuil, 2004 [février], 526 p.). L’auteur, qui est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv, confirme ce que des révisionnistes avaient déjà révélé sur le financement occulte du film. Certes, le ministère français de la Culture a contribué aux frais du tournage mais Shoah est un film de propagande israélien, essentiellement conçu et financé par le gouvernement israélien. S. Sand écrit :
« L’idée du film a été avancée par le chef du département de l’information du ministère [israélien] des Affaires étrangères, à la veille de la campagne électorale de 1977. Le ministère était intéressé à produire un film d’information historique et s’adressa à Lanzmann pour le faire. Pour éviter qu’il ne soit perçu comme un film de propagande israélien, le financement du metteur en scène fut transféré via une société fictive créée à l’étranger à cet effet », Yoram Yarkoni, « Shoah privée » (en hébreu), Kol Hair, n° 476, 23 octobre 1987. Je remercie Levana (Jeannine) Frenk pour m’avoir communiqué cette information. Frenk traite des questions relatives à la production du film Shoah dans sa thèse de doctorat, en préparation.
S. Sand en vient ensuite à employer à propos de l’œuvre ou de son auteur les mots suivants : « artificielle », « déformante », « faiblesse », « prétention », « manipulation », « subjectivité », « mégalomaniaque ». Il reproche à C. Lanzmann d’avoir passé sous silence ou ignoré des points essentiels de la réalité historique et il estime que le film « représente une sorte de triomphe du souvenir personnel aux dépens de l’histoire [critique] ». A ses yeux, le réalisateur s’est contenté de témoignages dont certains (malheureusement non précisés par S. Sand) sont aussi faux que ceux qui avaient abusé les juges israéliens au point qu’en un premier temps ces derniers avaient condamné le malheureux Ivan Demjanjuk à la pendaison. C. Lanzmann, dit-il, accorde foi au témoignage personnel « dès lors qu’il émane d’une victime ; comme si la mémoire individuelle pouvait, après quarante ans, contenir la vérité pleine et entière ».
S. Sand dénonce ainsi « une manipulation politique qui ouvre la voie, consciemment ou non, à un genre nouveau de présentation mythologique du passé ». Retenons cette formule qui résume assez bien la production cinématographique et documentaire de ces dernières années en ce qui concerne l’histoire de la prétendue extermination physique des juifs durant la deuxième guerre mondiale. Stephen Spielberg et les siens ne nous offrent effectivement plus qu’une « présentation mythologique du passé ».
S. Sand déplore aussi ce qu’il appelle « une subjectivité incisive et orientée ». Il souligne le fait que C. Lanzmann « choisit de se filmer lui-même en acteur principal sans la moindre trace d’autodérision » et juge son film « quelque peu mégalomaniaque ». Il estime que « le réalisateur a moins tenté d’élargir la compréhension du passé qu’il n’a cherché à le réinventer et à s’en constituer un monopole ». Il ajoute que « l’anathème systématiquement prononcé [par C. Lanzmann] sur chacun des films consacrés à la Shoah, antérieurs ou postérieurs au sien, ne fait que [renforcer] cette impression ». Ultérieurement, S. Sand n’évoquera plus Shoah dans son livre que pour le classer dans la catégorie des films « manipulateurs » (p. 473).
« Une traditionnelle névrose juive »
S. Sand n’est pas le premier des thuriféraires du prétendu « Holocauste » à critiquer C. Lanzmann mais, avant lui, on s’en était pris à l’infatuation du personnage et à sa thèse imbécile sur le refus des preuves et des représentations matérielles sans pour autant relever la fausseté intrinsèque de Shoah. En 1998, par exemple, un ancien journaliste du New York Times, Ron Rosenbaum, lui consacrait tout un chapitre de son livre Explaining Hitler (Randam House, puis Macmillan ; en français, Pourquoi Hitler ?, J.-C. Lattès) mais principalement pour condamner la suffisance et l’arrogance de C. Lanzmann. Avec le temps, les réserves, les critiques ou les attaques se sont multipliées à tel point que l’intéressé a fini par s’en plaindre ouvertement et de plus en plus souvent. A titre d’exemple, voici quelques extraits d’un entretien publié dans Paris-Match (7 novembre 2002, p. 12), où, comme toujours chez notre balourd, plainte et forfanterie allaient de pair :
Moi, je suis l’auteur du film Shoah, auquel j’ai consacré onze années d’un travail acharné, mais, depuis que j’ai fait ce film, je suscite des haines que je n’imaginais pas du tout ! Une jalousie terrifiante, une volonté meurtrière que je constate, particulièrement chez certains Juifs. On dirait que Shoah les empêche de vivre, de dormir, de penser. Shoah est un film pur, radical. Pureté et radicalité qui sont intolérables à beaucoup. […] J’ai dit aussi – et je le maintiens – que je mettais quiconque au défi de représenter au cinéma ce qui se passait à l’intérieur d’une chambre à gaz, où trois mille personnes mouraient ensemble, asphyxiées. J’ai dit que cela – et cela seul – n’était pas représentable et qu’en l’occurrence la fiction serait la transgression la plus grave. […] Je vous signale par ailleurs que [en France] le ministère de l’Education nationale a adressé, cette année, un DVD de trois heures d’extraits de Shoah aux 4 500 lycées de France. […] Un journal polonais a parlé du « seul document traduisant la réalité de l’Holocauste ». Le Pape – et je vous rappelle qu’il est né polonais – a fait une déclaration officielle de soutien à Shoah.
Le diagnostic s’établit de lui-même : Claude Lanzmann souffre de ce que son coreligionnaire Jacques Mandelbaum nomme « la traditionnelle névrose juive » (« L’impossible Pologne d’un juif argentin », Le Monde, 21 avril 2004, p. 27). Avec la sûreté de coup d’œil propre au clinicien et avec le don du génie artistique, Louis-Ferdinand Céline, dans ses satires et dans sa correspondance, a décrit ce type de névrose. Il en a répertorié non seulement les manifestations les plus comiques ou les plus clownesques, celles dictées par une « sensibilité fer-blanc » (par opposition à la « sensibilité de bronze »), mais encore les effets les plus redoutables : perpétuelle insatisfaction, incessantes récriminations, appels enflammés à la haine, à la vengeance, à l’assassinat, à la révolution, à la croisade guerrière ; tout cela, bien entendu, sous couvert de défense des droits de l’homme et d’amour de l’humanité. C. Lanzmann, pour sa part, s’est normalement fait, dans deux films, le chantre de l’Etat hébreu (Pourquoi Israël ?) et de l’armée juive (Tsahal). Dans un entretien, il expliquait que le para israélien était différent du para français : « Le soldat juif n’a pas la violence dans le sang. Il tue peut-être [sic] mais ce n’est pas un tueur. […] Les soldats [israéliens] sont doux, tendres. Les autres, le passage à l’acte, ils ont ça dans le sang » (Entretien avec François Hauter, Le Figaro, 10 novembre 1994, p. 27). Mais rien n’illustre mieux « la traditionnelle névrose juive » qu’une controverse intestine entre juifs : C. Lanzmann ainsi que ses amis et ses ennemis les plus proches sont là pour nous le prouver.
21 avril 2004

Friday, April 16, 2004

L'homme qui voulait des preuves

Voici la lettre que le professeur Faurisson a envoyée hier, vendredi 16 avril 2004, à Jean-Marie Colombani, directeur du quotidien Le Monde :

A publier

Dans votre livraison datée du 16 avril 2004, en page 31, vous publiez un long article intitulé : "Hans Blix, l'homme qui voulait des preuves".
Pourquoi ne pas publier un article intitulé :"Robert Faurisson, l'homme qui voulait des preuves" ?

Adolf Hitler n'a pas plus possédé autrefois d'armes de destruction massive ("chambres à gaz" ou "camions à gaz") que Saddam Hussein n'en possède aujourd'hui. Sur ce chapitre des prétendues armes de l'un ou de l'autre, le mensonge est identique tandis que les menteurs et les profiteurs sont les mêmes.

Bien à vous.
Robert Faurisson

Voyez la pièce jointe et, en particulier, sa double note.


16 avril 2004