Friday, January 23, 2004

Pour le courrier des lecteurs de «France Soir»

A publier, s’il vous plaît, sans coupures

En première et dernière page de votre livraison du 21 janvier, sous le titre «Auschwitz : la preuve», vous vous êtes fait l’écho d’une rumeur aux proportions internationales. Vous avez été doublement abusé.

D’abord, ces photographies aériennes d’Auschwitz n’ont rien d’un scoop; on en connaît l’existence et la nature depuis un quart de siècle. En février 1979, la CIA, sous les signatures de Dino A. Brugioni et de Robert G. Poirier, avait publié un opuscule intitulé The Holocaust Revisited, où certaines de ces photographies étaient reproduites et commentées; la première de ces photographies ressemble comme une sur à celle que vous avez vous-même présentée à vos lecteurs. Dans sa livraison de janvier-mars 1980, Le Monde juif, revue du Centre de documentation juive contemporaine, avait, à son tour, publié la version française de l’opuscule américain sous le titre «Auschwitz à vol d’oiseau». Enfin, tout chercheur a pu, dès 1980, consulter aux Archives nationales américaines l’ensemble des photographies qui, au cours de 32 missions au-dessus du secteur d’Auschwitz, avaient été prises par l’aviation alliée (en fait, surtout par une unité sud-africaine sise près de Bari, en Italie). La section des archives dirigée à l’époque par Robert Wolfe contenait aussi des photographies prises par l’aviation allemande après l’évacuation du camp.

Ensuite, vous avez également été abusé par les prétendus éclaircissements que les «découvreurs» ont cru devoir apporter à ces photographies. Vous avez repris à votre compte leurs spéculations, plutôt confuses, sur «la fumée s’échappant de l’incinérateur d’Auschwitz», qui devient «la fumée s’échapp[ant] des bâtiments de gauche» pour se transformer, enfin, en des «fumées s’échappant de ces fosses que nous voyons». Vous parlez aussi d’une «file d’attente» de «suppliciés», qu’on ne voit pas mais que, paraît-il, on verrait si la photographie était agrandie.

Bref, je pense qu’il faut être plus prudent et plus soucieux de clarté et d’exactitude que vous ne l’avez été.

Complément (à ne pas publier): Vous devez pouvoir retrouver dans vos archives des années 1979-1982 mention de ces photographies aériennes. Quant aux «preuves», je vous renvoie à la position de Simone Veil telle que vous l’avez vous-même rapportée: «Chacun sait que les nazis ont détruit ces chambres à gaz et supprimé systématiquement tous les témoins» (France-Soir Magazine, 7 mai 1983, p. 47).

L’histoire secrète du négationnisme

Dans une édition régionale, Le Nouvel Observateur vient de publier un dossier de 14 pages intitulé: «Lyon. L’histoire secrète du négationnisme» (22-28 janvier 2004). Présenté par Laurent Joffrin, cette collection d’articles ne nous n’apprend rien, si ce n’est qu’à Lyon les associations antirévisionnistes n’ont plus de révisionnistes à se mettre sous la dent, exception faite de l’héroïque Jean Plantin qui, malgré le récent prononcé d’une peine de six mois de prison ferme, poursuit son combat. Il ne reste donc aux épurateurs lyonnais qu’à s’entre-déchirer et à se traiter mutuellement de «négationnistes». C’est précisément ce qu’ils font avec l’ardeur des oisifs. Ils peuvent craindre que, faute de pouvoir mener des campagnes de haine contre des révisionnistes devenus aujourd'hui inexistants, on ne leur retire les subsides que leur distribuaient jusqu'à présent les autorités locales, municipales, régionales ou ministérielles. De son côté, Valérie Igounet, auteur en 2000 d’une Histoire du négationnisme, signe dans ce dossier un rapport fantaisiste sur sa rencontre avec R. Faurisson. Elle confesse aussi: «Dix années sur le négationnisme, ça laisse des traces. Je ne parle pas de ces cauchemars où je voyais mes proches dans les chambres à gaz». Pierre Vidal-Naquet qui, dans le passé, a multiplié les déclarations du type de: «Je hais Faurisson. Si je pouvais, je le tuerais personnellement», semble maintenant faiblir; dans le présent dossier, il ne préconise plus que le «cassage de gueule». Il déclare: «Comme le dit mon ami [l’universitaire] Paul Veyne, le cas Faurisson relève avant tout du cassage de gueule. S’il était dans cette pièce, c’est ce que je ferais.»

A Lyon-II comme à Lyon-III, tout le monde est rentré dans le rang, à commencer par Bernard Lugan qui, jusque devant les tribunaux, fait assaut de conformisme antirévisionniste. Il a bénéficié d’une flatteuse promotion universitaire. Comme l’écrit le journaliste Michel Deprost (Le Progrès, 21 janvier 2004, p. 6), Lyon-III «veut tourner la page des dérives qui ont marqué son image». Le journaliste ajoute: «Pour Guy Lavorel [le nouveau président], les dérives négationnistes et révisionnistes de quelques groupes d’enseignants, sont surmontées: 'Nous attendons le rapport de la commission Henry Rousso à la fin du mois de juin, mais je continue à ne pas comprendre pourquoi Lyon-III est seule visée; Faurisson n’était pas chez nous [mais à Lyon-II]' [...]. Guy Lavorel insiste sur sa vigilance. Il a demandé au conseil d’administration d’être vigilant sur tous les révisionnismes, sur tous les négationnismes».

A la fin de 2003, Lyon-III a signé un protocole d’accord avec l’Université hébraïque de Jérusalem.

Dans la nuit du 12 juin 1999, la bibliothèque inter-universitaire de Lyon-II et Lyon-III avait pris feu. Environ 300 000 ouvrages disparaissaient dans le plus grand incendie de bibliothèque jamais survenu en France depuis 1871. Une rumeur avait circulé selon laquelle cette bibliothèque détenait et cachait des ouvrages ou des thèses révisionnistes. R. Faurisson a révélé comment différentes enquêtes avaient conclu à un incendie de caractère criminel et comment, néanmoins, on avait procédé pour étouffer l’affaire, au grand soulagement sans doute des plus hautes autorités du pays et, notamment, de Jack Lang, ministre de la Culture, et de Claude Allègre, ministre de l’Education, qui, l’un comme l’autre, s’étaient terrés dans le silence et s’étaient abstenus de venir à Lyon pour constater les dégâts. Or, dans un ouvrage tout juste paru, Lucien Polastron confirme, en tous points et avec de nouvelles précisions, les données rassemblées par R. Faurisson (Livres en feu. Histoire de la destruction sans fin des bibliothèques, Denoël, janvier 2004, 431 p.; voy., en particulier, les pages 295, 335, 363, 378).

Il est à craindre que l’ordre de la pensée unique ne règne définitivement à Lyon si jamais, par une décision de la cour de cassation, la peine infligée à J. Plantin devenait exécutoire.

Tuesday, January 20, 2004

Metus Judaeorum (suite)

A la fin du mois de décembre 2003, me trouvant en fonds, j’ai envoyé un chèque de 200 euros à une association de soutien aux habitants d’un village de Palestine et j’ai sollicité mon inscription à ladite association. Mon chèque a été encaissé et j’ai reçu, avec un mot de remerciement, d’intéressants documents et une carte de membre portant le numéro 25. Cette association naissante, dont je tairai le nom et sur laquelle je m’abstiendrai de fournir tout détail qui permettrait de l’identifier, m’a semblé remarquable par la modestie de ses ambitions, la précision de son travail, le désintéressement et la sagesse de ses responsables.

Hier, 19 janvier, vers 9h, France-Inter a brièvement traité d’une manifestation musulmane en faveur du voile islamique. Le nom de Serge Thion a été cité comme d’un «négationniste» qui avait «repris les idées de Robert Faurisson». Je suppose que d’autres médias ont fait de même (voy. Le Monde des 18 et 19 janvier nommant, en page 10, Serge Thion et Mondher Sfar). Un quart d’heure plus tard, je recevais un appel téléphonique de deux membres de l’association. Leur inquiétude était perceptible. Ils voulaient savoir si j’étais le Faurisson en question. Je leur ai répondu que oui et, tout de go, j’ai ajouté qu’ils n’avaient pas besoin de m’expliquer la raison de leur appel: s’ils souhaitaient se débarrasser de l’encombrant personnage, je les comprendrais car je ne comprends que trop qu’on ait peur des juifs. Soulagement et embarras à l’autre bout du fil. A la fin, tout de même, avant de raccrocher, j’ai cru devoir imposer à mes interlocuteurs un bref exposé sur ce «révisionnisme» (et non «négationnisme») dont ils semblaient ignorer la teneur et les arguments.

Ce matin, j’ai reçu, avec un aimable mot d’accompagnement, un chèque de 200 euros; l’enveloppe était recommandée avec accusé de réception.

Une pensée m’est venue pour les enfants palestiniens privés de cette somme. Une autre pensée m’est venue également pour ma femme, personne discrète et timide, autrefois chassée d’abord d’un choeur de chant grégorien, puis d’une association caritative locale et, enfin, d’un groupe de peintres amateurs, simplement parce qu’elle se trouvait porter mon nom.

Quant à moi, il faudrait que je me décide à dresser la liste des avanies du même genre que j’ai eu à connaître dans ces trente dernières années. Mais le décompte en serait fastidieux et, à l’heure où les révisionnistes souffrent de bien d’autres maux, le tout paraîtrait dérisoire.

Ce qui m’a plu chez l’organisateur principal de cette modeste association d’aide au village palestinien, c’est qu’au téléphone il a reconnu d’emblée qu’il avait PEUR. Son aveu m’a paru rafraîchissant tant il m’arrive, sur le sujet, de rencontrer de bravaches qui n’ont pas la franchise de reconnaître que, comme moi, ils ont peur des juifs, de leurs campagnes de haine, de leurs procès, de leurs mesures de boycottage.

Les juifs – je ne fais là aucune distinction entre sionistes et antisionistes – inspirent une PEUR révérencielle. Ils devraient avoir honte d’inspirer une telle peur.

PS: Le malheureux Dieudonné est en train de découvrir la lune. Il ignorait tout de la planète juive. Il faisait partie de la troupe innombrable des benêts qui, quand on leur parle du pouvoir exorbitant des juifs (sans «complot» aucun car seuls les faibles ont besoin de complots), affectent d’en rire ou s’en indignent.