Friday, November 15, 2002

En prison, à 82 ans, pour avoir douté des «chambres à gaz»

Doutez, tant qu’il vous plaira, de Dieu, de la Vierge Marie, des saints et des anges. Doutez du Diable. Mettez en doute ce qu’on vous enseigne au catéchisme, à l’école, au lycée, à l’université. Bref, doutez de tout. Sauf de la magique chambre à gaz des nazis. Ou alors il vous en cuira !

Usez de la liberté d’expression mais n’en profitez pas pour mentir ou pour diffamer. A moins cependant que vous ne traitiez du génocide, des chambres à gaz et des six millions. Dans ce cas, la défense de la trinité holocaustique justifie tout ensemble le pieux mensonge, le faux témoignage et la diffamation à l’égard du vaincu. Tenez-le-vous pour dit !

Respectez la liberté de recherche, qui, elle, c’est bien connu, ne peut souffrir de limites car, sans cette liberté illimitée, il n’est plus de science ni d’histoire. Mais, si vous écrivez sur le sort des juifs durant la seconde guerre mondiale, sachez que, de cette histoire, seule est admise la version casher. Malheur à qui remettrait en cause cette version officielle !

Dans une démocratie la liberté religieuse nous est garantie et le blasphème n’existe plus. Sauf pour la religion de l’Holocauste ou le dogme de la Shoah. Car s’en prendre à une religion et à un dogme décrétés intouchables mettrait en péril le Shoah-Business ou l’Industrie de l’Holocauste. Ce serait tomber dans l’hérésie majeure !

Les règles de la civilité puérile et honnête sont connues de tous : il convient de respecter autrui, de se montrer juste, d’écouter avant de condamner, d’écarter le préjugé, de n’assouvir ni haine ni vengeance ; on évitera de hurler avec les loups ou bien de piétiner l’homme à terre ; on épargnera le pauvre, le faible, le malade, le vieillard. Sauf, bien entendu, si l’on a affaire à un révisionniste !

Gaston-Armand Amaudruz, qui est révisionniste, a conçu des doutes sur l’existence des chambres à gaz nazies. De simples doutes ; rien de plus. Il a beaucoup lu sur le sujet, beaucoup cherché mais il n’a trouvé aucune réponse aux questions qu’il se posait sur la structure de ces abattoirs chimiques, sur leur fonctionnement, sur la possibilité, après une exécution, de pénétrer impunément dans un océan d’acide cyanhydrique afin d’en extraire des milliers de cadavres imprégnés de cyanure, et donc terriblement dangereux à manipuler ; il a été surpris de ne pouvoir trouver, soit en réalité, soit en photo, soit en maquette, ne fût-ce qu’une seule chambre à gaz à l’authenticité garantie par des historiens ; il a été étonné d’apprendre que, de l’avis même d’historiens officiels, « tout est faux » dans la chambre à gaz visitée à Auschwitz, depuis 1948, par des millions de touristes abusés (Eric Conan, « Auschwitz : la mémoire du mal », L’Express, 19-25 janvier 1995, p. 68).

On l’a livré aux juges. Il a voulu leur expliquer ce qu’est « le devoir de douter ». Ses juges lui ont appliqué le bâillon. Séance tenante, ils l’ont condamné.

Il a 82 ans ? La belle affaire ! Il est malade ? Qu’importe ! Il n’a point de biens ? Profitons-en ! Sa conduite a toujours été exemplaire et son casier judiciaire est vierge mais, le 16 janvier 2003, il entrera dans une prison pour récidivistes.

Tout cela ne se passe ni au pays du Dr Guillotin, ni chez les Persans ou les Moscovites, ni « plus loin que l’Inde et que la Chine », encore moins au Monomotapa.

Cela se passe au pays des fiers Helvètes. « Fiers » est vite dit. Les temps ont changé. Les fiers Helvètes ont opéré leur soumission. Au premier coup de shofar, ils ont ouvert leurs coffres les plus blindés. A la maffia du Grand Mensonge ils versent des flots d’or. Ils le font à genoux, en signe de repentance, pardon ! de techouva.

Il se trouve que je connais personnellement G.-A. Amaudruz. Sur quelques sujets il a des opinions que je ne partage pas. Mais j’estime l’homme, je l’admire. Pour son courage tranquille et sa constance. Pour sa modestie et son sourire. Pour sa clarté d’expression. Pour la qualité de sa langue et de son style. Le français qu’il écrit, pur et dépouillé, sent son honnête homme. Mais, dans son propre pays, G.-A. Amaudruz, après bien d’autres Suisses reconnus coupables d’avoir péché par hérésie révisionniste, est devenu la proie de la Nouvelle Inquisition.

Ces condamnations sont de caractère religieux. Les 2 et 3 septembre 1996, un journal suisse, Le Nouveau Quotidien de Lausanne, publiait deux longs articles consécutifs où il était clairement affirmé que nous ne possédons, en définitive, aucun document, aucune trace, aucune preuve de l’existence des chambres à gaz nazies, soit à Auschwitz, soit ailleurs. L’auteur des deux articles n’était autre que l’historien français, de gauche, Jacques Baynac (voy. R. Faurisson, « Un historien orthodoxe admet enfin qu’il n’y a pas de preuves des chambres à gaz nazies », Ecrits révisionnistes (1974-1998), p.1794-1799). Or ni l’auteur ni le responsable du journal n’ont, pour autant, été jugés, condamnés et emprisonnés par les autorités helvétiques. La raison en est que, dans ses articles, J. Baynac a confessé avec insistance sa foi en l’Holocauste et ses mystères tout en professant une sainte horreur pour le révisionnisme. Autrement dit, si vous prodiguez les marques extérieures de la foi et si vous maudissez le Diable, vous obtiendrez la grâce et le salut.

A l’inverse, si vous manifestez franchement votre scepticisme, vous serez traité en mécréant.

Ce que les juges suisses ont condamné en G.-A. Amaudruz, c’est, aussi bien dans la démarche de l’esprit que dans le comportement moral, un homme à la probité foncière.

15 novembre 2002

Friday, November 1, 2002

Lettre à l'abbé Curzio Nitoglia : "Pie XII a choisi Staline"


Monsieur l'Abbé,
La lettre que vous m'avez adressée ce 25 octobre me confirme dans mes craintes et même les aggrave.
Je vous faisais déjà le reproche de répondre à des faits par des sentiments.
Je vous disais que Pie XII, durant l'été 1941, ayant à choisir entre Hitler et Staline, avait choisi Staline. Il l'avait fait à la demande expresse de Roosevelt. Voulant éviter l'accusation de partialité – car c'était prendre parti dans un conflit – le pape avait donné pour instruction de procéder discrètement et par une voie indirecte. C'est ainsi que, le 20 septembre 1941, sous la forme d'une lettre SIGNEE de Mgr Tardini, la Secrétairerie d'Etat (Mgr Maglione) adressait à Mgr Cicognani, délégué apostolique à Washington, une INSTRUCTION, telle que Mgr Maglione l'avait énoncée à Myron Taylor, représentant personnel de Roosevelt auprès de Pie XII. Selon cette INSTRUCTION, il fallait maintenant faire comprendre aux catholiques américains la subtilité suivante : certes, dans l'encyclique Divini Redemptoris, le précesseur de Pie XII avait bien, en 1937, condamné le communisme comme étant "intrinsèquement pervers" mais il n'avait jamais condamné la Russie ou le peuple russe. Par conséquent, le Vatican ne voyait pas d'objection à ce que Roosevelt fournît une aide économique et militaire à Staline. Car aider ainsi Staline, ne revenait pas à se porter au secours d' un sanglant dictateur athée, destructeur d'églises, mais c'était venir à l'aide de la Russie ou du peuple russe. Grâce à Pie XII le président des Etats-Unis neutraliserait ainsi dans son pays la vive opposition de l'électorat catholique et de ses représentants politiques et religieux qui, à l'époque, répugnaient à soutenir Staline d'une manière ou d'une autre. Pie XII, cependant, ne voulut pas rendre publique cette subtilité. Il décida que ni l'Osservatore Romano ni Radio Vatican ne s'en feraient l'écho. En conséquence, après ladite subtilité, on eut recours à l'expédient que voici. Sur ordre du Vatican, Mgr Cicognani appela à Washington Mgr McNicholas, archevêque de Cincinnati, et le mit au courant des INSTRUCTIONS du pape. L'archevêque américain s'exécuta. Il expliqua aux catholiques américains que la condamnation du communisme par la fameuse encyclique ne s'appliquait pas en la circonstance. Cela se passait en octobre 1941. Six semaines plus tard, avec Pearl Harbour, les Etats-Unis et l'Union soviétique devenaient, par la force des choses, alliés dans la guerre contre l'Axe. Mgr Maglione (deuxième personnage du Vatican) l'avait donc ainsi emporté auprès du pape contre Mgr Tardini (troisième personnage du Vatican). Ce dernier avait estimé que le subtil distinguo faisait la part trop belle à la THEORIE et négligeait la PRATIQUE. Je cite là-dessus le Père Blet qui expose en ces termes la position de Tardini : "Certes, en THEORIE, aider le peuple russe à gagner la guerre ne signifie pas défendre la doctrine communiste et l'athéisme militant. Mais en PRATIQUE, 'si les Russes gagnent la guerre, la victoire est celle de Staline ; personne ne pourra plus le détrôner. Et Staline, c'est le communisme, le communisme victorieux, c'est le communisme maître absolu du continent européen'" (p. 144). Avouez que Tardini voyait assez clair. Il n'empêche que, comme je l'ai dit plus haut, c'est à lui qu'incomba la charge d'instruire Cicognani dans le sens souhaité par Maglione et exigé par le pape. Tardini était une sorte de ministre des affaires étrangères tandis que Maglione était une sorte de premier ministre.
Dans ce résumé, je m'inspire largement – et parfois même mot à mot – du développement d'environ neuf pages que le Père Blet a consacré à ce sujet dans son livre sur Pie XII et la Seconde Guerre mondiale d'après les archives du Vatican (Perrin, 1997, p. 138-146). Vous verrez plus loin pourquoi je m'en réfère au Père Blet et non aux pièces mêmes reproduites dans les douze volumes des ADSS.
En attendant, notez en quels termes le Père Blet clôt ce développement. Il écrit : "Cette circonstance [l'entrée en guerre du Japon, de l'Allemagne et des Etats-Unis] restreignait dans la pratique la portée des INSTRUCTIONS romaines envoyées aux prélats d'Amérique, mais cela ne diminue pas l'intérêt que présente la DECISION de Pie XII de lever les scrupules des catholiques américains devant la politique de Roosevelt" (p. 146).
Les FAITS ont donc été les suivants : Roosevelt a demandé à Pie XII une DECISION qui lui permettrait de venir en aide à l'URSS contre l'Allemagne. Pie XII a acquiescé. Il a pris la DECISION conforme à la demande de Roosevelt et il a envoyé des INSTRUCTIONS en ce sens, lesquelles ont été suivies d'EFFET.
A ces FAITS vous avez, en un premier temps, répondu par ce que j'appelle des sentiments ou encore des spéculations essentiellement psychologiques. Personnellement, je ne m'engagerai pas sur ce terrain. Je laisse à d'autres le soin d'imaginer les pensées profondes ou les arrière-pensées du pape.
Nous en étions là de notre discussion quand j'ai eu la surprise de recevoir votre lettre du 25 octobre où vous croyez, cette fois-ci, m'apporter des FAITS. Vous y joignez un article en italien du Père Blet en date du 20 juillet, dont vous m'envoyez les pages 122-123. Mais, dans cette page et demie, le Père Blet ne fait que résumer ce qu'il avait déjà exposé dans les quelque neuf pages de son livre et que je viens de vous rapporter ! Or, dans ma lettre du 2 octobre, je vous en avais précisément déjà donné la référence. Je vous avais déjà écrit : "Ses pages 138-146 sont claires et la dernière phrase est sans ambiguïté". Je vous citais même déjà cette phrase de la page 146 que je viens de vous répéter ci-dessus. Je me permets donc de vous dire ma surprise. Vous ne semblez pas être allé consulter les pages 138-146 et vous ne paraissez pas avoir lu avec soin ma lettre du 2 octobre.
Mais il y a mieux ! Vous avez souligné certains mots de l'article du Père Blet. Le choix de vos soulignements est étrange. Pour Tardini, vous avez souligné "in teoria" mais vous n'avez pas souligné "in pratica". Autrement dit, vous insistez sur ce que Tardini tient pour vue théorique et vous négligez ce qu'il considère comme une réalité pratique !
Encore mieux ! Dans votre lettre, vous écrivez : "... le 20 septembre Tardini signe une lettre qui donne la même [ mot souligné par vous] interprétation que Maglione sur Divini Redemptoris et la guerre des USA contre l'Allemagne". Cela revient à dire que, du simple messager et du simple exécutant vous faites quelqu'un qui, renonçant à son idée première, en serait venu à exprimer une idée diamétralement opposée à celle que nous lui connaissions ! Le Père Blet, lui, avait pourtant été explicite : "Sous la date du 20 septembre, et sous la forme d'une lettre signée de Mgr Tardini, la Secrétairerie d'Etat [Mgr Maglione] adressait au délégué apostolique de Washington [Mgr Cicognani] une instruction qui contenait l'interprétation authentique de l'encyclique Divini Redemptoris, telle que Maglione l'avait énoncée à Taylor : le pape [Pie XI] a condamné le communisme, non la Russie" (p. 144). Vous avez bien lu : Tardini n'a fait que SIGNER une lettre de Maglione et contenant l'opinion de Maglione, à laquelle Pie XII s'était rallié. Vous n'êtes donc pas en droit d'affirmer que Tardini signe une lettre où il exprime "la même interprétation" que Maglione !
J'espère que vous comprenez maintenant pourquoi je me suis borné à invoquer le livre du Père Blet. C'est que vous avez, vous-même, choisi d'invoquer cet auteur.
Et vous comprenez aussi pourquoi, au début de ce message, je vous ai dit que votre dernière lettre confirmait mes craintes et même les aggravait. Non seulement vous ne m'avez pas apporté de FAITS mais, à ce qui me semble, vous ne m'avez pas lu avec attention et vous avez, nolens volens, présenté la position de Tardini de façon contraire à la vérité des textes.
Veuillez recevoir, je vous prie, mes salutations.
Robert Faurisson, 1er novembre 2002