Saturday, February 23, 2002

Pierre Vidal-Naquet à Lyon


Ce lundi 25 février, à l'INSA (Institut national des sciences appliquées) de Lyon-Villeurbanne, Pierre Vidal-Naquet, historien de la Grèce antique et officier de la légion d'honneur, prononcera une conférence, organisée par la Maison d'Izieu, sur « La pseudo-science des négationnistes ». L'hebdomadaire Lyon capitale lui consacre un « portrait », accompagné de propos recueillis par Raphaël Ruffier (20-26 février, p. 13).


Ceux qu'il blâme et ceux qu'il loue

Dans ses propos, P. Vidal-Naquet s'en prend d'abord, au sujet de Jean Moulin, à Thierry Wolton auquel il a consacré un écrit dont le but, nous confie-t-il en propres termes, « était de 'tuer' intellectuellement Thierry Wolton ».

Puis, il exprime son aversion pour les révisionnistes, qu'il appelle des « négationnistes ». A ses yeux, tous ces gens, en particulier Faurisson, ne sont que des « assassins de la mémoire » et des « fous », définitivement « fous ».

Pour P. Vidal-Naquet, Jean-Paul Allard est un méprisable « complice des faussaires de l'histoire », qui a présidé un jury de thèse (celle d'Henri Roques sur Kurt Gerstein) « alors qu'il ne connaissait rien au problème ». P. Vidal-Naquet se vante d'avoir envoyé à J.-P. Allard (traqué tel le cerf dans l'hallali) une missive portant : « La question qui se pose, c'est de savoir si vous êtes plus lâche que bête ou plus bête que lâche ».

A propos de l'africaniste Bernard Lugan, il déclare : « Les spécialistes de l'Afrique disent que ses ouvrages sont nuls, ça, je ne suis pas capable d'en juger ». Et d'ajouter : « Entre autres exploits, [B. Lugan] a déplacé le lieu de la victoire de Charles Martel ».

Au sujet de Jean Haudry, P. Vidal-Naquet affirme : « Le fait qu'il reçoive l'éméritat montre qu'il y a toujours un noyau fasciste à l'intérieur de Lyon III », université qui, à l'entendre, ressemblerait beaucoup à « un repaire de nazis ».

Il avance que, dans un récent passé, le président Goudet et « les autres » étaient des gens d'extrême droite. Il en appelle à l'épuration de Lyon III :

Il faut faire en sorte que Lyon III soit peuplée de gens honnêtes. Pour l'instant, il n'y a pas que des gens honnêtes. Ni Haudry, ni Lugan, ni Allard ne sont honnêtes intellectuellement. Et jusqu'à présent la direction [lisons : le président Gilles Guyot] les a protégés.

Pour mener à bien cette épuration, P. Vidal-Naquet accorde sa confiance à l'Association Hippocampe, gardienne de la Mémoire. Il accorde également sa totale confiance à Henry Rousso, que Jack Lang vient de nommer à la tête d'une commission spéciale chargée de faire la lumière sur le racisme et le « négationnisme » au sein de l'université Lyon III et dans l'environnement lyonnais. Pour ladite association, P. Vidal-Naquet nourrit « la plus grande estime ». Quant à H. Rousso, il assure qu'il le voit « comme un homme parfaitement sérieux et honorable ».


Une conférence pour rien ?

Le journaliste de Lyon capitale lui demande si ce n'était pas « pour répondre au négationnisme de Faurisson » qu'il avait, en 1987, publié un livre intitulé : Les Assassins de la mémoire. P. Vidal-Naquet rectifie : « Pas pour répondre aux négationnistes mais pour démonter leur discours. Montrer qu'il ne repose sur rien ». Et d'ajouter cette surprenante réflexion : « Aujourd'hui, cela ne vaut plus la peine : il y a une masse gigantesque d'études historiques qui ont été publiées depuis, notamment en Allemagne ». Le propos étonne de la part d'un homme qui s'apprête à prononcer une conférence sur « La pseudo-science des négationnistes ». Le titre de la conférence ne donne-t-il pas à entendre que le professeur Vidal-Naquet va, devant son auditoire, précisément « démonter le discours » de ceux qu'il appelle des « négationnistes » ? Ou bien faut-il penser vraiment qu' « aujourd'hui, cela ne vaut plus la peine » ? Sa conférence vaudra-t-elle la peine ?


On se répète mais on ne répond pas

Dans Les Assassins de la mémoire, le spécialiste de la Grèce antique ne faisait essentiellement que reprendre une étude qu'il avait publiée en 1980 sous le titre parlant de « Un Eichmann de papier » (Esprit, septembre 1980, p. 8-56). Je dois confesser que j'étais cet Eichmann-là. L'année suivante, sous le titre non moins parlant de « Un Eichmann de papier. Anatomie d'un mensonge », il reprenait à nouveau son étude dans un livre intitulé Les Juifs, la mémoire et le présent (Petite collection Maspero, 1981, p.193-289). Bref, notre professeur s'est beaucoup répété sans pour autant, me semble-t-il, trouver de réplique aux arguments que je lui avais opposés, en 1982, dans ma Réponse à Pierre Vidal-Naquet (éditions de la Vieille Taupe). Il est vrai, pour prendre un exemple, qu'à mon argumentation technique d'alors sur la radicale impossibilité physique et chimique de l'existence des chambres à gaz nazies, il m'avait, dès 1979, fait, avec son ami Léon Poliakov et trente-deux universitaires, une réponse qui m'était apparue comme un acte de capitulation ; il avait, en effet, alors écrit :

Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible ; il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu (Le Monde, 21 février 1979, p. 23).


On ne traduit pas mais on trahit

Par la suite, tous les documents qu'il avait cru devoir invoquer afin de prouver l'existence des chambres à gaz nazies et la réalité d'un programme d'extermination physique des juifs s'étaient, à l'analyse, révélés inoffensifs. Si, dans un document allemand apparaissait le mot de « déportation », P. Vidal-Naquet ou ses amis traduisaient ce mot par ... « extermination ». Là où les Allemands parlaient d'une « solution finale de la question juive » par l'émigration ou l'expulsion (procès-verbal de la réunion de Berlin-Wannsee, le 20 janvier 1942), on voulait nous faire croire à une solution finale … par l'assassinat organisé. Là où il était question de fours crématoires, on nous donnait à voir … des chambres à gaz d'exécution. Là où figurait en allemand le mot de « désinfection », le traducteur faisait surgir ... une exécution par le gaz. Là où un camion à gaz (un gazogène) était dit « spécial », la traduction créait de toutes pièces ... un camion spécialement équipé pour tuer des juifs.


On « décode » au lieu de lire

Mes contradicteurs avaient deux façons de déformer le sens des documents originaux. La première, en vogue au procès de Nuremberg, consistait, pour le traducteur, à froidement altérer le sens des mots allemands, sans nous prévenir de la manœuvre. La seconde revenait à nous avertir de la transformation. Pour cela, on nous expliquait qu'il ne convenait pas de prendre les mots allemands au pied de la lettre. Il fallait comprendre que les Nazis ou les SS, soucieux de ne laisser aucune trace de leurs innombrables crimes, avaient fait, dans leurs documents, grand usage d'euphémismes et d'un langage bureaucratique dont seule l'apparence était inoffensive. Heureusement des historiens sagaces étaient parvenus à déchiffrer ce langage et, pour l'édification de lecteurs par trop candides, le traduisaient en conséquence. Ils décodaient. Ils décodaient très fort. Le procédé de ces traducteurs très spéciaux était habile car le lecteur, en pareille circonstance, a toutes chances de se sentir flatté. Il a été mis dans la confidence. On ne la lui fait plus. Il s'imagine avoir compris la duplicité teutonne et les colossales finesses de la bureaucratie allemande. C'est ainsi, par exemple, que le bon lecteur, instruit par ses bons maîtres, croit que, dans la langue allemande du IIIe Reich, administrer un « traitement spécial » doit finement se traduire en français par … « liquider ». Quant aux historiens allemands d'aujourd'hui, dûment « rééduqués » et chapitrés, ils ont acquis le réflexe pavlovien : dans un document datant du IIIe Reich, ils ont appris à ne plus laisser aux mots leur sens normal mais à leur trouver une signification cachée. Maintenant, chez eux, d'instinct, on traduit comme on trahit. Et P. Vidal-Naquet, trop souvent, de leur emboîter le pas et de prendre pour argent comptant le produit de leurs manipulations.


La fausse découverte des télégrammes

On en a un exemple dans son entretien avec le journaliste lyonnais auquel, à propos de ce qu'il appelle la « masse gigantesque d'études historiques qui ont été publiées depuis [les années quatre-vingt], notamment en Allemagne », il ose déclarer :

On a même trouvé des télégrammes intérieurs au Reich, que les Anglais avaient décryptés et dans lesquels est donné le nombre de victimes de Treblinka, Maïdanek ou Belzec… Par exemple on sait maintenant grâce à ces télégrammes qu'il y a eu 700 000 morts à Treblinka.

Le sens commun nous avertit que, si ces télégrammes avaient constitué pour de bon une preuve écrite et irréfutable du génocide des juifs et des chambres à gaz d'exécution de Treblinka, de Majdanek et de Belzec, les médias du monde entier auraient, jour et nuit, claironné la nouvelle tant attendue. Les révisionnistes auraient été enfin invités à la télévision pour s'y voir confondre. Or, rien de tel ne s'est produit.

L'examen des faits confirme que P. Vidal-Naquet nous la baille belle. D'abord, ces télégrammes ont été interceptés et déchiffrés par des spécialistes britanniques il y a environ soixante ans. A l'époque, les informations qu'ils contenaient ont dû être immédiatement évaluées et prises en considération par toutes les parties intéressées : armée, économie, propagande, et partagées avec les Américains. En 1981, tout cela s'est trouvé expliqué dans l'ouvrage de F.H. Hinsley, British Intelligence in the Second World War / Its Influence on Strategy and Operations, Volume Two, Londres, HMSO. Soit dit en passant, on découvre, à la page 673 du livre en question, la phrase suivante : « There were no references in the decrypts to gassing » (Dans les pièces déchiffrées il n'a pas été fait mention de gazage).


Errements de deux amateurs

En 2001, deux auteurs, l'Allemand Peter Witte et le Britannique Stephen Tyas, commerçant de son état, ont prétendu, comme tant d'autres, qu'ils venaient d'exhumer un « nouveau document » (sic) alors qu'il s'agissait d'une pièce depuis longtemps connue. Leur étude est parue dans le périodique Holocaust and Genocide Studies (vol.15, numéro 3 [hiver 2001], p. 468-486) sous le titre : « A New Document on the Deportation and Murder of Jews during 'Einsatz Reinhardt' 1942 » (Un nouveau document sur la déportation et l'assassinat des juifs durant l'« action Reinhardt » de 1942). P. Witte en a publié un résumé en allemand dans l'hebdomadaire Die Zeit du 10 janvier 2002 sous le titre : « '… zusammen 1 274 166'. Der Funkspruch des SS-Sturmbannführers Hermann Höfle liefert ein Schlüsseldokument des Holocaust » (« … au total 1 274 166 [juifs assassinés] ». Le radio-télégramme du commandant SS Hermann Höfle livre un document-clé de l'Holocauste). Dès le début de leur étude, les auteurs sont contraints d'admettre qu'en réalité le document en question n'est pas aussi nouveau que venait de l'assurer leur titre. Les Britanniques le connaissaient et l'avaient déchiffré pendant la guerre. Mais, voilà, nos deux auteurs estiment que le déchiffrement n'avait été que « partiel ». Pour eux, les Britanniques avaient bien vu qu'il s'agissait de « déportations » mais il leur avait échappé que ces déportations signifiaient … la mort de tous les déportés. En réalité, les Britanniques avaient noté, comme on peut le faire aujourd'hui, que le texte allemand ne parlait que de « Umsiedlung », de « umgesiedelt » et de « durchgeschleust », c'est-à-dire de « transfert », de « transférés » et de personnes « passées par » des camps de transit. Les Britanniques s'en étaient tenus là et ils avaient bien fait.


Le serpent de mer de « l'action Reinhardt »

Pour accréditer leur propre version, les deux auteurs se permettent force spéculations qu'ils présentent, la plupart du temps, sous la forme d'assertions dénuées de la moindre preuve. La plus voyante de leurs manières de procéder réside dans l'affirmation, non accompagnée de preuves, selon laquelle l'« action Reinhardt » désignait une opération massive de déportation et d'assassinat de juifs qui aurait été ainsi appelée en hommage à Reinhard Heydrich, mort le 4 juin 1942 des suites d'un attentat. Or, ainsi que les documents le prouvent, il s'agissait, en réalité, d'une opération dont les quatre objectifs étaient : 1° le transfert de certaines populations polonaises ou juives ; 2° l'utilisation de la main-d'œuvre polonaise ou juive (parfois dans des camps) ; 3° l'exploitation de biens confisqués à ces Polonais et à ces juifs ; 4° la collecte des valeurs dissimulées ou encore la saisie d'immeubles (pièce du procès de Nuremberg PS-4024, qu'on trouve dans le volume XXXIV des documents soumis au tribunal, aux pages 58-92). L'opération avait été lancée peu avant la mort du Protecteur de Bohême-Moravie et ne devait donc rien à son prénom qui s'écrivait, d'ailleurs, sans le « t » final. Comme le proposait l'historien Uwe Dietrich Adam, dont nos deux auteurs ne citent ni le nom ni l'hypothèse, ce nom de « Reinhardt » « évoque sans doute plus vraisemblablement celui du secrétaire d'Etat aux finances, Fritz Reinhardt », patronyme qui s'écrivait avec un « t » final (Colloque de la Sorbonne de 1982, L'Allemagne nazie et le génocide juif, Gallimard / Le Seuil, 1985, p. 259, n. 70). Mais des serpents de mer comme celui de « l'action Reinhardt ou de « la conférence de Wannsee » ou encore du « témoignage Gerstein » ont la vie longue.


Trop d'erreurs

P. Vidal-Naquet a donc repris à son compte une affirmation sans preuve avancée par deux auteurs, dont un commerçant britannique, lesquels, – c'est le moins qu'on puisse dire, – ont procédé en amateurs quelque peu présomptueux. Il lui reste à se repentir d'avoir accordé sa confiance à ces auteurs comme cela lui est souvent arrivé dans le passé. Je fais ici allusion à ses palinodies : 1° sur « le piège », où il a reconnu être tombé, du livre Treblinka (déjà !), un faux fabriqué par Jean-François Steiner et Gilles Perrault ; 2° sur Au nom de tous les miens, œuvre non point du faussaire Martin Gray mais de son nègre à gages, le romancier Max Gallo ; 3° sur le Journal d'Anne Frank qu'il a jugé authentique, puis déclaré « trafiqué », puis, à nouveau, jugé authentique ; 4° sur la prétendue innocence du violeur récidiviste Luc Tangore ; 5° sur Elie Wiesel qui, dit-il, « raconte N'IMPORTE QUOI » dans La Nuit à propos d'Auschwitz, et surtout 6° sur Jean-Claude Pressac qui le traite maintenant de « girouette » et qu'à son tour il traite de « girouette ». Je passe sur bien d'autres palinodies.


Je propose à P. Vidal-Naquet un débat public

J'ai souvent proposé à P. Vidal-Naquet un franc débat public dans les conditions de son choix. Jusqu'ici il s'est dérobé. Pour lui, on doit discuter sur le révisionnisme mais on ne doit pas discuter avec les révisionnistes. Autrement dit, il se déclare le plus fort mais il refuse d'avoir à le prouver devant un public. Aujourd'hui, à l'occasion de sa venue à Lyon, je lui renouvelle mon offre. La rencontre aura lieu où il lui plaira. Je suis prêt à en assumer les risques, à la fois physiques et judiciaires, risques que n'encourt certes pas mon adversaire. Je lui laisse, comme on dit, l'avantage du soleil et du vent. A Lyon, la controverse autour du révisionnisme et non sur le révisionnisme dure depuis novembre 1978. Elle a connu des développements spectaculaires dans les médias, dans la vie universitaire et devant les tribunaux. Elle n'est pas près de s'éteindre. Les affaires Plantin le prouvent. Or, jamais à Lyon, le grand public n'a, jusqu'ici, été autorisé à voir s'affronter face à face, sur le fond même du sujet, les tenants de l'une et l'autre thèse : la thèse exterminationniste et la thèse révisionniste. Il est temps que cesse une si criante anomalie. Quitte, ce faisant, à défier « une insupportable police juive de la pensée » (Annie Kriegel), le moment est venu d'un vrai débat public sur le fond. – Pourquoi pas à Lyon, capitale de la Résistance et du Révisionnisme ?

23 février 2002

Monday, February 18, 2002

Israël : la valise ou le cercueil

Dans sa livraison du 13 au 19 février 2002, le Village Voice, hebdomadaire en vogue dans les milieux intellectuels new-yorkais, publie un article de Sylvana Foa intitulé : « Israelis Contemplate the Unthinkable – Moving Out / Escaping the Hell of the Holy Land » (Les Israéliens envisagent l’impensable : déménager / Fuir l’enfer de la terre sainte). Une photographie illustrant l’article porte pour légende : « Le choc à venir : un nombre croissant de parents aimeraient que leurs enfants grandissent hors d’Israël ». On consultera le site de la publication à http://www.villagevoice.com/issues/0207/foa.php.


J’ai envoyé un message à editor@village.voice.com pour leur recommander la lecture, dans sa version anglaise, de mon texte du 8 octobre 2001 : « Un holocauste imaginaire peut conduire à un véritable holocauste ». J’ai, en particulier, appelé leur attention sur la section intitulée : « Entre la valise et le cercueil » ; celle-ci commençait par : « Le juif errant reprend donc sa route » et se terminait sur : « Israël est perdu ».


Conformément à l’usage, j’ai indiqué mon identité, mon numéro de téléphone et mon adresse électronique. J’ai signé : « Professeur Robert Faurisson, traité par les juifs, dans son pays, la France, comme un Palestinien en Palestine ».


J’aurais pu également leur signaler la section précédente que j’avais intitulée : « Le prochain malheur des juifs ». Comme S. Foa, j’y évoquais ce que les juifs appellent « la descente » par opposition à « la montée » en Israël, c’est-à-dire le retour après l’aller. En hébreu, la « montée » en question se dit « aliya » et la « descente », « yerida ». J’ouvrais ladite section sur les mots suivants : « Américains et Israéliens ont tout loisir de continuer ce jeu [de massacre des Palestiniens]. Mais il pourrait leur en coûter. Car l’Etat d’Israël va désormais à sa perte. Il ne durera pas même ce qu’a duré l’éphémère royaume chrétien de Jérusalem [dans les faits, quatre-vingt-huit ans] » et je terminais sur les mots que voici : « Là où devaient couler le lait et le miel coulent le sang et les larmes. A qui la faute ? ».


Actuellement, le tapage et la retape shoatiques atteignent des sommets. Il le faut bien. Cela permet de faire diversion, de couvrir le cri des victimes et d’apitoyer le plus de monde possible sur un nouveau malheur des juifs. Après les larmes du colon, la sébille du quémandeur d’asile.


Les pays d’accueil vont payer cher, en bel argent et en octroi de multiples privilèges, ce nouvel exode de juifs plus gémissants et plus exigeants que jamais.



18 février 2002

Friday, February 15, 2002

Pie XII et la "Shoah"


[Concerne : Propos recueillis par Elie Maréchal : "L'historien Edouard Husson revient sur l'attitude du pape Pie XII face à la Shoah" (Le Figaro, 15 février 2002, p. 9)].



Il est inexact que Pie XII ait parlé de "l'extermination des juifs" au sens qu'on donne aujourd'hui à cette expression, c'est-à-dire au sens d'"extermination physique programmée, notamment conduite par le moyen de chambres à gaz".


Dans le radio-message, souvent mentionné, du 24 décembre 1942, le Pape a parlé de "centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, quelquefois seulement pour des raisons de nationalité [nazionalità] ou de race [stirpe], sont vouées à la mort ou à un dépérissement progressif [progressivo deperimento]".

Le 2 juin 1943, dans son allocution au Sacré Collège, il dira de ces mêmes personnes qu'elles sont "parfois vouées, même sans faute de leur part, à des contraintes exterminatrices [costrizioni sterminatrici]".


Pie XII a principalement songé, sans faire de distinction entre ces deux catégories, au sort de civils aussi bien de nationalité polonaise que de race juive (le mot de "race" [stirpe] étant ici employé du point de vue de ces Allemands à qui le pape reproche de persécuter les juifs).


Pour plus de précisions, on se reportera, en ce qui concerne le radio-message, aux Atti e discorsi di Pio XII, vol. IV (1942), ed. S. Paolo, Roma, 1943, p. 327, et, pour l'allocution, au même ouvrage, vol. V (1943), 1944, p. 134.


Contrariées par ces propos, les autorités allemandes n’en ont pas pour autant empêché l’impression, en 1943, du radio-message, ni, en 1944, l’impression elle-même ou les préparatifs d’impression du second texte. (Les Alliés ne sont entrés dans Rome, déclarée par les Allemands "ville ouverte", que le 4 juin 1944).


Dans son radio-message du 24 décembre 1942, le pape se faisait en quelque sorte l’écho de la déclaration solennelle des Alliés (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Union soviétique et neuf autres pays, dont la France de Londres) contre la "bestiale politique de froide extermination" (bestial policy of cold-blooded extermination) menée par les Allemands contre les juifs d’Europe et, en particulier, contre les juifs polonais. Cette déclaration, en date du 17 décembre 1942, n’implique pas du tout que les Alliés croyaient, comme on le fait aujourd’hui, en une prétendue "politique d’extermination" aux proportions industrielles et avec des moyens industriels tels que l’emploi de chambres à gaz. Le texte prouve qu’ils avaient essentiellement à l’esprit la mort provoquée par un travail exténuant, par le froid, par la faim ou par les exécutions massives (Parliamentary Debates, December 17, 1942 : House of Commons, cols. 2982-3 ; House of Lords, cols. 607-608). Huit mois plus tard, dans leur déclaration du 29 août 1943, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne prévenaient solennellement les responsables allemands qu’ils seraient châtiés pour leurs crimes contre « les personnes » (le mot de "juifs" n’apparaissait pas) déportées vers des camps de travail ou de concentration. Les Alliés énonçaient précisément les allégations suivantes : des enfants étaient tués sur place au moment de leur arrestation ; certains étaient séparés de leurs parents pour être envoyés en Allemagne afin d’y être élevés comme des Allemands ; d’autres étaient vendus à des colons allemands ; d’autres, enfin, étaient envoyés avec les femmes et les vieillards dans des camps de concentration ("U.S. and Britain Warn Nazi Killers", The New York Times, August 30, 1943, p. 3). Dans leur projet de déclaration commune, les Américains avaient précisé : "dans des camps de concentration, où ils sont maintenant systématiquement mis à mort dans des chambres à gaz" mais, à l’instigation des Britanniques leur faisant observer "l’insuffisance des preuves" (insufficient evidence) pour en affirmer l’existence, ils avaient décidé de supprimer toute allusion à ces abattoirs chimiques (Foreign Relations of the United States / Diplomatic Papers / 1943, Volume I, p. 416 – 417).


Assurément, Pie XII n’a pas dénoncé l’existence et le fonctionnement de chambres à gaz d’exécution. Il ne l’a fait ni du temps de la présence des troupes allemandes à Rome, ni après le 4 juin 1944. Mais Churchill, De Gaulle, Eisenhower et bien d’autres hauts responsables alliés ont agi de même, y compris dans leurs mémoires, publiés bien des années après la guerre. Quand on a le sens de ses responsabilités politiques et le souci de son nom, on répugne à colporter les calomnies forgées par des officines de propagande.


Disposant en Pologne "d’autant d’espions qu’il y avait de Polonais", Pie XII savait à quoi s’en tenir sur la situation réelle de ses protégés ainsi que sur les rumeurs ou sur les mensonges à base de récits d’atrocités. Il détestait Hitler qu’il appelait, à ce qu’on dit, "le caporal de Bohême" mais il ne se sentait pas obligé pour autant de salir l’adversaire par d’atroces mensonges.


Les deux déclarations de Pie XII, celle du 24 décembre 1942 et celle du 2 juin 1943, tout comme les deux déclarations des Alliés, celle du 17 décembre 1942 et celle du 29 août 1943, donnaient à entendre que l’Allemagne menait une politique cruelle à l’égard des Polonais et des juifs. Si Hitler n’a pas cru devoir opposer un démenti aux allégations contenues dans ces quatre déclarations et si, dans le cas des deux déclarations de Pie XII, il en a même toléré l’impression et la diffusion, c’est qu’il avait saisi le sens que de telles déclarations avaient à l’époque. Et s’il avait, en ces temps-là, réellement mené une politique d’extermination physique des juifs notamment par le moyen de chambres à gaz, il n’aurait pu que s’alarmer de voir que le pape en faisait publiquement la révélation et il n’aurait pas laissé Pie XII dire et répéter, par la voix et par l’écrit, ses propos de 1942 et de 1943.


Pie XII ne s’est nullement tu sur le sort des juifs pendant la guerre. Il a publiquement condamné la politique de Hitler à leur égard. Il l’a fait comme les plus hauts responsables alliés de l’époque et en des termes identiques. A l’exemple de ces responsables, il n’a pas, pour autant, cru à un génocide ou à des chambres à gaz.


Il a bien fait. Les hauts responsables alliés ont, eux aussi, bien fait. Nul n’est obligé de croire en ce qui n’a jamais existé. Nul n’est obligé de répandre des infamies.

15 février 2002

Pio XII e la “Shoah”



[Riguarda: Parole raccolte da Elie Maréchal : “L’historien Edouard Husson revient sur l’attitude du pape Pie XII face à la Shoah” (lo storico Edouard Husson ritorna sull'atteggiamento di Pio XII riguardo la Shoah, Le Figaro, 15 febbraio 2002, p. 9)]


È inesatto che Pio XII abbia parlato dello “sterminio degli ebrei” nel senso che si dà oggi a questa espressione, vale a dire nel senso di “sterminio fisico programmato, specialmente attuato per mezzo delle camere a gas”.
Nel radiomessaggio, spesso ricordato, del 24 dicembre 1942, il Papa ha parlato di “centinaia di migliaia di persone, le quali, senza veruna colpa propria, talora solo per ragione di nazionalità o di stirpe, sono destinate alla morte o ad un progressivo deperimento”.
Il 2 giugno 1943, nel suo discorso al Sacro Collegio, egli dirà riguardo a queste stesse persone che sono destinate “talora, anche senza propria colpa, a costrizioni sterminatrici”.
Pio XII ha principalmente pensato, senza fare alcuna distinzione tra queste due categorie, alla sorte di civili tanto di nazionalità polacca che di stirpe ebraica (la parola “stirpe” essendo qui usata dal punto di vista di quei Tedeschi a cui il Papa rimprovera di perseguitare gli ebrei).
Per maggiori precisazioni ci si riferirà, per quanto riguarda il radiomessaggio, agli Atti e discorsi di Pio XII, vol. IV (1942), ed. S. Paolo, Roma, 1943, p. 327, e per quanto riguarda l’allocuzione, agli stessi Atti e discorsi, vol. V (1943), 1944, p. 134.
Contrariate da queste parole, le autorità tedesche tuttavia non hanno impedito la stampa, nel 1943, del radiomessaggio e nemmeno, l’anno dopo, la stampa stessa oppure i preparativi della stampa del secondo testo (gli Alleati sono entrati a Roma, dichiarata dai Tedeschi “città aperta”, soltanto il 4 giugno 1944).
Nel suo radiomessaggio del 24 dicembre 1942, il Papa riecheggiava, in qualche modo, la solenne dichiarazione degli alleati (Stati-Uniti, Gran Bretagna, Unione sovietica e altri nove Nazioni fra cui la Francia rappresentata a Londra) contro la “bestiale politica di sterminio a sangue freddo” (bestial policy of cold-blooded extermination) praticata dai Tedeschi contro gli ebrei d’Europa e, in particolare, contro gli ebrei polacchi. Questa dichiarazione, fatta il 17 dicembre 1942, non implica assolutamente che gli alleati credessero, come si pretende oggi, ad una supposta “politica di sterminio” dalle proporzioni industriali e con dei mezzi industriali come l’uso di camere a gas. Il testo dimostra che essi pensavano essenzialmente alla morte provocata da un’estenuante fatica, dal freddo, dalla fame o dalle esecuzioni di massa (Parliamentary Debates, 17 dicembre 1942: House of Commons, cols 2982-3; House of Lords, cols. 607-608). Otto mesi più tardi, nella loro dichiarazione del 2 agosto 1943, gli Stati Uniti e la Gran Bretagna ammonivano solennemente i responsabili tedeschi che essi sarebbero stati castigati per i loro crimini contro le “persone” (la parola “ebrei” non appariva) deportate nei campi di lavoro o di concentramento. Gli alleati facevano precisamente le seguenti affermazioni: dei bambini venivano uccisi sul posto al momento del loro arresto; alcuni venivano separati dai loro genitori per essere inviati in Germania e poi educati come Tedeschi; altri erano venduti a contadini tedeschi; altri ancora erano inviati, con le donne e i vecchi, in vari campi di concentramento (“U.S. and Britain Warn Nazi Killers”, The New York Times, August 30, 1943, p. 3). Nella loro bozza di dichiarazione comune gli Americani avevano precisato: “in campi di concentramento, in cui vengono ora sistematicamente messi a morte in camere a gas”; ma su pressione degli Britannici, che gli facevano notare “l’insufficienza delle prove” (insufficient evidence) per poterne affermare l’esistenza, essi avevano deciso di sopprimere ogni allusione a questi mattatoi chimici (Foreign Relations of the United States / Diplomatic Papers / 1943, Volume I, p. 416-417).
Sicuramente Pio XII non ha denunciato l’esistenza e il funzionamento di camere a gas omicide. Non l’ha fatto né quando a Roma c’erano le truppe tedesche, né dopo il 4 giugno 1944. Ma lo stesso atteggiamento hanno avuto Churchill, De Gaulle, Eisenhower e tanti alti responsabili alleati, anche nelle loro “memorie”, pubblicate molti anni dopo la guerra. Quando si è coscienti delle proprie responsabilità politiche e si ha cura del proprio buon nome, si ha ripugnanza a sostenere le calunnie forgiate dalle officine della propaganda.
Avendo a disposizione in Polonia “tante spie quanti erano i Polacchi”, Pio XII sapeva come regolarsi sulla reale situazione dei suoi protetti come pure sulle dicerie o sulle menzogne a base di atrocità. Egli detestava Hitler, da lui chiamato, a quanto si dice, “il caporale di Boemia”, ma non per questo si sentiva obbligato ad insozzare l’avversario con atroci menzogne.
Le due dichiarazioni di Pio XII, quella del 24 dicembre 1942 e quella del 2 giugno 1943, proprio come le due dichiarazioni degli Alleati, quella del 17 dicembre 1942 e quella del 29 agosto 1943, davano ad intendere che la Germania praticava una politica crudele verso i Polacchi e gli ebrei. Se Hitler non ha ritenuto doveroso opporre una smentita alle affermazioni contenute in quelle quattro dichiarazioni e se, nel caso delle due dichiarazioni di Pio XII, egli ne ha tuttavia tollerato la stampa e la diffusione, ciò si deve al fatto che egli aveva saputo cogliere il significato che simili dichiarazioni avevano allora. E se, in quel momento, egli avesse realmente praticato una politica di sterminio fisico degli ebrei, particolarmente per mezzo di camere a gas, non avrebbe potuto non allarmarsi vedendo che il Papa la rivelava pubblicamente e non avrebbe permesso a Pio XII di dire e ripetere, a voce e per iscritto, le sue esternazioni del 1942 e del 1943.
Pio XII non è rimasto affatto in silenzio circa la sorte degli ebrei durante la guerra. Egli ha condannato pubblicamente la politica di Hitler nei loro confronti. Lo ha fatto come l’hanno fatto i più alti responsabili alleati di allora e in termini uguali. Al pari di questi responsabili, però, non ha creduto a un genocidio o alle camere a gas.
Ha fatto bene. Gli alti responsabili alleati, anch’essi, hanno fatto bene. Nessuno è obbligato a credere a ciò che non è mai esistito. Nessuno è obbligato a diffondere infamie.
15 febbraio 2002

Monday, February 4, 2002

Jacques Derrida et Elisabeth Roudinesco contre Robert Faurisson


Jacques Derrida, philosophe, est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales ; il est un spécialiste de la « déconstruction », c’est-à-dire d’une forme, notamment, d’analyse des textes. Elisabeth Roudinesco, historienne, est chargée de conférences à l’École pratique des hautes études (IVe section) ; la psychanalyse est sa spécialité. En 2001, le premier a publié aux éditions Galilée La connaissance des textes tandis que la seconde, aux éditions Bibliothèque nationale-Seuil, a publié L’analyse, l’archive. Tous deux, la même année, ont signé ensemble, aux éditions Fayard/Galilée, De quoi demain…/ Dialogue (329 p.).

Leur dialogue se divise en neuf chapitres. Le chapitre 7 (p. 175-222) est intitulé : « De l’antisémitisme à venir ». Il y est beaucoup question de ce que les deux interlocuteurs s’accordent à appeler le « négationnisme ». Pour eux, les révisionnistes, qu’ils nomment « négationnistes », sont des faussaires qui s’acharnent à nier l’évidence. J. Derrida et E. Roudinesco s’en prennent à l’Américain Fred Leuchter, spécialiste de la chambre à gaz d’exécution aux Etats-Unis et connu pour avoir, en 1988, à la suite de ses investigations sur place à Auschwitz et à Majdanek, conclu dans son rapport d’expertise que, dans ces camps, il n’avait ni existé ni pu exister de chambres à gaz d’exécution.

Venant ensuite à parler de Robert Faurisson, E. Roudinesco déclare :

Faurisson est aussi un faussaire à sa manière. Un faussaire qui pense que les autres sont des faussaires. Avant de devenir négationniste, il a publié des études « littéraires » pour montrer que les œuvres de Rimbaud, Nerval et Lautréamont n’avaient pas été écrites par leurs auteurs (1). Il se disait alors spécialiste de la recherche du « sens et du contresens, du vrai et du faux », et de la « critique de textes et documents ».

La note (1) se lit :

Cf. Nadine Fresco, « Les redresseurs de morts. Chambres à gaz : la bonne nouvelle. Comment on révise l’histoire », Les Temps modernes, juin 1980.

LE PROFESSEUR FAURISSON EST DONC TRAITÉ DE FAUSSAIRE.

CEPENDANT, AFIN DE DÉMONTRER QU'IL EST EFFECTIVEMENT UN FAUSSAIRE, SES ACCUSATEURS ONT RECOURU À UNE SÉRIE D'AFFIRMATIONS OU D'INSINUATIONS QUI, COMME IL EST FACILE DE LE MONTRER, SONT TOUTES, SANS EXCEPTION, OU FAUSSES OU FALLACIEUSES.


Les affirmations ou les insinuations

Voici, dans l'ordre du texte, les affirmations ou les insinuations :

1. « Faurisson est aussi un faussaire à sa manière » ;

2. « Un faussaire qui pense que les autres [mot en italique] sont des faussaires ». Autrement dit, Faurisson-le-faussaire est, au surplus, un calomniateur éhonté ; il appartient à cette catégorie d'impudents faussaires qui, précisément parce qu'ils sont des faussaires, pensent que les autres sont des faussaires ; or, les autres ne sont pas des faussaires ; car « c'est celui qui le dit qui l'est » ;

3. « Il a publié des études “littéraires” » ; le mot est entouré de guillemets parce que Faurisson-le-faussaire, pratiquant partout le faux, ne peut avoir publié que des études faussement ou prétendument littéraires ;

4. Il a voulu « montrer que les œuvres de Rimbaud, Nerval et Lautréamont n'avaient pas été écrites par leurs auteurs » ; ainsi Faurisson-le-faussaire a-t-il apporté des preuves répétées de ce qu'il est un faussaire invétéré et éhonté puisque tout le monde sait – au point qu'il est inutile de le démontrer – que c'est là falsifier et calomnier ces trois auteurs et travestir la réalité ;

5. La preuve de ce que Faurisson-le-faussaire est allé aussi loin dans ses travaux de faussaire se trouve dans un ouvrage de Nadine Fresco dont la référence précise est donnée ;

6. Non content de faire œuvre de faussaire, Faurisson s'est paré de compétences usurpées ; il n'était pas un spécialiste de la « critique de textes et documents » mais « se disait tel ».


Sans preuves ou avec de fausses preuves

Or, dans cet alinéa de 73 mots et dans cette note de 23 mots, où l'on affirme ou insinue, sous différentes formes, que Faurisson est un faussaire, on n'a fourni au lecteur aucune preuve, sinon de fausses preuves, objectivement identifiables comme telles.

En effet :

1. Jamais ceux qui, comme les présents accusateurs, ont traité Faurisson de « négationniste » (niant l'évidence), de faussaire ou de falsificateur n'ont été en mesure de prouver leur accusation. Au contraire, les juges auxquels ils ont fait appel sont parfois allés jusqu'à prononcer que dans les travaux historiques du professeur on ne pouvait déceler ni légèreté, ni négligence, ni ignorance délibérée, ni mensonge (arrêt de la première chambre, section A, de la cour d'appel de Paris, 26 avril 1983) ;

2. Le professeur a publié des études littéraires (sans guillemets), soit chez Jean-Jacques Pauvert ou chez Gallimard, soit encore dans des publications universitaires spécialisées ;

3. Il n'a jamais dit ni voulu montrer que les œuvres de Rimbaud, de Nerval et de Lautréamont n'avaient pas été écrites par leurs auteurs ;

4. Jamais Nadine Fresco n'a soutenu ni, à plus forte raison, prouvé que le professeur s'était laissé aller à pareille affirmation ou démonstration ;

5. Ce sont les présents accusateurs qui ont fait œuvre de faussaires pour soutenir une fausse accusation ; en effet, leur appel de note renvoie à une note à laquelle ils ont donné toutes les apparences du sérieux universitaire, sauf qu'ils ont omis de préciser – et pour cause – le numéro de la page où N. Fresco aurait soutenu et prouvé que le professeur avait ainsi traité Rimbaud, Nerval et Lautréamont ;

6. Le professeur était, officiellement et en propres termes, un spécialiste désigné par son université (Université Lyon 2) pour enseigner la « critique de textes et documents [littérature, histoire, médias] » ; il s'agissait d'un certificat C2, doté d'un numéro d'identification mécanographique (UER 24, code 4438) et réservé aux étudiants munis d'une licence ; dans le livret officiel détaillant les matières enseignées, il était spécifié que cette critique portait sur la recherche du sens et du contresens ainsi que du vrai et du faux.

Absence de bonne foi

Les co-auteurs du livre ne peuvent invoquer la bonne foi pour les motifs suivants :

1) Ils sont tous deux des universitaires réputés ; ils sont censés savoir lire et écrire, c'est-à-dire qu’ils sont supposés lire de près et peser leurs mots ;

2) Tous deux se piquent, pour l'un, Jacques Derrida, de soigneusement « déconstruire » et, pour l'autre, Elisabeth Roudinesco, d’ « analyser » scrupuleusement les œuvres dont ils entretiennent le lecteur ;

3) A la page 201 de leur ouvrage, ils font la leçon à ceux qui, pour reprendre leurs termes et leur propre tournure de phrase, « n'ont pas lu, pas su lire, pas pu lire ou pas voulu lire » un livre ou un auteur au secours duquel ils se sont portés, ensemble ;

4) Les deux auteurs sont indissociables en la circonstance. E. Roudinesco parle et, par son silence, J. Derrida approuve. Lorsque ailleurs, dans ce même ouvrage, ce dernier est en désaccord avec son interlocutrice ou quand une rectification ou une nuance lui paraissent nécessaires (par exemple, aux pages 220-221, sur la loi Fabius-Gayssot), il ne manque pas d'intervenir ; et vice versa pour E. Roudinesco. Comme l'indique le sous-titre de l'ouvrage, il s'agit d'un « dialogue ». Enfin, les deux auteurs sont censés avoir lu et vérifié les épreuves typographiques de leur commun ouvrage. J. Derrida a lu aussi bien le corps du texte que la note de la page 218 et, par son silence, il a, en conséquence, donné son aval à UNE SÉRIE D'AFFIRMATIONS OU D'INSINUATIONS QUI, TOUTES, SANS EXCEPTION, SONT OU FAUSSES OU FALLACIEUSES.

Jacques Derrida et Elisabeth Roudinesco, dont la pensée est floue et l’expression relâchée, manquent également de rigueur et de probité.

4 février 2002

Saturday, February 2, 2002

Une lettre à propos du terrorisme


Traduction d'une lettre du professeur Faurisson à un universitaire américain
Dans votre message du 31 janvier à M. W., vous avez écrit : "Le suicide par bombe qui est pratiqué en Israël est, pour tout le monde, par définition, un acte terroriste".
Pour bien des gens, par définition, c'est une action de résistance ou ce pourrait l'être. Et même, quand vous comparez précisément cette action-là avec les actions de tant de "Résistants" (je devrais dire : "de Grands Résistants") en France et ailleurs pendant la seconde guerre mondiale, on pourrait la considérer comme une action de résistance héroïque.
Les Résistants français, qui ont reçu tant d'honneurs et de médailles de la France, de la Grande-Bretagne, des ETATS-UNIS, de l'URSS, etc., avaient pour habitude de tuer des soldats ou des civils, et de s'enfuir. Et, quand les Allemands annonçaient de terribles représailles si les "terroristes" ne se dénonçaient pas, jamais au grand jamais, pour autant que je me souvienne, ces "terroristes" ou "Résistants" ne se sont dénoncés afin d'épargner la vie des victimes à venir. Vous rappelez-vous les représailles allemandes en Italie pour la tuerie, à Rome, via Rasella, en mars 1944, de 32 ou 33 soldats allemands et de je ne sais combien de civils italiens (y compris des enfants) ? Environ 335 personnes furent exécutées dans les Caves ardéatines. Après la guerre, certains de ceux qui avaient ordonné la tuerie ou qui y avaient participé reçurent médailles d'or et honneurs ou furent élus au parlement italien (Giorgio Amendola, Carla Capponi, etc.) tandis que Hermann Kappler et Erich Priebke furent poursuivis et punis d'une peine d'emprisonnement à vie.
Surtout quand on considère le cas des dirigeants israéliens qui, dans le passé, ont tant pratiqué terrorisme ou résistance et qui aujourd'hui usent de terrorisme ou de représailles, n'est-il pas difficile de décider, comme vous le faites, que :"Le suicide par bombe qui est pratiqué en Israël est, pour tout le monde, par définition, un acte terroriste" ? Et, bien sûr, une autre question se pose au sujet de ces personnes qui commettent des suicides par bombes : est-ce en "Israël" qu'elles le font ou en "Palestine occupée" ?
Puis-je me permettre de vous demander de jeter un regard à mon texte :"Un holocauste imaginaire peut conduire à un véritable holocauste" (The Journal of Historical Review, septembre-décembre 2001) où, dans une section intitulée :"Le terrorisme magnifié par ceux qui s'en plaignent", j'ai écrit :"Ainsi les Alliés ont-ils, au XXe siècle, institutionnalisé la guerre de l'ombre, la guerre des lâches" (p. 55 A) ?
Bien à vous.
2 février 2002