Friday, July 20, 2001

La piscine d’Auschwitz I

Le révisionniste germano-australien Fredrick Toben nous signale la présence aujourd’hui, à côté de la piscine du camp, d’un panneau où se lit en polonais, en anglais et en hébreu une inscription destinée à faire croire au visiteur que cette piscine était en fait un simple réservoir d’eau pour la brigade du feu. La version anglaise porte:

Fire brigade reservoir built in the form of a swimming pool, probably in early 1944.



Il pose la question de savoir à quelle époque précise ce panneau est apparu. Je n’en sais personnellement rien mais l’inscription est aussi fallacieuse que bien d’autres allégations ou explications des autorités du Musée d’Etat d’Auschwitz. On ne voit pas pourquoi les Allemands, au lieu de se contenter d’un réservoir ordinaire, aurait donné à ce dernier la forme d’une piscine avec plongeoir.

Cette piscine était une piscine. Elle servait aux détenus. Marc Klein l’évoque au moins à deux reprises dans ses souvenirs du camp. Dans un article intitulé: «Auschwitz I Stammlager», il écrit:
L’horaire de la journée de travail était modifié les dimanches et les jours de fête, pendant lesquels la plupart des kommandos vaquaient. L’appel se faisait alors vers midi et la soirée consacrée au repos pouvait être employée selon les goûts de chacun. Des matchs de football, de basket-ball, de water-polo (dans une piscine en plein air construite par les détenus à l’intérieur de l’enceinte) attiraient une foule de curieux. Il est à noter que seuls les proéminents bien nourris, exempts de travaux pénibles, pouvaient se livrer à ces sports qui recueillaient les plus vifs applaudissements de la masse des autres détenus (De l’Université aux camps de concentration : Témoignages strasbourgeois, Paris, les Belles-lettres, 1947, p. 453).
Dans une brochure intitulée: Observations et réflexions sur les camps de concentration nazis, il écrit encore:
Auschwitz I se composait de 28 blocs en pierre disposés sur trois rangées parallèles entre lesquelles étaient établies des routes empierrées. Une troisième route bordant la longueur du rectangle était plantée de bouleaux, la Birkenallee, promenade réservée aux détenus, munie de bancs et où se trouvait aussi une piscine en plein air (Brochure de 32 pages imprimée à Caen, 1948, p. 10; cette brochure reproduit un article publié dans Etudes germaniques, n° 3, 1946, p. 244-275).
M. Klein, professeur à la faculté de médecine de Strasbourg, prenait le soin de préciser à propos de son premier témoignage que celui-ci avait été soumis «à la lecture et à la critique de Robert Weil, professeur de sciences au lycée de Sarreguemines» et qui avait été détenu dans les mêmes camps que lui (p. 455).



Swimming Pool, Auschwitz Camp, June 1996.

En 1985, lors du premier procès d’Ernst Zündel à Toronto, j’avais fait état du témoignage de M. Klein mais le véritable spécialiste de l’histoire de la piscine d’Auschwitz I n’était autre à l’époque qu’un autre révisionniste, le Suédois Ditlieb Felderer. Si mes souvenirs sont bons, la presse canadienne avait titré sur sa déposition en la matière. Dans ses écrits, il revient d’ailleurs souvent sur ce sujet et sur quelques autres sujets, bien matériels et bien précis, qui sont tout aussi dérangeants pour les tenants de la thèse exterminationniste.

NB: L’eau d’une piscine peut évidemment servir aux pompiers en cas d’incendie. Dans sa brochure, M. Klein écrit qu’il y avait des pompiers au camp avec «un équipement très moderne» (p. 9). Au chapitre de ce qu’il ne s’attendait pas à voir à son arrivée, en juin 1944, «dans un camp dont le monde entier connaissait déjà la sinistre réputation grâce aux émissions radiophoniques alliées», notons, pour les détenus, «un hôpital avec des sections spécialisées selon les techniques hospitalières les plus modernes» (p. 4), «des lavoirs vastes et bien aménagés ainsi que les w.-c. collectifs construits selon les principes modernes de l’hygiène sanitaire» (p. 10), «l’épouillage aux ondes courtes qui venait d’être créé» (p. 14), «la boulangerie mécanique» (p. 15), l’assistance judiciaire aux détenus (p. 16-17), l’existence d’«une cuisine diététique» pour certains malades avec «des soupes spéciales et même un pain spécial» (p. 26), «une bibliothèque où l’on trouvait de nombreux ouvrages de référence, des manuels classiques et des périodiques» (p. 27), le passage quotidien tout près du camp de «l’express de Cracovie-Berlin» (p. 29), un cinéma, un cabaret, un orchestre (p. 31), etc. M. Klein note également les aspects horribles de la vie du camp et toutes les rumeurs, y compris les «horrifiques histoires» de gazages auxquelles il ne semble avoir vraiment cru qu’après la guerre, et cela grâce aux témoignages des «différents procès des criminels de guerre» (p. 7).

Addendum of 27 July. A wartime detainee and, like M. Klein and R. Weil, a Jew himself, confirmed, in a short testimony written in 1997 entitled «Une Piscine à Auschwitz,» that he saw, in July 1944, dozens of his fellow prisoners busy at work on the said pool which, he pointed out, had «a diving board and an access ladder»; he could have added «along with three starting blocks for races.» He wrote that towards the end of that month «a newsreel director had some deportees filmed swimming there.» As one might expect, he enlivened his account with the regular stereotypes of the SS men’s or kapos’ brutality and he saw in the making both of the pool and of the film nothing but a propaganda operation. His report ends with two interesting remarks. First, that in 1997 no guide was «aware» of the pool (which nonetheless was before the guides’ very eyes and of which a photograph accompanies the article: we read that this picture, showing a swimming pool full of water, was taken in that year) and that the author would like to know just where the newsreel might be today. His question is akin to those put by some revisionists: might the film not be «at the headquarters of the International Red Cross»? Doubtless he meant: at the International Tracing Service (ITS) located at Arolsen-Waldeck in Germany and operating under the direction of the International Committee of the Red Cross (ICRC), with headquarters in Geneva. Since 1978, this body has barred revisionists from its archives, which are known to be an exceptionally rich resource. For its part, the Auschwitz State Museum probably possesses documentation relevant to various aspects of this swimming pool’s construction, e.g. the project, the plans, the financing, the requests for and the supply of building materials, the requisition of labourers, the inspection visits.

(Reference for this account: R. Esrail, registration no. 173295, «Une piscine à Auschwitz», in Après Auschwitz (Bulletin de l’Amicale des déportés d'Auschwitz), n° 264/octobre 1997, p. 10).

The Auschwitz Swimming Pool

The German-Australian revisionist Frederick Toben has brought to our attention the fact that today, beside the swimming pool at Auschwitz I, there stands a signboard bearing, in Polish, English and Hebrew, a notice intended to have the visitor believe that the pool was in fact a simple reservoir for the fire brigade. It reads as follows:

Fire brigade reservoir built in the form of a swimming pool, probably in early 1944.



He asks when exactly this signboard appeared. I myself have no idea but the inscription is just as fallacious as any number of the Auschwitz museum’s other allegations or explanations. One fails to see why the Germans, rather than settling for an ordinary reservoir, would have made one in the fashion of a swimming pool ... complete with diving board.

The pool was a pool. It was meant for the detainees. Marc Klein mentions it at least twice in his recollections of the camp. In an article entitled “Auschwitz I Stammlager” he wrote:
The working hours were modified on Sundays and holidays, when most of the kommandos were at leisure. Roll call was at around noon; evenings were devoted to rest and to a choice of cultural and sporting activities. Football, basketball, and water-polo matches (in an open-air pool built within the perimeter by detainees) attracted crowds of onlookers. It should be noted that only the very fit and well-fed, exempt from the harsh jobs, could indulge in these games which drew the liveliest applause from the masses of other detainees (De l’Université aux camps de concentration : Témoignages strasbourgeois, Paris, les Belles-lettres, 1947, p. 453).
In his booklet Observations et réflexions sur les camps de concentration nazis, he further wrote:
Auschwitz I was made up of 28 blocks built of stone laid out in three parallel rows between which ran paved streets. A third street ran the length of the quadrangle and was planted with birch trees, the Birkenallee intended as a walkway for the detainees, with benches; there also was an open air swimming pool (booklet of 32 pages printed in Caen, 1948, p. 10; its text is a reproduction of the author’s article published in Etudes germaniques, n° 3, 1946, p. 244-275).
M. Klein, professor at the Strasbourg medicine faculty, took care to point out that his first statement had been submitted “to the reading and scrutiny of Robert Weil, professor of science at Sarreguemines lycée,” who had been interned in the same camps as himself (p. 455).



Swimming Pool, Auschwitz Camp, June 1996.

In 1985, at Ernst Zündel’s first trial in Toronto, I spoke of M. Klein’s recollections but the real specialist on the history of the Auschwitz I swimming pool was at that time none other than the Swedish revisionist Dietlieb Felderer. If I remember correctly, the Canadian press headlined an article on his testimony about it. Moreover, in his writings he often returns to this and other quite concrete, quite precise subjects just as disquieting for the supporters of the exterminationist argument.

NB: The water of the swimming pool can obviously be used by firemen in case of emergency. In his booklet, M. Klein wrote that “there were firemen at the camp with very modern equipment” (p. 9). Amongst the things that he had not expected to find on arriving, in June 1944, “at a camp whose sinister reputation was known to the whole world thanks to the Allied radio broadcasts,” one may note, for the detainees, “a hospital with sections specialised in line with the most modern hospital practices” (p. 4), “vast and well fitted-out wash houses along with communal W.C.'s built according to the modern principles of sanitary hygiene” (p. 10), “the micro-wave delousing process which had just been created” (p. 14), “the mechanical bakery” (p. 15) the legal aid for the detainees (pp. 16-17), the existence of “dietetic cooking” for some of the sick, with “special soups and even a special bread” (p. 26), “a library where numerous reference works, classic textbooks, and periodicals could be found” (p. 27), the daily rolling by, next to the camp, of “the Krakow-Berlin express” (p. 29), a cinema, a cabaret, an orchestra (p. 31), etc. M. Klein also notes the horrible aspects of life in the camp and all the rumours, including the “horrific stories” of gassings which he seems not really to have believed until after the war, and then only thanks to the testimonies in the “various trials of war criminals” (p. 7).

Addendum of 27 July. A wartime detainee and, like M. Klein and R. Weil, a Jew himself, confirmed, in a short testimony written in 1997 entitled “Une Piscine à Auschwitz,” that he saw, in July 1944, dozens of his fellow prisoners busy at work on the said pool which, he pointed out, had “a diving board and an access ladder”; he could have added “along with three starting blocks for races.” He wrote that towards the end of that month “a newsreel director had some deportees filmed swimming there.” As one might expect, he enlivened his account with the regular stereotypes of the SS men’s or kapos’ brutality and he saw in the making both of the pool and of the film nothing but a propaganda operation. His report ends with two interesting remarks. First, that in 1997 no guide was «aware» of the pool (which nonetheless was before the guides’ very eyes and of which a photograph accompanies the article: we read that this picture, showing a swimming pool full of water, was taken in that year) and that the author would like to know just where the newsreel might be today. His question is akin to those put by some revisionists: might the film not be “at the headquarters of the International Red Cross”? Doubtless he meant: at the International Tracing Service (ITS) located at Arolsen-Waldeck in Germany and operating under the direction of the International Committee of the Red Cross (ICRC), with headquarters in Geneva. Since 1978, this body has barred revisionists from its archives, which are known to be an exceptionally rich resource. For its part, the Auschwitz State Museum probably possesses documentation relevant to various aspects of this swimming pool’s construction, e.g. the project, the plans, the financing, the requests for and the supply of building materials, the requisition of labourers, the inspection visits.

(Reference for this account: R. Esrail, registration no. 173295, «Une piscine à Auschwitz», in Après Auschwitz (Bulletin de l’Amicale des déportés d'Auschwitz), n° 264/octobre 1997, p. 10).

Thursday, July 19, 2001

“There Never Was any Holocaust”

The photograph of an idyllic German landscape is set to be exhibited from today in the form of a huge poster in the centre of Berlin and all throughout Germany; postcards bearing the same image will be distributed in quantity free of charge. Superimposed in large letters on the landscape is the sentence: “den holocaust hat es nie gegeben” (“There never was a holocaust”) and, in smaller print, a text reading:

"There are still many people who assert this. In 20 years’ time there will be still more. Make a donation for the memorial to the murdered Jews of Europe."

There follow instructions as to how to make a contribution. The campaign’s organisers, amongst whom Lea Rosh, acknowledge its provocative character. In Germany, in Austria, and in a good number of other countries in the world, anyone who disputes the “Holocaust” story, or who merely calls it into question, is liable to a long prison term, fines, a professional ban, and still other punishments.

In Berlin, the “Holocaust” museum is scheduled to open on 27 January 2004, in commemoration of the 59th anniversary of the Soviet “Liberation of Auschwitz.”

When shall we in France see a new launch of the slogan “Faurisson a raison” (1979) or “L’abbé Pierre a raison” (1996) ? We should then see in Toronto “Zundel is right.” In Munich, where in 1995 Reinhold Elstner, as an act of protest against “the Niagara of lies” poured upon his country, burned himself to death, we should see “Elstner hatte Recht.” And so forth.

But — a sine qua non — any proceeds would, of course, go towards Jewish memorials or to Jewish organisations.

References : Reuters and AP releases of 18 July 2001 and the following three URL pages:

http://news.excite.com/news/r/010717/10/international-germany-holocaust-dc

http://www.holocaust-denkmal-berlin.de/index.php

http://news.excite.com/news/ap/010717/16/germany-holocaust-memorial.

Addenda of 26 July:

1 — Lea Rosh, née Edith Rohs, is of Jewish origin, notwithstanding what some may say. She survived the Second World War because she was among those Berlin children whom the authorities evacuated to the countryside, thus enabling them to escape the holocaust visited upon all big German towns by the Anglo-American bombers (Deutsche National Zeitung, 10 May 1991, p. 1) ;

2 — Today’s issue of the French daily Libération carries, on page 8, an article on the subject, with a photograph of the poster which, we are told, measures 30 by 15 metres. One may perceive that the text of the warning message has been slightly modified; instead of “In 20 years’ time there will be still more”, we now read “In 20 years’ time there could be still more.” The verbal form “könnten”, marking the conditional, has replaced the form “werden”, which marks the future;

3 — A satirical cartoon inspired by the poster is currently circulating in France; in large letters it reads “There was a Holocaust” and, in small letters, “There are still many people who assert this. In twenty years' time there will be far fewer of them. Not a penny for the hoaxers!”

July 19, 2001

(with addenda of 26 July)

« Il n’y a jamais eu d’holocauste »

La photographie d’un idyllique paysage allemand doit, en principe, être exposée à partir d’aujourd’hui sous la forme d’un gigantesque poster au centre de Berlin et à travers toute l’Allemagne ; des cartes illustrées de cette même photographie seront diffusées en nombre. Sur le paysage s’inscrivent en grandes lettres la phrase : « den holocaust hat es nie gegeben » (« Il n’y a jamais eu d’holocauste ») et, en plus petit, un texte qui signifie :

Il y en a toujours encore beaucoup pour l’affirmer. Dans 20 ans, il y en aura encore plus. Aussi faites un don pour le monument aux Juifs d’Europe assassinés.

Ce texte est suivi d’indications à suivre pour verser sa contribution. Les organisateurs de cette campagne, dont Lea Rosh, en admettent le caractère provocateur. En Allemagne, en Autriche et en bien d’autres pays du monde la contestation de « l’Holocauste » des juifs et même sa simple mise en doute sont passibles de lourdes peines de prison, d’amendes, d’interdiction professionnelle et d’autres peines encore.

A Berlin, le musée de « l’Holocauste » sera inauguré le 27 janvier 2004, pour le 59e anniversaire de la « Libération d’Auschwitz » due aux Soviétiques.

A quand la réactivation en France des slogans : « Faurisson a raison » (1979) ou « L’abbé Pierre a raison » (1996) ? A Toronto, on lirait : « Zundel is right ». A Munich, où Reinhold Elstner, pour protester contre « le Niagara de mensonges » déversés sur son pays, s’était, en 1995, immolé par le feu, on lirait : « Elstner hatte Recht ». Et ainsi de suite.

Mais – condition sine qua non – l’argent, bien sûr, irait aux monuments juifs ou aux organisations juives.

Références : dépêches Reuters et AP du 18 juillet 2001 ainsi que les trois pages URL suivantes :

http://news.excite.com/news/r/010717/10/international-germany-holocaust-dc
http://www.holocaust-denkmal-berlin.de/index.php
http://news.excite.com/news/ap/010717/16/germany-holocaust-memorial.


Compléments du 26 juillet :

1° Lea Rosh, née Edith Rohs, a des origines juives, quoi qu’en disent certains. Elle a survécu à la seconde guerre mondiale parce qu’elle a compté au nombre des enfants de Berlin transférés à la campagne pour échapper à l’holocauste perpétré sur toutes les grandes villes allemandes par les bombardiers anglo-américains (Deutsche National Zeitung, 10 mai 1991, p. 1) ;

Libération de ce jour publie, en page 8, un article sur l’affiche qui, apprend-on, mesure 30m x 15m. On s’aperçoit que le texte de la note rédigée en petit caractère a été légèrement modifié ; au lieu de : « Dans 20 ans, il y en aura encore plus », on lit maintenant : « Dans 20 ans, il pourrait y en avoir encore plus ». A la forme verbale « werden » qui marque le futur on a substitué la forme verbale « könnten » qui marque le conditionnel ;

3° Il circule en France un dessin satirique inspiré de l’affiche ; en gros caractère il porte : « l’Holocauste a eu lieu » et, en petit caractère, on lit : « Il y a encore beaucoup de gens qui prétendent cela. Dans vingt ans, ils seront beaucoup moins nombreux. Pas un sou pour les imposteurs ! ».

19 juillet 2001
(avec compléments du 26 juillet)

Tuesday, July 10, 2001

Lettre à Michel FAVRE, juge accusateur

Case postale 156, CH 1702 FRIBOURG (Suisse)


Votre lettre du 26 juin (cachet du même jour) m’est parvenue ce samedi 7 juillet.

Vous n’aviez pas besoin de souligner que le code de procédure pénale de votre canton vous autorise à me condamner, dans le secret de votre cabinet, à un mois de prison ferme. Je m’en doutais, figurez-vous !

Le scandale réside précisément dans le fait qu’à l’aube du XXIe siècle un canton suisse possède un code de procédure pénale qui autorise un juge improprement appelé « d’instruction » à prononcer une condamnation sans instruction préalable. J’entends le mot d’« instruction » au sens qu’on lui accorde généralement aujourd’hui dans les nations civilisées.

Vous avez donc eu tout loisir de condamner par correspondance un homme de septante-deux ans à un mois de prison ferme sans l’avoir prévenu de l’existence d’une procédure à son encontre, sans l’avoir convoqué, sans l’avoir vu ni entendu, sans lui avoir permis de présenter sa défense, sans même vous être d’abord assuré de son identité et sans lui avoir demandé si l’écrit que vous lui reprochez est bien de lui et a effectivement été rédigé sous la forme où celui-ci vous est parvenu. Arrivé au point de décider si la condamnation allait être assortie du sursis, vous avez doctement écrit : « Un pronostic favorable ne peut pas être posé, de telle sorte que la peine qui sera prononcée ce jour ne saurait être assortie du sursis ». Comprenez pourquoi, dans mon pli du 19 juin, je vous avais dit : « Je tiendrai, si c’est possible, à voir votre visage ». Je souhaite, en effet, rencontrer face à face un maître Jacques de canton qui, tout à la fois, est un juge d’instruction, un procureur, un juge du siège et un psychologue capable de lire dans l’avenir au point de pronostiquer le comportement d’une personne qu’il n’a jamais rencontrée de sa vie.

Je vous fais compliment de tant de qualités. En revanche, je ne saurais vous faire compliment de la qualité de vos informations sur mon compte, de votre maniement de la langue, du peu de soin apporté à reproduire quelques mots de votre serviteur et de votre manque d’attention dans la relecture de votre propre prose. Pour ne prendre que ces exemples, je suppose que, sous votre plume, «suite romande» doit se lire « Suisse romande » et que « se rencontre » signifie « se rend compte ».

Vous vous êtes mal informé sur les condamnations que m’a values, en France, mon hérésie révisionniste. Je ne vais pas rectifier vos fautes, vos erreurs, ni combler vos lacunes. Notez, en tout cas, que même depuis l’institution dans mon pays, le 14 juillet 1990, de la loi Fabius-Gayssot (alias Lex Faurissonia) jamais un tribunal ne m’a condamné à une peine de prison ferme. Peut-être parce qu’en France un révisionniste a le droit d’expliquer à la barre pourquoi il est révisionniste. Et là, croyez-m’en, le révisionniste fait mouche. Il a des arguments à profusion cependant que, par l’effet d’un contraste qui manifestement frappe les juges, la partie adverse est réduite à quia et n’a pour tout recours que l’insulte. Voyez, à ce propos, la pièce jointe, datée du 21 juin 2001, où l’on constate que des historiens antirévisionnistes en sont réduits à écrire au sujet des révisionnistes : « Manipulant le mensonge à un degré extrême, ils sont difficiles à réfuter avec les arguments logiques ».

J’en viens au point le plus contestable de votre lettre du 26 juin. Vous ne craignez pas d’affirmer que le prévenu a le droit d’être entendu ; ce droit, précisez-vous, lui est « garanti par la possibilité qu’a celui-ci de faire opposition et d’obtenir des débats contradictoires devant le Juge de répression ». A quoi je vous ferai observer que je ne suis plus un « prévenu » mais un condamné. Mais, surtout, il n’y a place devant vos tribunaux pour de quelconques « débats contradictoires » dès lors que le prévenu est un révisionniste. En pareil cas, on bride le révisionniste et on bâillonne ses témoins et même son avocat. Si, devant un tribunal, ces derniers se risquent à invoquer pour la défense du prévenu un seul argument révisionniste, ils sont immédiatement rappelés à l’ordre par le représentant du ministère public et, s’ils insistent, ils seront poursuivis en conséquence. J’ai assisté dans votre pays à l’immonde procès au terme duquel MM. Förster et Graf ont été respectivement condamnés à douze mois et quinze mois de prison ferme. Je parle donc d’expérience.

Sortons de la fumée de vos considérations théoriques et revenons à la réalité. En fait, vous m’offrez le choix entre, d’une part, une condamnation à un mois de prison ferme et le versement de 230 FS pour « frais de procédure » et, d’autre part, une peine, en première instance, d’un minimum de douze à quinze mois de prison ferme sans compter d’inévitables dépenses en « frais de procédure », en amendes, en dommages-intérêts, en frais d’avocats, d’hôtel, de transport, et cela sans utilité aucune puisque me serait dénié le droit élémentaire de pleinement me faire défendre sur le fond. Etonnez-vous que j’aie choisi la première solution !

Le fier Helvète, cédant à de formidables pressions internationales, a voté une loi antirévisionniste qui a pris effet en 1995. Au nom de cette loi, on peut dans son pays contester tout point de la longue préhistoire et histoire des hommes sauf un point de l’histoire ou de la prétendue histoire des années de notre ère qui vont de 1941 (ou 1942 ?) à 1944 (ou 1945 ?). Pendant des milliers d’années, l’humanité a vécu des milliards d’événements ; sur ces événements, on peut en principe, dans nos démocraties, exprimer librement les opinions les plus diverses, et cela qu’on se trouve être un historien, un scientifique ou un simple citoyen. Et puis, soudain, le holà est mis sur l’histoire d’une poignée d’années ; c’est l’embargo, le veto, le tabou. Armé de son glaive, le juge se dresse. Fouquier-Tinville vient nous dire le droit, la science et l’histoire. Et, s’il vous plaît, pour l’éternité ! Prodigieux ! Pourquoi ce seul et unique point d’histoire tout à fait contemporaine ? L’Helvète n’a pas même le droit d’en douter (voyez le procès de G.A. Amaudruz ; ce dernier, bien qu’âgé de quatre-vingts ans, s’est vu condamner, le 5 avril 2000, à douze mois de prison ferme). Ledit Helvète peut affirmer – non sans raison– que l’histoire de Guillaume Tell n’est qu’un mythe cher à un groupe de population donnée (la sienne en la circonstance !) mais il ne peut mettre en doute un certain autre mythe cher à un groupe international qui lui fait les poches. Merveilleux ! A ce prodige, à cette merveille il existe une explication d’une simplicité biblique mais, saluons l’artiste, le juge – encore lui – nous fait défense de la dire.

Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire ailleurs, Voltaire, craignant la lettre de cachet, s’était installé à Ferney afin de pouvoir, d’un pas, trouver refuge en terre de Suisse. Les temps ont changé. Aujourd’hui, en Suisse, on vous laisse le choix entre la simple lettre de cachet et une parodie de procès public où l’on menace aussi bien votre avocat que vos témoins. Dans les deux cas, la prison vous attend pour le plus grave des crimes : celui d’hérésie en matière d’histoire religieuse. Je dis bien « religieuse » puisque, comme l’a admis, jusque dans la presse suisse, l’historien antirévisionniste Jacques Baynac, ceux qui croient aux chambres à gaz nazies ne disposent franchement d’aucune preuve (Le Nouveau Quotidien de Lausanne dans ses livraisons du 2 et du 3 septembre 1996). Le téméraire n’a pas été poursuivi parce qu’il a eu la précaution de clamer, en dépit de tout, sa foi en l’existence de ces chambres. « Credo quia absurdum ! »

Bref, si je devais me retrouver effectivement à la disposition de ce que vous appelez votre « Service pénitentiaire, organe chargé de l’exécution des peines », je ne manquerais pas de faire savoir, via Internet ou par d’autres moyens, que cet emprisonnement s’est fait d’ordre de la Nouvelle Inquisition, représentée, au pays qui a brûlé Michel Servet, par le sieur Michel Favre, juge accusateur.


[Signé] Robert FAURISSON 10 juillet 2001


PJ : « Les révisionnistes sont difficiles à réfuter » (21 juin 2001).

Wednesday, July 4, 2001

Terrorisme, en France, des juifs communistes (1941-1944)

En février 1944, par leur publication de « l’Affiche rouge » dénonçant « l’armée du crime », les autorités d’occupation allemandes avaient voulu appeler l’attention des Français sur le caractère essentiellement communiste, juif et étranger des pratiques terroristes de la Résistance. Ils stigmatisaient ce qu’ils appelaient la «terreur judéo-communiste» (ou : « judéo-bolchevique »).

Sans l’avoir voulu, les auteurs du film documentaire Des terroristes à la retraite tendent à donner raison à la propagande allemande. Ils font songer à cette foule d’anciens résistants qui, tout aussi involontairement, se trouvent rendre hommage à la perspicacité de la « Gestapo » (en réalité, le Service de sûreté appelé « Sicherheitsdienst » ou « SD »), puisqu’il est rarissime qu’un ancien détenu des camps de concentration allemands vienne nous dire que c’est à tort que la « Gestapo » l’a arrêté, emprisonné et déporté pour fait de résistance.

Le Monde présente en ces termes le documentaire diffusé par Antenne 2 en 1985 et diffusé à nouveau, après modifications (?), par Arte le 4 juillet 2001 :

Ce film de Mosco Boucault, tiré de témoignages de survivants qui formèrent les Francs-tireurs partisans de la Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI), déclencha la fureur du Parti communiste français lors de sa diffusion par Antenne 2, en 1985. Une bonne raison pour revoir ces paroles de résistants, anonymes et courageux, et se poser à nouveau la question du rôle du PCF dans leur sacrifice.

Empressons-nous de dire que la thèse selon laquelle le PCF aurait livré aux Allemands le groupe de résistants communistes auquel appartenaient l’Arménien Manouchian et ses compagnons juifs ou étrangers ne repose sur aucun document ni aucune preuve mais seulement sur des spéculations. Le plus strident des accusateurs du PCF n’est autre que Philippe Ganier-Raymond, personnage des plus louches, connu pour deux « bidonnages » au moins ; le premier avait consisté à présenter un montage de citations anti-juives tirées d’un ouvrage de Céline antérieur à la guerre comme si celles-ci dataient du temps de l’Occupation tandis que le second « bidonnage » était, en 1978, la prétendue interview sur son lit de mort – interview « inaudible à cause du bruit d’un ventilateur » – de Louis Darquier de Pellepoix, ancien commissaire général aux questions juives.


Répugnance des Français à l’assassinat de soldats allemands

Les premières images du documentaire nous montrent le Français Gilbert Brustlein, qui n’est pas juif (on nous le précise avec soin). Informé pendant l’été 1941 de ce que le Parti communiste français a décidé de pratiquer l’assassinat de soldats allemands (l’ordre vient de Moscou, qui se fera obéir de tous les partis communistes européens), il éprouve de la « répugnance », c’est son mot, à l’idée de devenir un assassin. Mieux : dans le documentaire, on nous dit que cet appel à tuer n’a rencontré « aucun écho chez les ouvriers » et que Benoît Frachon, membre éminent du PCF, était hostile à une telle forme de résistance. A la même époque, le gouvernement français de Londres réprouvait ces attentats.

G. Brustlein ajoute que, pour l’encourager à pratiquer l’assassinat, Pierre George, dit « Fabien », lui ordonna de l’accompagner le 21 août 1941 à la station de métro Barbès-Rochechouart où ce dernier abattit l’aspirant de marine Möser de deux balles dans le dos.

De ces actions terroristes, le responsable était le juif Abraham Rayski. Au nombre des participants : Jacques Farber, Boris Olban, dit « Olivier », et Louis Gronowski. Un certain Davidovitch, arrêté par les Allemands, livra des noms et des renseignements. « Il y avait des actions trois fois par semaine ». On nous raconte par le détail la filature et l’assassinat en plein Paris de Julius Ritter, dont la mission était de recruter des travailleurs français pour l’Allemagne (travailleurs volontaires et, à défaut, travailleurs forcés). Un juif montre comment, dans sa cuisine, il préparait ses bombes incendiaires. Un autre juif du groupe, dit-on, a été arrêté le 22 avril 1943. S’il fallait en croire ce que l’actuelle propagande colporte sur la politique allemande, voilà un homme dont le compte aurait dû être trois fois bon : juif, communiste et terroriste, il ne pouvait éviter le poteau d’exécution. Or, les Allemands, après l’avoir, dit-il, torturé à la prison de Fresnes, l’internent en Alsace au camp de concentration du Struthof, puis le déportent à Auschwitz. Dans l’enfer de ce « camp d’extermination », il n’a pu, imagine-t-on, qu’être «exterminé ». Erreur là encore ! Les Allemands lui laisseront la vie sauve. Il survivra donc. « Par miracle », bien entendu.

Le terrorisme « judéo-communiste »

P. Ganier-Raymond ainsi que la veuve de Manouchian et leurs comparses prêtent à la trahison de Jacques Duclos et des dirigeants du PCF le motif suivant : selon eux, l’heure de la Libération approchant, le PCF craignait que les Français de souche ne découvrent que la Résistance active contre les forces d’occupation avait été, en fin de compte, essentiellement le fait de juifs et d’étrangers. L’image de la Résistance tout entière en eût été ternie ! Dans le documentaire, on va jusqu’à prononcer la phrase suivante : « Cela [aurait justifié] la propagande allemande sur les judéo-communistes ».

Le dilemme des Allemands face au terrorisme

Le comportement des Allemands à l’endroit des étrangers, des juifs, des communistes et surtout des juifs qui se trouvaient être tout à la fois étrangers et communistes s’inspirait notamment de leur crainte de voir se développer une forme de terrorisme particulièrement dangereuse pour le soldat allemand et pour la politique de collaboration. Tirer dans le dos d’un soldat ou jeter une bombe avant de prendre la fuite ne nécessite pas un grand courage ; il y faut même une dose de lâcheté quand on a conscience de ce que de tels attentats aboutiront le plus souvent, en temps de guerre, à des prises d’otages et à l’exécution d’innocents. Les Allemands se trouvèrent rapidement devant un dilemme : ou bien ils décidaient de faire application des lois de la guerre telles que définies par les conventions internationales et chaque attentat dont les auteurs n’étaient pas découverts entraînerait alors des représailles, lesquelles compromettraient la politique de collaboration, ou bien, pour éviter cet enchaînement tragique, ils se contentaient de déporter les coupables ou les suspects et alors la propagande ennemie leur ferait grief de ces déportations. Dans le documentaire, on nous explique pourquoi des minorités juives et étrangères, non fondues dans la population française, n’éprouvaient guère de scrupules devant des actes que le Français de souche, lui, réprouvait, soit parce qu’il jugeait ces actes indignes ou lâches, soit parce qu’il en craignait les répercussions sur ses compatriotes. Ajoutons – ce qui n’est évidemment pas rappelé dans ce documentaire – que, chez les juifs, la tradition du sicaire et de l’assassinat politique remonte aux temps les plus reculés. Dans une époque récente, les troupes britanniques occupant la Palestine jusqu’à l’avènement de l’Etat d’Israël l’ont appris à leurs dépens ; quant à la plupart des dirigeants israéliens, ils ont fait leurs premières armes dans le terrorisme contre les Nations Unies, la Grande-Bretagne et les peuples palestiniens et arabes ou parfois même entre factions juives rivales. Aujourd’hui, Ariel Sharon, plébiscité par son peuple, est assez représentatif de ces juifs qu’agite une perpétuelle fièvre de châtier le goy par les moyens les plus violents et les plus contraires aux « lois de la guerre ».

Dans la même livraison du Monde figure une lettre au sujet des FTP-MOI de Lyon et de Grenoble. Là encore, le « conseil militaire » en question était dirigé par deux juifs communistes : Georges Filip, dit « Lefort », et Henri Krischer, dit «Lamiral». Dans la région de Toulouse et en bien d’autres régions de la province, beaucoup de juifs jouèrent un rôle primordial au sein de la Résistance et dans les massacres et autres crimes de l’Epuration. Les juifs incendiaires n’ont pas manqué non plus parmi les dirigeants politiques et les responsables de la propagande gaulliste, à Londres comme à Alger.

N.B. : Le Dauphiné libéré (31 janvier 2000, p. 2) consacre un article dithyrambique à Imre Boc, ancien membre des FTP-MOI de la section de Grenoble. Ce juif hongrois, « compagnon d’armes de Nicolas Aizenberg », raconte, entre autres prouesses, l’assassinat, à la fin d’un cours, du professeur Gallet, enseignant à la faculté de droit et responsable doriotiste (c’est-à-dire anticommuniste). L’exécutant s’appelait Etienne Golberger. Il rappelle aussi de quelle manière il a personnellement abattu un officier allemand du nom de Hoffman, chargé d’une besogne bureaucratique : la censure de la presse locale, et qui, tous les soirs, dînait dans le modeste restaurant d’une petite rue de Grenoble. Cette « exécution », dit-il, conduira à une rafle en plein centre de la ville et à l’arrestation, puis à la déportation d’une centaine de personnes. I. Boc n’en manifeste aucun remords. Il est revenu en Hongrie et « c’est avec une immense fierté qu’il arbore à la boutonnière le ruban rouge de la Légion d’honneur ».

C’est à la lecture de telles pièces journalistiques qu’aujourd’hui se raconte l’histoire et que se forge la mentalité des écoliers en cours d’instruction civique sur le chapitre sans doute du « courage citoyen », de « l’engagement civique », du « sens des responsabilités » et de « l’honneur ».

4 juillet 2001