Tuesday, December 26, 2000

Les satires, et non les pamphlets, de Céline

On a pris pour habitude de nommer «pamphlets» les quatre oeuvres de Céline qui portent pour titres Mea Culpa, Bagatelles pour un massacre [des Aryens], L’Ecole des cadavres [aryens] et Les Beaux Draps. Je suggère de remplacer le mot de «pamphlets» par celui de «satires». Cette proposition, je l’avais avancée au colloque célinien de juillet 1978, organisé par Jean-Pierre Dauphin, et je l’ai renouvelée à la journée Céline d’octobre 2000, organisée par Marc Laudelout. Dans les deux cas, je ne l’ai fait que fortuitement et sans développer mes raisons. A la lecture du dernier Bulletin célinien, je découvre avec plaisir que j’ai peut-être convaincu M. Laudelout, lequel vient de glisser dans une incise: «les pamphlets... qu’on serait sans doute mieux inspiré d’appeler satires» ( B.C., décembre 2000, p. 11).

Le pamphlet et la satire diffèrent d’abord par la dimension, puis par leur nature et, enfin, par la réputation que s’est acquise chacun de ces deux types d’expression littéraire. On va voir qu’une simple comparaison sous ces trois angles tend à prouver, dans le cas qui nous intéresse, que c’est le mot de «satires» qui s’impose pour ces écrits de Céline.

Par sa dimension, le pamphlet est plutôt bref tandis que la satire peut être longue. Dans Le Pamphlet des pamphlets, Paul-Louis Courier va jusqu’à dire que le pamphlet ne saurait dépasser la dimension d’une feuille ou deux; de toute façon, le mot fait songer à de brefs écrits tels que les mazarinades, factums, brochures ou opuscules du folliculaire. La satire, elle, peut atteindre l’ample dimension de véritables recueils comme c’est le cas pour les Satires de Juvénal, la Satire (ou Satyre) Ménippée ou bien Les Châtiments de Victor Hugo (1). Par leur dimension, les quatre oeuvres de Céline (sauf Mea Culpa, dont il sera traité plus loin) sont donc plus proches de la satire que du pamphlet.

Par nature, le pamphlet ne se fixe qu’une cible limitée; il est d’un trait, d’un jet; il est incisif et mordant. L'auteur d’un pamphlet peut l’avoir ni grand souffle ni fort appétit. La satire, elle, est volontiers riche, composite et elle exige plus de souffle et une plus forte nature; le mot lui-même s’est toujours ressenti de son origine latine où satira s’est d’abord dit d’une macédoine de légumes ou de fruits ou encore d’un ragoût de viandes qui vous rassasie; en un seul et même recueil, le satiriste pratiquera quelquefois le mélange des genres, allant du propos familier à la poésie lyrique ou épique en passant par la poésie descriptive ou l’épigramme. Dans la satire, «la Muse Indignation» paraît insatiable; il arrive qu’elle se ménage des temps de repos, des récréations en quelque sorte, mais, soudain, on la voit repartir à l’attaque pour, à l’occasion, se faire visionnaire ou apocalyptique. Par leur nature, les quatre oeuvres de Céline, y compris Mea Culpa avec ses changements de ton, s’apparentent donc, une nouvelle fois, à la satire plutôt qu’au pamphlet.

Le pamphlet jouit souvent d’une fâcheuse réputation. Il peut être vil ou bas. Il n’a pas meilleure presse que la polémique et l’on peut dire que le pamphlétaire et le polémiste sont, par beaucoup, logés tous deux à la même enseigne. Littré précise que le mot «se prend souvent en mauvaise part» (2). Dans son Dictionnaire des synonymes de la langue française (Larousse, 1971), René Bailly, à l’article «satire», écrit, lui aussi, que le mot de «pamphlet» «s’emploie d’ordinaire dans un sens défavorable». Dire des quatre oeuvres de Céline qu’elles sont des pamphlets revient donc à leur choisir une dénomination péjorative. Ceux qui préfèrent ne prononcer aucun jugement de valeur et laisser à chaque lecteur le soin d’en décider par lui-même, seront, par conséquent, amenés à porter leur choix sur le mot de «satires».

Reste, me dira-t-on, le cas, par exemple, de la lettre «A l’agité du bocal». Par sa dimension et par sa nature, il s’agit, pour le coup, d’un pamphlet mais, encore une fois à cause de la valeur dépréciative du mot, je lui préférerais celui de «libelle», qui est plus neutre et convient, comme c’est ici le cas, à un écrit de petite dimension.

Les prétendus pamphlets de Céline font l’objet de tant de contresens, jusque dans le titre de certains d’entre eux, qu’il faudrait en tout cas, pour commencer par le commencement, leur donner une plus juste dénomination et les appeler par leur nom, celui, comme on le voit, de «satires».


Notes

(1) L’auteur des Châtiments, revendiquant son appartenance à la lignée du satiriste latin, écrivait hardiment: «Juvénal, Juvénal, mon vieux lion classique».

(2) «Littré le dit, qui ne se trompe jamais», écrit Céline en préambule de Voyage au bout de la nuit. Un célinien pourrait-il nous recenser les quelques expressions choisies par Céline en personne pour désigner ses satires ou, si l’on veut, ses poèmes satiriques («mes pamphlets» [dans une lettre à Jean Paulhan du 15 avril 1948], «mes poèmes», «mes poèmes historiques»)? Prenons garde cependant que ces expressions ne seraient pas nécessairement les plus adéquates puisque un auteur peut, pour diverses raisons (d’humeur, de circonstances, d’esthétique littéraire, de modestie vraie ou fausse), user de mots qui ne répondent pas toujours à sa pensée intime. Ainsi, quand tant de critiques nous vantent ce que Céline appelait sa «petite musique», on est en droit de se demander s’ils ne commettent pas une erreur car, en la circonstance, Céline pouvait penser, sans vouloir le dire, à sa «petite musique» certes mais aussi à sa «grande musique», celle qu’on entend, par exemple, à la fin des Beaux Draps ou dans Guignol’s Band, Nord et Rigodon. Céline devait bien avoir conscience de ses talents en matière de «grande musique» mais il ne lui appartenait pas de le dire lui-même. Dans le même ordre d’idées, rappelons-nous la magistrale ouverture de Bagatelles où, se moquant de lui-même, il empruntait le ton de la gouaille pour se dire «un raffiné». Il voulait dire par là, en particulier aux balourds le prenant pour un grossier personnage, qu’il était «raffiné». Il faut toujours se méfier du «biseauté spécial» célinien.

Le Bulletin célinien, de janvier 2001, numéro 216, p 18 et 19, signé Jessie Aitken.

Friday, December 15, 2000

"Mr Death", film d’Errol Morris sur Fred Leuchter

Parmi les nombreux comptes rendus que j’ai lus de Mr Death, l’un des plus instructifs me semble être celui de Greg Raven (« Flawed Documentary of Execution Expert », The Journal of Historical Review, septembre-décembre 1999, p. 62-69). La malhonnêteté foncière du juif Errol Morris y est bien montrée. Il est simplement dommage pour G. Raven qu’il n’ait pas signalé que, par moments, ce n’est pas F. Leuchter que nous voyons à l’écran mais un acteur déguisé en F. Leuchter pour faire jouer à ce dernier le rôle d’un « profanateur » dans les ruines d’une prétendue chambre à gaz nazie (le fait est relevé et décrit sur le site "aaargh", «Actualités de novembre 2000», article intitulé « Simplet »).


Il est un élément essentiel que ni G. Raven ni aucun autre révisionniste, à ma connaissance, ne semble avoir remarqué en l’espèce : l’absence, dans ce prétendu documentaire, de toute photographie d’une chambre à gaz américaine comme moyen d’exécution de condamnés à mort. F. Leuchter nous est décrit en paroles comme une sorte de technicien de la mort administrée selon quatre modes d’exécution: par la chaise électrique, par la pendaison, par l’injection et, enfin, par la chambre à gaz. Or, si E. Morris prend le soin d’illustrer en de nombreuses images les trois premiers modes d’exécution, il se garde, en revanche, de montrer la moindre image d’une chambre à gaz de pénitencier américain. Il a raison car, selon moi, la seule image de l’impressionnante porte d’une telle chambre à gaz suffirait à faire comprendre au spectateur attentif qu’un gazage d’exécution au gaz cyanhydrique nécessite des précautions extrêmes et une technique hautement sophistiquée.


J’ai consacré une partie de ma vie à ressasser ce que j’appelle « l’argument de la chambre à gaz américaine [des années 30 ou 40]» afin de démontrer l’absurdité de la prétendue chambre à gaz nazie. J’ai souvent publié ou montré, comme, par exemple aux procès Zündel, des photographies de la chambre à gaz du pénitencier de Baltimore ainsi que le texte de la « Feuille de contrôle de la marche à suivre » pour une exécution (voy. in Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique ?, La Vieille Taupe, 1980, p. 301-309). Mais j’ai l’impression de n’avoir pas convaincu grand monde. Ni Fred Leuchter, ni Germar Rudolf, ni Walter Lüftl n’ont repris l’argument.


Je suis donc heureux de constater qu’Errol Morris, lui, à sa façon, semble avoir été sensible à cet argument-là.

15 décembre 2000

“Mr. Death”, a film by Errol Morris about Fred Leuchter

Among the many accounts that I have read of the film Mr. Death, I think that Greg Raven’s is the most instructive (“Flawed Documentary of Execution Expert”, The Journal of Historical Review, September-December 1999, p. 62–69). In it, the basic dishonesty of Jewish director Errol Morris is well displayed. It is simply a pity for G. Raven that he does not point out that, in some passages, it is not F. Leuchter who appears on the screen but an actor disguised as F. Leuchter to have the latter look to play the role of “desecrator” in the ruins of an alleged Nazi gas chamber (a fact revealed and described on the AAARGH website (“Actualités de novembre 2000”, article entitled “Simplet”, French for “simpleton”, the term used by David Irving in his interview by Morris to describe F. Leuchter).

There is an essential factor that neither G. Raven nor any other revisionist, to my knowledge, seems to have noticed: the absence, in this alleged documentary, of any depiction of an American gas chamber designed for the execution of condemned prisoners. Fred Leuchter is described in words as a sort of technician of death administered in four ways: electrocution, hanging, lethal injection, and gassing. But, if E. Morris, on the one hand, takes care to illustrate the first three manners of execution with numerous images, he well avoids, on the other hand, showing the least image of an American penitentiary gas chamber. And he is right, for the mere representation of the imposing door of such a chamber would, in my opinion, suffice to let the attentive viewer grasp that the putting to death of one man by gassing with HCN calls for extreme safety measures and a highly sophisticated technique.

I have devoted a part of my life to turning over and over again what I call “the argument of the American gas chamber [of the 1930s or ’40s]” so as to demonstrate the absurdity of the alleged Nazi gas chamber. I have often published or shown, as I did at the Zündel trials, photographs of the Baltimore penitentiary’s gas chamber, along with the text of the “Procedure Check List” for executions there (see in Serge Thion’s Vérité historique ou vérité politique?, La Vieille Taupe, 1980, p. 301–309). But I have the impression of not having convinced very many. Neither Fred Leuchter, nor Germar Rudolf, nor Walter Lüftl has taken up my argument. I am therefore happy to note that Errol Morris, for his part, seems, in his own way, to have been receptive to that argument.

Thursday, December 14, 2000

A Lyon, campagne contre le professeur Jean-Paul Allard

La presse lyonnaise se fait l’écho d’une campagne lancée par des officines juives et autres ainsi que par la Ligue des droits de l’homme (que préside le juif Michel Tubiana) contre Jean-Paul Allard, professeur d’allemand à l’Université Lyon III. Agé de 58 ans et à deux années de la retraite, ce dernier se voit reprocher d’avoir autrefois manifesté des sentiments révisionnistes en présidant la soutenance de thèse d’Henri Roques, le 15 juin 1985, sur les « confessions » de Kurt Gerstein. On lui fait également grief d’avoir, dans les années quatre-vingt-dix, dirigé au sein de son université l’Institut d’histoire indo-européenne, qualifié par ses adversaires de « laboratoire idéologique de l’extrême-droite ». Sous la pression des organisations juives, la thèse avait été annulée en 1986 et l’Institut avait été dissous en 1998.

Depuis ce temps, J.-P. Allard n’avait plus fait parler de lui. La nouvelle affaire Allard est donc aujourd’hui relancée sans faits nouveaux réels. Selon les chasseurs de sorcières, le professeur devrait être interdit d’enseignement et de recherches et son salaire devrait être réduit en conséquence. D’une manière plus générale, toujours selon les mêmes justiciers, les Universités Lyon II et Lyon III devraient « faire le ménage » en procédant à l’épuration des enseignants et des étudiants qui « salissent » le monde universitaire lyonnais.

Ces officines promettent que, si elles n’obtiennent pas très vite satisfaction, elles mèneront dès le mois de janvier 2001 « une série d’actions publiques ». Par ailleurs, elles annoncent la publication d’une liste complète des professeurs d’université à proscrire sur le plan local.

14 décembre 2000

Sunday, December 10, 2000

In Switzerland and in France, open calls to kill Revisionists

On Sunday 10 December 2000, a Swiss weekly printed an article by Emmanuelle Marendaz: “La Suisse aux trousses d’un facho planqué en Iran” (“Switzerland on the tail of a Fascist in hiding in Iran”, Dimanche.ch, p. 5). The article is illustrated with a portrait of Jürgen Graf in the form of a “Wanted” poster pierced with bullet holes.

At about 5pm on the same day, in France, the FR3 television network aired a “documentary” on the city of Lyon, considered the capital of revisionism. It shows Robert Faurisson as a loathsome character who, with his scathing pen, kills Jews. A gold pen is seen tracing words on paper. Suddenly, a splatter of blood falls onto a text at the bottom of which there appears, in big letters of blood, the word “Myth”. Just before, the screen was filled with a close-up shot of the face of the criminal fit to be killed.

En Suisse et en France, on en appelle au meurtre des révisionnistes


Le 10 décembre 2000, un hebdomadaire suisse a publié un article d’Emmanuelle Marendaz : « La Suisse aux trousses d’un facho planqué en Iran » (Dimanche.ch, p.5). L’article s’orne d’un portrait de « Jürgen Graf révisionniste », surmonté de la mention « WANTED » et portant traces de balles.

Le même jour, en France, la chaîne de télévision FR3 a diffusé vers 17h un documentaire sur la ville de Lyon considérée comme la capitale du révisionnisme. J’y suis montré sous les traits d’un personnage odieux qui, au moyen de sa « plume acérée », tue les juifs. On voit une plume d’or tracer des mots. Soudain une pluie de gouttes de sang tombe sur un texte au bas duquel on aperçoit, en grandes lettres de sang, le mot de « Mythe ». Juste auparavant, on a montré en plan rapproché le visage de l’homme à tuer : mon propre visage.

10 décembre 2000

Friday, December 8, 2000

Novembre noir pour les révisionnistes

A compter du 1er novembre 2000, l’historien et sociologue Serge Thion, âgé de 58 ans et père de trois enfants, a été radié du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), sans salaire et sans indemnité.

Le 6 novembre, Jean Plantin, âgé de 35 ans, a vu l’Université Lyon-II entamer la procédure d’annulation du diplôme d’études approfondies (DEA) qu’il avait obtenu en 1991 ; la décision finale dépendra de Jack Lang, ministre socialiste de l’Education nationale. De leur côté, le 24 novembre, les enseignants du département d’histoire de l’Université Lyon-III ont fait savoir qu’ils soutiendraient une démarche identique tendant à l’annulation de la maîtrise accordée par leur université en 1990 au même J. Plantin.

Le 17 novembre, Vincent Reynouard, âgé de 31 ans et père de trois jeunes enfants, a été licencié de son poste d’enseignant de mathématiques et de sciences. Chassé auparavant d’un lycée d’Etat, il venait de trouver ce poste dans une institution catholique dirigée par un prêtre. Des collègues, qui avaient entendu sur « France-Culture » le nom de V. Reynouard, s’en étaient, pour les uns, alarmés et, pour les autres, indignés ; tous avaient réclamé le licenciement.

Le 20 novembre, le tribunal de grande instance de Paris a ordonné à la société de services Internet Yahoo ! de pratiquer désormais un certain nombre de censures et, en particulier, la censure des rubriques concernant le révisionnisme historique.

A l’étranger également, la répression exercée contre les révisionnistes ne cesse de s’aggraver. On sait qu’en Allemagne un professeur de Münster, Werner Pfeifenberger, s’était donné la mort le 23 mai ; toujours à Münster, Erhard Kemper, âgé de 73 ans, est à nouveau en prison ; il a sollicité la permission de se rendre au chevet de son épouse, cancéreuse en phase terminale et presque impotente. Cette permission vient de lui être refusée, à l’unanimité des juges, par une décision en date du 24 novembre. En Autriche, en Suisse, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Canada, la chasse aux révisionnistes prend de l’ampleur.

Le 4 décembre, Jean-Louis Berger, âgé de 55 ans et père de trois enfants, enseignant le français et le latin près de Metz, a comparu en conseil de discipline ; il va vraisemblablement être radié de l’enseignement, sans salaire et sans indemnité.

Dans les grands médias, aucune voix ne se fait entendre pour la défense des proscrits.

Dernière minute : le serveur qui hébergeait le site révisionniste de « Radio-Islam » (environ 90 000 visites par jour) et le site révisionniste d’ « aaargh » (environ 7 000 visites par jour) vient de fermer définitivement ces deux sites. Il faudra donc attendre pour connaître les prochaines adresses de ces sites.

Aux personnes qui en auraient les moyens je ne saurais trop recommander de venir financièrement en aide à l’une ou à l’autre des quatre dernières victimes françaises de la répression antirévisionniste :

Jean-Louis BERGER, 146, Rue de Leitzelthal, 57230 PHILIPPSBOURG ;

Jean PLANTIN, 45/3, Route de Vourles, 69230 ST GENIS LAVAL ;

Vincent REYNOUARD, 107, Chaussée de Vleurgatt, B 1000 BRUXELLES ;

Serge THION, 1, AUBRAY, 91780 CHALO SAINT MARS.


Merci !

8 décembre 2000

Friday, December 1, 2000

Pierre Milza, « historien » sans preuves ni arguments

Pierre Milza est un spécialiste de l’histoire des fascismes italien et français. Il a, sur le sujet, publié des ouvrages en collaboration avec Marianne Amar et Serge Bernstein. A-t-il, pour autant, le droit de se parer du titre d’historien ? Peut-être, mais à la condition de prévenir ses lecteurs qu’il est un historien fortement engagé dans la propagande antifasciste. Sur les révisionnistes, il aligne des propos offensants qu’il répètera sans jamais fournir ne fût-ce qu’un début de preuve ou d’argumentation.

Dans son dernier ouvrage : L’Europe en chemise noire / Les extrêmes droites européennes de 1945 à aujourd’hui, Paris, Fayard, 2000 [septembre]), il traite en passant de ce qu’il appelle « le cas Faurisson ».

Sur la personne des révisionnistes, sur leurs écrits, sur leurs arguments, il ne fournit pour ainsi dire aucune indication. Il se contente d’ironiser ou de vilipender. On en jugera par la dizaine de passages, que voici, où il parle de ce qu’il appelle les « professionnels de la négation » :

P.165 : [Le cas Faurisson] relève vraisemblablement de la psychiatrie…l’émergence du phénomène Faurisson

P.166 : L’entreprise faurissonnienne

P.167 : La « bombe faurissonnienne »

P.168 : Le cas Faurisson […] révèle une structure mentale pathologique porteuse de sa logique propre, complètement déconnectée du réel et qui présente les signes clairement repérables de la paranoïa […] une forte aptitude à l’autotorture mentale […] la prose faurissonnienne […]. Tout cela relève à l’évidence d’un délire interprétatif […] un individu dont la pensée procède de l’idée fixe et du délire

P.169 : les délires fantasmatiques d’une poignée de professionnels de la négation

P.170 : l’écho qui est donné des thèses et des « travaux » de Faurisson et de ses émules

P.171 : les longues diatribes d’un Rassinier ou d’un Faurisson

P.172 : au-delà du délire interprétatif et des obsessions morbides de quelques individualités à l’équilibre fragile

P.173 : C’était compter sans la perversion mentale de gens qui allaient aussitôt tirer parti de l’ambiguïté du livre de [l’antirévisionniste] Pressac

P.181 : les divagations [révisionnistes]

P.182 : On voit comment un travail scientifique honnête [celui de l’antirévisionniste allemand Martin Broszat] peut être retourné contre la vérité historique, du seul fait que, dans la précipitation et l’émotion qui ont caractérisé des travaux effectués à chaud, ont pu se glisser des contradictions ou des incertitudes. A partir de quoi un raisonnement inductif tordu a conduit les « révisionnistes » à nier l’évidence des faits.

Ce dernier passage est le seul à venir conclure une apparence de démonstration. L’expression en est empruntée. Et pour cause. P. Milza est gêné par le fait que, le 19 août 1960, dans une simple lettre publiée par Die Zeit, le très orthodoxe Martin Broszat a procédé à une considérable rectification historique. Sous les coups portés notamment par Paul Rassinier, il lui a fallu donner raison aux révisionnistes au moins pour les camps de Dachau, de Bergen-Belsen et de Buchenwald ; malgré tant d’affirmations ou de témoignages en sens contraire, ces camps, a-t-il dû reconnaître, n’avaient jamais possédé de chambres à gaz d’exécution. On notera que, pour P. Milza, ces fausses affirmations et ces faux témoignages, qu’à l’époque les tenants de la vérité officielle avaient repris à leur compte, s’expliqueraient par un simple fait qu’il résume ainsi en son langage : « dans la précipitation et l’émotion qui ont caractérisé des travaux effectués à chaud, ont pu se glisser des contradictions ou des incertitudes » !

P. Milza appartient à la cohorte des auteurs selon lesquels le prétendu « Holocauste » serait une réalité historique que nul n’a besoin de démontrer. Pour lui, cette réalité est un postulat. Autre postulat : les révisionnistes sont des malades mentaux. Par là, à nouveau, P. Milza se dispense de toute démonstration. Pas de démonstration, pas de recherche, pas d’analyse, pas de preuves, mais, en revanche, des invectives, des insultes, des injures.

Saluons là un aveu d’impuissance, qui ne peut que combler les révisionnistes.

Additif : Serge Thion me rappelle que P. Milza a dirigé, au sein de l’Institut d’études politiques de Paris, la pitoyable thèse que Valérie Igounet vient de publier sous le titre de L’Histoire du négationnisme en France (Seuil, 2000). Le 17 février 1999, la chaîne de télévision Arte diffusait le « documentaire historique » de William Karel intitulé : Histoire d’une droite extrême (1998). P. Milza y déclarait d’emblée : « S’il n’y a pas eu de chambres à gaz,“Vichy“ a été une dictature parmi d’autres. Il s’agit donc d’un point fondamental». Cela dit, il se révélait incapable de traiter, même succinctement, de ce « point fondamental ».

1er décembre 2000