Monday, October 30, 2000

Contre les révisionnistes, l’argumentation ad hominem (Nicholas Fraser, Adrien Le Bihan, Pierre Vidal-Naquet)

Parfois, dans un débat d’idées, l’attaque contre la personne même de l’adversaire peut se justifier si, explicitement ou implicitement, ce type d’attaques est précédé ou accompagné d’une argumentation sur le fond. En revanche, la pure et simple argumentation ad hominem, sans autre forme de procès, ne fait que trahir l’incapacité où l’on se trouve de répliquer aux arguments de la partie adverse. Tel est le cas de ceux qui, incapables de réfuter les démonstrations du révisionnisme historique, s’en prennent à la personne même des révisionnistes. Au besoin, cette forme de guerre des lâches puise ses munitions dans des rumeurs, ragots et cancans dont la source, vraie ou fausse, est rarement indiquée. Cela va de la déformation de la réalité à l’invention de toutes pièces. Aucun révisionniste, me semble-t-il, n’a fait l’objet d’autant de rumeurs insensées que le Canadien d’origine allemande Ernst Zündel. Dans un accès de franchise, l’avocat juif américain Robert A. Kahn vient d’en faire l’aveu à demi-mot. Au sujet de ce qu’il appelle la « stratégie juridique » adoptée par les adversaires d’E. Zündel dans les procès intentés à ce dernier en 1984-1985 et en 1988 à Toronto, il s’interroge sur la ligne de défense que les juifs devraient adopter face à l’assaut des révisionnistes : faut-il chercher à réfuter les affirmations de ces révisionnistes ou bien convient-il plutôt de les démasquer en montrant qu’ils ne sont que des racistes et des antisémites ? Il en vient à écrire :

Ne pas répliquer aux affirmations spécifiques et factuelles des négateurs de l’Holocauste et choisir de démasquer ceux-ci [comme racistes et antisémites] nous fait courir le risque d’être accusés de porter des attaques ad hominem (« Rebuttal versus Unmasking : Legal Strategy in Regina versus Zündel », Londres, Patterns of Prejudice (Institute for Jewish Policy Research), juillet 2000, p. 3).

Deux récentes attaques ad hominem

Mon lot ne se compare pas à celui d’E. Zündel et je m’en tire, somme toute, à bon compte. Comme toute personne impliquée dans un débat aussi vif, j’ai vu que, trop souvent, l’adversaire me prêtait des pensées, des paroles ou des actions qui n’avaient que peu ou pas de rapport avec la réalité. Cependant, la rumeur de bas étage et le commérage, du moins sous la forme imprimée, m’étaient jusqu’alors plutôt épargnés. Or, voici que, tout récemment, deux ouvrages, l’un en anglais, l’autre en français, viennent combler cette absence de basses attaques ad hominem. Si je me décide à en faire état, ce n’est pas pour m’en plaindre mais pour instruire – et divertir – le lecteur en l’éclairant sur les procédés auxquels les antirévisionnistes en sont parfois réduits.

Un journaliste de la BBC : Nicholas Fraser

En décembre 1997, Nicholas Fraser, se présentant comme journaliste de la BBC (télévision), demanda à me rencontrer. Notre première entrevue eut lieu à la XVIIe chambre correctionnelle du tribunal de Paris où Roger Garaudy passait en jugement pour un écrit dont, par tous les moyens, il cherchait à nier le caractère révisionniste ; je ne cachai pas au journaliste britannique le sentiment que m’inspirait pareille conduite. La seconde entrevue eut lieu le 13 février 1998 à Vichy, où j’habite. N. Fraser préparait un film où il souhaitait vivement me voir figurer. Il se donnait les apparences de l’enquêteur impartial. Dans son documentaire, il ne voulait pas, disait-il, exposer les arguments révisionnistes car c’était courir le risque d’un procès mais simplement montrer qu’un révisionniste pouvait avoir apparence humaine. Malheureusement pour N. Fraser, s’il jouait la comédie, il s’y prenait assez maladroitement. Il me devint évident que son film porterait sur l’extrême droite européenne et que j’y ferais office de figurant ; le révisionnisme, qui est affaire de méthode et non d’idéologie, serait ainsi amalgamé à un ensemble d’idées politiques bien déterminées. Après son passage à Vichy, je lui fis connaître que je refusais de le recevoir une nouvelle fois à mon domicile avec son équipe de la BBC. Je lui écrivis :

Dans votre film on me verrait, en gros, avec des opinions politiques que je n’ai pas et sans les convictions révisionnistes que j’ai bel et bien [mais que je ne pourrais exposer sous peine de poursuites judiciaires]. Cela ressemble un peu trop, selon moi, à l’histoire du couteau-sans-manche-dont-on-a-au-préalable-retiré-la-lame.

Effectivement, quand le film documentaire fut achevé et projeté, il se révéla être l’un de ces brûlots où l’on caricature les hommes et les idées d’une certaine droite qu’il fait bon haïr. C’est le 25 mars 1999 que la chaîne de télévision « Arte » diffusa Voyage au bout de la droite, présenté comme une réalisation de Christian Poveda et de N. Fraser. D’une qualité affligeante et d’un contenu à peu près inexistant, ce « documentaire politique », comme il se nommait, montrait un N. Fraser emprunté, tourmenté, gesticulant et phraseur. Le piquant de l’affaire est qu’à presque tous les coups le journaliste britannique se faisait remettre en place par ses interlocuteurs : un jeune national-socialiste danois, puis Jean-Marie Le Pen et, enfin, David Irving. Sans livrer de noms, N. Fraser déclarait avoir rencontré d’autres « négateurs de l’Holocauste » et ajoutait à leur propos : « Ils sont cinglés ! Ils sont cinglés ! »

Après le film, le livre

Après le film, il publia un livre : The Voice of Modern Hatred / Encounters with Europe’s New Right (La Voix de la haine moderne / Rencontres avec la nouvelle droite européenne), Picador (MacMillan), 2000, 327 p. Quinze pages m’y sont consacrées (p. 117-131) qui me laissent perplexe sur l’état mental et la santé nerveuse du gentleman. A Paris comme à Vichy, son instabilité m’avait frappé. De taille élevée, chauve, âgé d’environ cinquante ans en 1998, marié - m’avait-il confié - à une juive et lui-même peut-être juif - m’avait-il laissé entendre - ce fils d’un Anglais et d’une Française m’avait donné l’impression d’être, comme on dit, mal dans sa peau. Ma compagnie le rendait-elle nerveux ? Se droguait-il ? A un moment, j’allais jusqu’à lui demander s’il se sentait mal. On verra plus loin que la question se justifiait.

Portrait d’un révisionniste

A deux reprises, N. Fraser me décrit dans son livre comme portant un béret et, à ce qu’il assure, j’aurais passé les années de guerre au plus profond d’un coin endormi de la campagne française. Etrange ! Je n’ai jamais de ma vie porté un béret et notre témoin n’a pu me voir qu’avec une casquette bleue de marque Burton ; quant à mes années de guerre, je les ai vécues successivement à Angoulême, Marseille et Paris et je ne passais à la campagne que mes vacances d’été.

Il m’attribue un frère aîné alors que, comme je le lui avais précisé à sa demande, j’étais l’aîné de sept enfants.

A Vichy, N. Fraser a cru me voir habiter une villa de briques rouges mais ladite villa est, en fait, crépie de blanc et les volets en sont verts.

Il paraît que, dans mon bureau de travail, on verrait des photographies de juifs morts ou sur le point d’être tués ou bien encore mourants ; en réalité, on n’y peut trouver aucune photographie de la sorte sinon dans les pages des productions holocaustiques dont ma bibliothèque est pleine.

Ma femme, qui a des talents de peintre, aurait peint de petites scènes provinciales aux rues vides et sinistres alors qu’en fait ses tableaux sont plutôt vivants et pimpants.

La ville de Vichy est décrite comme une cité déserte des années 50 dont une bombe à neutrons aurait anéanti les habitants mais, vers 13 heures, c’est-à-dire à l’heure du déjeuner, et, en particulier, un jour de février, je suppose que beaucoup de petites villes françaises peuvent donner la même impression.

J’apprends que Me Delcroix, qui est mon avocat, serait également mon gendre alors que nous n’avons pas le moindre lien de parenté directe ou indirecte ; à deux reprises, ce même avocat, qui a bien voulu recevoir le journaliste en son cabinet parisien, se voit affubler du nom de Delcourt.

Pierre Guillaume est décrit en imprimeur et en trotskiste alors qu’il est éditeur et libertaire.

Paul Rassinier aurait été déporté à Ravensbrück ; or, Ravensbrück était essentiellement un camp de femmes et Rassinier fut déporté à Buchenwald et à Dora.

Visitant Auschwitz, Majdanek et Dachau, j’aurais prélevé, à des fins d’analyse, des échantillons (de pierres, de briques et de plâtre) dans ces trois camps ; c’est me confondre avec l’Américain Fred Leuchter.

J’aurais, à l’oreille de notre journaliste, sifflé « comme un petit serpent » ; peut-être aurait-il fallu préciser au lecteur qu’au procès de R . Garaudy, durant les débats, il m’arrivait seulement de glisser quelques mots à l’oreille de mon voisin britannique, auquel je m’efforçais d’expliquer le déroulement anarchique d’un procès à la française.

Je me serais plaint de mon sort et j’en aurais gémi ; en réalité, il me semble avoir décrit mes épreuves sur le ton d’une certaine gaîté voltairienne.

Avec fatuité, j’aurais dit que sur ma tombe figurerait l’inscription suivante : « Faurisson a dit la vérité sur une chose importante – et il en est mort » ; en fait, je suis sûr de lui avoir confié que mon nom de famille ne serait jamais inscrit sur ma tombe ; puis, cum grano salis, j’ai ajouté que l’épitaphe anonyme pourrait se lire : « Il a dit une petite chose exacte – et il en est mort ».

Enfin, si j’ai renoncé à figurer dans le film documentaire, c’est, au dire de l’intéressé, que j’aurais craint d’être éventuelle­ment reconnu et battu. C’est aller trop loin. N. Fraser me présente là comme un être timoré, ce que je ne suis pas, et, selon lui, je craindrais un danger sans doute imaginaire puisque, aussi bien, dans les quinze pages qu’il me consacre, pas une seule fois il ne fait mention des dix agressions physiques que j’ai eu à subir. Il connaissait ces agressions et la gravité de certaines d’entre elles. Or, il n’en fait nulle mention, sans doute pour mieux suggérer que je ne serais qu’un poltron.

Pour le reste, à peu près tout est entaché d’erreurs plus ou moins graves. A deux ou trois exceptions près, les réflexions qu’on m’attribue ainsi que les précisions de dates, de lieux ou de chiffres sont, avec une étonnante régularité, ou bien erronées ou bien inventées. Désireux de prouver que je ne sais pas déchiffrer un document et que je suis incapable de voir qu’une expression allemande signifiant « action spéciale » ne peut en fait désigner, selon lui, qu’un assassinat massif à l’intérieur d’une « chambre à gaz », notre historien improvisé omet de reproduire la traduction du mot allemand accolé à « action spéciale » et qui signifie « au dehors ». Cette « action spéciale au dehors » se réduisait, en la circonstance, à la réception d’un convoi de déportés en plein air.

N. Fraser vomit son repas

N. Fraser me juge « entièrement pervers » ou « plus que pervers ». Il paraît que le calme avec lequel j’exposais mes vues ou commentais des documents lui soulevait le cœur. A un moment, lors de notre visite du Vichy de 1940-1944, près de la place du monument aux morts, j’évoquai le désir de la majorité des Français, à la fin des années 30, d’éviter une nouvelle boucherie franco-allemande. En contrepartie, lui dis-je, les milieux juifs embouchaient à l’époque les trompettes de la croisade antiallemande ; j’osais émettre l’hypothèse selon laquelle, souvent au cours de leur propre histoire, les juifs, sous le couvert de discours larmoyants mais en proie à l’inquiétude du prophète, avaient joué les boutefeux, incitant aux croisades, aux guerres, aux révolutions. C’est alors que je perçus comme un malaise physique chez mon interlocuteur :

[Faurisson] avec sollicitude me demanda si je me sentais bien. « Vous ne me paraissez pas dans votre assiette », me dit-il.

Je crois pouvoir dire qu’à table, une heure auparavant, notre Anglais avait été convenablement traité. Il avait, en particulier, apprécié une tarte au fromage, qui, dans son livre, devient une tarte aux légumes, et, au dessert, il avait bu d’un rare sauternes. Quand, après ces agapes et cette promenade dans Vichy, il avait regagné mon domicile et s’était vu, sur sa demande, administrer une leçon supplémentaire de révisionnisme et quand, après cette séance, un taxi le ramena à la gare, je crus l’affaire terminée. Point du tout. A la page 130 de son livre, mon visiteur nous apprend qu’au cours de la journée, de plus en plus révulsé par mes propos, il avait senti monter une irrépressible nausée. Parvenu à la gare, nous confie-t-il, il se précipita vers l’urinoir et là, à quatre pattes, vomit son repas. Un urinoir vieillot et pittoresque, tient-on à nous préciser :

At Vichy station I got to my hands and knees, vomiting into the antiquated and picturesque stand-up toilet.

Un ami de P. Vidal-Naquet : Adrien Le Bihan

De son côté, le Français Adrien Le Bihan me consacre une courte section du petit livre qu’il vient d’écrire sur les inscriptions manuscrites trouvées dans le « livre d’or d’Auschwitz ». Il relève et commente, d’un ton souvent las et désabusé, les pensées de Charles de Gaulle, d’Helmut Schmidt, de Jacques Chaban-Delmas, de François Mitterrand, du Dalaï-Lama, de Jean-Paul II et de bien d’autres visiteurs célèbres ou obscurs. Comme je n’ai pas apposé de signature dans ce « livre d’or », on se demande à quel titre j’apparais dans son ouvrage. De plus, de manière saugrenue, le passage qui m’est consacré figure entre deux sections respectivement consacrées à Kurt Waldheim et à Valéry Giscard d’Estaing.(Le voisinage de ce dernier, un pur faiseur, me fâche). L’opuscule porte pour titre Auschwitz Graffiti (Librio, diffusion Flammarion, juin 2000, 128 p.) et il est élogieusement préfacé par Pierre Vidal-Naquet. A. Le Bihan, dont le style est d’un classicisme fatigué, aurait publié un livre sur « De Gaulle, écrivain ». Ce qu’il rapporte à mon propos semble résulter d’une enquête qu’il aurait menée sur mon second séjour à Cracovie et à Auschwitz, en 1976.

Mon séjour à Cracovie et à Auschwitz en 1976

Effectivement, en 1975, je m’étais rendu à Majdanek et à Auschwitz pour revenir, l’année suivante, à Auschwitz. J’avais obtenu, cette année-là, de me faire envoyer en mission auprès de l’Université de Cracovie pour y donner quelques cours et conférences de littérature française. La jeune Polonaise, que le régime communiste avait chargée de m’accompagner, parlait un français délectable et plein de finesses ; elle avait épousé un juif. En sa compagnie, après bien des difficultés, je retrouvais Stanislas Mucha, le premier photographe à découvrir le camp d’Auschwitz après le départ des Allemands et avant l’arrivée des Soviétiques (« Tous des ivrognes »). Il me fit d’intéressantes réflexions sur la possibilité de faux photographiques et sur la transformation des lieux par les communistes. Par prudence, je ne révélais rien des motifs de mon enquête si bien que ni S. Mucha, ni ma charmante interprète, ni aucune autre des personnes (polonaises ou françaises) avec qui je me trouvai en contact pendant toute la durée de ma mission ne put soupçonner mes noirceurs révisionnistes. Une jeune collègue de l’Université de Cracovie, apprenant que je désirais faire un séjour à Auschwitz, se proposa de m’y emmener et son père accepta de m’héberger. Le brave homme, chauffeur de taxi, venait de perdre sa femme. Il en était bouleversé. Parfois, je l’entendais sangloter dans sa chambre. Il multipliait à mon endroit les attentions les plus touchantes. La grippe m’immobilisa pendant quelques jours. Je reçus les soins d’une doctoresse. Une jeune et gracieuse Polonaise, dont j’avais fait la connaissance au musée d’Auschwitz et qui y travaillait, voulut bien m’apporter à demeure tous les documents que je recherchais. Mon hôte, lui, avait travaillé pendant la guerre dans le camp même d’Auschwitz mais il préférait ne rien m’en dire. Je remarquais seulement qu’il n’y avait vraisemblablement rien noté des horreurs attachées aujourd’hui au nom d’Auschwitz. Comme tous ses compatriotes, il vivait dans la crainte de la police et je décidai de ne lui poser aucune question embarrassante. De retour en France, je lui manifestai ma gratitude par un envoi dont je ne sais finalement s’il le reçut. Mes lettres restèrent sans réponse. Du musée d’Auschwitz j’attendis longtemps de précieuses photographies que j’avais payées d’avance ; j’écrivis à ma guide pour lui demander d’intervenir ; ce qu’elle fit, je suppose, puisque, en fin de compte, je reçus ma commande.

Si je crois devoir entrer dans ces détails, c’est pour que le lecteur de ces lignes imagine combien la lecture des pages 48-50 du livre d’A. Le Bihan allait me surprendre.

D’étranges et inquiétants « témoignages »

D’après les « témoins » anonymes rencontrés par A. Le Bihan, je me serais comporté en Pologne comme un personnage satanique, dur et ingrat aussi bien avec mon hôte qu’avec mon guide et j’aurais été d’une galanterie suspecte à l’égard des dames. Je cite :

[U [Un] soir, le chauffeur de taxi surprit Faurisson dans sa chambre dans une curieuse posture. Il avait éteint la lumière électrique et allumé des bougies. A quelle sorte de messe noire se livrait le professeur de littérature ? Quelle sorte de papiers consultait-il à la lueur des bougies ? C’est resté un mystère.

bien J'espJ'espère que le lecteur voudra bien me croire si je lui dis que je ne possède pas, moi non plus, la clé d’un tel mystère. On aime à dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu mais je dois admettre qu’à cette vilaine histoire de bougies je ne vois pas l’ombre d’un feu ou d’une flamme. Dans quel esprit pareille fantaisie a-t-elle pu germer ? Et pourquoi ? A-t-on voulu donner à entendre que, dans la très catholique Pologne, je m’adonnais à quelque rite satanique en déchiffrant de sulfureux grimoires ? Ou bien – hypothèse que me souffle une personne qui a bien connu le pays – avais-je dû, à cause de l’une de ces fréquentes pannes d’électricité qui affligeaient les démocraties populaires, allumer une bougie afin de poursuivre la lecture de mes documents ? A vingt-quatre années de distance, j’avoue ne pas m’en souvenir. Pour faire bonne mesure, il paraît, selon des « témoins », que je courtisais les dames, sans doute tel Faust sa Marguerite, et que je leur écrivais…des poèmes d’amour. Ce faisant, il est probable que, tel le héros de Goethe, je nourrissais à leur endroit de ténébreuses arrière-pensées. Mais écoutons plutôt :

Des témoins m’ont affirmé que Faurisson, à Cracovie, aimait courtiser les dames, mais jusqu’à un certain point. Il leur écrivait des poèmes d’amour. Celle qui l’accompagna dans Cracovie se souvient qu’il avait « une conversation agréable, brillante et intelligente », parsemée toutefois d’opinions antisémites telles que « les Juifs ont une intelligence épaisse ».

Donc, à la semblance de Méphistophélès, je savais parler aux dames, les enchanter même des sortilèges de la Muse mais non sans déverser en leur sein d’affreux propos sur les juifs. Je dois ici reconnaître qu’il est, en effet, probable que j’ai tenu sur les fils et filles de Sion ce propos-là ; peut-être ai-je même ajouté que je donnais raison à Louis-Ferdinand Céline qui, certes, leur trouvait beaucoup de sensibilité mais une « sensibilité fer-blanc » (à opposer à la sensibilité du bronze, qui, elle, est profonde).

Il paraît qu’à mon retour d’Auschwitz je qualifiai mon hôte de personnage « primitif, lourd, trivial et vulgaire » et que je me mis à « tourmenter » ma guide à force de lui demander d’intervenir auprès du musée d’Auschwitz pour en obtenir les documents dont l’envoi m’avait été promis.

Les services secrets polonais

A. Le Bihan ignore si, à l’époque, je parvins à obtenir les documents dont je réclamais l’expédition. Il devrait pourtant savoir qu’ils me furent envoyés et que, grâce à eux, je fus le premier au monde à publier des photographies de plans allemands montrant ce qu’avaient été en réalité, à Auschwitz et à Birkenau, les pièces rebaptisées "chambres à gaz". Son ignorance sur ce point ne l’empêche pas d’échafauder une hypothèse : celle d’une manipulation de Faurisson par les services secrets polono-communistes à des fins antijuives :

Faurisson obtint-il les documents qu’il convoitait ? Si oui, cela pourrait signifier que les services secrets polonais avaient une idée derrière la tête, car ils s’y entendaient en vol et confiscation de documents de toutes sortes. Il n’est pas invraisemblable que, tandis que leurs dirigeants politiques blâmaient les revanchards allemands, ces services encourageaient en sous-main la théorie selon laquelle les chambres à gaz n’auraient pas existé […].

Diabolique jusqu’au bout des griffes, Faurisson parvint aussi à « déjouer les radars » du service culturel de l’ambassade de France à Varsovie. Consternant, pensent A. Le Bihan et P. Vidal-Naquet, consternant et injuste :

Quand on songe qu’une dizaine d’années après ce voyage [de Faurisson en Pologne communiste], le service culturel de l’ambassade de France à Belgrade [capitale de la Yougoslavie communiste] voulut imposer à Vidal-Naquet, venu faire des conférences en Yougoslavie, de s’en tenir à l’histoire méditerranéenne antique, ce qui écartait la guerre d’Algérie du programme, on est consterné qu’un Faurisson ait réussi, en Pologne, à déjouer les radars d’un service culturel du même type.

Le désarroi actuel des antirévisionnistes

Un moraliste français nous l’assure, on préfère entendre dire du mal de soi plutôt que de ne point en entendre parler du tout. Dans mon propre cas, ce « mal », ces médisances, ces calomnies ne sont pas pour me déplaire car ils illustrent l’impuissance de nos adversaires à nous opposer des arguments. L’argumentation ad hominem, surtout au niveau où la pratiquent aujourd’hui un N. Fraser, un A. Le Bihan ou un P. Vidal-Naquet, nous confirme que l’an 2000 restera dans l’histoire du Grand Mensonge un bien mauvais cru. Je prévois, pour le proche futur de P. Vidal-Naquet et de ses pareils, des années encore plus noires. L’Intifada révisionniste va faire mal.

N.B. : Un ami révisionniste, G. D., me fait remarquer qu’aux noms de Nicholas Fraser, André Le Bihan et Pierre Vidal-Naquet, je devrais ajouter celui de Valérie Igounet qui, en mars 2000, a publié une Histoire du négationnisme en France (Seuil, 701 p.). La jeune personne a pieusement recueilli sur mon compte d’inquiétants récits, tel celui de l’ancien libraire parisien Bela Elek :

J’ai vu une fois Faurisson [vers 1979]. Il est venu avec Pierre Guillaume à ma librairie. J’étais très agacé parce que j’avais une encyclopédie juive en hébreu. Elle était par terre. Faurisson l’a prise mais à l’envers. Ce qui n’est pas grave. Il a commencé à la lire à l’envers et s’est écrié : « Oh, que c’est intéressant ! » Je me suis demandé qui était ce type. Après, nous avons parlé d’autre chose. Il avait ce comportement bêta. Il voulait se présenter comme un grand spécialiste de la question juive. C’était ridicule et pas utile d’ailleurs. J’ai dit à Guillaume que son pote était un peu bizarre. Guillaume était dans la révérence totale. Il avait trouvé une explication intéressante (p. 343).

Pour ma part, je ne me rappelle pas l’épisode. P. Guillaume, consulté, n’y voit qu’une de ces hallucinations "à là Bela Elek", personnage tourmenté sinon perturbé.

30 octobre 2000

Against the Revisionists, Argumentation ad hominem (Nicholas Fraser, Adrien Le Bihan, Pierre Vidal-Naquet)

At times, in a debate of ideas, an attack on the person of the adversary can be justified if, explicitly or implicitly, this type of attack is preceded or accompanied by an argumentation on the substance. On the other hand, a pure and simple ad hominem argument, without further ado, only betrays an inability to reply to the opponent's argument. Such is the case of those who, unable to refute the demonstrations of historical revisionism, verbally set about the person of the revisionists themselves. If need be, this form of cowardly combat may draw its ammunition from rumours, stories, and malicious gossip whose source is rarely given. It ranges from distortion of reality to pure fabrication. No revisionist, it seems to me, has been the object of as many inane rumours as the German-Canadian Ernst Zündel. In a burst of candour, the Jewish-American lawyer Robert A. Kahn has recently made something of an admission, albeit a cagey one. On the subject of what he calls the “legal strategy” adopted by E. Zündel’s adversaries in their cases against him in Toronto (1984-1985, then 1988), he wonders what line of defence the Jews should take up in the face of the revisionist onslaught: must they seek to refute the statements of those revisionists, or rather is it more fitting to unmask them, showing them to be nothing but racists and anti-Semites? He proceeds to write:

The failure to address the specific factual claims of the Holocaust deniers leaves the unmasking approach open to charges of being an ad hominem attack. (“Rebuttal versus Unmasking : Legal Strategy in Regina versus Zündel”, London, Patterns of Prejudice (Institute for Jewish Policy Research), July 2000, p. 3).

Two recent attacks ad hominem

My lot is not to be compared to that of E. Zündel and, all in all, I am the better for it. Like anyone involved in such a lively debate, I have too often seen the opponent ascribe thoughts, words or actions to me which bear little or no relation to reality. Still, I have until now been spared low-level rumour and gossip, at least in print. But, just recently, two books, one in English, the other in French, have filled that vacuum, and the absence of base attacks ad hominem is no more. If I have decided to give an account, it is not to complain but to instruct — and entertain — the reader by enlightening him on the methods to which the anti-revisionists are now reduced.

A BBC journalist: Nicholas Fraser

In December 1997, Nicholas Fraser, presenting himself as a journalist from BBC Television, asked to meet me. I made his acquaintance at the 17th chamber of the Paris criminal court where Roger Garaudy was being tried for writings of which, by all possible means, he sought to deny the revisionist nature; I made no secret to the British journalist of my attitude with regard to such conduct. Our second meeting took place on 13 February 1998 in Vichy, where I live. N. Fraser was preparing a film in which he was keen to see me appear. He assumed the appearance of an impartial investigator. He said that in his “documentary” he did not want to put forward revisionist arguments, for that would entail the risk of legal proceedings, and that he wanted simply to show that a revisionist could bear human likeness. Unhappily for N. Fraser, if he was play-acting, he was going about it rather ham-fisted. It became obvious to me that his film was to deal with the European extreme right and that I was to have a mere walk-on part; revisionism, which is a matter of method and not of ideology, would thus be fused with a well-determined set of political ideas. After his short stay in Vichy, I had him know that I declined to receive him again at my house with his BBC team. I wrote:

In your film I would be seen, by and large, as having political opinions that are not mine and without the revisionist convictions that are indeed mine [but which I could not put forth without risking legal proceedings]. This, in my view, seems a bit too much like the story of the knife-without-a-handle-whose-blade-was-removed-beforehand.

In effect, when the “documentary” was finished and shown, it revealed itself to be one of those firebrands that draw caricatures of the men and ideas of a certain right wing that it is deemed good to hate. It was on 25 March 1999 that the “Arte” channel broadcast Voyage au bout de la droite (“Journey to the end of the right”), presented as a production of Christian Poveda and N. Fraser. Of deplorable quality and near non-existent content, this “political documentary”, as it termed itself, showed a feigned, gesticulating, tormented N. Fraser, man of hollow words. The most amusing aspect of it was that, almost without fail, the journalist let himself be put in his place by his interviewees: a young Danish National-Socialist, then Jean-Marie Le Pen and, finally, David Irving. Without naming names, N. Fraser declared that he had met other “Holocaust deniers” and added, with regard to them: “They are crazy! They are crazy!”

After the film, the book

After the film, he published a book: The Voice of Modern Hatred / Encounters with Europe’s New Right, Picador (MacMillan), 2000, 327 p. Fifteen pages of it are devoted to me (117-131), pages that leave me puzzled as to the gentleman’s mental state and nervous wellbeing. In Paris as in Vichy, I had been struck by his unsteadiness. Tall of stature, bald, aged about fifty in 1998, married — as he divulged to me — to a Jewess and himself perhaps Jewish — as he let me understand — this son of an Englishman and a Frenchwoman had given me the impression of being, as the saying has it, not at peace with himself. Did my company make him uneasy? Was he on drugs? At one point, I went so far as to ask whether he was not feeling poorly. It will be seen further on that the question was warranted.


Portrait of a revisionist

In two passages of his book N. Fraser describes me as wearing a beret (p. 117, 127); he also states that I spent the war years in the deepest corner of the sleepy French provinces (119-120). Strange! I have never in my life worn a beret and our BBC man can have seen me only in a blue Burton cap; as for my war years, I spent them at Angoulême, Marseille, and Paris, in that order, and stayed in the country only during the summer holidays.

He assigns me an elder brother (p. 120) whereas, at his request, I had specified that I was the eldest of seven children.

In Vichy, N. Fraser thinks he saw me living in a red-brick house (p. 129) but the said house is, in fact, rough-cast and white with green shutters.

It seems that, in my study, there are to be seen “photographs of Jews either dead, or about to be killed, or starving” (p. 130); in reality, no such photograph can be found there, except in the pages of the holocaustic productions that fill my bookshelves.

It seems as well that my wife, who has a talent for painting, depicts “small provincial scenes of eerily empty streets” (p. 129), whereas in fact her canvasses are rather lively and bright.


Vichy is described as a deserted town whose population seems to have been annihilated by a neutron bomb in the 1950s (p. 121) but, towards 1pm, that is, at lunchtime, and, in particular, on a February day, I suppose that many small French towns can give the same impression.

I learn in this book that Éric Delcroix, who is my lawyer, is also my son-in-law (p. 118), whereas we have not the least family tie, either direct or indirect; in two places in the text, the same barrister, who willingly received the journalist at his Paris office, finds himself being identified by the name Delcourt (p. 324, n. 8, twice).

Pierre Guillaume is described as a printer and a Trotskyist (p. 117-118), whereas he is a publisher and a libertarian of sorts.

Paul Rassinier would seem to have been deported to Ravensbrück (p. 122); but Ravensbrück was essentially a women’s camp and Rassinier was deported to Buchenwald and Dora.

While visiting Auschwitz, Majdanek, and Dachau, it seems that I took samples (for laboratory analysis, of stones, bricks, and plaster) (p. 121-122); here I am being mistaken for the American Fred Leuchter.

It appears that, speaking close to our journalist’s ear, I made “a hissing noise like a small snake” (p. 118); it would perhaps have been useful to point out to the reader that during the hearings of the Roger Garaudy trial, I merely happened to slip a few whispered words in the ear of my British neighbour, to whom I was striving to explain the anarchic procedure of a trial in the French manner.

I apparently complained of my lot in life, whining in the process (p. 129); actually I rather remember describing my tribulations in the tone of a certain Voltairian jollity.

I seem to have fatuously told him that the following inscription would be found on my gravestone: “Faurisson told the truth about something important – and he died of it” (p. 127); in fact, I am sure of having confided to him that my surname would never be inscribed on my gravestone; then, cum grano salis, I added that the anonymous epitaph could read: “He said a little exact thing – and he died of it”.

Finally, if I dropped the idea of appearing in the “documentary”, it was, according to the author, because I feared the possibility of being recognised in public and, as a result, physically beaten (p. 131). That is going too far. Here N. Fraser presents me as a timorous being, which I am not, and, according to him, I would be fearful of a danger that was doubtless imaginary since, in the fifteen pages that he gives over to me, not once does he mention the ten assaults to which I have be subjected. These attacks, and the gravity of some of them, are known to him. Yet, he makes no mention in this regard, most likely the better to suggest that I am nothing more than a coward.

As for the rest of the chapter, nearly all is tarnished with more or less serious errors. But for two or three exceptions, the remarks attributed to me, along with the indications of dates, places or figures are, with an amazing regularity, either mistaken or simply invented. Looking to prove that I do not know how to interpret a document and that I am unable to see that the German expression Sonderaktion, meaning “special action”, can designate only, as he will have it, a mass murder inside a “gas chamber”, our improvising historian omits giving any translation of the German word attached to “special action”, a word meaning “out-of-doors”. This “special outdoor action” amounted, in the circumstances, to a camp physician’s receiving a newly arrived convoy of deportees in the open-air.

N. Fraser throws up his meal

N. Fraser judges me to be “entirely perverse” or “worse than perverse” (p. 123-124). It seems that the calm with which I put forth my views or commented on documents made him sick. At one moment, near the war memorial square during the tour that I was giving him of 1940-1944 Vichy, I brought up the wish held by the majority of the French, in the late 1930s, to avoid a new Franco-German butchery. In answer to that desire, I told him, Jewish circles gave the clarion call for the anti-German crusade; I dared to voice the proposition that, often throughout their own history, the Jews, under the wrapping of maudlin speeches but beset by the restlessness of the prophet, had played the role of firebrand, inciting host populations to crusades, wars, revolutions. It was then that I noticed something like a physical malaise in my guest:

[Faurisson] asked me solicitously if I was feeling all right. “You don’t look at ease”, he said (p. 129).

I can, I believe, honestly say that at table, an hour earlier, our Englishman had been properly treated. He had, particularly, enjoyed a cheese pie which, in his book, becomes a vegetable pie, and, at dessert, had partaken of a rare Sauternes wine. When, after that collation and the walk round Vichy, he had got back to my house and been administered, at his request, a supplementary lecture on revisionism and when, after that session, a taxi took him to the station, I thought the matter finished. But not at all. On page 130 of his book, my visitor informs us that in the course of the day, more and more disgusted by my remarks, he had felt an irrepressible nausea rising. Having arrived at the station, he lets us know that he headed straight for the lavatory where, as he is keen to illustrate:

I got to my hands and knees, vomiting into the antiquated and picturesque stand-up toilet.

A friend of P. Vidal-Naquet’s : Adrien Le Bihan

For his part, the Frenchman Adrien Le Bihan devotes a short section to me in the little book that he has just published on the handwritten inscriptions found in the “Auschwitz visitor’s book”. Often in a weary and disabused tone, he picks out and comments on the thoughts of Charles de Gaulle, Helmut Schmidt, Jacques Chaban-Delmas, François Mitterrand, the Dalaï-Lama, John-Paul II and a good number of other famous or obscure visitors. Since I did not leave my signature in that “livre d’or”, it may well be asked on what account I should appear in his book. Furthermore, in a ludicrous manner, the passage devoted to me appears between two sections devoted respectively to Kurt Waldheim and Valéry Giscard d’Estaing.(The proximity of the latter, a pure show-off, rather annoys me). The pamphlet bears the title Auschwitz Graffiti (Librio, Flammarion, June 2000, 128 p.) and is prefaced with gushing praise by Pierre Vidal-Naquet. A. Le Bihan, whose style is of a stale classicism, is said to have written a book on “De Gaulle, writer”. What he relates about me seems to result from an inquiry that he has apparently made into my second visit to Krakow and Auschwitz, in 1976.

My visit to Krakow and Auschwitz in 1976

In effect I had been to Majdanek and Auschwitz in 1975 and returned to Auschwitz the following year. I had managed, that year, to be sent on appointment to the University of Krakow to give some lectures and conferences on French literature. The young Polish woman to whom the Communist regime had given the task of accompanying me spoke a delightful French, full of finesse; she had married a Jew. In her company, after considerable difficulty, I came across Stanislas Mucha, the first photographer to have discovered the Auschwitz camp after the Germans’ departure and before the arrival of the Soviets (“All drunks”). He shared with me some interesting reflections on the possibilities of photographic fakery and on the transformation of the place by the Communists. Out of caution, I avoided revealing anything about the purpose of my investigation, so that neither S. Mucha, nor my charming interpreter, nor any of the other persons (French or Polish) with whom I came into contact throughout the whole time of my assignment could suspect my evil revisionist motives. A young woman colleague at the University of Krakow, upon learning that I wished to make a visit to Auschwitz, offered to take me there and her father agreed to give me accommodation. The worthy man, a taxi driver, had just lost his wife. He was shattered. Sometimes I could hear him sobbing in his room. He went to great lengths to look after me, in the kindest ways. I was stricken with a bad cold for a few days: I received care from a female doctor. A gracious young Polish lady, whose acquaintance I had made at the Auschwitz museum and who worked there, offered to fetch me all of the documents that I was trying to find. My host had worked in the camp itself during the war but he preferred to tell me nothing about that. I noticed simply that he had in all likelihood seen nothing of the horrors attached today to the name of Auschwitz. Like all his compatriots, he lived in fear of the police and I decided to avoid asking any embarrassing questions. Once back in France, I tried to show him my gratitude for his hospitality by sending him a gift parcel, but do not know if he ever received it. My subsequent letters went unanswered. I had to wait a long time for some precious photographs from the museum for which I had paid in advance; I wrote to my guide asking her to inquire there on my behalf, which, I reckon, she did, for in the end I received my order.

If I feel a need to go into such detail, it is so that the reader may imagine how much I was to be taken aback by the discovery of pages 48-50 of A. Le Bihan’s book.

Strange and disquieting “testimonies”

According to the anonymous “witnesses” whom A. Le Bihan has met, I appear to have conducted myself in Poland like some satanic character, callous and ungrateful towards both my host and my guide, and dubiously gallant with the ladies.

[One] evening, the taxi driver surprised Faurisson in his room in a curious posture. He had put out the electric lamp and lit candles. What sort of black mass was the literature professor holding? What sort of papers was he looking through in the candlelight? It has remained a mystery (p. 48).

I hope the reader will be good enough to believe me if I say that I do not hold the key to this mystery either. The popular expression has it that “where there’s smoke, there’s fire” but I must admit that here I see not the shadow of a fire or a flame. What mind can have spawned such a delirium? And why? Is the intention to have people understand that, in most Catholic Poland, I was devoting myself to a satanic rite by deciphering some demonic scrawls? Or else — and this hypothesis comes to me from someone well acquainted with the country — had I been obliged, by one of the power failures so frequent in all of the “peoples’ republics”, to light a candle in order to get on with reading my documents? Twenty-four years on, I confess that I have no recollection of it. Still according to “witnesses”, it seems, for good measure, that I paid court to the ladies, doubtless as Faust did to his Margaret, and that I wrote… love poetry to them. In doing so, it is probable that, like Goethe’s hero, I harboured shadowy ulterior motives in their regard. But let us see for ourselves:

Witnesses have stated that Faurisson, in Krakow, liked to pay court to the ladies, but up to a certain point. He wrote them love poems. The woman who accompanied him in Krakow recalls that “his conversation was brilliant and intelligent”, although interspersed with anti-Semitic opinions such as “The Jews have a thick intelligence” (ibid.).

Thus, with a resemblance to Mephistopheles, I knew how to talk to the ladies, even to beguile them with spells of the Muse but not without decanting into their mind some ghastly remarks about the Jews. I must acknowledge here the likelihood that I did utter those comments on the sons and daughters of Zion; perhaps I even added that I believed that Louis-Ferdinand Céline who, of course, saw in them much sensitivity, but a “tinny sensitivity” (as opposed to one of bronze, which is profound), was right.

It seems that on my return from Auschwitz I described my host as a “primitive, dull-witted, coarse, and vulgar” man (p. 48) and that I set about “tormenting” my guide with endless requests that she contact the Auschwitz museum in order to obtain the promised documents (p. 49).

The Polish secret service

A. Bihan does not know whether, at that time, I succeeded in getting the documents in question. He nonetheless ought to know that they were indeed sent to me and that, thanks to them, I was the first in the world to publish reproductions of the German blueprints showing what the places at Auschwitz and Birkenau, re-christened “gas chambers”, had actually been. His ignorance on this point does not prevent him from cooking up a theory: that of Faurisson’s manipulation by the Communist Polish secret service to anti-Jewish ends:

Did Faurisson obtain the documents that he desired? If so, that could mean that the Polish secret service had in mind a certain object, for it regularly engaged in the theft and confiscation of documents of all sorts. It is not implausible that, while their political rulers were condemning the German revanchists, these agents secretly promoted the theory according to which the gas chambers had not existed […] (p. 49).

Diabolical to his claw-tips, Faurisson also managed to “evade the radar” of the cultural service at the French embassy in Warsaw. Disquieting, reckon A. Le Bihan and P. Vidal-Naquet, disquieting and unjust:

When one recalls that ten years or so after this journey [of Faurisson’s in Communist Poland], the cultural service at the French embassy in Belgrade [capital of Communist Yugoslavia] wanted to make Vidal-Naquet, in his conferences held in Yugoslavia, keep to the subject of the ancient Mediterranean world, thus to exclude the Algerian war from the programme, it is disquieting that a Faurisson should have succeeded, in Poland, in evading the radar of a cultural service of the same type (p. 50).

The current disarray of the anti-revisionists

As a French moralist assures us, one prefers to hear ill spoken of oneself rather than nothing at all. In my own case, this “ill”, these slanders and calumnies do not bother me for they illustrate our opponents’ sheer inability to offer any counter-arguments. Argumentation ad hominem, especially on the level practised today by a N. Fraser, an A. Le Bihan or a P. Vidal-Naquet, bolsters our view that the year 2000 will go down in the history of the Big Lie as a bad vintage indeed. For P. Vidal-Naquet and his ilk, I see even darker times not far ahead. The revisionist Intifada is going to hurt.

N.B. : A revisionist friend, G. D., observes that to the names of Nicholas Fraser, André Le Bihan et Pierre Vidal-Naquet, I should do well to add that of Valérie Igounet who, in March 2000, published an Histoire du négationnisme en France (Seuil, 701 p.). In it the young lady dutifully amassed disturbing reports about me, such as this one by the former Parisian bookseller Bela Elek:

I saw Faurisson once [circa 1979]. He came to my bookshop with Pierre Guillaume. I was very annoyed because I had a Jewish encyclopædia in Hebrew. It was on the floor. Faurisson took it in his hands but wrong side up. Which is not so bad. He started reading it wrong side up and cried out “Oh, how interesting!” I wondered who this guy was. Afterwards we talked of other things. He acted in this silly way. He wanted to present himself as a big specialist on the Jewish question. It was ridiculous and, besides, not helpful. I told Guillaume that his pal was a bit weird. Guillaume was totally in awe. He had found an interesting explanation (p. 343).

For my part, I do not remember the episode. I have checked with P. Guillaume, who sees in it merely one of those hallucinations “à la Bela Elek”, a distressed, if not disturbed, character.

October 30, 2000