Monday, July 19, 1999

In the Offing: a "Ministry of Defence against Revisionism"

In view of the waning number of surviving war veterans, the relevant government agency (the Ministère des Anciens Combattants) could become a Ministry of Remembrance, i.e., to put it plainly, a ministry in charge of the defence of Jewish (and of Résistance) remembrance against historical revisionism.

One may be led to think as much by an article in Le Monde (18-19 July 1999, p. 5) by Jean-Michel Aphatie and Pascale Robert-Diard entitled "Vers la création d'un ministère de la «mémoire» ?" ("Towards the creation of a Ministry of 'Remembrance'?").

In the late 1970s, the springing up of the Faurisson affair and of historical revisionism (a school of thought founded in France, in 1950, by the late Paul Rassinier, a former deportee) had aroused disquiet amongst the upholders of an orthodox version of second world war history. In the early 1980s, numerous antirevisionist initiatives were launched in the political world, in the mainstream press, and in basic and higher education. In particular, an antirevisionist unit was formed within the Ministère des Anciens Combattants. This bureau's activities have expanded steadily ever since, as it has been turning into a ministerial directorship. Today no-one can doubt that it constitutes the seed from which a future Ministry of Remembrance will eventually sprout. President Jacques Chirac (on a visit to Oradour-sur-Glane) and Prime Minister Lionel Jospin (on a visit to Auschwitz), although of opposing political parties have, along with Minister of Justice Elisabeth Guigou (on a visit to the site of the wartime detention camp at Drancy, to the north of Paris), once again sworn in unison by this one-sided and well policed remembrance.

July 19, 1999

Vers un "Ministère de la défense contre le révisionnisme"

Vu le nombre décroissant des anciens combattants, le ministère des Anciens Combattants pourrait devenir un ministère de la Mémoire, c’est-à‑dire, pour parler clair, un ministère chargé de la défense de la mémoire juive (et de la mémoire de la Résistance) contre le révisionnisme historique.

C’est ce que donne à entendre un article de Jean-Michel Aphatie et de Pascale Robert-Diard paru dans Le Monde du 18-19 juillet 1999 (p. 5) sous le titre : « Vers la création d’un mi­nistère de la “mémoire” ? »

À la fin des années soixante-dix, le surgissement de l’affaire Faurisson et du révisionnisme historique (école de pensée fondée en France, en 1950, par l’ancien déporté Paul Rassinier) avait suscité l’inquiétude des tenants d’une histoire orthodoxe de la seconde guerre mondiale. Au début des années quatre-vingt, de multiples initiatives antirévisionnistes avaient été lancées par le monde politique, la grande presse, l’école et l’Université. En par­ticulier, au sein du ministère des Anciens Combattants, se créait une cellule de lutte contre le révisionnisme. Par la suite, cette officine prenait une extension croissante et se transformait en direction ministérielle. Nul doute qu’elle est aujourd’hui appelée à devenir la cellule germinative d’un futur ministère de la Mémoire. Jacques Chirac, président de la République (en visite à Oradour) et Lionel Jospin, Premier ministre (en visite à Auschwitz), ainsi qu’Élisabeth Guigou, ministre de la Justice (en visite à Drancy), ne jurent ensemble que par cette mémoire policière à sens unique.

19 juillet 1999

Friday, July 2, 1999

Condamnation confirmée pour le révisionniste suisse Jürgen Graf

Pour crime de révisionnisme, le tribunal de Baden (près de Zurich) avait condamné le 16 juillet 1998, d’une part, Jürgen Graf et, d’autre part, Gerhard Förster. Le premier avait été condamné à quinze mois de prison ferme ainsi qu’à une amende de 8 000 francs suisses et le second à douze mois de prison ferme et à une amende du même montant. Le premier était l’auteur d’écrits révisionnistes édités par le second.

G. Förster s’était rendu au tribunal en chaise roulante et dans un tel état physique que, manifestement, il n’en avait plus pour longtemps à vivre. La présidente du tribunal ne l’en avait pas moins assailli de questions de manière lancinante et inhumaine ; le malheureux avait eu à traverser là une épreuve qui s’appa­rentait à une séance de torture.

Dès leur condamnation, J. Graf et G. Förster ont interjeté appel.

G. Förster est mort le 23 septembre 1998, soit deux mois après sa condamnation.

J. Graf s’est donc présenté seul le 23 juin 1999 devant la cour d’appel d’Aarau. Sa condamnation a été confirmée.

Il a, en cause d’appel, adopté la même attitude qu’en pre­mière instance, une attitude de fermeté mais, malheureusement aussi, non sans concessions.

Il a dit ou laissé dire par son avocat qu’il ne contestait pas qu’il y ait eu un génocide des juifs, ce qui revient malheureuse­ment à accuser les Allemands d’un crime qu’ils n’ont pas commis. Il m’a promis qu’à l’avenir, tout en maintenant ses posi­tions sur l’inexistence des chambres à gaz nazies et sur le prétendu total de six millions de victimes juives, il éviterait les « formulations extrêmes » (extreme Formulierungen). Interrogé sur l’envoi qu’il avait fait de l’un de ses ouvrages à un professeur de théologie (« Pour le professeur Stegemann, afin qu’à l’avenir il serve le Christ au lieu de ses ennemis »), il a répondu qu’il regrettait cet enfantillage.

J. Graf s’est pourvu devant la cour fédérale de Lausanne [1].

2 juillet 1999



[1]. Sur le procès du 23 juin 1999, on peut consulter un tract diffusé par J. Graf et signé « Xaver März » : Bericht über den Revisionprozess gegen Jürgen Graf wegen « Rassendiskriminierung » in Aarau am 23.6.1999 : Erstinstanzliches Terror­urteil erwartungsgemäss bestätigt.