Friday, October 31, 1997

« Le Monde », journal oblique (suite)


Le Monde mérite sa réputation de tartuferie. Récemment, il faisait compliment à l'avocat Gérard Boulanger de ce que ses deux livres sur Maurice Papon étaient « à l'image de leur auteur [...] non dénués d'une salutaire mauvaise foi [1] ».

« Une salutaire mauvaise foi » : telle pourrait être la devise du journal. 

Son médiateur, Thomas Ferenczi, est préposé à la censure du courrier qu'il reçoit. Ses chroniques sont lourdes et sentencieuses et ses pratiques se signalent par leur malhonnêteté. Suceur de réglisse, le faux dévôt s'emploie à nous cacher les seins que nous ne saurions voir. Il est payé pour cela. 

Dans une même livraison de son journal, il monte d'abord en chaire pour demander : « Le premier article de la charte des journalistes français ne déclare-t-il pas qu'un journaliste digne de ce nom tient “les accusations sans preuves” pour l'une des plus graves fautes professionnelles ? [2] » Succulente question de la part d'un journaliste qui n'a qu'à se lire ou à lire ses confrères pour constater que Le Monde fait de l'accusation sans preuve son pain quotidien. 

Puis, T. Ferenczi, qui ne manque pas de souffle, publie trois lettres signées respectivement Brunschwig, Hayem et Emerich pour porter contre l'Allemagne la plus atroce des accusations : celle d'avoir eu une politique d'extermination physique des juifs, notamment par le moyen d'abattoirs chimiques appelés « chambres à gaz ».


Brunschwig rapporte qu'un jour, en 1942 ou 1943, un garçon de son âge (treize, quatorze ans ?) lui aurait dit : « Toi, tu finiras en savonnette. » Voilà, estime-t-il, qui laisse à penser qu'à l'époque on devait bien savoir que la déportation des juifs « se terminait dans l'extermination et dans l'horreur », entendez par là : dans les chambres à gaz. Le raisonnement de Brunschwig, passant de la savonnette à l'abattoir, est si hardi qu'on se demande comment T. Ferenczi a pu juger bon de le reproduire.

Hayem, lui, laisse entendre que l'angoisse des juifs était telle qu'elle ne pouvait s'expliquer que par la connaissance instinctive de l'existence d'une mise à mort dans des conditions matérielles atroces. Là encore le raisonnement ne manque pas de hardiesse.

Quant à Emerich, il invoque le témoignage d'Anne Frank qui, dans son journal, écrit : « La radio anglaise parle de chambres à gaz. »

T. Ferenczi pris la main dans le sac

Dans les trois lettres, le médiateur du Monde avait pratiqué des coups de ciseaux. Le procédé n'a rien de répréhensible aussi longtemps que la pensée des auteurs n'est pas dénaturée ou qu'un point d'importance n'est pas omis à dessein.

Or, le premier des trois auteurs de ces lettres, Jacques Brunschwig, ancien professeur de philosophie à la Sorbonne, écrivait, dès le 21 octobre, « à ses amis et à quelques autres» pour se plaindre de T. Ferenczi. Il écrivait en propres termes :

Pour votre information, je me permets de vous envoyer le texte complet de ma lettre au Monde, qui a subi quelques coupures que je regrette, pour des raisons que vous comprendrez aisément. Je crois aussi que le médiateur aurait mieux fait de ne pas publier la lettre d'un autre lecteur [Michel Emerich, de St-Germain-en-Laye], qui s'appuie uniquement sur le Journal d'Anne Frank, document dont le caractère suspect a été malheureusement assez bien démontré par l'infect Faurisson. 

Parmi les passages que J. Brunschwig reproche justement à T. Ferenczi d'avoir supprimés figurent quelques lignes, d'importance capitale, sur le mythe du « savon juif ». Voici ces lignes :

Je range aujourd'hui cette anecdote dans le rayon de ce qu'on pourrait appeler les « bobards vrais ». Il semble, en effet, d'après les historiens les plus sérieux, que cette histoire de transformation des restes humains en savon relève de la légende.

En rappelant ce point d'histoire, J. Brunschwig manifestait un souci de vérité qui, manifestement, est apparu à T. Ferenczi fâcheux ou oiseux. Alors, lemédiateur du Monde a pris ses ciseaux, il a coupé, il a amputé, ce qui lui a permis d'apporter sa contribution au maintien du mythe du savon juif. 

Si l'on fait le compte des preuves de l'existence des chambres à gaz nazies, on trouve en tout et pour tout dans ces trois lettres, sans tenir compte du traitement spécial que leur a fait subir le médiateur du Monde :

1. une histoire de savonnette, fondée sur un mythe ;

2. une spéculation de nature artistique ; 

3. un « document [au] caractère suspect » (pour ne pas dire une supercherie littéraire).


31 octobre 1997


[1] J.-A. Fralon, « Gérard Boulanger, avocat des parties civiles : un combat de seize ans mené au nom du “malheur des juifs” », Le Monde , 9 octobre 1997, p. 10.

[2] Le Monde, 19-20 octobre 1997, p. 13.


Friday, October 24, 1997

« Anthony Eden » au procès Papon



A plusieurs reprises, les parties civiles ont fait état d'une déclaration commune des Alliés en date du 17 décembre 1942, lue ce jour-là par Eden devant la Chambre des communes et la Chambre des Lords.

Il est exact que les mots d’« exterminer » et d’« extermination » y figurent mais dans le sens de mort par le travail, par le froid, par la faim ou par des exécutions massives. Il n'y est pas question de chambres à gaz. D'ailleurs, huit mois plus tard, en août 1943, le gouvernement britannique, préparant avec les Américains et les Soviétiques une déclaration commune sur « les crimes allemands en Pologne », signalait aux Américains, qui allaient, à leur tour, le signaler aux Soviétiques, qu'il convenait d'éliminer du projet de déclaration le fragment portant sur les chambres à gaz, faute « de preuve suffisante pour justifier la déclaration concernant les exécutions en chambres à gaz » [1]. Toute mention de « chambres à gaz » disparut dans le communiqué final [2].

24 octobre 1997


[1] Foreign Relations of the United States, Diplomatic Papers, 1943, I [1963], p. 416-417.

[2] The New York Times, 30 août 1943, p. 3.


Thursday, October 23, 1997

Le professeur Faurisson à nouveau condamne


Le 23 octobre, Jean-Yves Monfort, présidant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris avec, à ses côtés, Mlle Anne Depardon et Mme Françoise Soulié, a condamné le professeur Faurisson à une peine de 120 000 F qui se décompose comme suit : 50 000 F d'amende, 50 000 F pour trois publications judiciaires forcées et 20 000 F pour Me Lorach, avocat des cinq parties civiles. Le tribunal ordonne la diffusion du texte de la condamnation dans Le Monde, Libération et – innovation remarquable – dans le Journal officiel de la République française. Voici le texte à diffuser :


M. Robert FAURISSON condamné 
pour contestation de crimes contre l'humanité

Par jugement prononcé le 23 octobre 1997 par le tribunal de Paris (XVIIe Chambre correctionnelle), M. Robert FAURISSON a été condamné à la peine de cinquante mille francs d'amende et au paiement de dommages-intérêts aux associations d'anciens déportés, parties civiles, pour avoir commis le délit de contestation de crimes contre l'humanité, prévu par l'article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881, en diffusant, le 19 avril 1996, un communiqué de presse affirmant notamment « que les chambres à gaz sont une imposture ».


Aucun journaliste n'a assisté au procès du professeur. Aucun organe de la grande presse ou des médias de l'établissement ne s'est fait l'écho du procès ou de la condamnation. 

Silence, on bâillonne !

23 octobre 1997

Wednesday, October 8, 1997

Samuel Crowell and his air-raid shelter door argument

Samuel Crowell was kind enough to phone me recently when he heard that I seemed to disagree with his views on the air-raid shelter doors (see Smith's Report, September 1997, p. 1, 3-4). We had a long conversation. I told him that, insofar as he explained at length what a German air-raid shelter and the door of such a shelter were, I totally agreed with him, since that was exactly what I had myself discovered in the '70s and what Fritz Berg also studied in the '80s. The last time I mentioned the matter in English was, I suppose, in 1991. At that time I wrote in an article about J.C. Pressac:


A gas-tight door is a Gastür or gasdichte Tür. English speakers use "gas-proof door" as well as "gas-tight door"; this type of door can be used for delousing gas chambers or for airlocks (for example, airlocks in an oven-room or in an air-raid shelter). [...] In a bombing attack, the door to an air-raid shelter is supposed to guard against two effects, among others, caused by exploding bombs: suction of the oxygen out of the shelter and penetration of CO into the same shelter (JHR, Spring 1991, p. 49, 65).


In order to give us an idea of what those air-raid shelter doors could look like, Crowell presents us with some German advertisements. I already had some advertisements coming from F. Berg and also, perhaps more interesting, six or seven photos of such a door in the cellar of a German house in 1939-1940 (in Karlsruhe). I informed Crowell I was ready to send him copies of those photos.

I disagree with Crowell when he says that the presence of such a door is proof that the room equipped with it was necessarily an air-raid shelter. I took the example of Majdanek that he had himself mentioned. I had visited the place in 1975 and noticed that the Germans had used such doors for the disinfestation gas chambers. I even remember that, apparently, they had put into the peep-hole of one of those doors a thermometer in order to control the temperature of the room, which was heated by a stove situated in another little room and connected to the gas chamber itself by a large pipe. I suppose that, once the temperature was appropriate, a device would stop any contact with the stove room.

For Crowell, this place was logically an air-raid shelter above ground. He added that the Germans had many such shelters underground but also above ground. I asked him if he had seen the place. He said he had not visited Majdanek. I told him that, if he had seen the place, he would have noticed that the building was not made of concrete. (In fact, it was made of brick, with a wooden roof, collapsed in July 1944 when the Soviets arrived). I added that J.-C. Pressac himself had to admit that the place was a "disinfestation gas chamber" (Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers, 1989, p. 555, 557). The photo given by J. -C. Pressac, with the reconstructed wooden roof, speaks volumes: the place could never have been an air-raid shelter!

Another disagreement: Crowell says that J.-C. Pressac "is a man of integrity and honor" and, as an example of such integrity and honor, he mentions that the man was fair enough to say that nobody had yet explained why on the collapsed roof of the so-called gas chamber of Krema II there were only two openings for Zyklon B instead of the four introduction points mentioned in the "Holocaust" literature. But J.-C. Pressac committed there a damned lie: in fact, there are zero such openings and the two holes he alludes to, considering their place and their shape, could never have been "introduction points" for Zyklon B! If such points had existed, even two instead of four, imagine the fuss in the media and in every book about Auschwitz. In fact, as I said to Crowell, we should go back to my quip: "NO HOLES, NO 'HOLOCAUST'" (which we could also write: "NO HOLES, NO HOLOCAU$T").

In Washington, on April 21, 1993, Mark Weber and I denounced the "Gas Chamber Door Fraudulently Portrayed at US Holocaust Museum" (JHR, September-October 1993, p. 39). We said it was a casting of the door, in Majdanek, of a disinfestation gas chamber, even according to Pressac. It would be a mistake for Crowell to say 1) that the fraud was discovered only in 1997; 2) that the door was that of a place to be considered an air-raid shelter.

Finally, Crowell told me on the phone, if I am not mistaken, that the German word "Gaskammer" could mean "Gasschützkammer". This is more interesting but I do not know if he is right. After our phone conversation, I perused his 29-page essay on the whole matter, dated April 30, 1997. I had previously had no time to read it. I found it interesting for the reason I give in the first paragraph of this very letter.

October 8, 1997

From the Adelaide Institute Newsletter (on-line) no. 66, Dec. 1997.