Monday, April 29, 1996

Communiqué [sur la proposition du grand rabbin]


S'il faut en croire Libération, le grand rabbin de France, Joseph Sitruk, pense qu'il faut « bien évidemment réunir les historiens pour débattre de la Shoah ».

Depuis quarante-six ans, c'est-à-dire depuis la parution en France, en 1950, du Mensonge d'Ulysse, écrit par Paul Rassinier, ancien résistant et ancien déporté, l'ensemble des révisionnistes réclame ce débat.

Pour ma part, j'ai, à partir de 1974, proposé un débat public sur ce qu'on appelle le génocide des juifs.

En ma qualité à la fois de spécialiste de la « critique de textes et documents (littérature, histoire, médias) » et d'auteur, depuis vingt-deux ans, de divers écrits révisionnistes, je suis prêt à prendre part au débat que propose et que, je l'espère, continuera de proposer le grand rabbin de France.

29 avril 1996

Saturday, April 27, 1996

Quelques réflexions sur l’affaire Garaudy-abbé Pierre


On me rapporte la réflexion de Me Jean Stévenin, avocat au barreau de Paris : « C’est l’affaire Faurisson qui continue ! » Pour lui, au fond, l’affaire Garaudy-abbé Pierre est (au même titre qu’autrefois l’affaire Roques ou l’affaire Notin) un surgeon, une résurgence, une continuation de l’affaire Faurisson, laquelle avait commencé en 1974 pour éclater à la fin de 1978.


Je note jusqu’ici la timidité, pour ne pas dire le quasi-silence, des journalistes sur le sujet des chambres à gaz. Tous auraient dû, sur-le-champ, dénoncer le profond scepticisme de Garaudy en la matière. Mais telle est précisément la caractéristique du tabou : ceux qui ont pour mission de le préserver n’osent pas même révéler qu’il a été profané. Garaudy a pénétré dans le saint des saints et il a découvert que le tabernacle censé contenir la magique chambre à gaz était vide. Taisons la nouvelle !


L’article du Point témoigne d’une assez bonne connaissance du révisionnisme. Il reproduit un fragment de mon premier communiqué [1] :


Il faut appeler un chat un chat : ce génocide et ces chambres à gaz sont une imposture. [J’ajoute que,] si j’étais juif, j’aurais honte à la pensée que, pendant plus d’un demi-siècle, tant de juifs ont propagé ou laissé se propager une pareille imposture [2].


Les journalistes du Point ont amputé mon texte d’un ensemble de huit mots ; j’avais écrit : « [...] une pareille imposture, cautionnée par les grands médias du monde entier. »


Ils décrivent les révisionnistes comme formant une « secte minuscule mais acharnée ».


Le mot de secte est impropre puisqu’il n’y a, en la circonstance, ni croyance religieuse, ni guide spirituel mais les adjectifs « minuscule » et « acharnée » conviennent. Le nombre, en France, des révisionnistes actifs a été dérisoire : une dizaine ont entrepris et mené à bien des recherches et une vingtaine d’autres ont consacré une partie de leur vie et de leurs ressources au soutien des premiers. Se monte à quelques centaines le nombre des révisionnistes de conviction qui se sont abstenus de toute activité suivie. Des milliers de sympathisants ont observé le spectacle.


Il se pose là une question : comment, en définitive, une poignée d’hommes et de femmes sont-ils parvenus à briser un silence de plomb qu’imposait au monde entier le groupe humain le plus riche, le plus puissant, le plus influent et le plus craint de tout l’Occident ? Ce groupe est celui des juifs. A ce point de vue, que pesait n’importe lequel d’entre nous par rapport au seul Edgar Bronfman, le richissime empereur des alcools, président du Congrès juif mondial, pour lequel il n’y avait pas, disait-il, de tâche plus urgente que de réprimer le révisionnisme ?


Cette disproportion entre leur force et notre faiblesse, je l’ai personnellement mesurée à Oxford, en juillet 1988, à l’occasion de l’un des plus impressionnants colloques internationaux qu’on ait jamais organisés contre le révisionnisme. L’instigateur en était le milliardaire escroc Lajbi ou Ludvik Hoch, alias Robert Maxwell. Pour faire échouer cette entreprise pharaonesque, nous avons été... deux (je le répète : deux) : un Français et une Française, aidés de deux autres Français au rôle plus discret, mais, très vite, les participants se sont sentis en état de siège. Quelques actions audacieuses et rapides aux points les plus névralgiques de ce colloque ont fait perdre leurs moyens aux invités se déplaçant en Bentley avec chauffeurs et hébergés dans des hôtels de luxe. La police britannique était aux aguets mais comment aurait-elle pu imaginer que seuls deux individus résolus menaient une opération à si grande échelle avec si peu de moyens matériels et financiers ? A la fin du colloque, dans un journal de son empire de presse, R. Maxwell, à bout de nerfs, signait un article vengeur contre les journalistes britanniques, accusés de n’avoir pas su accorder à ce colloque toute son importance. Le titre de l’article portait, en français : « J’accuse ! »


En cette fin du mois d’avril, l’affaire Garaudy-abbé Pierre bat son plein. Elle ne semble pas près de s’apaiser même si les deux principaux intéressés veillent à prendre leurs distances d’avec le révisionnisme. Les juifs ne pardonnent jamais la moindre atteinte à leur tabou. Les excuses, les rétractations, les explications, les flatteries ne répareront pas l’offense qui leur a été faite. Ils seront sans pitié. Ils frapperont d’autant plus fort celui qui aura, ne fût-ce qu’un instant, ployé l’échine.


L’affaire Garaudy-abbé Pierre me rend heureux et amer.


Je suis heureux parce que je vois des gens à la mode reprendre à leur compte ce que je me suis tué à répéter pendant près d’un quart de siècle. Et puis, à la fin de l’année 1995, quand j’ai constaté que le révisionnisme faisait irruption sur Internet et que les juifs en réclamaient la censure à cor et à cri, j’ai ressenti quelque soulagement. L’historien Jean-Pierre Azéma vous l’eût probablement dit en son langage : « Faurisson buvait du petit lait. Avec Garaudy, ça a été du gâteau et, avec l’abbé Pierre, pain bénit ».


Mais j’éprouve aussi de l’amertume parce que, pendant vingt-deux ans, ces gens-là et leurs amis m’ont, soit insulté, soit laissé me battre seul ou à peu près seul. Là encore, on pasticherait volontiers le style de J.-P. Azéma : «Faurisson avait fait, à lui seul, presque tout le boulot. Il en avait pris plein la gueule et pour pas un rond. Aujourd’hui, ils viennent lui faire les poches tout en l’insultant. » Pour ma part, j’ajouterais que ces ouvriers de la onzième heure que sont Garaudy et l’abbé Pierre se livrent, en plus, à des surenchères d’antinazisme. Quelle témérité de leur part ! On en frémit pour eux.


A la fin de ses émissions télévisées, Bernard Pivot demande aux auteurs qu’il a invités quels sont leur mot préféré, leurs goûts en toutes sortes de matières et puis, pour finir, il sollicite leur imagination : « Si Dieu existait, qu’aimeriez-vous lui entendre vous dire ? »


B. Pivot, dont le comportement passé et présent montre qu’il tremble devant la LICRA, ne m’invitera jamais. Mais, pour le coup, imaginons qu’il m’invite. Voici ce que je lui répondrais :


Vos questions sur mes goûts sont indiscrètes. Je n’étalerai pas sur la place publique ce qui est du domaine de l’intimité. Mais l’athée que je suis va répondre à votre ultime question ; ma réponse est la suivante : « J’aimerais que Dieu me dise : ‘Ici, là-haut, ce n’est pas comme en bas et ce n’est surtout pas comme chez Bernard Pivot ; ici règne la liberté d’expression. »


Et c’est alors, dans cette réponse, que je trouverais confirmation de ce qu’à la fois Dieu, notre survie et le royaume de la liberté d’expression ne sont que des rêves.


On s’enquiert souvent de mes opinions politiques. C’est vain et, malheureusement, bien français. En France, tout pustule de politique. En quoi mes opinions politiques donneraient-elles un début de consistance soit au dogme de l’existence des chambres à gaz, soit à la thèse de l’inexistence de ces chambres ? Que je sois de droite ou de gauche, philosémite ou antisémite, en quoi cela ferait-il naître une chambre à gaz nazie à Auschwitz où il n’y en eut jamais ?


Parlons de mon entourage avec toute la discrétion requise.


Avant de connaître les plaisirs que je goûte aujourd’hui et qui, comme on le voit, se teintent d’amertume, je crois pouvoir dire que j’ai traversé l’enfer. J’ai d’abord connu une solitude totale, puis quelques amis sont venus. En général, par la suite ils me sont restés fidèles mais, quitte à surprendre ceux qui n’ont pas l’expérience des plus durs combats, je dois confesser qu’il m’a fallu me défendre aussi contre ces amis-là ou, du moins, contre la plupart d’entre eux. Ils m’accablaient de leurs conseils et de leur sagesse. A vrai dire, j’ai, pendant de longues années, vécu au milieu d’amis qui s’estimaient plus futés que moi. Ils brillaient, eux, par le sens de la stratégie, de la tactique, de la diplomatie et de la psychologie. Ils ne se faisaient pas faute de m’expliquer les vertus de la modération, de la prudence dans le maniement des esprits ; ils savaient comment s’y prendre pour convaincre ; ils m’enseignaient qu’un langage direct présente trop d’inconvénients et qu’au lieu d’affirmer platement que le roi est nu, mieux vaut faire naître chez les gens, par des voies subtiles et détournées, le soupçon que peut-être le roi n’est pas revêtu des habits magiques que les escrocs prétendent lui avoir fait endosser. Pour moi, j’avais le tort de me croire sur un ring où je ne savais pratiquer que quatre ou cinq mouvements, toujours les mêmes : le direct du droit, le direct du gauche, le crochet du gauche suivi du crochet du droit et puis, en fin de course, cet uppercut qui fait mal. Pour quelques coups donnés, adroitement me semble-t-il, je recevais une avalanche de coups, de préférence au-dessous de la ceinture, avec le plein assentiment des juges-arbitres. Sonné, groggy, plus d’une fois je me retrouvais à terre, presque pour le compte. A chaque fois je me relevais. Je titubais. On me déclarait vaincu. Partout on claironnait que c’en était fini et qu’on ne me reverrait plus sur un ring. Mes amis me prodiguaient alors des conseils pour l’avenir. En fait de conseils, ils préconisaient la plus savante des esquives, celle qui consiste à éviter toute nouvelle rencontre. Pas de «folie Faurisson» surtout ! Et Faurisson, irrémédiablement buté, envoyait au diable ces amis-là. L’ingrat ! A sa brutalité native il joignait l’ingratitude.


Pour moi, je reproche à ces amis de ne s’être pas affichés révisionnistes et de n’avoir pas clamé sur les toits que chambres à gaz et génocide ne sont qu’un mensonge, une calomnie, une diffamation. En France, je me suis retrouvé seul à le dire et à le répéter publiquement. Nos adversaires avaient beau jeu de dénoncer un homme seul. Si quelques révisionnistes avaient affiché leur conviction au lieu de jouer aux fins stratèges, dès février 1979, après la pitoyable déclaration des trente-quatre historiens parue dans Le Monde du 21 février 1979, déclaration dont le contenu prouvait l’inexistence des chambres à gaz, je suis persuadé que le révisionnisme serait sorti de l’obscurité au début des années quatre-vingt.


Nous verrons bien comment se terminera cette interminable affaire.


Je mets en garde les responsables des organisations juives et je préviens mes amis : je ne changerai pas. Qu’ils gardent pour eux, les uns, leurs procédés d’intimidation et les autres, leurs conseils.


Le révisionnisme historique est une aventure intellectuelle que je vivrai jusqu’au bout et dans le style, bon ou mauvais, que j’ai choisi pour toujours.


27 avril 1996


[1] Communiqué du 19 avril, 22 h 30, in Ecrits révisionnistes (1974-1998), p. 1759.


[2] Le Point, 27 avril, p. 54-55.

Wednesday, April 24, 1996

Communiqué de presse [n° 3]


La thèse des prétendues chambres à gaz nazies et du prétendu génocide des juifs est au plus mal.


Le journal Le Monde ne sait plus quoi inventer pour la sauver. Sur le sujet, Laurent Greilsamer et Nicolas Weill sont devenus, dans ce journal, les spécialistes du silence concerté ou de la fausse information. Sur le chapitre des prétendues chambres à gaz (une impossibilité technique démontrée par les révisionnistes), ils préfèrent imiter « de Conrart le silence prudent».


N. Weill parle chiffres. C’est plus facile à manipuler.


Il dit que Raul Hilberg a retenu le chiffre d’un million de victimes (faux : il a retenu le chiffre de 1.250.000) ; que Pressac a proposé le chiffre de 700.000 victimes juives (faux : ce chiffre est, pour Pressac, celui des victimes juives et non juives) ; il ajoute que, quel que soit ce chiffre particulier, le chiffre total de six millions de juifs morts, à Auschwitz et ailleurs, « reste en tout cas une hypothèse de travail sérieuse » [1]. Ce n’est plus de l’arithmétique ! C’est de la science cabalistique.


A propos des variations extravagantes auxquelles, depuis 1945, se sont livrés les historiens de cour, les juges et les journalistes – en particulier ceux du Monde – on pourra consulter ma recension intitulée «Combien de morts à Auschwitz ?». Selon le scandaleux film Nuit et Brouillard (1955) imposé à tous les enfants de France, le chiffre des morts d’Auschwitz aurait atteint 9 millions. Selon le tribunal de Nuremberg (1945-1946), le chiffre était de 4 millions. C’est ce chiffre que les Polonais, avec l’accord au moins tacite des organisations juives, avaient inscrit en dix-neuf langues différentes sur les stèles du monument d’Auschwitz-Birkenau devant lequel tous les grands de ce monde venaient s’incliner. Sous la pression des découvertes révisionnistes de 1988, il a fallu, en avril 1990, retirer ce chiffre. Pendant cinq ans, on s’est disputé sur le nouveau chiffre à inscrire. En 1994, Franciszek Piper (et non : Pipper) donnait celui de 1.100.000 à 1.500.000. En 1995, on se décidait pour celui de 1.500.000 : c’est celui qu’on a inscrit sur les nouvelles stèles. Le seul Jean-Claude Pressac donnait successivement, en 1989, le chiffre d’un million ; en 1993, celui de 800.000 ; en 1994, celui de 630.000 à 710.000 ; et, en 1995, celui de 600.000 à 800.000. Ce n’est plus une révision. C’est une débâcle.


Le vrai chiffre des morts d’Auschwitz, juifs et non juifs confondus, a peut-être été de 150.000 personnes de mai 1940 à janvier 1945 : 150.000 victimes, en particulier, des épidémies de typhus, épidémies qui ont également tué des médecins allemands, des gardes et des membres de leurs familles.


Je continuerai d’observer Laurent Greilsamer, Nicolas Weill et le journal Le Monde, dont je répertorie avec soin les variations, les erreurs et les manipulations sur le sujet du prétendu génocide et des prétendues chambres à gaz.


24 avril 1996, 11 h 45


[1] Le Monde, 24 avril 1996, p. 10.



Monday, April 22, 1996

Communiqué de presse [n° 2]


Roger Garaudy, l'abbé Pierre, Jacques Vergès et Jean Ziegler font machine arrière et se mettent à dénoncer le révisionnisme ! Je l'avais prévu (voy. mon communiqué du 19 avril, 22 h 30).


Les médias, de leur côté, donnent une version édulcorée du livre de R. Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne et veulent nous faire croire que l'auteur conteste surtout le chiffre de six millions de morts juives. En réalité, la plus grave des contestations de R. Garaudy porte sur l'existence des chambres à gaz et des camions à gaz nazis ; elle est, d'ailleurs, entièrement reprise de mes propres écrits, citations comprises !


Dans Les Mythes fondateurs..., il faut lire les pages 125-135. Le chapitre sur « Les témoignages » s'achève ainsi (p. 125) :


Ce « Shoah-business » n'utilise que des « témoignages » évoquant diverses manières de « gazer » les victimes, sans qu'il nous soit jamais montré le fonctionnement d'une seule « chambre à gaz » (dont Leuchter a démontré l'impossibilité physique et chimique), ni un seul de ces innombrables camions qui auraient servi, par l'émanation du Diesel, de « chambres à gaz ambulantes ». Ni les tonnes de cendres des cadavres enfouis après leur crémation.


Il n'existe aucune photographie des chambres à gaz et les cadavres sont partis en fumée. Il reste des témoins.


Source : Le Nouvel Observateur,

26 avril 1985


L'interminable navet de Claude Lanzmann est ainsi conçu. L'auteur lui-même nous dit : « Il fallait faire ce film avec du rien, sans documents d'archives, tout inventer. »


Source : Libération,

25 avril 1985, p. 22


Quant au chapitre sur « L'arme du crime », la fin en est tout aussi explosive (p. 135) :


Ce n'est certes pas un livre comme celui de Pressac Les Crématoires d'Auschwitz. La Machinerie du meurtre de masse (1993), qui ne consacre qu'un chapitre de vingt pages (sur 147) aux « chambres à gaz » et qui ne cite même pas le Rapport Leuchter auquel il a consacré, en 1990 (toujours financé par la Fondation Klarsfeld), une « réfutation » à laquelle nul n'ose plus se référer, qui équilibrera les analyses de Leuchter.


Tant que n'aura pas lieu, entre spécialistes de compétence égale, un débat scientifique et public sur le rapport de l'ingénieur Fred Leuchter, la contre-expertise de Cracovie de 1990 et celle de Vienne, qui la confirmèrent et l'ensemble du débat sur les « chambres à gaz », le doute existera et même le scepticisme.


Jusqu'ici, à l'égard des contestataires de l'histoire officielle les seuls arguments employés furent le refus de discuter, l'attentat ou la répression.


Ces pages se trouvent au cœur de l'ouvrage de R. Garaudy et lui donnent tout son sens. Ce sont elles – et nulle autre – qu'il convient de rappeler à la mémoire défaillante de leur auteur et de ses amis. Quant aux journalistes, ils n'ont plus le droit d'occulter l'essentiel : le problème des chambres à gaz.


22 avril 1996, 22 h

Friday, April 19, 1996

Communiqué de presse [n° 1]


Je prends connaissance, dans Le Monde daté du 20 avril, de l'article de Nicolas Weill intitulé «L'abbé Pierre soutient les aberrations négationnistes de Roger Garaudy». A supposer que N. Weill dise vrai, voici mes réactions au contenu de cet article :


1. Je me réjouis de ce que tant de personnes, depuis quelques mois, volent au secours de la victoire révisionniste ;


2. Je déplore qu'il ait fallu attendre 1996 pour que ces personnes commencent à entrevoir ce qui, dès 1979, aurait dû être, pour tout le monde, d'une clarté aveuglante : le prétendu génocide des juifs perpétré notamment grâce aux prétendues chambres à gaz nazies n'est qu'un mensonge historique ; je rappelle que j'avais souligné le caractère techniquement impossible de ces prétendus abattoirs chimiques ; or, dans Le Monde du 21 février 1979, trente-quatre historiens français se réunissaient pour signer une déclaration commune qui valait acte de reddition ; ils me répondaient piteusement : « Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu» ;


3. J'attends que, selon l'usage, les personnes mises en cause par l'article de N. Weill viennent prétendre qu'elles n'ont pas dit ce qu'elles ont dit, qu'elles n'ont pas écrit ce qu'elles ont écrit ; j'attends que ces personnes se livrent à des surenchères d'antinazisme (quel courage !) ;


4. Je trouve que ces personnes continuent de tourner autour du sujet. Il faut appeler un chat un chat : ce génocide et ces chambres à gaz sont une imposture. J'ajoute que, si j'étais juif, j'aurais honte à la pensée que, pendant plus d'un demi-siècle, tant de juifs ont propagé ou laissé se propager une pareille imposture, cautionnée par les grands médias du monde entier.


19 avril 1996, 22 h 30

Wednesday, April 17, 1996

Le professeur Faurisson créateur de milliers d’emplois ?


Le 15 avril, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) assignait en référé, devant son juge de dilection, Jean-Pierre Marcus, neuf prestataires d’accès à Internet. Il s’agissait d’obtenir l’interdiction de la présence de textes du professeur Faurisson sur le réseau mondial. Le juge devait donner sa réponse le 12 avril. On l’attend toujours.


A la veille de la décision de J.-P. Marcus, Le Monde a interrogé Alexandre Braun, secrétaire national de l’UEJF, lequel a répondu :


Plusieurs fournisseurs d’accès ont déclaré que la surveillance permanente du réseau mobiliserait des milliers de personnes. C’est beaucoup, mais, en même temps, cela prouve bien que ce n’est pas techniquement impossible [1].


De fait, il est techniquement possible pour l’État de former et de salarier, aux frais du contribuable, des milliers de censeurs qui auraient pour tâche de guetter, jour et nuit, toute apparition sur Internet de textes ou de photographies du professeur : par exemple, la photographie de son visage à la suite d’une grave agression physique, agression que Serge et Beate Klarsfeld avaient jugée «normale et naturelle» [2].


Le professeur se trouverait ainsi à l’origine de la création, en France, de milliers d’emplois et, en Europe, de dizaines de milliers d’emplois. C’est du moins ce que peut donner à entendre une récente déclaration de Jean Kahn, qui souhaite une «Europe éthique» s’inspirant de la législation française pour la répression du racisme et du révisionnisme [3]. J. Kahn est, à la fois, président du consistoire israélite de France, président de la Commission racisme et xénophobie de l’Union européenne et président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (secrétaire général : Gérard Fellous) auprès du premier ministre, Alain Juppé.


17 avril 1996


Notes


[1] Le Monde, section Multimédia, 14-15 avril 1996, p. 28.


[2] La Lettre télégraphique juive, 18 septembre 1989, p. 1 ; Le Monde, 19 septembre 1989, p. 14.


[3] Le Figaro, 15 avril 1996, p. 10.

Friday, April 12, 1996

Pauvre Pressac !


Dans un article du Monde Juif autre que celui dont parle Jessie Aitken [Rivarol, 22 mars 1996, p. 8], Pressac est attaqué pour un chapitre de La Déportation, le système concentrationnaire nazi, ouvrage publié sous la direction de François Bédarida et de Laurent Gervereau à l’occasion du cinquantenaire de la libération des camps : un chapitre qui soulève «une véritable indignation» [1] et «dont on aimerait comprendre pourquoi les directeurs de publication l’ont accepté» [2]. Les auteurs de l’article, parmi lesquels Georges Bensoussan, rédacteur en chef du Monde Juif, dénoncent chez Pressac «perversités», «amalgame», «assertion mensongère», «rapprochement fallacieux» et ils déclarent que «la comptabilité des victimes, toujours fixée à la baisse, n’est que la partie visible du révisionnisme de l’auteur» [3]. Et j’en passe !


[Publié dans Rivarol, 12 avril 1996, p. 4.]

__________

[1] La Déportation, le système concentrationnaire nazi, sous la direction de F. Bédarida et L. Gervereau, Nanterre, BDIC, 1995, p. 185.
[2] Id., p. 186.
[3] Id., p. 188-189.

Thursday, April 4, 1996

Ducasse (1846-1870) et non Lautréamont


Né le 4 avril 1846 à Montevideo où son père est chancelier délégué du consulat de France, Isidore Ducasse est envoyé en France pour y faire ses études aux lycées de Tarbes, puis de Pau. Après ses années de lycée, il vient se fixer à Paris en 1867. L'année suivante, il fait paraître une plaquette anonyme contenant le premier des Chants de Maldoror (texte ensuite inséré dans une revue publiée à Bordeaux), dont l'édition complète en six chants paraît en 1869, à Paris, sous le titre de : Les Chants de Maldoror par le Comte de Lautréamont. En 1870, sous le nom d'Isidore Ducasse, il publie deux minces fascicules : Poésies (I) et Poésies (II), qui sont, délibérément, de la prose la plus plate. Il meurt à Paris, à l'âge de vingt-quatre ans, le 24 novembre 1870, probablement d'une « fièvre maligne ». On n'a jusqu'à présent retrouvé de lui qu'une demi-douzaine de lettres, dont l'une est adressée à Victor Hugo [1], et quelques mots d'envoi adressés à des revuistes.


La gloire de celui qu'on appelle Lautréamont sera posthume et sulfureuse. Les surréalistes en feront leur génie tutélaire et Valery Larbaud parlera de son «romantisme flamboyant». En 1971, je publie dans La Nouvelle Revue Française [2] ; un article sur «Les divertissements d'Isidore». Michel Polac m'invite à la télévision. Il jubile. Quelques extraits des Chants de Maldoror ont suffi à mettre en joie le public venu assister à l'émission cependant que, sur le plateau, des représentants de l'intelligence critique paraissent offusqués. Je viens de révéler que, pour moi, les Chants et les Poésies sont, en réalité, deux fantaisies bouffonnes.


Une soutenance, un match


Le 17 juin 1972, l'amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne va entendre, à ce que disent les connaisseurs, la plus animée des soutenances de thèse qu'ait jamais vécue l'Université française. Onze ans auparavant, j'avais troublé la quiétude des sorbonagres, et en particulier celle de René Étiemble, en publiant chez J.-J. Pauvert un petit ouvrage intitulé A-t-on lu Rimbaud ? Cette fois-ci, le sujet de ma thèse est «La Bouffonnerie de Lautréamont», en instance de parution chez Gallimard sous le titre d'A-t-on lu Lautréamont ? Jacques Robichez préside le jury. Pierre-Georges Castex est le rapporteur (le «patron») de la thèse. Les deux autres membres du jury sont Pierre Citron et Pierre Albouy. La séance commence à 14h et s'achèvera à 20h par la proclamation du résultat : la thèse est admise avec la mention très honorable (c'est-à-dire très bien) ; le jury aurait pu me tenir rigueur de mes saillies à l'endroit de certains de ses membres ; il a été indulgent. Jacqueline Piatier, du journal Le Monde, était présente et signera un papier très favorable où elle dira : «On rit et c'est là l'important ». [3] L'enregistrement de la soutenance de thèse au magnétophone atteste de ce qu'en cinq heures de débat (il convient, en effet, de défalquer environ une heure pour les suspensions de séance) le public s'est fait entendre cent-vingt fois, dont une fois, m'écrira un calculateur, par une rafale d'applaudissements de trente-cinq secondes pour saluer un exposé de l'impétrant sur sa méthode d'analyse des textes. Parfois aussi on entend des protestations ou des invectives : le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR), qui, à l'époque, donnait dans un théâtre de Paris un récital Lautréamont, s'insurgeait contre la thèse sacrilège. Peu après la soutenance, une algarade s'en était suivie : un nez avait saigné.


Au cours de la soutenance, les échanges entre le candidat et le jury avaient, selon P.-G. Castex, pris les allures particulièrement vives d'un match d'escrimeurs. Pierre Citron, pour sa part, avait évoqué «l'autre grand match» et l'assistance avait compris qu'il s'agissait du championnat de boxe Bouttier-Monzon attendu pour le soir même par une bonne partie de la France.


La mystification d'Isidore


«Cent ans. La mystification aura duré cent ans» ; c'est par cette phrase que commençait ma thèse. Je m'étonnais de ce que tant de grands noms de la littérature, de la critique et de l'université eussent parlé d'Isidore Ducasse sans l'avoir lu de près. Les Chants de Maldoror abondaient en attrapes auxquelles s'étaient laissé prendre les étourdis. Dès les premières lignes du vaste canular, les étourneaux auraient dû noter ce «chemin abrupt [...] à travers les marécages». Comment n'ont-ils pas vu les plongeurs glissant «dans la masse aqueuse les bras étendus entre la tête, et se réunissant aux mains» ? Et les mamelles fécondes de ce vieux célibataire qu'est l'océan ? Et le serpent se retrouvant affublé de sandales boueuses ? Les chiens qui se mettent à aboyer comme un chat ? La sueur du rhinocéros ? Les applaudissements du morpion ? Et que dire de « l'obstination, cette agréable fille du mulet », pour peu qu'on se souvienne que le mulet est stérile ? J'en passe et d'aussi cocasses : les évolutions champêtres des poissons, les dunes de sable mouvant, le scalpel qui ricane, les genoux de l'océan, le chasse-neige de la fatalité, la main de la figure, les paupières ployant sous les résédas de la modestie, l'intelligence de Maldoror qui, de l'aveu même de l'intéressé, se met à prendre des proportions immenses. Ce ne sont qu'apostrophes emphatiques, épithètes homériques, cuistreries, périphrases ampoulées, tours vicieux, janotismes : un salmigondis général. A la fin des Chants de Maldoror, le diabolique Isidore va jusqu'à se payer, presque franchement, la tête du bon lecteur : il compte que celui-ci lui rendra justice et reconnaîtra : « Il m'a beaucoup crétinisé» !


Une tradition française


La veine bouffonne et les personnages bouffons occupent une place relativement importante dans la littérature française (ou gauloise). Les personnages inventés par le Gascon Ducasse sont à rapprocher de ceux des soties du Moyen Âge et de certaines créations satiriques dues à la verve de Rabelais, Molière, Racine, Boileau, Fontenelle, Voltaire, Musset, Monnier, Baudelaire, Flaubert, Rimbaud, Labiche, Villiers de l'Isle-Adam (Tribulat Bonhomet), Jarry et Christophe, sans compter même des caractères comiques imaginés par Proust ou Giraudoux. Isidore Ducasse et Pierre Dac sont parfois si proches l'un de l'autre que, dans une liste d'inventions, de formules et d'effets de style signés de ces deux loustics, il est pour ainsi dire impossible de distinguer ce qui revient respectivement à l'auteur de Maldoror et à celui de Furax. Autrefois – les dictionnaires l'attestent –, on disait « gasconner quelqu'un» au sens de mystifier quelqu'un par d'énormes exagérations. Ducasse a gasconné son monde. Les Chants de Maldoror par le Comte de Lautréamont et les Poésies sont deux fantaisies bouffonnes où Lautréamont ressemble à un Tartarin ou à un Fenouillard du vice ou de la vertu bravant « le crabe de la débauche » et « le boa de la morale absente ». Il est probable que, dans les Chants, Ducasse parodie son chancelier de père, au ton noble et sentencieux, et, dans les Poésies, son professeur de rhétorique pour qui les chefs-d'œuvre de la langue française sont les discours de distribution des prix. De même que Gorgibus n'est pas un pseudonyme de Molière ou de Jean-Baptiste Poquelin, de même le pompeux comte de Lautréamont n'a-t-il pas un trait de ressemblance avec Isidore Ducasse. Il n'est ni le porte-parole, ni le pseudonyme de ce dernier. Il est à l'opposé de son facétieux créateur. Isidore se moque de Lautréamont et de Maldoror.


Vraiment drôle ?


Ducasse voulait être drôle. L'est-il vraiment ? Pour ma part, j'estime que non, car ses deux œuvres sont expédiées comme des pochades. En revanche, rien ne devrait susciter la gaîté comme le sérieux avec lequel la Critique et surtout la Nouvelle Critique telquéliste, derridienne, kristevienne, épistémique et intertextuelle commentent les écrits de ces deux représentants de la bêtise prudhommesque que sont le Chantre et le Poète imaginés par notre farceur. De ce côté-là, le spectacle continue...


Heureusement, quelques esprits libres publient sur Isidore Ducasse le résultat de recherches dépourvues de tout chiqué. Parmi eux, un amateur éclairé, Jean-Jacques Lefrère

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4 avril 1996


Notes


[1] Une seule édition des œuvres complètes d'Isidore Ducasse est à recommander, celle des «fac-similés des éditions originales», publiée par La Table Ronde en 1970.


[2] La Nouvelle Revue Française, janvier 1971, p. 67-75.


[3] Jacqueline Piatier, « Maldoror entre M. Prudhomme et M. Fenouillard », Le Monde, 23 juin 1972.

[4] A. Guillot-Muñoz, A. Rodríguez, F. Caradec, Lautréamont à Montevideo ; J.-J. Lefrère, Le Visage de Lautréamont, Horay, 1977, et, à partir de 1987, la revue semestrielle des Cahiers Lautréamont.