Monday, July 3, 1995

Encore un jour dans la vie d'un révisionniste


En cette seule après-midi du 3 juillet 1995, je suis passé à ma banque pour l’affaire du versement de 42.208 F au Trésor public (Paris-Amendes) et chez les huissiers de mes adversaires pour leur verser en espèces mille francs comme je le fais chaque mois.

A peine rentré à mon domicile, je reçois un appel de mon avocat qui me téléphone pour me dire que Me Lorach me réclame ses quatre mille francs d’un très récent procès où nous sommes condamnés à verser 29.000 F.

Le 14 octobre 1994 (nouvelle mouture le 14 novembre), dans mon texte intitulé « Attention ! Ceci n’est pas un appel à l’aide mais une information », j’écrivais, à la page 4, que j’avais versé en l’espace de dix-huit mois (avril 1993–octobre 1994) 152.308 F et qu’il me restait à verser, au 14 octobre (14 novembre) 1994, 109.092, 51 F.

Depuis ce 14 octobre (14 novembre) 1994, je peux dire qu’à la date d’aujourd’hui (3 juillet 1995), j’ai versé 52.508 F (10.300 F aux huissiers et 42.208 F au Trésor).

Autrement dit, en 18 mois, j’ai versé 152.308 : 18 soit 8.460 F par mois ; puis, en huit mois, j’ai versé 52.508 : 8 soit 6.563 F par mois. Au total, en 18 + 8 mois = 26 mois, j’ai versé 152.308 F + 52.508 F = 204.816 F, soit une moyenne de 7.877 F par mois.

Et je ne parle pas de multiples frais annexes. En gros, le révisionnisme me coûte huit mille francs par mois, au minimum, pour les seuls procès. Et ce n’est pas fini !

3 juillet 1995

Sunday, July 2, 1995

Simon le menteur


En décembre 1945, soit sept mois après sa libération du camp de Mauthausen, Simon Wiesenthal, installé à Linz (Autriche), terminait un livre de quatre-vingt-cinq pages intitulé KZ Mauthausen. Il s'agissait d'un recueil de dessins ou de caricatures de la plus basse qualité artistique. Déjà épris de vengeance, l'auteur avait choisi pour épigraphe la prière suivante : «Seigneur, ne leur pardonnez pas, car ils savaient ce qu'ils faisaient !» Le petit ouvrage s'ouvrait sur de prétendues «confessions sur son lit de mort» (Totenbettgeständnisse) de Franz Ziereis, commandant du camp de Mauthausen, grièvement blessé par des sentinelles américaines. Juste avant de mourir, F. Ziereis, qu'on avait laissé agoniser pendant six à huit heures au lieu de le soigner, avait, à ce qu'on dit, avalisé une «confession» qui était des plus folles par ses exagérations et ses extravagances. Je ne reviendrai pas sur ces dernières que j'ai déjà signalées dans «Bibliographie critique au second rapport Leuchter (Dachau, Mauthausen, Hartheim)» [1].


Parmi les dessins du livre de S. Wiesenthal figurait, sous le titre «Der Galgen» (La potence), un dessin représentant trois détenus en tenue rayée aux corps pantelants encore attachés aux poteaux où ils viennent d'être fusillés. Ce dessin était accompagné d'un commentaire où S. Wiesenthal évoquait le plaisir sadique que les bourreaux SS prenaient, paraît-il, à voir et à photographier de telles exécutions.


En 1984, le révisionniste David McCalden consacrait une étude à la supercherie : S. Wiesenthal s'était inspiré d'une photographie parue dans Life du 11 juin 1945, p. 50, et montrant trois soldats allemands fusillés par des soldats américains pour avoir revêtu des uniformes américains durant l'offensive des Ardennes (the Battle of the Bulge) en décembre 1944 [2].


Il faut croire que les révisionnistes avaient raison quand ils dénonçaient à la fois cette supercherie et l'emploi fait pas S. Wiesenthal de la prétendue confession de F. Ziereis. L'ouvrage de S. Wiesenthal vient d'être luxueusement réédité. On n'y trouve plus ni la confession de F. Ziereis, ni le dessin des trois internés, prétendument fusillés à Mauthausen par les Allemands [3].


Un détail à noter : en 1946, S. Wiesenthal se présentait, en page de garde de son livre, comme ingénieur diplômé. Bien des révisionnistes ont contesté qu'ils ait jamais possédé cette qualité et ce diplôme. En 1995, S. Wiesenthal n'en fait plus état.


Entre Élie Wiesel et Simon Wiesenthal, qui se détestent cordialement, il est difficile d'opérer un choix et de décider à qui revient la palme du faux témoignage [4].


2 juillet 1995


Notes


[1] Voy. Ecrits révisionnistes (1974-1998), p. 99-100, 110 [dans les chapitres VI et VII du texte "Le « Journal » d’Anne Frank est-il authentique ?"] sur le document de Nuremberg PS-1515 du 24 mai 1945, ainsi que p. 1073 du même ouvrage (vol. III). Dans cette bibliographie critique, j'écrivais : « Cette séance de torture [subie par F. Ziereis] s'est déroulée en la présence du général américain Seibel, commandant la 11e Division blindée et toujours vivant, en 1989, à Defiance, dans l'Ohio. » La revue autrichienne News (17 avril 1995, p. 43-44), qui consacre un compte rendu élogieux à la réédition en 1995 de l'ouvrage de S. Wiesenthal, publie une photographie de Richard Seibel observant F. Ziereis sur son lit de mort ; il est assis tout près de la tête du lit ; Ziereis, la mine défaite, semble parler à ses interlocuteurs. News décrit cette photographie comme « jusqu'ici inconnue ». Une autre photographie montre S. Wiesenthal et R. Seibel côte à côte en 1995, comme des amis de longue date. R. Seibel, 88 ans, rit à pleines dents. Il est dit « colonel ».


[2] D. McCalden, Simon Wiesenthal exposed, Archives McCalden.


[3] S. Wiesenthal, Denn sie wussten, was sie tun. Zeichnungen und Aufzeichnungen aus dem KZ Mauthausen, Vienne, Franz Deuticke Verlagsgesellschaft, 1995.


[4] Voy. M. Weber, «Simon Wiesenthal, le faux "chasseur de nazis"», Revue d'histoire révisionniste, n° 5, novembre 1991, p. 180-197.


Saturday, July 1, 1995

Auschwitz. Documentaire télévisuel


La Mort en face (2) : La machine [du meurtre de masse].


Deuxième d’un ensemble de trois émissions, apparemment d’une heure chacune, sur Auschwitz. Documentaire de William Karen et Blanche Finger (1995) avec la collaboration de Philippe Alfonsi. Télévision câblée «Planète» ; émission probablement du 31 mai 1995. Voix de Jean-Claude Dauphin.


Le personnage central est le «témoin», survivant d’un Sonderkommando, Henryk Mandelbaum.


Or, par inadvertance, les auteurs du documentaire discréditent par avance ce témoin. Au début, on entend, en effet, Franciszek Piper, responsable du musée d’Auschwitz, déclarer que le nombre des victimes d’Auschwitz se situe entre 1 million et 1,1 million et que le chiffre de 4 millions a été donné par les Soviétiques qui se sont fondés sur des témoignages et, en particulier, celui de H. Mandelbaum ! Donc, ce témoin présente l’inconvénient d'avoir multiplié les chiffres par près de quatre.


Le récit entraîne légendes et ragots habituels sur les 1) Allemands) qui ont tout détruit des traces de leurs crimes, 2) sur le « langage codé » à décoder pour comprendre ce que les nazis voulaient dire, 3) sur l’ordre de Himmler d’arrêter les gazages, sur les enfants jetés vivants dans les flammes des bûchers ou des fours crématoires.


On recourt aux photos de l’Album d’Auschwitz qui, en fait, plaident toutes contre la thèse de l’extermination et des chambres à gaz.


On utilise les grotesques dessins de David Olère (qui souffrait, d’après Pressac lui-même, de «Krematorium delirium»).


On ne nous épargne même pas les trois photos constamment citées comme preuves : femmes nues ainsi que cadavres sur le sol avec fumée claire dans le fond.


Un comble : nous avons droit aux bûchers près desquels on recueillait la graisse coulant des cadavres ! On récupérait cette graisse et on la reversait sur les bûchers !


Des vues de Mauthausen, de Majdanek, d’une évacuation de Dachau, etc. nous sont montrées comme s’il s’agissait d’Auschwitz.


Aucune représentation physique de l’arme du crime.


Le Krema-I et sa chambre à gaz nous sont présentés comme s'ils étaient authentiques alors que « tout y est faux [1] ». On se garde bien de nous montrer les deux petites portes de bois de la chambre à gaz. La procédure prétendument utilisée est vaguement décrite sans qu’à aucun moment on ne nous montre les lieux (orifices d’introduction, emplacement de la salle de déshabillage, de la chambre à gaz, place pour entreposer les cadavres en attente d’incinération). Mandelbaum dit qu’ils travaillaient, lui et ses collègues, sans masque à gaz dans la chambre à gaz où s’amoncelaient les cadavres. « Il y avait encore une odeur de gaz.» «Il en restait certainement» mais «nous devions le faire [ce travail]» !


Un témoin parle des «trois fenêtres» par lesquelles les SS versaient trois boîtes de Zyklon.


Les Allemands avaient planté des arbres de sorte qu’on ne pouvait pas voir le lieu du crime !


Au sujet de la connaissancze ques les internés pouvaient avoir des «gazages», on nous dit indifféremment soit : «Personne ne savait», soit : «Tout le monde savait». Pour sa part, l’ingénieur Igor Trochanski déclare qu’il savait tout.


Le charpentier Wladislaw Foltyn raconte une histoire impossible, vue la configuration réelle des lieux : il parle d’une chambre à gaz de Birkenau comme si celle-ci était à la surface du sol et comme si, la porte s’ouvrant, les cadavres étaient visibles.


On nous débite les histoires habituelles sur Vergasungskeller (le mot n’est pas prononcé), sur les testeurs de gaz, sur les sextravagantes prouesses des fours, sur Topf et sur Prüfer. On nous annonce qu’un SS a avoué ; en fait, il a simplement vu, un jour, des cadavres.


La musique, le son, la voix du commentateur, les images, tout est à l’aune de ce contenu où l’on note pléthore de clichés vagues, vides, émotionnels.


1er juillet 1995



[1] Éric Conan rapportant les propos des autorités d’Auschwitz dans L’Express du 19 janvier 1995, p. 68.