Saturday, May 15, 1993

Lettre à Ernst Nolte


Mon cher collègue,


Je crois que ma dernière lettre date de près de deux ans, exactement du 21 juillet 1991. Je vous y faisais une proposition et je vous y lançais une invitation. Sauf erreur de ma part, vous n’y avez pas même répondu. Je vous disais :


Il faudrait manifestement que nous nous rencontrions. Je vous renouvelle donc mon offre d’aller vous voir à Berlin ou de vous recevoir à Vichy.


Vous vous mépreniez sur le révisionnisme. Une rencontre était d’autant plus nécessaire que vous prépariez, à ce que je vois, un livre dont un chapitre serait consacré à ce que vous ne craignez pas d’appeler le révisionnisme «radical» avec toutes les graves implications de ce mot. Si, de mon côté, j’avais eu à rédiger un chapitre sur vous et si, dans votre correspondance, vous me faisiez sentir que je faisais fausse route, j’aurais estimé qu’il était de mon devoir d’historien d’aller à votre rencontre, surtout si vous aviez pris l’initiative et aviez eu l’obligeance de me proposer cette rencontre.


Je viens de découvrir, à mon retour de Washington, la copie de votre lettre du 23 avril à ma sœur. Cette lettre confirme mes craintes.


Sachez, pour commencer, que ma sœur est pour moi la plus précieuse des collaboratrices. La qualité de son travail est exceptionnelle. Elle connaît assez bien l’argumentation révisionniste et prend sa part des épreuves qu’il nous faut traverser. Mais elle n’est pas mon porte-parole et ne se vante d’ailleurs pas de l’être. Elle vous écrit ce qu’elle veut et n’a pas à me consulter là-dessus. Elle, c’est elle ; et moi, c’est moi.


Je laisserai de côté quelques points de votre lettre qui ne me paraissent pas appeler de commentaire particulier. Je me limiterai à six points qui me laissent perplexe [1] :


1. Comment pouvez-vous prendre la grave responsabilité d’accoler l’épithète de «radikal» au révisionnisme de Paul Rassinier, Robert Faurisson et de Pierre Guillaume ? Cette épithète implique, que vous le vouliez ou non, une critique... radicale. Nous sommes ainsi présentés comme des gens excessifs pour ne pas dire extrémistes, et extrémistes pour ne pas dire d’extrême-droite. Il y a là-dedans, en plus d’un jugement intellectuel (qui est faux), un jugement moral et un jugement politique (que je m’abstiendrai de qualifier). Pour ma part, je nous estime aussi peu «radicaux» que pouvaient l’être Galilée et ses pareils; ils affirmaient : « De deux choses l’une : ou la terre est mobile ou elle est immobile. Pour nous, elle est mobile.» Leur radicalisme n’allait pas plus loin. Dire que la terre est à la fois un peu mobile et un peu immobile permet de se faire passer pour un homme modéré, prudent, raisonnable, mais c’est une sottise, n’est-ce pas? De la même façon, la question de savoir si les Allemands ont utilisé ou non une arme d’extermination systématique ne peut pas être évitée. Je dirais: «Ou bien les chambres à gaz nazies ont existé ou bien elles n’ont pas existé. » Et jusqu’à présent, j’ai vu le professeur Nolte insinuer que «chambres à gaz nazies ou pas, quelle importance ?» En fin de compte, je ne vous ai jamais entendu nous dire si ces chambres ont existé ou non ! Professeur Nolte, ces chambres à gaz ont-elles existé ? Oui ou non ?


Soyez assez aimable pour répondre à cette question au lieu de la commenter ou de parler d’autre chose.


2. Que signifie «des déportations spontanées» (»Deportationen [...] auf Freiwilligkeit «) ?


3. Vos deux souvenirs d’enfance vous ont, dites-vous, beaucoup marqué. Je laisserai de côté le premier parce qu’il m’entraînerait trop loin. Je vais retenir le second, et, bien sûr, ce n’est pas l’enfant qui m’intéresse ici mais le septuagénaire, sage professeur d’histoire, qui a tiré une leçon, pour la vie, d’un épisode jugé significatif. Soit dit en passant, je crains que vous n’ayez eu une enfance bien trop privilégiée par rapport à l’enfance de centaines de millions d’enfants, pendant la guerre, en Europe, en Chine, au Japon, en Russie, etc. J’ai vu, pour ma part, quelques horreurs pendant l’été 44 et j’ai connu dans ma vie d’adulte quelques épreuves qui me font paraître malheureusement bénins l’épisode d’une mère et de sa fille, portant l’étoile juive et se séparant sur un quai de gare; deux SS emmènent la vieille dame (sans brutalité, je le suppose, sinon vous l’auriez noté) dans un compartiment de chemin de fer dont ils invitent d’un ton «rogue» quelques jeunes gens à le quitter pour s’installer dans un autre compartiment. Pour ce qui est du ton «rogue», on peut se demander quelle expérience vous avez bien pu avoir, dans votre vie, de la police allemande ou de la police française quand cette police est de corvée; je vous conseille là-dessus de venir constater aujourd’hui en France le genre d’accueil qu’on vous réserve généralement dans un commissariat de police, fût-ce à Vichy, ville paisible pourtant. Je vous signale aussi qu’en France, quand deux gendarmes escortent quelqu’un dans un train, ils font évacuer un compartiment, s’y installent seuls et bloquent la porte. La leçon que vous tirez de cette affaire est surprenante de la part d’un historien ; je la comprendrais chez un adolescent mais je ne la comprends plus du tout chez un adulte raisonnable. A propos du port forcé de l’étoile et du comportement de ces SS envers cette vieille dame et les jeunes gens, vous avez pensé: «Celui qui fait cela est littéralement capable de tout.» Quelle naïveté ! Voulez-vous dire : capable de tuer ? Capable de gazer ? Et vous ajoutez : «C’est pourquoi je n’ai jamais pu tenir les nouvelles à propos des “camps d’extermination” à l’Est, qui se répandirent en 1945, pour simple propagande de guerre.» Mais que veulent dire les mots suivants : les «nouvelles» ? Les «camps d’extermination» ? «simple propagande de guerre» ? Voulez-vous dire que vous reconnaissez avoir été réceptif à tout ce que disaient, en particulier, les Soviétiques et les Polonais ? Voulez-vous dire qu’il n’y aurait pas de fumée sans feu ? Ne savez-vous pas que les calomniateurs n’aiment rien tant que l’adage «il n’y a pas de fumée sans feu» ? Ignorez-vous que le fumier laisse échapper de la fumée alors qu’il n’y a pas de feu (et donc le fumier de la propagande de guerre) ? N’y a-t-il pas une étonnante naïveté à se dire – fièrement – prêt à croire n’importe quoi au sujet de celui qu’on n’aime pas ? Je vous suggère une autre interprétation de l’épisode en question, une interprétation qui devrait intéresser le professeur d’histoire: en cette circonstance, voilà des SS qui ne brutalisaient pas des juives ; qui laissaient une jeune juive, sur un quai de gare, embrasser sa vieille mère et qui laissaient repartir, libre, la jeune juive ; la vieille juive n’était pas embarquée dans un wagon à bestiaux. Pourquoi avoir arrêté la vieille et non la jeune ? La vieille présentait-elle, du point de vue de la police, un cas particulier ? Je n’en sais évidemment rien. A votre place, je suspendrai mon jugement. Ces deux dames étaient marquées de l’étoile jaune. C’est certainement déplorable mais relisez ce que j’en dis dans mon interview à Storia Illustrata et songez que le marquage d’énormes groupes de population est malheureusement une constante de bien des guerres. Avez-vous vu, à la «Libération», des femmes tondues ? Avez-vous vu des millions d’Allemands, en temps de paix, marqués du badge N [2] ? Que devient, avec votre épisode, la politique d’extermination de tous les juifs ?


4. Vous dites de vos expériences personnelles qu’elles sont des indices ou des indications (Hinweise) ; mais des indices ou des indications de quoi au juste ?


5. En dernière page, vous écrivez: «Je donnerais raison aux révisionnistes s’ils se limitaient à dire : beaucoup de ce que l’on tient pour prouvé est incertain et même impossible. Je ne leur donne pas raison quand ils affirment que des événements aussi extraordinaires ne sont qu’un “bobard de guerre”. » Je voudrais bien savoir quels sont ces «événements aussi extraordinaires» que nous appellerions un « bobard de guerre ». A ma connaissance, nous n’avons appelé «bobard de guerre» que les prétendues chambres à gaz nazies et ce que l’usage de ces chambres aurait impliqué. Les révisionnistes font ce que vous souhaitez. Ils ne cessent de répéter que «beaucoup de ce que l’on tient pour prouvé est incertain et même impossible.» A ce titre, ils citent, par exemple, non seulement les magiques chambres à gaz mais aussi les chambres à vapeur, les chambres à électricité, les pompes à faire le vide, les piqûres d’air, les piqûres d’acide cyanhydrique, le savon ou les engrais fabriqués avec de la graisse de juifs, les abat-jour en peau humaine, les viols systématiques de juives, les expériences impossibles sur les jumeaux, les juifs précipités vivants dans des fours crématoires ou dans des hauts-fourneaux, les confessions délirantes de soldats, d’officiers et de fonctionnaires allemands, les chiffres extravagants de victimes (les quatre millions d’Auschwitz ; le million et demi d’Auschwitz; le total, chez Hilberg, de cinq millions cent mille; le total, chez Reitlinger, de quatre millions quatre cent mille)... Voulez-vous que je continue la liste interminable des mensonges sur le compte des vaincus ? A côté de cela, jamais les révisionnistes n’ont contesté la réalité de certaines horreurs de la guerre dont les juifs ont été les victimes, parmi des millions d’autres victimes de cette sanglante boucherie. Voyez, par exemple, le tableau ci-joint des souffrances subies par les juifs; j’avais dressé ce tableau pour les jurés du second procès Zündel en 1988 à Toronto. Vous trouverez mention de tout cela dans la transcription des deux procès : celui de 1985 et celui de 1988. Vous en avez, je l’espère, le compte rendu minutieux dans le livre de Lenski et surtout dans l’opus magnum de Barbara Kulaszka, que j’ai préfacé.


6. Il vous semble, dites-vous, «très vraisemblable que les révisionnistes vous accorderont au moins un effort d’objectivité tandis que l’autre partie manifestera une grande indignation» parce que vous aurez parlé de nous. Vous avez tort, je le crains, de raisonner ainsi. Ne comptez pas sur notre compréhension de ces deux arguments-là. Vous ne serez pas jugé de cette façon, c’est-à-dire sur des notions aussi vagues qu’un «effort» et une «indignation». Nous mettrons côte à côte ce que nous avons réellement dit et ce que vous nous aurez fait dire; s’il y a adéquation, vous serez bien jugé mais, s’il n’y a pas adéquation, vous serez mal jugé. Les hauts cris poussés par la partie adverse ne nous intéressent pas ; ils ne seront pas la preuve que vous avez été honnête et courageux. Ne vous présentez pas d’avance en victime prise entre l’enclume et le marteau. Cette partie adverse pousse toujours des cris de ce genre. Ces cris ne signifient plus grand-chose. Votre carrière – bien sage – est derrière vous, de toute façon.


J’en ai terminé avec les six points annoncés. Je vais maintenant aborder un bien triste sujet: celui du comportement des historiens allemands, tels queBroszat, Jäckel, Benz, Jagschitz, etc. Ces gens ont déshonoré, déshonorent la science historique allemande par leur couardise et leur malhonnêteté. Je les trouve, aussi, bêtes et lourds. Ils font partie de ces gens qui n’ont à la bouche que le mot de Kontext, un mot facile qui donne l’impression qu’on est sérieux, mais qui est vague et permet toutes les échappatoires dont une en particulier: celle qui conduit à ne pas traiter du plus difficile, c’est-à-dire du texte. Il ne faut pas aller du contexte au texte mais du texte au contexte. Il faut commencer par le commencement. Le reste – qui est si facile – vient après.


J’espérais qu’un Nolte ferait montre de courage et d’honnêteté mais il a inexplicablement décliné mon offre d’une rencontre, pourtant indispensable. A moins que je ne me trompe, il n’a pas même pris la plume pour me dire qu’il déclinait cette offre. Et je constate aujourd’hui les dégâts avec cette lettre adressées à ma sœur et qui contient tant de graves ambiguïtés qui, en une rencontre d’une heure, auraient été levées. Notez bien que, dans cette rencontre, je n’aurais rien ajouté à ce que nous avons écrit mais, voilà: d’abord, nous avons énormément écrit et vous n’avez pas pu tout lire et, enfin, on peut mal lire ce qu’on lit. Je vous aurais prouvé, textes en main, que certaines de vos affirmations sur notre compte étaient infondées.


Ma lettre est longue parce que je veux prendre date avec l’histoire. Quand votre ouvrage paraîtra, je pourrai dire que je vous ai averti et que je n’ai pas ménagé ma peine pour le faire en dépit de la vie terrible que m’imposent les ennemis de l’exactitude historique.


Sauverez-vous, par votre livre, l’honneur des historiens allemands ? Il me reste à le souhaiter.



P.J. – Les quatre tableaux de Toronto (1988), en particulier le troisième : “What Really Happened to the Jews ? They suffered specific measures (equals persecutions), war, internment, deportation, transit camps, concentration camps, labour camps, ghettos, diseases, execution of hostages, reprisals, massacres.” [Qu’est-il réellement arrivé aux juifs ? Ils ont subi des mesures spécifiques (ce qui équivaut à une persécution), la guerre, l’internement, la déportation, les camps de transit, de concentration, de travail, les ghettos, les maladies, les exécutions d’otages, les représailles, les massacres.


– «Les chambres à gaz en voie de disparition ?» (10 avril 1992, article qui me vaut poursuite pour un fragment de phrase) – «Une date dans l’histoire du révisionnisme: le 22 avril 1993...» (six pages)


– « L’aventure révisionniste» (deux pages) – « A Memorable Quotation», Remarks, novembre 1992 – « Pierre Vidal-Naquet tuerait Faurisson. » (une page)


– « Les témoins [...] » (deux pages)


15 mai 1993



Notes


[1] Le professeur Faurisson fait ici référence au livre qu’allait publier le professeur Nolte, Streitpunkte..., et surtout au chapitre 15, Die »Endlösung des Judenfrage« in der Sicht des radikalen Revisionismus, La «solution finale de la question juive» dans la perpective du révisionnisme radical, p. 304-319. [NdÉ]


[2] NdA : première lettre de Niemiec, mot polonais signifiant «Allemand ».

Sunday, May 2, 1993

A Red-Letter Day for Revisionism, April 22, 1993 / The US Holocaust Memorial Museum: A Challenge




The question of the existence or non-existence of the Nazi gas chambers is one of considerable historical importance. If the gas chambers existed, they provide evidence that the Germans attempted to physically exterminate the Jews; on the other hand, if they didn't exist, we have no evidence of such an extermination attempt. Pierre Vidal-Naquet, a leading French anti-Revisionist, is under no illusion. To those tempted to give up the controversy over the gas chambers, he has warned that to jettison the gas chambers "is to surrender in open country" (Nouvel Observateur, Sept. 21, 1984, p. 80.) One can only agree. The gas chambers are not – contrary to what Jean-Marie Le Pen once remarked – a mere footnote ("point de détail") of Second World War history. Thus, those who contest their existence are subject to judicial sanction in France and some other countries.

Nor could the monumental US Holocaust Memorial Museum in Washington, which was formally dedicated on April 22, 1993, allow itself to ignore the Nazi gas chambers. The question remained: What kind of physical representation of this terrifying weapon would the new Museum provide?

We now know the answer, and it is dismaying: For lack of anything better this opulent museum – which has cost American taxpayers and donors from the American Jewish community more than $150 million – has been reduced to showing us, as its only model of a homicidal gas chamber, a casting of a gas chamber at the former Majdanek camp in Poland: a gas chamber for … delousing. As I shall explain, even Jean-Claude Pressac, author of a 564-page work published in 1989 in cooperation with the Beate Klarsfeld Foundation of New York, was obliged to acknowledge that this room was merely a delousing chamber.

This is nothing new. As early as 1945 the Americans were portraying four delousing (disinfestation) chambers in the Dachau camp (Germany) as homicidal gas chambers.

Those in charge of the new Holocaust Museum in Washington have resorted to so grave an imposture, I believe, because they are forced to do so: they are not able to offer visitors a physical representation, in any form whatsoever, of one of the chambers, we are told incessantly, the Germans used to murder swarms of victims.

My Challenge in Stockholm and Washington

On March 17, 1992, I threw down the gauntlet to the Jewish organizations of the entire world. On that day, after arriving in Stockholm at the invitation of my friend Ahmed Rami, I issued a challenge of international scope to the Swedish media. It consisted of this nine-word sentence: "Show me or draw me a Nazi gas chamber!" These words were accompanied by two pages of explanation.

According to my information, the Swedish media, eager to answer my challenge, immediately contacted every possible source in order to obtain photographs of Nazi gas chambers. To their consternation, they discovered that no such photographs exist, and that the facilities or rooms currently portrayed to tourists at Auschwitz and elsewhere as homicidal gas chambers have none of the characteristics of such chemical slaughterhouses. Although the Swedish media levelled innumerable personal attacks against me, my challenge was not mentioned in a single newspaper article, or in a single word on radio or television.

Over the months the embarrassment would grow among those who propagate the thesis of the physical extermination of the Jews during the Second World War: hence the frenzied agitation that has gripped Jewish organizations worldwide.

On April 21, 1993, I renewed my challenge in Washington, this time directing it to the officials of the Holocaust Museum that was to be dedicated there the next day, with President Clinton, several heads of state, and Elie Wiesel in attendance. Among the Museum officials I had in mind, I was thinking especially of Michael Berenbaum, its Research Institute Director. My challenge in Washington can be summed up as follows:

Tomorrow the US Holocaust Memorial Museum will be dedicated in Washington. I challenge the Museum authorities to provide us a physical representation of the magical gas chamber. I have searched for 30 years for such a representation without finding it: neither at Auschwitz, nor in any other concentration camp; not in a museum, or a book; neither in a dictionary nor an encyclopedia; not in a photograph, model or documentary film.

Of course I am acquainted with certain attempts at representation, but all of them are illusory. None withstands examination. In particular, when one understands the extreme dangers of using Zyklon B (a commercial insecticide) or hydrocyanic acid (HCN), one quickly realizes that the sites sometimes portrayed to tourists as homicidal gas chambers could never have served as chemical slaughterhouses without enormous danger for everyone in the area. When one understands the extreme – and inevitable – complexity of a gas chamber for the execution of a single man by hydrocyanic acid in an American penitentiary, one sees immediately that the places portrayed as Nazi "gas chambers" – where, day after day, veritable swarms of victims were supposedly killed – lack today (and lacked then) the least bit of the formidable machinery that would have been required.” Apart from the matter of sealing the chambers, one of the most serious problems to solve would have been that of the entering the HCN-saturated chamber after the execution to remove the corpses, themselves saturated with the same poison. Hydrocyanic acid penetrates into the skin, the mucous membranes, and the bodily fluids. The corpse of a man who has just been killed by this powerful poison is itself a dangerous source of poisoning, and cannot be touched with bare hands. In order to enter the HCN-saturated chamber to remove the corpse, special gear is needed, as well as a gas mask with a special filter. Because physical exertion must be kept to a minimum (it accelerates respiration, reducing the filter's effectiveness), it is necessary, before entering the area, to evacuate the gas, and then neutralize it. On this matter, I refer to the documents on gas chambers used in American penitentiaries that I published in 1980. [1]

I warn the officials of the US Holocaust Museum and, in particular, Mr. Berenbaum, that tomorrow, April 22, 1993, they need not offer, as proof of the existence of Nazi gas chambers, a disinfection gas chamber, a shower room, a morgue, or an air-raid shelter. I am even less interested in a section of a wall, a door, a pile of shoes, a bundle of hair, or a heap of eyeglasses. I want a portrayal of an entire Nazi gas chamber, one that gives a precise idea of its technique and operation.

Evasion and Trickery

I knew this challenge could not be answered because, as a matter of fact, for half a century they have been telling us about Nazi gas chambers without ever showing us one. I also fully expected that the Museum would be reduced to playing a trick of some kind. But just what kind of trick?

The answer would come the next day, April 22, the date of the formal dedication. (The Museum opened to the public on April 26.) On the 22nd, I obtained a copy of a book of about 250 pages that presents itself as a sort of catalogue of the new Museum.

This book is by Michael Berenbaum, and is entitled The World Must Know: The History of the Holocaust As Told in the United States Holocaust Memorial Museum (1993, xvi + 240 pages). On page 138 are three photographs:

– The first shows a Zyklon B canister and some pellets of Zyklon B, which is described as a "highly poisonous insecticide."

– The second shows "a casting of the door to the gas chamber at Majdanek … from the outside, SS guards could observe the killing through a small peephole."

– The third photograph shows "the inside of a Majdanek gas chamber. The blue stain is a chemical remnant of Zyklon
B."[2]

The first photograph proves nothing more than that the Germans used the insecticide Zyklon B. (This commercial product was used throughout the world.) The second and the third photos should be familiar to visitors of the former Majdanek camp in Poland. They will recognize the outer door and the interior door, as well as a portion of the inside of the first chamber shown to visitors there as an execution gas chamber, even though this room has all the characteristics of a delousing gas chamber. In this regard, I will not cite here my own research, including my photographs that show the entire room, including the little annex containing a stove to provide the heat, which was essential to circulate the HCN from Zyklon B. (In the second photograph described above, the intake vent for the air heated by the furnace can be seen, at hip height, on the right.) Nor shall I cite here the expert report of American gas chamber specialist Fred Leuchter, which concludes definitively that this room was a delousing gas chamber where, not human beings but, at most, typhus-bearing lice were killed.

J.-C. Pressac's Admission

I shall content myself here by referring to Jean-Claude Pressac, protégé of the Beate Klarsfeld Foundation and author of the 1989 anti-Revisionist work Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers (a misleading title, by the way). Here, then, is Pressac's opinion of the room that Berenbaum dares to portray as a homicidal gas chamber:

The red-ochre bricks stained with dark blue were for him [Bernard Jouanneau, an attorney who opposed Faurisson in a 1982 court case in Paris] material and visible proof of the existence of homicidal gas chambers. The problem, for there is one, is that the gas chamber presented has all the characteristics of a DELOUSING [sic] installation. I am not saying that it was never used to kill people, for that is possible [here, Pressac is wrong. - R.F. [3]] but the traces of Prussian blue are an absolutely certain indication of use for delousing purposes. (p. 555.)

Pressac goes on to note that the presence of a peep-hole is no proof of a homicidal gas chamber because a delousing gas chamber may be furnished with such a peep-hole. He concludes:

I am sorry to say, and I am not the only one in the West, that the Majdanek homicidal and/or delousing gas chambers are still waiting for a true historian, which is mildly upsetting in view of the fact that the camp fell into the hands of the Russians intact in 1944 (p. 555.)

On page 557 he presents a photograph of the exterior of the gas chamber in question and of another gas chamber located in the same building. According to the caption, this is a photograph:

showing one of the disinfestation gas chambers thought to be a homicidal gas chamber. Between the two doors with their inspection peep-holes, the darker bricks are of Prussian blue colour, a sign of prolonged use of "Blausäure/blue acid," in other words hydrocyanic or prussic acid sold as a delousing agent under the name of “Zyklon B”.

It should be noted that these gas chambers were in the “Bad und Desinfektion” (Bath and Disinfection) building, located right at the entrance to the camp, and in plain view.

It is understandable that in his "Bibliographical Note" (pp. 224-232) Berenbaum makes no mention of Pressac's 564-page book.

A New Advance for Revisionism

In 1978 President Jimmy Carter established a commission charged with creating a federal government Holocaust memorial museum. He chose as its chairman Elie Wiesel, thereby providing Arthur Butz with the inspiration for a comment both accurate and sarcastic: A historian was needed, but a histrion was chosen.

The choice of Berenbaum as the Museum's "scholarly" authority is of the same nature. Berenbaum is an adjunct professor of theology at Georgetown University. Where a historian was required, a theologian was chosen - which is appropriate because, for some years now, in place of the history of the "Holocaust," Jewish organizations have substituted the religion of the "Holocaust."

The central pillar of this religion, as I have often said, is "the magical gas chamber that, like a mirage, is the image of nothing real."

To portray this "central pillar," Museum officials selected a delousing gas chamber falsely labelled as a homicidal gas chamber. Although it was designed and built by the Germans as a facility for protecting the health of Jewish and non-Jewish prisoners, it is presented to us as an instrument for the torture and murder of these inmates. This portrayal epitomizes the deceit and the effrontery of the zealots of the "Holocaust" religion.

The time has come for a little more intellectual honesty and sanity regarding the story of the Jewish people's real misfortunes during the Second World War. Visitors to the new Holocaust Museum in Washington – particularly American taxpayers, without whom it would not exist – have a right to demand an accounting from Mr. Berenbaum and his friends. A recent article in the Los Angeles Times was headlined "Poll Finds 1 Out of 3 Americans Open to Doubt There Was a Holocaust" (April 20, 1993). The doubts will increase.

A few days after the Museum's formal dedication, Berenbaum revealed to a newspaper:

You're surrounded by death [in the Museum]. It's like working in an emergency room or a mortuary…. I've ended up on an analyst's couch. (The Washington Post, April 26, 1993, p. B6.)

It is not out of the question that Berenbaum will return to the analyst's couch when he grasps the grave consequences of his deception. April, 22, 1993, was supposed to be a date for the consecration of the "Holocaust" religion on American soil. In reality, this date will go down in history as marking an outstanding victory for revisionist historians.

To conclude, I would like to pay tribute here to those revisionists who have contributed to the victory on this specific point:

First, to Ahmed Rami, exiled in Stockholm, who allowed me to publicly launch the "Stockholm Challenge" of March 17, 1992.

Next, to the Institute for Historical Review in southern California, which, since 1979, has, more than any institution in the world, made possible the publication of books, essays and articles on the "Holocaust" of a scholarly and often unrewarding nature, and this in spite of repression, persecution and violence; this Institute has organized eleven conferences under sometimes difficult and even dramatic conditions, and, as a matter of fact, arranged the meeting in suburban Washington on April 21 where I was able to renew my Stockholm Challenge, this time to the US Holocaust Memorial Museum; [4]

Finally, to Ernst Zündel of Toronto, without whom "Holocaust" revisionism would probably still be struggling in obscurity.

My thoughts are also of the French revisionists who have expended so much effort, among them one person in particular, whom I cannot mention without putting in danger, who could be called the mainspring of the revisionist movement in France.
May 3, 1993

From The Journal of Historical Review, July-August 1993 (Vol. 13, No. 4), pages 14-17. Translated by Theodore J. O’Keefe.
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Notes
[1] Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique? (Paris: 1980), pp. 301-309.
[2] On pages 140-144 of Berenbaum’s new book, one finds naive plaster figurines that supposedly represent, in sequence, victims in the changing room, in the gas chamber, and in the crematory room of an Auschwitz-Birkenau crematory. While historical museums (such as military and war museums) routinely strive to illustrate what really happened using models that are as accurate and as graphic as possible, these figurines in Berenbaum’s book are presented in a kind of ethereal setting. The captions are sullied by imprecision, errors, and absurdities, and they testify to an urgent need to revise downward the number of alleged victims of each gassing, and the number of daily cremations. Berenbaum makes discreet allusion to a model that the Polish Communists built after the war, and which is still exhibited at the Auschwitz State Museum (Block 4, second floor). I understand that a replica of this model may be displayed at the Holocaust Museum in Washington. If so, why hasn’t Berenbaum included it in his book? Might he have learned that I often use this model to illustrate the physical impossibilities of the gassing operations it is supposed to replicate? See, in particular, my video “Le Probléme des chambres à gaz” (1982), as well as my commentary, “Auschwitz en images,” given at the end of the French edition of Wilhelm Stäglich’s book, Le Mythe d’Auschwitz (La Vieille Taupe, 1986, pp. 492, 507). Even J.-C. Pressac is skeptical of this model. (Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers, pp. 377-378). Symptomatically, though, he does not provide one of his own.
[3] A Zyklon B delousing gas chamber could not have been used as a homicidal gas chamber. The first can be operated relatively easily, while the second is necessarily very complicated. The conceptual difference between the two lies in the relative ease of ridding the fabric and clothes of HCN gas after the delousing, as opposed to the extreme difficulty of removing gas from the skin, mucous membranes, and bodily fluids of a corpse. In the first case, the HCN gas is removed by blowing in a large amount of hot air, which causes most of it to evaporate. Then the fabric and the clothes are beaten for some time outdoors to discharge the remaining gas. In the second case, heating or beating the corpses would not be possible. An authentic homicidal gas chamber, of the kind used in the United States to execute convicted criminals, is extremely complicated. To execute even a single person is so complicated that one can scarcely imagine the appalling sophistication the Nazi gas chambers would have required to execute not just one victim, but hundreds or even thousands at a time. Such gas chambers would have become veritable baths of poison, impossible to drain. Nobody, even wearing a gas mask, could have ever survived entering such oceans of hydrocyanic acid and making the physical effort of removing the corpses, and clean up for the next batch. 
[4] At that meeting, I also made two additional challenges:
First: give me the name of the person whom you consider to be the best eyewitness of gassings.
Second: make public the documents you continue to keep secret, particularly the papers of Dr. Mengele. (There are about 30 pounds of Mengele papers, including his memoir Fiat Lux – “Let There Be Light” – which suggests that he describes there the reality of Auschwitz.) 

Une date dans l’histoire du révisionnisme : le 22 avril 1993


La question de l’existence ou de la non-existence des chambres à gaz nazies est d’une considérable importance historique. Si elles ont existé, ces chambres à gaz nous apportent la preuve que les Allemands ont entrepris l’extermination physique des juifs ; en revanche, si elles n’ont pas existé, nous n’avons plus aucune preuve de cette entreprise d’extermination. Pierre Vidal-Naquet ne s’y est pas trompé. Aux personnes tentées de renoncer à l’argument des chambres à gaz il a répliqué qu’abandonner les chambres à gaz, « c’est là capituler en rase campagne » [1]. On ne peut que lui donner raison. Les chambres à gaz ne sont pas un point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale. D’où les sanctions judiciaires qui, en France par exemple, s’abattent sur ceux qui en contestent l’existence.

Aussi le monumental Holocaust Memorial Museum (HMM) qui vient d’être inauguré à Washington le 22 avril 1993, à cinq cents mètres du monument de George Washington, ne pouvait-il pas se permettre d’abandonner l’argument de la chambre à gaz nazie. Restait à savoir quelle représentation physique un tel musée donnerait de cette arme terrifiante.

Aujourd’hui nous le savons et le résultat est consternant : faute de mieux, ce fastueux musée, qui a coûté des millions de dollars au contribuable américain et à la communauté juive américaine, sans compter l’argent versé par le contribuable allemand, en a été réduit à nous montrer comme unique modèle de chambre à gaz homicide une chambre à gaz... de désinfection, située à Majdanek (Pologne). Ainsi que je le montrerai plus loin, même un auteur comme Jean-Claude Pressac, auteur d’un ouvrage publié en 1989 sous le patronage de la Beate Klarsfeld Foundation de New York, avait dû reconnaître l’évidence : cette chambre à gaz de Majdanek n’a été qu’une chambre à gaz de désinfection.

Déjà, en 1945, les Américains avaient présenté comme chambres à gaz homicides quatre chambres à gaz de désinfection situées à Dachau (Allemagne). Si les organisateurs de l’HMM de Washington ont pris le risque de commettre une aussi grave supercherie, c’est, à mon avis, qu’ils y étaient contraints faute de pouvoir proposer aux visiteurs la représentation physique, sous une forme quelconque, de l’une de ces chambres à gaz que les Allemands auraient, nous répète-t-on à satiété, utilisées pour tuer des foules de victimes.

Mon défi de Stockholm et de Washington

Dès le 17 mars 1992, j’avais mis au pied du mur les organisations juives du monde entier. Ce jour-là, lors de mon arrivée à Stockholm où m’invitait mon ami Ahmed Rami, j’avais lancé aux médias de Suède un défi [challenge] de portée internationale qui tenait en une phrase de neuf mots : « Show me or draw me a Nazi gas chamber ! » [Montrez-moi ou dessinez-moi une chambre à gaz nazie]. Ces mots étaient accompagnés d’une explication de deux pages.

D’après mes renseignements, les médias suédois, désireux de relever mon défi, avaient immédiatement alerté toutes les sources d’informations possibles pour se procurer des photographies de chambres à gaz nazies. A leur consternation, ils avaient découvert que de telles photographies n’existaient pas et que les locaux présentés aux touristes à Auschwitz ou ailleurs comme chambres à gaz homicides ne possédaient aucune des caractéristiques qu’on pouvait normalement attendre de tels abattoirs chimiques. Les médias suédois s’étaient alors livrés sur mon compte à d’innombrables attaques personnelles mais pas un article de journal, pas un mot à la radio et à la télévision n’avaient fait mention de mon défi. L’embarras était manifeste.

Cet embarras allait s’accroître au fil des mois dans tous les milieux qui propagent la thèse de l’extermination physique des juifs durant la guerre de 1939-1945 : d’où la frénésie d’agitation qui, depuis un an, s’est emparée des organisations juives à travers le monde.

Le 21 avril 1993, à Washington, je renouvelais mon défi mais, cette fois, à l’adresse des responsables de l’HMM, lequel devait être inauguré le lendemain en la présence du président Clinton, de plusieurs chefs d’État et d’Élie Wiesel. Parmi ces responsables, je visais en particulier Michael Berenbaum, chargé du projet « scientifique » de ce musée [Project Director].

Mon défi, sur place, à Washington, pouvait se résumer ainsi :

Demain sera inauguré l’HMM de Washington. Je défie les responsables de ce musée de nous offrir une représentation physique de la magique chambre à gaz. Depuis trente ans, j’ai personnellement cherché une telle représentation physique et je n’en ai pas découvert : ni à Auschwitz, ni dans aucun autre camp de concentration, ni dans un musée, ni dans un livre, ni dans un dictionnaire ou une encyclopédie, ni en photographie, ni en maquette, ni dans un film documentaire.

Je connais, bien sûr, quelques tentatives en ce sens, mais toutes sont fallacieuses : aucune ne résiste à l’examen. En particulier, quand on sait l’extrême dangerosité du Zyklon B (un insecticide) ou de l’acide cyanhydrique, on se rend vite compte que les locaux parfois présentés aux touristes sous la dénomination de chambres à gaz homicides n’auraient jamais pu servir d’abattoirs chimiques. Quand on découvre l’extrême – et inévitable – complication d’une chambre à gaz de pénitencier américain pour l’exécution à l’acide cyanhydrique d’un seul condamné à mort, on voit tout de suite que les locaux baptisés chambres à gaz nazies pour l’exécution, jour après jour, de véritables foules de victimes ne possèdent pas aujourd’hui et ne possédaient pas autrefois le moindre des éléments de la formidable machinerie qui aurait été nécessaire. L’un des plus redoutables problèmes à résoudre, en plus de celui de l’étanchéité des lieux, est celui de la pénétration, après l’exécution, dans des espaces saturés d’acide cyanhydrique afin d’en retirer les cadavres, eux-mêmes saturés de ce même acide. L’acide cyanhydrique pénètre peaux, muqueuses, humeurs et y reste à demeure. Le cadavre d’un homme qui vient tout juste d’être tué par ce redoutable poison constitue une source d’empoisonnement. On ne peut le toucher à mains nues. Si l’on veut pénétrer dans le local pour en retirer le cadavre, un équipement spécial est nécessaire ainsi qu’un masque à gaz à filtre spécial. Comme tout effort physique est à prohiber (car il accélérerait la respiration et rendrait le filtre inefficace), il faut, préalablement à toute pénétration dans le local, obtenir l’évacuation du gaz, suivie de sa neutralisation. Je renvoie sur ce sujet aux documents que j’ai publiés en 1980 sur les chambres à gaz utilisées dans les pénitenciers américains.

Je préviens l’HMM et, en particulier, M. Berenbaum qu’il ne faudra pas nous présenter demain, 22 avril 1993, comme preuves de l’existence des chambres à gaz nazies soit une chambre à gaz de désinfection, soit une salle de douches, soit une chambre froide de morgue, soit un abri anti-aérien. Je suis encore moins intéressé par unsimple pan de mur, une porte, un amas de chaussures, un ballot de cheveux, un tas de lunettes.

L’esquive et la supercherie
de l’Holocaust Memorial Museum

Je savais que ce défi ne pourrait pas être relevé puisque, aussi bien, depuis près d’un demi-siècle on nous parle de ces chambres à gaz nazies sans jamais nous les montrer (et cela au « siècle de l’image » !). Je savais aussi que l’HMM en serait réduit à utiliser une supercherie. Mais quelle supercherie au juste ?

La réponse à cette question allait venir dès le lendemain, c’est-à-dire le 22 avril 1993, date fixée pour l’inauguration officielle (le public ne serait admis que le 26 avril) avec la mise en circulation ce jour-là d’un ouvrage d’environ deux cent cinquante pages se présentant comme une sorte de catalogue du nouveau musée.

L’ouvrage en question est de M. Berenbaum et s’intitule The World Must Know. The History of the Holocaust as told in the United States Holocaust Memorial Museum [Il faut que le monde sache : l’histoire de l’Holocauste racontée par l’Holocaust Memorial Museum de Washington]. A la page 138 figurent trois photographies qui représentent :

– la première, une boîte métallique [a canister] et des granulés [pellets] de Zyklon B, « insecticide hautement toxique» [highly poisonous insecticide] ;

– la deuxième, « un moulage de la porte d’entrée de la chambre à gaz de Majdanek. (De l’extérieur, les gardiens SS pouvaient observer les tueries à travers un petit regard) » [a casting of the door to the gas chamber at Majdanek (From the outside, SS guards could observe the killings through a small peep-hole)] ;

– la troisième, « l’intérieur d’une chambre à gaz de Majdanek. Les taches bleues sont un résidu chimique de Zyklon B » [the inside of a Majdanek gas chamber. The blue stain is a chemical remnant of Zyklon B] [2].

La première photographie ne prouve rien sinon que les Allemands utilisaient un insecticide. La deuxième et la troisième photographie sont connues des visiteurs de Majdanek. Ceux-ci reconnaîtront la porte extérieure et la porte intérieure (ainsi qu’une partie) de la première des chambres à gaz qu’on présente aux visiteurs de Majdanek comme une chambre à gaz d’exécution, alors que cette pièce a toutes les caractéristiques d’une chambre à gaz de désinfection. Je me dispenserai ici de toute démonstration personnelle et je ne ferai pas appel à mes propres photographies qui, elles, montrent la pièce dans son intégralité, y compris avec sa petite annexe où se trouvait un fourneau destiné à produire la chaleur indispensable à la propagation du Zyklon-B (sur la droite de la photographie du Musée, on aperçoit à hauteur d’homme la bouche d’arrivée d’air chaud en provenance du fourneau). Je ne ferai pas non plus état de l’expertise de Fred Leuchter qui conclut formellement qu’il s’agit là d’une chambre à gaz de désinfection où l’on tuait tout au plus des poux, porteurs du typhus, et non des hommes.

La concession de J.-C. Pressac

Je me contenterai de donner la parole à J.-C. Pressac, le protégé de la Beate Klarsfeld Foundation et auteur de l’ouvrage Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers (Auschwitz : technique et fonctionnement des chambres à gaz) (titre, d’ailleurs, fallacieux). Voici donc l’opinion de J.-C. Pressac sur cette pièce que M. Berenbaum ose présenter comme une chambre à gaz homicide :

The red-ochre bricks stained with dark blue were for him [Bernard Jouanneau, lawyer pleading against R. Faurisson, in 1982 in Paris] material and visible proof of the existence of homicidal gas chambers. The problem, for there is one, is that the gas chamber presented has all the characteristics of a DELOUSING installation. I am not saying that it was never used to kill people, for that is possible [here, J.-C. Pressac is wrong [3], but the traces of Prussian blue are an absolutely certain indication for use of delousing purposes [4].

J.-C. Pressac rappelle ensuite que l’existence d’un regard [peep-hole] n’est pas la preuve d’une chambre à gaz homicide puisqu’une chambre à gaz de désinfection peut être pourvue d’un tel regard. Il conclut :

I am sorry to say, and I am not the only one in the West [he wrote this in 1989, before the collapse of communism in Poland], that the Majdanek homicidal and/or delousing gas chambers are still waiting for a true historian, which is mildly upsetting in view of the fact that the camp fell into the hands of the Russians intact in [July] 1944 [5].

A la page 557, il présente une photographie de l’extérieur de la chambre à gaz en question et d’une autre chambre à gaz située dans le même bâtiment. La légende précise qu’il s’agit d’une photographie :

showing one of the disinfestation gas chambers thought to be a homicidal gas chamber. Between the two doors with their inspection peep-holes, the darker bricks are of Prussian blue colour, a sign of a prolonged use of “Blausäure/blue acid”, in other words hydrocyanic or prussic acid sold as a delousing agent under the name of “Zyklon B” [6].

Il est à noter que ces chambres à gaz se trouvaient dans le bâtiment de « Bad und Desinfektion » [Bains et désinfection], situé juste à l’entrée du camp et à la vue de tous. On aura compris que, dans sa « Bibliographical Note », M. Berenbaum ne mentionne pas l’imposant ouvrage de J.-C. Pressac [7].

Une nouvelle avancée du révisionnisme

En 1978, le président Jimmy Carter avait fondé une commission chargée de la création de l’HMM. Pour la présider, il avait choisi Élie Wiesel, ce qui avait inspiré à Arthur Robert Butz une réflexion à la fois juste et sarcastique : on avait besoin d’un historien, on a choisi un histrion.

Le choix de M. Berenbaum pour la responsabilité « scientifique » de l’HMM est de même nature. M. Berenbaum est professeur adjoint [adjunct professor] de théologie à l’université de Georgetown (Washington). Là où un historien s’imposait, les organisations juives ont choisi un théologien, tant il est vrai que, depuis quelques années, elles ont substitué à l’histoire de l’« Holocauste» la religion de l’« Holocauste ».

Le pilier central de cette religion, je l’ai souvent dit, est « la magique chambre à gaz qui, telle un mirage, n’a pas d’image réelle ».

En la circonstance, l’HMM a choisi, pour représenter le pilier central de son exposition, une chambre à gaz de désinfection abusivement déclarée chambre à gaz homicide. Ainsi un instrument que les Allemands avaient conçu pour protéger la santé de leurs prisonniers juifs ou non juifs nous est-il présenté comme un instrument de torture et de mort de ces prisonniers. Voilà qui marque bien l’imposture et l’aplomb des zélotes de la religion de l’« Holocauste ».

L’heure est venue d’un peu plus d’honnêteté intellectuelle et de santé mentale dans le récit des malheurs réels du peuple juif durant la seconde guerre mondiale. Les visiteurs de l’HMM et, en particulier, les contribuables américains, sans lesquels ce musée n’existerait pas, sont en droit de demander des comptes à M. Berenbaum et à ses amis. Le Los Angeles Times du 20 avril 1993 titrait : « Poll Finds 1 Out of 3 Americans Open to Doubt There Was a Holocaust [Un sondage fait apparaître qu’un Américain sur trois est prêt à douter qu’il y ait eu un Holocauste] ». Ce doute s’aggravera.

Quelques jours après l’inauguration de son musée, M. Berenbaum confiait à un journal :

[In that Museum] You’re surrounded by death. It’s like working in an emergency room or a mortuary... I’ve ended up on an analyst’s couch [8].
([Dans ce musée] Vous êtes entouré par la mort. C’est comme travailler dans un service des urgences ou un dépôt mortuaire... J’ai fini sur le divan d’un psychanalyste.)

Il n’est pas exclu que M. Berenbaum retourne sur le divan du psychanalyste quand il se rendra compte des graves conséquences de sa supercherie : le 22 avril 1993 devait marquer une date de choix dans la consécration sur le sol américain de la religion de l’«Holocauste» ; en réalité, cette date passera à l’histoire comme celle d’une exceptionnelle victoire des historiens révisionnistes.

Je tiens, pour terminer, à rendre hommage ici aux révisionnistes qui ont contribué à une telle victoire sur ce point précis :

– d’abord, à Ernst Zündel de Toronto (Canada), sans lequel le révisionnisme historique en serait encore à lutter dans l’obscurité ;

– ensuite, à Ahmed Rami, réfugié à Stockholm (Suède), qui m’a permis de lancer publiquement le « défi de Stockholm » du 17 mars 1992 ;

– enfin, à l’Institute for Historical Review de Los Angeles (USA), sous l’égide duquel s’est tenue la conférence où j’ai pu, le 21 avril 1993 à Washington, renouveler mon « défi de Stockholm », cette fois-ci en direction de l’HMM.

2 mai 1993


Notes

[1] P. Vidal-Naquet, « Le secret partagé » [compte rendu de Les Chambres à gaz, secret d’Etat], Le Nouvel Observateur, 21 septembre 1984, p. 80.
[2] Aux pages 140-143, on trouve de naïves figurines de plâtre censées représenter des victimes successivement dans le vestiaire, dans la chambre à gaz et dans la salle des fours de crémation d’un crématoire d’Auschwitz-Birkenau. Tandis que, dans les musées à vocation historique (musées de l’Armée, musées de la Guerre et de la Résistance, musées du Débarquement), on s’ingénie à illustrer la réalité matérielle par des maquettes aussi précises et parlantes que possible, ces figurines-là prennent place dans une sorte de vide matériel ou d’environnement immatériel. Les légendes rédigées par M. Berenbaum sont entachées d’imprécisions, d’erreurs, d’absurdités ; elles témoignent aussi de ce que M. Berenbaum a senti l’urgence de revoir à la baisse le nombre des prétendues victimes de chaque fournée de gazage et le nombre des crémations journalières. Il fait une discrète allusion à une maquette que les communistes polonais avaient construite après la guerre et qui se trouve encore aujourd’hui exposée au musée d’Auschwitz (Block 4, premier étage). D’après mes renseignements, une réplique de cette maquette figurerait à l’HMM. Pourquoi, dans ce cas, M. Berenbaum ne la montre-t-il pas dans son livre ? Aurait-il appris que je me sers souvent de cette maquette pour illustrer les impossibilités physiques des opérations de gazage qu’on prétend ainsi reconstituer ? Voyez, notamment, ma vidéo sur « Le Problème des chambres à gaz » (1981) ainsi que mon commentaire sur « Auschwitz en images » à la fin du livre de Wilhelm Stäglich, Le Mythe d’Auschwitz, p. 492-507. Même J.-C. Pressac est sceptique (Auschwitz: Technique and Operation..., p. 377-378).
[3] Une chambre à gaz de désinfection au Zyklon B ne peut pas servir de chambre à gaz homicide. La première peut être relativement simple tandis que la seconde est nécessairement très compliquée. La différence de conception de ces chambres tient à ce qu’il est relativement facile, après l’opération de gazage, de se débarrasser du gaz encore contenu dans les tissus ou les vêtements tandis qu’il est extrêmement difficile de se débarrasser du gaz encore installé dans la peau, les muqueuses et les humeurs d’un cadavre. Dans le premier cas, on se débarrasse du gaz en envoyant une grande quantité d’air chaud qui provoque une évaporation ; puis les tissus et les vêtements seront longuement battus à l’extérieur pour en chasser le reste de gaz. Dans le second cas, on ne peut ni chauffer ni battre le cadavre. Du coup, la conception même d’une chambre à gaz homicide, comme on en voit aux États-Unis, est d’une redoutable complication. Cette complication est telle pour une seule personne à exécuter qu’on a peine à imaginer l’effroyable sophistication qu’auraient exigée les chambres à gaz nazies, c’est-à-dire des chambres à gaz où l’on aurait exécuté non pas une victime mais des fournées de centaines ou de milliers de victimes. De telles chambres à gaz auraient constitué de véritables bains de poison impossible à évacuer. Jamais des hommes, même pourvus de masques à gaz, n’auraient pu pénétrer dans de tels océans d’acide cyanhydrique pour en évacuer les cadavres et faire place nette pour la prochaine fournée.
[4] « Les briques rouge-ocre tachées de bleu-noir constituaient pour lui [Me Bernard Jouanneau, avocat plaidant contre R. Faurisson, en 1982 à Paris] une preuve matérielle et visible de l’existence de chambres à gaz homicides. Le problème, car il y en a un, est que la chambre à gaz présentait toutes les caractéristiques d’une installation d’épouillage. Je ne dis pas qu’elle n’a jamais été utilisée pour tuer des gens, car c’est possible [ici, J.-C. Pressac se trompe. Cf note précédente], mais les traces de bleu de Prusse indiquent de façon absolument certaine que cette chambre était à usage d’épouillage. » J.-C. Pressac, Auschwitz: Technique and Operation, p. 555.
[5] « Je regrette d’avoir à dire, et je ne suis pas le seul à l’Ouest [il écrivait cela en 1989 avant l’effondrement du communisme en Pologne], que les chambres à gaz homicides et/ou d’épouillage de Majdanek en sont encore à attendre un vrai historien, ce qui est passablement contrariant vu le fait que le camp est tombé intact aux mains des Russes en [juillet] 1944. » Ibid.
[6] « Montrant l’une des chambres à gaz de désinfection prise pour une chambre à gaz homicide. Entre les deux portes avec leurs regards de surveillance, les briques plus sombres sont d’une couleur bleu de Prusse, signe d’un usage prolongé de “Blausäure - acide bleu”, en d’autres termes d’acide cyanhydrique ou prussique vendu comme agent d’épouillage sous le nom de “Zyklon B” », Id., p. 557.
[7] M. Berenbaum, op. cit., p. 224-232.