Saturday, December 14, 1991

"La Peste brune", documentaire de Serge Moati


Quelques précisions au sujet de La Peste brune. 

J’y apparais dans un ensemble de reportages, largement bidonnés, sur des groupuscules allemands amateurs d’uniformes, de parades, de bras levés, de chants. On m’aperçoit lors d’une « conférence secrète » « filmée par un néo-nazi ». On ajoute que je viens d’être condamné à cent mille francs pour des déclarations révisionnistes (allusion à ma condamnation à deux cent cinquante mille francs, dont cent mille avec sursis, du 18 avril 1991). 

Or, la scène a été filmée le 12 décembre 1989 dans un restaurant de Haguenau (France) lors d’une réunion de révisionnistes. Ni la réunion, ni le film n’avaient rien de secret. On m’y voit et entend souhaiter la bienvenue à mon ami germano-canadien, Ernst Zündel. C’est tout. La scène se passait trois mois après l’agression dont j’avais été la victime à Vichy du fait des « Fils de la mémoire juive », agression publiquement approuvée par le couple Klarsfeld et par le député Léotard. Les coups de pied que j’avais reçus à la mâchoire ne me permettaient guère d’articuler plus que ces quelques mots. 

Dans La Peste brune, j’ai admiré l’avalanche de mensonges concernant David Irving, Thies Christophersen et Ernst Zündel. Le premier est présenté comme un plaisantin dénué d’arguments, le second passe pour savoir que les chambres à gaz hitlériennes ont existé mais... il se sent obligé de dire le contraire à ses compatriotes ! Quant à Ernst Zündel, «il a reçu une belle somme pour rédiger un rapport pour tenter de démontrer que les chambres à gaz n’ont pas existé à Auschwitz. » La vérité est qu’il a versé une belle somme à Fred Leuchter, spécialiste des chambres à gaz d’exécution aux États-Unis, pour que ce dernier aille voir, avec une équipe, à Auschwitz, à Birkenau et à Majdanek, s’il avait existé, oui ou non, des chambres à gaz d’exécution dans ces trois camps. La réponse du rapport de cent quatre-vingt-douze pages est: non. 

E. Zündel est poursuivi actuellement devant le tribunal de Munich pour « atteinte à la mémoire des morts » parce qu’il ne croit pas à l’authenticité du prétendu « Journal d’Anne Frank ». Je me suis présenté devant ce tribunal dans l’intention d’y exposer mon argumentation sur le sujet. Le procureur a préféré abandonner son accusation. Il est vrai qu’il poursuit E. Zündel pour d’autres motifs encore. 

En Autriche, Walter Ochensberger a été condamné le 10 décembre par un tribunal de Bregenz à trois ans d’emprisonnement pour propagation de l’idéologie nazie. Le Monde du 12 décembre ajoute : « et, notamment, pour avoir nié l’existence des chambres à gaz pendant la seconde guerre mondiale [1]. » 

Faux. 

Le 27 novembre, le procureur Hautz avait fait sensation en renonçant à son accusation sur ce point: il savait que l’avocat Herbert Schaller, muni de trois expertises, allait exiger de l’accusation qu’elle fournisse enfin des preuves de l’existence des chambres à gaz au lieu de continuer à répéter que cette existence était « de notoriété juridique ». Il a préféré capituler.

14 décembre 1991

Lettre à M. le directeur du "Monde"



Objet : Votre brève – mensongère – du 12 décembre 1991, p. 32, sur le procès et la condamnation de Walter Ochensberger (Autriche)

Monsieur, 

Vous MENTEZ, une fois de plus, sur le sujet des chambres à gaz. Vous tenez décidément à enrichir ma collection, impressionnante, des mensonges du Monde. 

Vous écrivez que W. Ochensberger a été condamné le 10 décembre 1991, par un tribunal de Bregenz, à trois ans d’emprisonnement pour propagation de l’idéologie nazie et, notamment, pour avoir nié l’existence des chambres à gaz pendant la seconde guerre mondiale (souligné par moi). 

FAUX. Le 27 novembre, le procureur Hautz avait fait sensation en renonçant à cette accusation... « pour raisons d’économie ». En réalité, il savait que l’avocat Herbert Schaller, muni de trois expertises (Leuchter, de Cracovie (pour le musée d’Auschwitz) et professeur Jagschitz), allait exiger des PREUVES de l’existence de ces prétendues chambres à gaz au lieu de répéter que cette existence était « de notoriété juridique ». 

Votre journaliste Riols (?) a été mis au courant mais je constate que vous vous refusez à publier une rectification. 

MENTEURS vous êtes et vous restez. 

Compliments.
14 décembre 1991