Monday, October 30, 1989

Lettre à Marc Laudelout, éditeur du "Bulletin célinien"


Cher ami, 

   Mon état de santé ne me permettra pas de participer à notre première assemblée générale. 

   Je vous félicite du travail accompli. 

   Pour ce qui est de l’avenir, je suis tranquille. 

   Quant aux écrits de Céline où il est question des juifs à titre principal ou accessoire, permettez-moi de vous donner mon opinion. Ou bien Céline a vu clair et juste sur ce chapitre, ou bien il s’est trompé. Ce n’est pas à nous d’en décider.

   S’il a été juste et clairvoyant, son œuvre est salutaire et nous avons tous besoin de ce médecin et de son diagnostic. S’il s’est trompé, Céline rejoindra la cohorte des intellectuels qui, sur cent sujets d’ordre identique, ont fait fausse route.

   Je voudrais m’adresser maintenant à ceux qui, de bonne foi, soutiennent qu’il y aurait du danger, pour les juifs en particulier et pour notre société en général, à diffuser ce qu’on appelle les « pamphlets » de Céline. Il me semble que le principal argument de ces personnes se résume en une phrase qu’on entend souvent et qui est la suivante : « On sait où cela a mené... »

   Cette phrase contient une allusion à une idée qu’à son tour j’exprimerais en ces termes : 

   Tout au long de son histoire, la communauté juive a connu des épreuves particulièrement tragiques avec les persécutions, les massacres et les pogroms que l’on sait ; au  XXe siècle, le comble de cette tragédie a été atteint avec, en particulier, le génocide (un crime sans précédent qu’on appelle aussi « Holocauste » ou « Shoah »), et une arme sans précédent : la chambre à gaz homicide.

   M’adressant toujours aux personnes de bonne foi, je voudrais appeler leur attention sur le fait que ces termes ne répondent peut-être pas à la réalité historique. Il n’est pas du tout sûr que, de toutes les communautés humaines, la communauté juive ait souffert plus que d’autres. Si nous devions calculer en nombre de morts violentes ce que chaque communauté humaine s’est infligé à elle-même ou a infligé aux autres, je me demande si, somme toute, les juifs ne s’en sont pas tirés à moindres frais que les communautés française, allemande, polonaise, russe, chinoise, africaine, catholique, protestante, musulmane, bouddhiste, shintoïste, athée, etc., sans compter les communautés qui ont définitivement disparu. Les juifs ont peut-être plus souffert dans ce qu’ils appellent leur « mémoire » (c’est-à-dire, pour une bonne part, leurs croyances et leur légende) que dans la réalité vérifiable.

   Céline et ses pareils sont surtout jugés en rapport avec le génocide et la chambre à gaz. C’est sur la même toile de fond que se dressent tous les tribunaux publics ou privés qui jugent Hitler et la Collaboration, sans compter ceux qui, tels Roosevelt, Staline, Churchill, Pie XII, le Comité international de la Croix-Rouge et bien d’autres sont accusés de s’être tus sur le sujet pendant la guerre et de s’être ainsi comportés en complices du plus grand crime de l’histoire.

   Mais si cette toile de fond était factice ? Si génocide et chambre à gaz constituaient une seule et même illusion ? Si le « rapport Leuchter » était vrai ? Si Élie Wiesel, Simone Veil et des quantités d’autres survivants passés par Auschwitz et qui se présentent en témoins vivants de l’« Holocauste » n’étaient pas surtout les preuves vivantes de ce qu’il n’y a jamais eu chez les Allemands de politique d’extermination des juifs comme on nous le répète à satiété ? Si des réparations financières avaient été ou étaient encore versées à environ trois millions et demi de juifs sur quatre millions quatre cent mille personnes indemnisées jusqu’à présent ? 

   Céline n’avait jamais entendu parler de la chambre à gaz jusqu’au jour où la presse des vainqueurs en a été envahie. J’ignore ce qu’il en a pensé de 1945 à 1950. Je sais qu’en 1950, dès les premiers écrits de Rassinier, il a, avec sa fulgurance coutumière, senti qu’il s’agissait d’un affreux bobard de guerre ou, pour emprunter cette expression à Science et vie, d’une BLURG (Baliverne lamentable à l’usage réservé aux gogos). Il a qualifié cette chambre à gaz, qui défie toutes les lois de la physique et de la chimie, de « magique » et, en une formule que je voudrais qu’on médite, il a écrit, en usant de l’imparfait comme s’il s’agissait d’un mythe blessé à mort : « C’était tout la chambre à gaz ! Ça permettait TOUT ! »

   Pour moi, je me contenterai d’ajouter que ce symbole d’un affreux mensonge permettait de calomnier Céline, de le condamner, de le censurer. Il faut mettre un terme à la censure de ses écrits. Ce qui était permis hier ne doit plus l’être aujourd’hui.

   PS. — Il faut une publication sans avertissement, sans préface, sans rien. Ou alors dans les deux sens : la version autorisée de l’histoire et la version proscrite. Un avertissement de la LICRA? J’ai pu montrer que celui de Mein Kampf était fait d’un montage frauduleux des textes du « Tribunal de Nuremberg ». Reste la solution d’Albert Speer, lequel avait obtenu le droit de publier ses livres sous la condition de « faire fifty-fifty, après déduction de l’impôt, avec les organisations juives, notamment françaises » (sic).

   Je suis contre cette solution.

30 octobre 1989


[Publié dans les Annales d'histoire révisionniste, n° 8, printemps 1990, p. 162-164]

Wednesday, October 18, 1989

Lettre à Max Clos, du "Figaro" (non publiée) : Réponse à mes interrogateurs allemands


De jeunes Allemands me demandent : 

Pourriez-vous m’expliquer la mort de tous les juifs ? Rien que soixante-dix mille juifs de France pendant la seconde guerre mondiale ? Vous avez pourtant visité les camps de concentration. Quelle a été la raison qui vous a engagé à prendre cette position fausse ? 

[NdÉ : Voici le texte complet paru dans Le Figaro du 13 octobre 1989, en p. 2 :

Je suppose que je ne suis pas la première qui vous écris au sujet de votre opinion concernant les chambres à gaz et le génocide. Je suis tout à fait du côté de M. le maire de Vichy qui a condamné sans réserve l’action agressive des « Fils de la mémoire juive ». Néanmoins, je souligne queje n’approuve pas du tout votre déclaration. Pourriez-vous m’expliquer la mort de tous les juifs ? Rien que 70.000 juifs de France pendant la seconde guerre mondiale ? Vous avez pourtant visité les camps de concentration. Quelle a été la raison qui vous a engagé à prendre cette position fausse ? [...]

Inamarie Brüning (16 ans), Cologne (RFA). 

Il s’agit d’une lettre adressée à M. Robert Faurisson par un groupe d’élèves de la section franco-allemande du lycée Kreuzgasse et transmise par leur professeur de français, M. Werner Kronenberg, ancien étudiant de M. Faurisson à Lyon (1975).] 

Voici ma réponse en trois points.

– Juifs de France –

Les Allemands, considérant les juifs comme des ennemis réels ou potentiels, ont déporté de France environ soixante-quinze mille juifs, soit entre un quart et un cinquième des juifs qui vivaient alors dans notre pays. Ces soixante-quinze mille déportés comprenaient des juifs français (en minorité), étrangers et apatrides, ainsi que des « volontaires » ou « optants ». Beaucoup ont été déportés vers la Pologne, d’où ils provenaient. Il est faux que soixante-dix mille d’entre eux soient morts. Ce chiffre résulte de spéculations – que j’ai analysées dans mes écrits – et qui sont si fantaisistes qu’on en est venu à comptabiliser comme « gazées » des personnes telles que Simone Jacob (en fait Simone Veil) et Henoch et Laia Krasucki (en fait Henri Krasucki et sa mère). Le vrai chiffre est connu depuis 1973 mais il est tenu caché par les autorités gouvernementales, lesquelles, de temps à autre, produisent des chiffres fictifs. A la suite d’une enquête de vingt ans terminée en 1973, le Comité d’histoire de la deuxième guerre mondiale, organisme rattaché au Premier Ministre, a pris la décision de cacher ces chiffres, dont celui des déportés raciaux morts et vivants. Les motifs invoqués ont été les suivants :

– « les chiffres auxquels on arrive sont inférieurs à ceux qui ont été avancés. [Il est à craindre] que ces chiffres ne soient mis en cause par certaines associations d’anciens combattants, qui sont parfois tentées de condamner le système concentrationnaire nazi par des critères plus quantitatifs que qualitatifs » ;
– « pour éviter des heurts possibles avec certaines associations de déportés » ; 
– « [une telle publication] risquerait de susciter des réflexions désobligeantes pour les déportés. » [1]

Les chiffres, ainsi que les archives, de ce comité sont en la possession du Comité d’histoire du temps présent, qui ne les a toujours pas publiés.

– Juifs européens –

A la fin de la guerre, les juifs européens étaient encore là ; ils n’ont donc pas été exterminés. Chaque survivant juif des camps de concentration est la preuve vivante de ce qu’il n’y a eu ni une politique d’extermination physique, ni des « camps d’extermination » (expression forgée par la propagande des Alliés). S’il avait existé une pareille tuerie systématique, notamment dans de monstrueux abattoirs chimiques, Simone Veil, Élie Wiesel, Simon Wiesenthal ne seraient pas là, non plus que les nombreuses associations d’anciens déportés juifs, non plus que les rassemblements des anciens de l’« Holocauste », non plus qu’une bonne partie des quelque quatre millions quatre cent mille personnes qui ont touché ou touchent des indemnités financières de la part de la RFA [République fédérale allemande] ; 40 % de ces personnes sont domiciliées en Israël, 20 % en RFA et 40 % dans le reste du monde, où le Congrès juif mondial possède 70 représentations nationales. Il est probable que 3.500.000 juifs ont été ou sont indemnisés [2]. Nul n’est mieux armé pour déterminer le nombre approximatif des juifs européens morts durant la guerre, et surtout dans les camps où tout était enregistré, que le Service international de recherches (SIR) d’Arolsen-Waldeck. Situé en RFA, cet organisme est censé dépendre du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Il détient des archives colossales. Jusqu’en 1978, il possédait une « Section historique » à laquelle les chercheurs avaient accès et il publiait de très intéressantes statistiques sur les décès dans les camps. Dès qu’il apparut que recherches et statistiques pouvaient, d’année en année, confirmer la thèse révisionniste, le SIR fut verrouillé : la « Section historique » fut dissoute, l’accès aux chercheurs interdit, la publication de statistiques prohibée, le rapport d’activité annuel devint secret (sauf pour une infime partie, dénuée d’intérêt) et dix gouvernements, dont celui d’Israël, établirent un strict contrôle. Contrairement à ce qui se dit complaisamment, jamais le CICR ni le SIR n’ont vraiment cherché à consulter les « Totenbücher » (registres mortuaires) détenus depuis 1945 par les Soviétiques à Moscou. Toutes les morts d’Auschwitz étaient scrupuleusement consignées par les Allemands, jour après jour. Je rappelle, par ailleurs, que « pour une mort naturelle, il fallait vingt et une signatures et pour une mort non naturelle [meurtre, suicide, exécution], trente-trois [3]. » Ce sont les révisionnistes qui ont fait éclater le scandale de la rétention générale des registres. Le musée d’Auschwitz cachait ses deux ou trois volumes, dont le SIR possédait une copie qu’il cachait également. Le 8 août 1989, nous adressions une lettre ouverte à Gorbatchev pour demander accès aux « Totenbücher » de Moscou. Un mois et demi plus tard, la présidente de la « Croix-Rouge » soviétique annonçait au CICR de Genève que la consultation était autorisée. Le chiffre des morts d’Auschwitz serait de soixante-quatorze mille et non pas de quatre millions comment l’indiquent le monument de Birkenau et le rapport de Nuremberg URSS-008. Reste à savoir si ce chiffre n’inclurait pas aussi les soldats, officiers, médecins allemands et membres de leurs familles décédés à Auschwitz, en particulier à cause du typhus et de la fièvre typhoïde ; c’est à cause de ces épidémies que les Allemands avaient installé dans ce camp, comme dans bien d’autres, des unités de désinfection au Zyklon B et des fours crématoires pour l’incinération des cadavres.

– Les arguments révisionnistes –

Mes jeunes correspondants décrètent que la « position » révisionniste est « fausse ». Qu’en savent-ils ? Avant de juger, il faut lire. Or, dans leur pays, les écrits révisionnistes sont « streng verboten » et spécialement « pour la jeunesse ». Il existe en RFA une loi qui permet d’envoyer les révisionnistes en prison, et un office spécial de censure des ouvrages dangereux pour la jeunesse, lequel assimile les écrits révisionnistes à la pornographie. Nos ouvrages sont saisis et mis au pilon. Le matériel de composition est détruit. Un Allemand ne peut lire ni Der Auschwitz Mythos, de Wilhelm Stäglich, cet ancien magistrat à qui l’université de Göttingen a fait retirer son titre de docteur en droit pour « indignité » au nom d’une loi de Hitler du 7 juin 1939, ni l’extraordinaire « rapport Leuchter ». Fred Leuchter, ingénieur à Boston et spécialiste des chambres à gaz d’exécution dans les pénitenciers américains a publié en 1988 un rapport de cent quatre-vingt-douze pages, avec analyse des fragments prélevés sur place à Auschwitz et Birkenau, démontrant qu’il est totalement exclu que des chambres à gaz homicides aient été utilisées à Auschwitz, à Birkenau et à Majdanek.

Mes jeunes correspondants ne peuvent avoir pris connaissance de la masse de nos arguments, qui sont essentiellement d’ordre physique, chimique, topographique, architectural, documentaire et s’appuient sur l’étude des témoignages. Je leur suggérerais bien de m’inviter à Cologne pour un débat ; mais, dans leur pays, même un débat sur cette question est « streng verboten ».

Ce qui m’a engagé dans la périlleuse voie révisionniste ? C’est, vers 1960, la curiosité devant les mystères de la magique chambre à gaz. La politique n’a rien à voir. Je constate qu’on est révisionniste à droite (Maurice Bardèche) comme à gauche (Paul Rassinier et mon éditeur Pierre Guillaume). Dans le phénomène révisionniste, le sympathisant de gauche croit percevoir une sorte de révolution nécessaire et le sympathisant de droite, une forme de réaction salutaire. Pour moi, je pratique le révisionnisme, cette « grande aventure intellectuelle de la fin du XXsiècle », comme une recherche de l’esprit et comme un devoir civique. 

– Lettre de R. Faurisson parue dans Le Figaro du 1er
novembre 1989, page 2 –

Dans votre « Courrier des lecteurs » du 13 octobre, vous avez publié la lettre d’une lycéenne allemande qui me demandait : « Pourriez-vous m’expliquer la mort de tous les juifs ? Rien que soixante-dix mille juifs de France, pendant la seconde guerre mondiale ? Vous avez pourtant visité les camps de concentration. Quelle a été la raison qui vous a engagé à prendre cette position fausse ? »

Le 18 octobre, je vous ai envoyé ma réponse. Le 25, vous m’avez dit que vous ne pouviez pas la publier. Le 26, j’ai envoyé copie de mon texte à l’intéressée, avec ma carte, ainsi rédigée : « Robert Faurisson présente ses compliments à ses interrogateurs de la section franco-allemande du lycée Kreuzgasse [...], les prie de trouver ci-jointe une réponse que Le Figaro déclare ne pas pouvoir publier, au moins dans les circonstances actuelles, et leur demande de ne jamais juger un auteur, quel qu’il soit, sans l’avoir lu dans le texte et avec soin.»


Commentaire du journal : [Par lettre du 25 octobre, nous avons informé M. Faurisson que son article du 18 octobre, de toute façon beaucoup trop long, pourrait être publié ultérieurement dans le cadre d’une page « Opinions » sur le thème du révisionnisme. A condition qu’il veuille bien raccourcir son texte. M. C.]

[Le Figaro n’a évidemment jamais publié de page « Opinion » sur le thème du révisionnisme – NdÉ].

18 octobre 1989

Notes

[1] Bulletin, ronéotypé et à diffusion restreinte, de ce comité, mai-juin 1973, p. 3-4 ; janvier-février 1974, p. 1 ; août-octobre 1974, p. 3.
[2] Pour le chiffre de 4.344.378 indemnisés en 1981, voy. The Canadian Jewish News, Toronto, 11 décembre 1981, p. 4 ; Die Wiedergutmachung [...] Munich, Beck, 6 vol., 1974-1987.
[3] Dr Tadeusz Paczula (ancien détenu), « L’Organisation et l’administration de l’hôpital d’Auschwitz I », Comité international d’Auschwitz, Anthologie, Varsovie, 1969, tome II, 1re partie, p. 45.

Tuesday, October 10, 1989

[Autre] Lettre à "Rivarol" : Le révisionnisme, la droite et la gauche


Robert Poulet vient de nous quitter. J’étais encore à l’hôpital quand est paru son article du 22 septembre 1989. Je n’aurai pas eu le temps de lui exprimer ma gratitude. 

En passant, il formulait un jugement qu’il ne m’en voudrait sans doute pas de redresser. Il écrivait : « Et quant à l’“extrême droite”, Robert Faurisson la déteste et elle le vomit. » En matière de politique, je n’ai pas d’opinion tranchée et je n’ai donc pas celle qui m’est ici prêtée.

Pendant de longues années, certaines fractions de ce qu’on appelle l’« extrême droite » ont manifesté quelque méfiance à l’égard du révisionnisme parce qu’il est vrai qu’en France le révisionnisme à la façon de Paul Rassinier a pris naissance chez des libertaires et qu’aujourd’hui encore des libertaires le propagent ou l’illustrent. Je rappelle cependant que Rivarol a ouvert ses colonnes au « père du révisionnisme français », quand ce dernier s’est trouvemis au ban de la société par les puissants de ce monde. Il a aussi existé un révisionnisme à la manière de Maurice Bardèche qui, dès 1948, publiait aux « Sept Couleurs » Nuremberg ou la Terre Promise, l’un des plus grands livres de la littérature française du XXe siècle. L’ouvrage avait été saisi et interdit ; son auteur avait croupi pendant onze mois dans les prisons françaises. Il m’intéresse peu de savoir combien un auteur est payé pour ses écrits ; il m’intéresse plus de savoir combien il lui en a coûté ou combien il a payé. Je juge de même ceux qui professent des opinions politiques.

Parmi mes avocats, j’ai compté Me Tixier-Vignancour que l’on classe à l’« extrême droite », Me Yvon Chotard (du barreau de Nantes) qui est de gauche, et Me François Berthout, dont j’ignore l’opinion politique. Enfin, l’avocat que j’ai toujours trouvé à mes cotés et qui persiste à me défendre en toute occasion est Me Eric Delcroix, qui est d’« extrême droite », tandis que mon éditeur est Pierre Guillaume venu d’un milieu libertaire.

Dans le phénomène révisionniste, j’ai cru noter que le sympathisant de gauche perçoit une sorte de révolution nécessaire et le sympathisant de droite, une réaction salutaire. Pour moi, je pratique le révisionnisme comme une recherche de l’esprit et aussi, je dois le confesser, comme une forme de devoir civique.

10 octobre 1989

Lettre à "Rivarol"


Robert Poulet était chevaleresque, sans illusion et sans donquichottisme. 

A plus de quatre-vingt-dix ans, il a pris le risque de se ranger sous la bannière révisionniste et je l’ai vu se porter à mon secours comme, en d’autres temps, Albert Paraz l’avait fait pour Paul Rassinier. 

A quatre-vingt-seize ans, peu de jours avant sa mort, épuisé par la maladie, il est sorti de son silence pour envoyer un dernier article à Rivarol ; il y flétrissait mes agresseurs du 16 septembre 1989 (la sixième agression en onze ans) et, une nouvelle fois, il affirmait ses convictions révisionnistes. 

Les esprits libres ne manquent pas mais, avec l’âge, il leur arrive de faiblir. Ils ont tendance à s’enfermer dans la défense d’idées qui ont fait leur temps. Tel, qui a brillé par son courage, estime qu’il n’a plus à en fournir une nouvelle preuve par la défense d’une idée nouvelle. Robert Poulet, lui, aura prouvé sa liberté d’esprit et son ouverture d’esprit jusqu’au dernier jour d’une très longue vie. Je l’admire.

10 octobre 1989