Sunday, July 23, 1989

Lettre à Mgr Albert Decourtray


Monseigneur, 

Vous voudrez bien, je vous prie, trouver ci-joint une documentation qui porte sur les mesures législatives que la droite comme la gauche menacent de prendre en France contre ces révisionnistes que vous avez vous-même tant attaqués sans qu’ils puissent répondre à vos attaques. 


Nous aimerions, nous révisionnistes, bénéficier du millième de l’écoute que vous accordez aux puissants de ce monde qui s’acharnent sur nos personnes sans même avoir lu nos écrits. Un homme d’Église devrait se faire un point d’honneur de ne jamais hurler avec les loups. Assiste-t-il à une curée générale de la part des médias et constate-t-il que l’homme désigné, semaine après semaine, pendant onze ans, à la vindicte publique n’a jamais eu la possibilité de présenter sa défense, cet homme d’Église devrait songer que la prudence, sinon la charité, lui conseille de se taire d’abord, de se renseigner ensuite, de juger enfin. Pourquoi m’avez-vous condamné sans m’entendre ? 


Vous siégez à Lyon. J’enseigne à Lyon. En réalité, je n’y suis professeur qu’en titre et en droit. Depuis 1978-1979, le Dr Marc Aron, président du Comité de coordination des institutions et des organisations juives de Lyon, a déclaré qu’il ne tolérerait plus que j’exerce ma fonction de professeur. Cela, vous le savez et vous vous taisez. J’ai été l’objet de nombreuses attaques physiques et verbales. Vous n’avez, là encore, rien dit. Le président de mon université me refuse le droit de revenir enseigner à Lyon parce que, dit-il, il n’a pas les moyens d’assurer ma sécurité physique. Qu’en pensez-vous ? 


J’ai beaucoup travaillé avant de conclure que chambres à gaz et génocide forment un seul et même mensonge historique. Vous ne pourriez me contester cette conclusion que si vous aviez vous-même beaucoup lu et travaillé sur le sujet, sans négliger les arguments révisionnistes. Pour cent raisons, vous ne pouvez pas avoir fait ce travail. Alors, abstenez-vous de nous juger.

Dans l’affaire du Carmel d’Auschwitz, vous cautionnez le mensonge des chambres à gaz et du génocide. Parmi les victimes de ce mensonge, de cette calomnie, de cette diffamation figurent Pie XII et les catholiques. Selon la propagande officielle, les Allemands ont assassiné à Auschwitz (voyez le monument devant lequel s’inclinent les grands de ce monde) quatre millions de personnes, notamment dans des chambres à gaz fonctionnant à l’insecticide Zyklon B. Selon nous, il est mort peut-être soixante mille personnes à Auschwitz, notamment par le fait du typhus, et, si les Allemands avaient eu plus de Zyklon B, il y aurait eu moins de morts. Il importe grandement de savoir si la vérité d’Auschwitz est proche des affirmations de la propagande officielle ou des conclusions des travaux révisionnistes.

Qui vous permet, sans avoir étudié la question, de porter contre les Allemands, vos frères humains, et contre les nationaux-socialistes, vos adversaires politiques, une aussi horrible accusation ? Et, puisque juger, c’est comparer, avez-vous comparé les souffrances qui leur ont été infligées (et, en particulier, les plus terribles déportations qui aient jamais existé dans l’histoire des hommes) avec les souffrances réelles qu’ils ont eux-mêmes infligées à leurs ennemis ?

Vous voici avec cette affaire du Carmel d’Auschwitz au centre d’une querelle d’un autre âge. Tout ce que vous avez cru faire de bien se retourne contre vous. Ce n’est le résultat ni de la malchance, ni de la fatalité. C’est parce que vous êtes parti d’un mauvais pas. Croyant défendre des faibles, vous défendiez les forts. Croyant défendre la vérité, vous défendiez le mensonge. Il ne fallait pas croire ; il fallait étudier.

Veuillez recevoir, je vous prie, mes salutations attristées.



[La lettre ci-dessus date du 23 juillet 1989. Le 16 septembre 1989, le professeur Faurisson était la victime d’une agression particulièrement grave (la sixième en onze ans). La presse en a parlé. Mgr Decourtray s’est tu.]

23 juillet 1989

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[Publié dans les AHR, n° 8, printemps 1990, p. 157-158]