Tuesday, May 30, 1989

Pour qui ne croirait pas aux chambres à gaz : la prison !


Une proposition de loi Laurent Fabius – Georges Sarre du 2 avril 1988 tend expressément à « combattre les thèses révisionnistes » ; elle prévoit contre les Français qui ne croient pas aux chambres à gaz et au génocide une peine d’emprisonnement d’un mois à un an, une amende de deux mille à trois cent mille francs et les frais afférents de publication judiciaire forcée. Jacques Chirac vient de se rallier au principe d’une telle loi.

L’année même du bicentenaire de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, on s’apprête à embastiller des Français pour cause de blasphème. 

Laurent Fabius a prononcé son allocution en présence d’Harlem Désir, de Mmes Ahrweiler et Maxwell, de Harlem Désir, de rabbins et de nombreuses personnalités juives. Les débats étaient organisés par l’association des « Enfants de la Mémoire » censée représenter les « enfants de la troisième génération » après Auschwitz (la deuxième génération étant représentée par l’organisation de Serge Klarsfeld : « Fils et Filles des Déportés juifs de France »). L. Fabius a commencé par déclarer que, dans la vie politique, on oscillait nécessairement entre l’oubli et la mémoire. L’oubli peut être nécessaire ; parfois, l’amnistie s’impose ; par exemple, l’Édit de Nantes recommandait à propos des dissensions du passé « que nul n’en parle plus entre les Français ». Mais, selon L. Fabius, il ne peut en être de même pour la seconde guerre mondiale et, en particulier, pour les souffrances des juifs. Là, il faut se souvenir, ne rien oublier, parler, servir la Mémoire :

Il faut laisser ouverte la plaie de la Shoah pour qu’elle serve à la Mémoire. 

L. Fabius a dit qu’il avait personnellement proposé une loi contre les « négateurs » des chambres à gaz et de l’Holocauste. Cette loi est nécessaire parce que les «verrous» sont en train de sauter sous nos yeux. Il a ajouté qu’il connaissait les objections à cette loi mais que ces objections devaient céder. Aux applaudissements de la salle, il a affirmé qu’il ne s’agissait pas de proscrire une opinion – car cela n’avait rien à voir avec une opinion – mais un mensonge. Il a conclu : « Le Parlement doit se faire Mémoire ».

Le cas de J. Chirac est intéressant. En novembre 1987, dans une interview avec des journalistes de L’Arche, mensuel juif, il avait confié qu’à titre personnel il ne croyait pas « qu’il faille aller jusqu’à transformer la négation du génocide en délit passible de sanctions pénales, car cela pourrait s’apparenter au délit d’opinion » [1].

Seize mois plus tard, son sentiment a changé. Pourquoi ?

Le 20 septembre 1987, Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, avait annoncé que, s’il ne dépendait que de lui, « le professeur Faurisson irait en prison » (Le Figaro, 21 septembre 1987, p. 7). A la même époque, Claude Malhuret, secrétaire d’État aux droits de l’homme dans le même gouvernement, travaillait depuis quelques mois «sur la possibilité d’inclure dans le code pénal un article réprimant les fauteurs du révisionnisme qui contestent la réalité de l’Holocauste » [2]. Le 10 février 1989, lors d’une rencontre fortuite à Vichy, je lui demandais personnellement compte de cette initiative ; il me répondait à deux reprises : « C’est pas moi [sic], c’est Pasqua ! » et il se défendait d’avoir voulu une répression quelconque du révisionnisme. Sur les partisans et les adversaires d’une « lex Faurissonia », c’est-à-dire d’une loi à l’allemande visant les révisionnistes, on consultera les Annales d'Histoire Révisionniste [3].

Il est possible que cette loi soit adoptée. 

Les tenants de la chambre à gaz sont dans une telle impasse qu’ils ne voient plus d’autre recours que dans une répression judiciaire accentuée. Toutes les tactiques et tous les expédients jusqu’ici utilisés pour freiner l’essor du révisionnisme ont échoué : pendant des années, le silence concerté, puis le déferlement de campagnes de presse particulièrement haineuses et violentes qui étaient de véritables appels au meurtre et aux voies de fait, l’assassinat, le vitriolage, les coups et blessures, l’incendie criminel, l’interdiction professionnelle, l’assimilation du révisionnisme à des idéologies d’extrême droite et d’extrême gauche, à l’antisémitisme, au racisme, l’interdiction de tenir la moindre réunion publique en plus de dix ans, une propagande holocaustique forcenée, un matraquage télévisuel délirant, la mise en condition de la jeunesse française par la transformation progressive des manuels d’histoire jusqu’à complète satisfaction des « enseignants amis d’Israël ». Rien n’y a fait : le révisionnisme s’est développé avec la force d’un mouvement naturel de l’esprit qu’aucun obstacle ne peut entraver. 

Les procès en cascade ont tourné à la confusion des accusateurs. Pour commencer, on a déployé des trésors de fourberie dans les accusations portées contre les révisionnistes. Procureurs et plaignants, et souvent les magistrats aussi, ont eu l’aplomb de prétendre que le révisionnisme lui-même n’était pas en cause. C’est ainsi que les révisionnistes se sont vu reprocher au gré des circonstances les délits les plus variés : l’atteinte à l’ordre public (et même à l’ordre moral !), la diffamation simple, la diffamation raciale, l’incitation à la haine raciale, le dommage à autrui, l’apologie de crimes de guerre, la propagation de fausses nouvelles, la dégradation de monument public, l’outrage à agent,... Mais, pour finir, les magistrats rendaient hommage à la qualité des travaux révisionnistes sur les chambres à gaz (arrêt du 26 avril 1983) ou autorisaient la mise en doute de l’existence des chambres à gaz et du génocide vu qu’il y avait manifestement là-dessus un « débat public entre historiens » (jugement du 16 décembre 1987). 

Sans doute aurait-il mieux valu accéder à la demande insistante des révisionnistes en vue d’obtenir un débat devant le grand public. Peut-être aussi aurait-il fallu procéder à une contre-expertise des locaux désignés à Auschwitz, Birkenau et Majdanek comme « chambres à gaz homicides » pour essayer de répondre à la redoutable expertise de l’ingénieur américain Fred Leuchter déposée devant un tribunal de Toronto le 20 avril 1988 et concluant de façon formelle à l’impossibilité d’existence de telles chambres à gaz en ces lieux...

Il reste aujourd’hui à observer, en France et à l’étranger, la réaction ou l’absence de réaction des milieux intellectuels qui se disent attachés à la liberté d’expression. 

On proposera à leur méditation l’article suivant du Monde [4] :


MM. Chirac et Fabius 
se prononcent pour l’interdiction 
de la propagande « révisionniste »


L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et l’association Les Enfants de la mémoire ont organisé, le jeudi 23 mars, à l’Assemblée nationale un colloque consacré au problème de la transmission du souvenir du Génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la génération qui a vécu ces événements s’approche du soir de sa vie.

Placé sous le patronage de M. François Mitterrand, ce colloque parrainé notamment par MM. Laurent Fabius, Alain Poher, Jacques Chaban-Delmas et le grand rabbin de France, M. Joseph Sitruk, a été ouvert par une réception à l’Hôtel de Ville de Paris, au cours de laquelle M. Jacques Chirac s’est prononcé pour des mesures législatives permettant de poursuivre et de condamner la littérature dite révisionniste, qui nie la réalité du génocide.

Mme Simone Veil a souligné elle aussi, la nécessité de préserver la mémoire de la Shoah de l’oubli et des tentatives de falsification. Pour M. Jean Pierre-Bloch, dont l’intervention, jeudi, a suscité une vive émotion parmi les jeunes participants au colloque, il faut étendre les dispositions de la loi de 1972 contre le racisme, de telle sorte que « les faussaires puissent être poursuivis et mis au ban de l’opinion publique ». Le président de l’Assemblée nationale, qui a clos les débats, s’est prononcé dans le même sens. M. Fabius a indiqué que les députés socialistes avaient déposé une proposition de loi à cette fin.  


30 mai 1989

Notes

[1] L’Arche, p. 46, repris dans Le Monde, 10 novembre 1987, p. 11.
[2] Libération, 16 septembre 1987, p. 4. 
[3] AHR, n° 6 (hiver 1988-1989), p. 151-153.
[4] Le Monde, 26-27 mars 1989, p. 18.



Wednesday, May 24, 1989

In the United States a Jewish Professor Takes the Revisionist Path















Why Did the Heavens Not Darken? The “Final Solution” in History by Arno J. Mayer, New York: Pantheon, 1988, Hb., 492 pages, $27.95, ISBN 0-394-57154-1.
Reviewed by Robert Faurisson, In the United States a Jewish Professor Takes the Revisionist Path” The Journal of Historical Review, Volume Nine, Number Three, Fall, 1989, p. 375-379 (slightly modified on December 15, 2010)

***


In May 1989, Newsweek described a “storm over a new book” devoted to “the extermination of the Jews” during the Second World War (issue of May 15, p. 64-65 [Europe edition p. 57]). The book is Why Did the Heavens Not Darken? The “Final Solution” in History.
Pierre Vidal-Naquet’s Friend
Its author, Arno J. Mayer, was born in 1926 into a Jewish family in Luxembourg. He is a professor of European history at Princeton University. Pierre Vidal-Naquet, in his 1987 book Les Assassins de la Mémoire (Editions de la Découverte), called Mayer his “colleague and friend” (page 203, note 21) and mentioned his name nine times. For example, he wrote: “I owe very much to Arno J. Mayer, whom I warmly thank” (page 216, note 12). He said that he had read the manuscript of a book that Mayer was going to publish in 1988, probably bearing the title The Final Solution in History.
It seems that in 1982 the American professor infuriated an Israeli colleague during an international conference at the Sorbonne presided over by François Furet and Raymond Aron (29 June to 2 July). At that time Mayer undoubtedly had the courage to express some reservations about the dogma of the Holocaust and the gas chambers.
In any event, Mayer’s own conference paper did not appear in the book L’Allemagne nazie et le génocide juif, (Gallimard/Le Seuil, 1985, 607 pages) that was published three years later and was supposed to contain the results of that conference. We were thus kept in ignorance of Mayer’s thesis from 1982 to 1988.
According to the author, he submitted the penultimate draft of his entire manuscript, except for the prologue, to three of the leading people in the field of Jewish history: Raul Hilberg (United States), Hans Mommsen (West Germany), and Pierre Vidal-Naquet (France) (see page xiv). On the cover of Mayer’s book one can read the following appreciation of the book: “The most important effort ever made by a historian to think critically about the unthinkable (Pierre Vidal-Naquet, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris).”
Sources for the Gas Chambers Are Rare and Unreliable
Arno J. Mayer says that he believes there was a policy to exterminate the Jews and that the homicidal gas chambers were a reality, but at the same time he writes pages of text and makes observations with which many revisionists would agree. Furthermore, in his bibliography he even mentions two revisionist works: The Lie of Ulysses by Paul Rassinier (in the edition published by La Vieille Taupe in Paris in 1979), as well as Arthur Butz’s masterly study, The Hoax of the Twentieth Century.
According to Mayer there is no trace of any plan for the extermination of the Jews and, as regards the gas chambers, he includes, in his chapter on Auschwitz, the following sentence, which is quite astonishing coming from a friend of Pierre Vidal-Naquet: “Sources for the study of the gas chambers are at once rare and unreliable” (p. 362). He adds:
Most of what is known (on this subject) is based on the depositions of Nazi officials and executioners at postwar trials and on the memory of survivors and bystanders. This testimony must be screened carefully, since it can be influenced by subjective factors of great complexity (pages 362-363).
There is no better way of saying that people must be suspicious of the so-called statements, confessions, and eye-witness accounts that the exterminationists so shamelessly make use of.
Then the author adds, regarding the above-mentioned sources: “there is no denying the many contradictions, ambiguities, and errors in the existing sources” (p. 363). One would like to see Arno J. Mayer review some of these contradictions, ambiguities and errors; no doubt he is thinking about the “sources” that the same exterminationists have used for more than forty years.
He mentions the “gassings” at Chelmno, Belzec, Sobibor, and Treblinka but those references are fleeting and are swept up in a flood of considerations foreign to the subject.
Generally speaking, throughout the book the central subject, the supposed genocide of the Jews (here called “Judeocide”) and the supposed gas chambers, is buried under a mass of digressions on such things as the anti-Semitism of the Middle Ages and Hitler’s campaign in Russia. This is what professors complaisantly call the study of the context; I would prefer a study of the text or, in other words, of the subject.
More Dead from Natural than Unnatural Causes
Mayer also takes the revisionist path when he insistently emphasizes the ravages caused in the Jewish communities of the East and in the concentration camps by typhus epidemics. People too often forget that one of the most important motives for the Germans when they created the ghettos was their fear of seeing typhus spread almost everywhere in that part of the world, which was already suffering from war. Even as he is vague on the subject of the supposed “gassings,” Mayer is precise and detailed on typhus. During the period from 1942 to 1945 –  in other words at the very time when, according to exterminationist historians, the fantastic “gassings” supposedly took place – he estimates (unfortunately without furnishing any figures) that more Jews were killed by so-called natural causes (starvation, disease, sickness and overwork) than by “unnatural” causes (executions of all kinds). He specifically says that this was true “certainly at Auschwitz, but probably overall” (p. 365). That remark has not gone unnoticed and it has provided fuel for a lively controversy.
Elsewhere, Mayer interprets, then eliminates one by one all the documents or arguments which up until now have been used to make people believe that the Germans practiced a policy of exterminating the Jews (the Göring-to-Heydrich letter of July 1941, the Wannsee Conference transcript, the conduct of the Einsatzgruppen in Russia, Himmler’s speeches at Posen in October 1943, etc.).
Things that have been presented to us as definitely established facts are often described by Mayer as being uncertain or untrustworthy. The numbers and the statistics, which have finally achieved, in a sense, an official, sacred character, are greeted by Mayer with great mistrust.
Differentiating between, on the one hand, Jewish “memory” – not to say Jewish legend or mythology – and, on the other hand, “history,” Mayer deplores the existence of a cult of memory which, with the distortions that it imposes on historical reality, has become “too sectarian” (p. 16). Memory, he thinks, tends to “rigidify” while history calls for “revision” (p. 18). Historians today have “the urgent task of thinking, critically, about the unthinkable” (p. 363).
Two Suggestions for the Future
Regarding the gas chambers at Auschwitz, Mayer writes:
The Soviet archives may well yield significant clues and evidence when they are opened. In addition, excavations at the killing sites and in their immediate environs may also bring forth new information (Ibid.).
I would remind the reader that those are two revisionist ideas for which I have personally fought. Early in 1988, during the second trial of Ernst Zündel in Toronto, I was able, working through defence attorney Doug Christie, to get one of the prosecution experts, Charles Biedermann, to confirm that the Auschwitz “death registers,” left intact by the Germans, are in fact to be found, for the most part, in Moscow.
The scandal is that these registers are being kept hidden in the same way as the few volumes that remain at the Auschwitz Museum are concealed. The Americans, British, French, Germans, and Israelis cooperate in hiding these documents and even refuse to reveal how many names are contained in the several registers at the Auschwitz Museum, photocopies of which are in the possession of the International Tracing Service at Arolsen (an organ of the International Committee of the Red Cross located in West Germany, but under the strict surveillance of the Allies and of the Israelis for fear of an intrusion by revisionist researchers). Would Mayer agree in demanding the opening of the “secret file”?
As regards excavations, here again the revisionists have taken the initiative in spite of prohibitions against it. I refer to that in my preface to the “Leuchter Report,” named after the American engineer who studied the so-called homicidal gas chambers at Auschwitz, Birkenau, and Majdanek ("The End of a Myth"Journal of Historical Review, Fall 1988, p. 376-380).
In February 1989, in Los Angeles, during the 9th International Conference of our Institute for Historical Review, Fred Leuchter asked for the creation of an international commission of inquiry into the homicidal gas chambers supposedly used by the Germans. Would Mayer break with his exterminationist colleagues by responding to the “Leuchter Report” with something other than an embarrassed silence or a hoax of the kind resorted to by Serge Klarsfeld and his disciples? What does Mayer think about an international commission of experts?
Progress in Ten Years
Ten years ago, Pierre Vidal-Naquet and Léon Poliakov took the initiative in drawing up a public statement directed against me which said that, because of the abundance and reliability of the evidence, “there is not, there cannot be any debate about the existence of the gas chambers” (Le Monde, 21 February 1979, p. 23). Among the 34 signatories of that declaration were Philippe Ariès, Fernand Braudel, Pierre Chaunu, François Furet, Jacques Le Goff and Emmanuel Leroy-Ladurie. But René Rémond refused to sign it.
We had to wait until 1988 for an established historian like Arno Mayer to say, in his chapter on Auschwitz, that sources for the study of the gas chambers, far from being abundant and reliable, as people asserted, are only rare and unreliable. This is just a single example of the significant progress that Historical Revisionism has made in the scholarly community.
The Jewish professor from Princeton is going to learn the cost of scrutinizing the taboo of the century. He has done so with the greatest caution, without being aggressive or provocative, but he has already unleashed, along with some favourable reactions in the American press, some real attacks. Daniel Jonah Goldhagen of Harvard, in an article entitled “False Witness,” accuses Mayer of falsification, distortion, revisionism, and of having “produced a mockery of memory and history” (The New Republic, 17 April 1989, p. 39-44).
That sounds familiar. Fortunately for Professor Mayer, he lives in the United States and not in France, like Faurisson, in Sweden, like Felderer, or in Germany, like Stäglich [1].
May 24, 1989
(slightly modified on December 15, 2010)

[1] Mayer’s book, more than 500 pages long, does not contain a single footnote. Also, many of his quotations can only be verified by personal research on the part of the reader. At the beginning of 1981, Arno J. Mayer was still so hostile towards revisionism that he wrote:
Regrettably, Faurisson’s new book [Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire, 1980] has an unconscionable preface by Noam Chomsky that is being used to legitimate Faurisson as a bona fide scholar of the Holocaust. As an unqualified civil libertarian Chomsky claims – disingenuously – that he has not read the book he is prefacing! (Democracy, April 1981, p. 68).

Aux États-Unis, un universitaire juif s’engage dans la voie révisionniste


 Dans sa livraison du 15 mai 1989, l’hebdomadaire Newsweek annonce une « tempête autour d’un nouveau livre » consacré à « l’extermination des juifs durant la seconde guerre mondiale » [1] :

Why Did the Heavens not Darken? The "Final Solution" in History, New York, Pantheon Books, 1988, XVIII-193 p. (Pourquoi les cieux ne se sont-ils pas obscurcis ? La « solution finale » dans l’histoire.)

Un ami de Pierre Vidal-Naquet

Son auteur, Arno J. Mayer, est né en 1926 au Luxembourg au sein d’une famille juive. Il est professeur à l'Université de Princeton où il enseigne l’histoire européenne. Dans un livre paru en 1987, Pierre Vidal-Naquet l’appelait son « collègue et ami » et le nommait à neuf reprises [2]. Il écrivait par exemple : « Je dois beaucoup à Arno J. Mayer que je remercie chaleureusement [3]. » Il disait avoir lu en manuscrit l’ouvrage que ce dernier allait publier en 1988 sous le titre probable de The “Final Solution” in History. Il semble qu’en 1982 le professeur américain avait provoqué de violentes réactions de la part d’un collègue israélien au cours du colloque international de la Sorbonne présidé par François Furet et Raymond Aron (29 juin-2 juillet). Déjà à cette époque, il avait sans doute eu le courage d’exprimer des réserves sur le dogme de l’Holocauste et des chambres à gaz. En tout cas, curieusement, son propre exposé ne figure pas dans l’ouvrage publié trois ans plus tard et censé livrer le résultat de ce colloque [4]. De 1982 à 1988, nous avons donc été tenus dans l’ignorance de la thèse d’Arno J. Mayer. Si l’on en croit l’auteur, il a soumis son manuscrit à trois sommités de l’historiographie juive : Raul Hilberg (États-Unis), Hans Mommsen (RFA) et Pierre Vidal-Naquet (France) [5]. En quatrième de couverture, on peut lire cette appréciation en anglais :

Le plus important effort jamais fait par un historien pour penser l’impensable en termes critiques (Pierre Vidal-Naquet, École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris).



Les chambres à gaz ? 
Des sources rares et douteuses 

Arno J. Mayer dit qu’il croit qu’il a existé une politique d’extermination des juifs et que les chambres à gaz homicides ont été une réalité mais, en même temps, il écrit des pages et se permet des observations que contresigneraient bien des révisionnistes. Dans sa bibliographie, il n’hésite pas d’ailleurs à mentionner deux ouvrages révisionnistes : Le Mensonge d’Ulysse de Paul Rassinier dans l’édition qu’en avait donnée la Vieille Taupe en 1979 ainsi que la magistrale étude d’Arthur Robert Butz : The Hoax of the Twentieth Century (La Mystification du XXe siècle). Pour lui, il n’existe aucune trace d’un quelconque plan d’extermination des juifs et, à propos des chambres à gaz, il a, dans son chapitre sur Auschwitz, cette phrase, fort étonnante de la part d’un ami de Pierre Vidal-Naquet :

Sources for the study of the gas chambers are at once rare and unreliable [6]

On a bien lu : 

Les sources pour l’étude des chambres à gaz sont à la fois rares et douteuses. 

Il ajoute :

En général, ce qu’on sait [sur ce chapitre] est fondé sur les dépositions des fonctionnaires et des bourreaux nazis dans des procès d’après-guerre et sur la mémoire des survivants et des spectateurs. Il s’agit là de témoignages à tester soigneusement, car ils peuvent être influencés par des facteurs subjectifs d’une grande complexité [7]

Peut-on mieux dire qu’il faut se méfier des prétendus aveux, confessions, témoignages dont les exterminationnistes osent se prévaloir avec impudence ? Et puis, ajoute l’auteur à propos desdites sources : « on ne saurait nier les nombreuses contradictions, ambiguïtés et erreurs dans les sources actuellement existantes » (p. 363). On aimerait voir Arno J. Mayer passer en revue quelques-unes de ces contradictions, ambiguïtés et erreurs ; nul doute qu’il vise les « sources » auxquelles s’abreuvent depuis plus de quarante ans les mêmes exterminationnistes.

Il mentionne des « gazages » à Chelmno, Belzec, Sobibor et Treblinka mais ces mentions sont fugaces et noyées dans un flot de considérations étrangères au sujet. D’une manière générale, tout au long du livre, le sujet central, c’est-à-dire le prétendu génocide des juifs (ici appelé « judéocide ») et les prétendues chambres à gaz, est littéralement enfoui sous des amas de digressions, en particulier sur l’antisémitisme au Moyen Age ou sur la campagne de Russie. C’est ce que les universitaires appellent complaisamment l’étude du contexte : on préférerait une étude du texte, autrement dit du sujet.

Plus de morts naturelles que de morts non naturelles

A. J. Mayer s’engage aussi dans la voie révisionniste quand il souligne avec insistance les ravages causés dans les communautés juives orientales et dans les camps de concentration par les épidémies de typhus. On oublie qu’un des principaux motifs de la création par les Allemands de certains ghettos était la hantise de voir le typhus se répandre un peu partout dans cette région du monde déjà en proie à la guerre. Autant l’auteur est vague au sujet des prétendus « gazages », autant il est précis et circonstancié sur le typhus. Pour la période de 1942 à 1945, soit pour celle où, selon les historiens exterminationnistes, il y aurait eu de fantastiques « gazages », il estime, sans malheureusement fournir de chiffres, que plus de juifs ont été tués par des causes dites naturelles (faim, maladies, épidémies, épuisement au travail) que par des causes «non naturelles» (exécutions en tous genres). Il précise que tel a été « certainement le cas à Auschwitz » et « probablement » le cas partout ailleurs [8]. Cette remarque n’est pas passée inaperçue et elle alimente une vive controverse. Par ailleurs, Mayer élimine un à un tous les documents ou arguments jusqu’ici invoqués pour faire croire que les Allemands pratiquaient une politique d’extermination des juifs (lettre de Göring à Heydrich du 31 juillet 1941, procès-verbal de Wannsee, conduite des Einsatzgruppen en Russie, discours de Himmler, etc.). Il qualifie souvent d’incertains ou de peu sûrs des faits qu’on nous présentait comme définitivement établis. Les chiffres et les statistiques qui avaient fini par prendre en quelque sorte un caractère officiel et sacré lui inspirent une grande méfiance. Distinguant, d’une part, la « mémoire » juive – pour ne pas dire la légende ou la mythologie juive – et, d’autre part, l’« histoire », il déplore l’existence d’un culte de la mémoire qui, avec les déformations que celle-ci impose à la réalité historique, est devenu « trop sectaire » [9]. La mémoire, estime-t-il, tend à « rigidifier » tandis que l’histoire appelle à « réviser » [10]. Les historiens ont aujourd’hui « la tâche urgente de penser l’impensable en termes critiques » [11].

Deux suggestions pour l’avenir

A propos des chambres à gaz d’Auschwitz, Mayer écrit : 

Une fois ouvertes, les archives soviétiques pourraient bien livrer des indices significatifs et des preuves. De plus, des fouilles à l’emplacement des lieux du crime et de leurs environs immédiats pourraient produire de nouvelles informations [12].  

On me permettra de rappeler qu’il s’agit là de deux idées révisionnistes pour lesquelles j’ai personnellement combattu. Au début de 1988, au second des deux procès Zündel, par l’intermédiaire de l’avocat Douglas Christie, j’ai obtenu d’un expert de l’accusation, Charles Biedermann, la confirmation de ce que les « registres mortuaires » d’Auschwitz, laissés intacts par les Allemands, se trouvaient bien pour la plupart à Moscou ; le scandale est que ces registres soient tenus cachés ainsi que les quelques volumes restés au musée d’Auschwitz ; les Américains, les Britanniques, les Français, les Allemands et les Israéliens participent à cette dissimulation de documents et vont jusqu’à refuser de dire combien de noms contiennent les quelques registres du musée d’Auschwitz dont il existe la photocopie au Service international de recherches d’Arolsen (organisme du Comité international de la Croix-Rouge, situé en RFA mais placé sous l’étroite surveillance des Alliés et des Israéliens par crainte d’une intrusion de chercheurs révisionnistes). Mayer serait-il d’accord pour demander l’ouverture de ce « dossier secret » ? Quant aux fouilles, là encore ce sont des révisionnistes qui en ont pris l’initiative malgré les interdits ; je renvoie là-dessus à ma préface au « rapport Leuchter », du nom de cet ingénieur américain qui a étudié les prétendues chambres à gaz homicides d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek [13]. Le 19 février 1989, à Los Angeles, lors de la neuvième conférence internationale de notre Institut d’histoire révisionniste, Fred Leuchter a demandé la création d’une commission internationale d’enquête sur les chambres à gaz homicides censées avoir été utilisées par les Allemands. Mayer accepterait-il de trancher sur ses collègues exterminationnistes et de répondre au « rapport Leuchter » autrement que par un silence gêné ou par une fumisterie à la manière de Serge Klarsfeld et de ses acolytes ? Que pense-t-il d’une commission internationale d’experts ?

Progrès en dix ans 

Il y a dix ans, P. Vidal-Naquet avait pris l’initiative avec L. Poliakov de rédiger contre moi une déclaration publique où l’on pouvait lire que, vu l’abondance et la solidité des preuves, 

il n’y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz [14]

Parmi les trente-quatre signataires de cette déclaration figuraient les noms de Philippe Ariès, Fernand Braudel, Pierre Chaunu, François Furet, Jacques Le Goff, Emmanuel Le Roy Ladurie,... Mais René Rémond, lui, avait refusé sa signature. 

Il aura fallu attendre 1988 pour qu’un historien patenté, comme l’est Arno J. Mayer, reconnaisse dans un chapitre sur Auschwitz que les preuves de l’existence des chambres à gaz, loin d’être abondantes et solides, comme on nous le ressassait, n’étaient que rares et douteuses. On a là un exemple parmi d’autres des progrès considérables du révisionnisme historique dans la communauté scientifique. Le professeur juif de Princeton va apprendre ce qu’il en coûte de toucher au tabou du siècle. Il l’a fait avec mille précautions, sans agressivité ni provocation, mais déjà il déclenche, à côté de certaines réactions favorables dans la presse américaine, de véritables anathèmes. C’est ainsi que, sous le titre de « False Witness » (faux témoin), Daniel Jonah Goldhagen, de Harvard, l’accuse de falsification, de distorsion, de révisionnisme et d’avoir « tourné en dérision la mémoire et l’histoire » [15]. Air connu. Heureusement pour lui, A. J. Mayer vit et enseigne aux États-Unis et non pas en France comme Faurisson ou en Allemagne comme Stäglich [16].

24 mai 1989

   

[Publié dans Rivarol du 9 juin 1989, p. 9. Reproduit ici d’après le manuscrit.]




Notes

[1] Newsweek, p. 64-65 de l’édition US ; p. 57 de l’édition européenne. 

[2] P. Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, Paris, La Découverte, 1987 p. 203, n. 21. 

[3] Id., p. 216, n. 12. 

[4] L’Allemagne nazie et le génocide juif, Actes du Colloque de la Sorbonne de 1982, Paris, Gallimard-Le Seuil, 1985. 

[5] A. J. Mayer, The “Final Solution”..., p. XIV.

[6] Id., p. 362. 

[7] Id., p. 362-363.

[8] Id., p. 365.

[9] Id., p. 16.

[10] Id., p. 18.

[11] Id., p. 363.

[12] Ibid.

[13] Annales d'histoire révisionniste n° 5, été-automne 1988, p. 51-102.

[14] Le Monde, 21 février 1979, p. 23.

[15] The New Republic, 17 avril 1989, p. 39-44.

[16] Son ouvrage, fort de plus de cinq cents pages, ne comporte pas une seule note de référence. Aussi beaucoup de citations sont-elles invérifiables à moins de recherches personnelles de la part du lecteur.