Sunday, June 30, 1985

Le témoin n° 1 de Claude Lanzmann dans "Shoah" (film et livre)


Le magazine de Jean Daniel Le Nouvel Observateur a récemment consacré un dossier au film de Claude Lanzmann intitulé Shoah (en hébreu : catastrophe). Shoah est présenté comme un film sans documents. Mais il y a des témoins. Le témoin n° 1, pour qui a vu le film et lu le livre, est incontestablement un coiffeur israélien du nom d’Abraham Bomba. C’est pourquoi, ayant à choisir parmi les témoignages, Le Nouvel Observateur a eu raison de retenir celui de ce coiffeur. A. Bomba dit que pendant la guerre il a été coiffeur au camp de Treblinka (à quatre-vingt-dix kilomètres à l’est de Varsovie). Les Allemands, dit-il, l’ont forcé à couper les cheveux des femmes qui allaient être gazées. C’est dans la chambre à gaz même que les cheveux étaient coupés. Bomba parle toujours de la chambre à gaz comme s’il n’y avait eu à Treblinka qu’une chambre à gaz : celle précisément où il travaillait en tant que coiffeur parmi un ensemble de seize ou dix-sept coiffeurs, tous des professionnels. L’essentiel du témoignage de Bomba se lit aux pages 76 et 77 du magazine qui reproduisent, avec des inexactitudes négligeables, les pages 125 à 130 du livre [1]. En voici quelques extraits tirés du livre :

[Nous avons travaillé dans la chambre à gaz] durant une semaine ou dix jours [...] une pièce de quatre mètres sur quatre environ [2].

[Les femmes et les enfants entraient ; les femmes] Complètement nues. Toutes les femmes et tous les enfants [3].

[Les Allemands] avaient besoin des cheveux des femmes qu’ils expédiaient en Allemagne [...] seulement des bancs et seize ou dix-sept coiffeurs [...]. Chaque coupe prenait environ deux minutes, pas plus [...]. En une fournée... à peu près... soixante à soixante-dix femmes [...]. Quand on en avait fini avec le premier groupe, le suivant entrait : il y avait alors cent quarante ou cent cinquante femmes [4].

Et ils s’en occupaient aussitôt. [Les Allemands] nous ordonnaient de quitter la chambre à gaz pour quelques minutes, cinq minutes environ : ils envoyaient alors le gaz et les asphyxiaient à mort [...] il y avait un commando qui sortait déjà les cadavres : toutes n’étaient pas encore mortes. Et en deux minutes, même pas deux minutes, en uneminute... tout était nettoyé, tout était propre : l’autre groupe pouvait entrer et subir le même sort [...]. Les Allemands voulaient les cheveux, ils avaient leurs raisons [...] travailler jour et nuit parmi les morts, les cadavres [5]

Cette partie du témoignage de Bomba peut se résumer ainsi : dans une pièce de seize mètres carrés se trouvaient seize (ou dix-sept?) coiffeurs et des bancs ; soixante ou soixante-dix femmes nues environ entraient dans cette pièce avec un nombre indéterminé d’enfants ; on leur coupait les cheveux en huit minutes environ ; personne ne quittait la pièce ; entrait alors un nouveau groupe de soixante-dix ou quatre-vingts femmes avec, à nouveau, un nombre indéterminé d’enfants ; la durée de la coupe était de dix minutes environ. Le total des personnes présentes dans ces seize mètres carrés était alors de cent quarante-six (16 + 60 + 70) ou de cent soixante-sept (17 + 70 + 80) environ, sans compter les enfants. Et il y avait des bancs. C’est impossible. C’est même du pur non-sens.

Les coiffeurs, ainsi comprimés, travaillaient sans une minute de répit. Puis, ils s’arrêtaient cinq minutes environ et reprenaient alors leur travail. Claude Lanzmann ne demande pas à Bomba combien d’heures de jour ou de nuit durait ce travail.

Les Allemands envoyaient alors le gaz. Quel gaz ? Par où ? Et comment procédait-on à la dispersion du gaz pour permettre aux coiffeurs de réintégrer la chambre à gaz ? Claude Lanzmann ne pose pas ces questions. Il faudrait un gaz à l’effet foudroyant. Même le gaz cyanhydrique ne s’y prêterait pas. D’ailleurs, il s’incruste partout, adhère fortement aux surfaces, se mêle aux humeurs du corps, pénètre la peau, exige, dans le simple cas d’un local à désinsectiser, une aération naturelle d’une vingtaine d’heures. Et il ne faut surtout pas se tenir à proximité de ce local pendant ces heures-là. Kurt Gerstein dit qu’on gazait au gaz d’échappement d’un moteur Diesel (!!!). Le document officiel de Nuremberg (PS-3311) dit qu’on tuait les juifs avec de la vapeur d’eau bouillante. D’autres sources disent qu’on électrocutait les juifs (première version donnée par les Soviétiques à propos d’Auschwitz quelques jours après la libération du camp).

En une minute, les membres du commando auraient tiré de la chambre à gaz de seize mètres carrés un ensemble de cent trente ou de cent cinquante cadavres environ, sans compter les cadavres des enfants. Ils auraient ramassé les cheveux dans lesquels tout le monde aurait piétiné et qui se seraient mêlés aux cadavres. Ils auraient enfin tout nettoyé au point que tout aurait été propre.

Alors une nouvelle fournée de femmes et d’enfants aurait pénétré dans ce local de seize mètres carrés ainsi que les seize ou dix-sept coiffeurs chargés de faire croire à tout ce monde qu’il n’y avait rien à craindre et que si on le comprimait là c’était pour une coupe de cheveux.

La crédulité humaine n’a pas de fond. A force de lavage de cerveau, à force de propagande pendant plusieurs générations sur le compte de la barbarie allemande ou nazie, on peut tout gober, on peut tout faire gober. 

L’exemple de Mengele est intéressant. De ce médecin d’Auschwitz, on dit couramment qu’il est responsable de l’assassinat de trois cent à quatre cent mille personnes et qu’il torturait les enfants. On ne fournit aucune preuve. On nous montre quelques photos, en effet pitoyables, d’enfants typhiques, cachectiques ou infirmes, mais on oublie qu’il est né à Auschwitz au moins trois mille enfants. A la libération d’Auschwitz, parmi les sept à huit mille personnes que les Allemands avaient laissées sur place parce qu’elles ne risquaient pas d’être enrôlées dans l’armée ou dans l’industrie de leurs ennemis, il y avait certes des malades mais il y avait aussi – les films soviétiques sont là pour en témoigner – des enfants et des vieilles femmes visiblement en bonne santé. Il y avait, en particulier, de ces « jumeaux d’Auschwitz » qui ont récemment constitué une association appelée CANDLES.

Certaines jumelles, qui devaient avoir cinq ans à la libération du camp, sont venues témoigner à Jérusalem en 1985, lors d’un show-procès, des horreurs commises par Mengele. Des journalistes du monde entier, y compris dans des journaux comme Le Monde, ont, sur la foi de ces témoignages, écrit que Mengele avait tapissé les murs d’une pièce d’une quantité d’yeux épinglés comme des papillons. Voilà où en sont nos médias à quinze ans de l’an 2000 !

30 juin 1985

Notes

[1] C. Lanzmann, Shoah. 
[2] Id., p. 126.
[3] Id., p. 127. 
[4] Id., p. 128. 
[5] Id., p. 129.

Friday, June 21, 1985

Où sont passées les chambres à gaz ?


On ne les nomme plus du tout, ou on ne les nomme guère, ou on les nomme pour exprimer un doute sur leur existence... 

Le jour viendra où un quelconque Klarsfeld écrira qu’elles ont existé « en tant que symboles » ou « en tant que métaphores » de l’indicible « Shoah ». Il passera pour courageux et se fera beaucoup d’argent. Il sera comme cette intelligentsia qui, après nous avoir tant menti sur les vertus du communisme international et après avoir couvert de boue ceux qui avaient été les premiers à dénoncer l’imposture, se présentent aujourd’hui en héros de l’anticommunisme ; ils devraient se taire et ils parlent ; plus ils parlent, plus ils palpent.

Ouest-France, Courrier des lecteurs, 21 juin 1985 
De l’existence des « chambres à gaz homicides »

Dans notre édition du 4 juin, nous avons, à propos des camps de concentration, cité la lettre d’un jeune Normand de dix-sept ans qui écrivait : « Quelques documents et un peu d’intelligence m’ont convaincu rapidement que les chambres à gaz n’ont jamais existé : c’est un mythe ». Nous avions fait suivre cette citation du paragraphe suivant : « Cette lettre n’est pas isolée. Ceux qui pensent que les écrits d’un certain M. Faurisson [1] sont négligeables en raison même de leur énormité, ont tort de croire que "la bête immonde", selon le mot de Brecht est morte. Elle sommeille et son ventre est toujours fécond. De sottise autant que de méchanceté ».

Un lecteur des Côtes-du-Nord, M. J. D., nous fait vivement grief d’avoir « diffamé » M. Faurisson :

« Pour ma part, j’estime, qu’entraîné par une persécution odieuse, ce professeur consciencieux, privé de sa chaire par le fait du prince, a tenu des propos contestables sur la volonté de génocide ou la politique israélienne. Mais sa critique des témoignages sur la question précise des chambres à gaz n’a reçu à l’heure actuelle aucune réfutation sérieuse – et elle a d’ores et déjà fait avancer la vérité historique : il y a des légendes que plus personne n’ose soutenir ; M. Vidal-Naquet a lui-même condamné les livres commerciaux de Bernadac ou de R. Steiner sur Treblinka. »
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Je ne connais aucun de ces deux lecteurs. Aucun ne m’a écrit. 

Le magazine L’Express de cette semaine (21-27 juin 1985) contient un long article de Jacques Derogy sous le titre : « Nazis – Mengele en enfer. » Les mots de « chambre à gaz », de « gazés », de « gazages » n’y apparaissent pas. On relève seulement : « 300.000 à 400.000 victimes de Mengele, dont les corps furent réduits en cendres [2] » et « 74 sélections [...]. A gauche les bouches inutiles, vouées à la mort immédiate [3]. » On ne dit ni comment ces chiffres énormes ont été établis, ni comment mouraient ceux qui étaient voués à la mort immédiate. Si on ne nous les falsifie pas, les écrits de Mengele vont porter un coup fatal au mensonge historique des chambres à gaz et du génocide.
21 juin 1985


[1] Robert Faurisson, universitaire lyonnais qui s’est illustré en niant l’existence des « chambres à gaz homicides » en affirmant que « le prétendu génocide des juifs » est une imposture. – Note de Ouest-France.
[2] J. Derogy, « Nazis... », p. 52 
[3] Id., p. 53.