Friday, April 26, 1985

Nazisme : Le choc de « Shoah »


Les nazis ont failli réussir à effacer les traces les plus terribles du génocide : il n'existe aucune photographie des chambres à gaz et les cadavres sont partis en fumée. Mais il reste des témoins. Pendant dix ans, avec passion, Claude Lanzmann a recherché les survivants du massacre et les bourreaux embourgeoisés. Il les a fait parler, leur a fait revivre l'horreur devant sa caméra. Au total : trois cent cinquante heures de tournage. Cette semaine, dans deux salles parisiennes : un film de neuf heures et demie, d'une force inouïe. Catherine David et Claude Roy l'ont vu [1]

Sept mois après nous avoir présenté une « photographie » de « chambre à gaz», le magazine de Jean Daniel déclare : « il n'existe aucune photographie des chambres à gaz ». Il ne nous dit pas ce qu'il faut penser des photographies de chambres à gaz qu'on nous a présentées à des millions d'exemplaires pendant quarante ans, y compris dans France-Observateur ou Le Nouvel Observateur. Il ne nous dit pas non plus ce qu'il faut penser des chambres à gaz « en état d'origine » ou à l'état de ruines que des millions de personnes ont visitées et visitent encore au Struthof (Alsace), à Dachau (RFA), à Mauthausen ou à Hartheim (Autriche), à Majdanek (!) ou à Auschwitz ou à Birkenau (Pologne)... Il ne nous parle pas des milliers d'autopsies pratiquées sur des cadavres et qui n'ont révélé aucune mort par gaz. Quant à Shoah, « film sans documents et seulement avec des témoignages », c'est bien un film fait « avec du rien » [2].

26 avril 1985


[1] Le Nouvel Observateur, 26 avril 1985, p. 33, présentant Shoah, film de Claude Lanzmann.
[2] Id., p. 74.

L'effondrement de la thèse du génocide des juifs

De Pierre Vidal-Naquet :  

J'ai souvent entendu des personnes bien intentionnées me dire : « Mais enfin, en admettant que ces fameuses chambres n'aient pas existé, en quoi cela diminuerait-il la responsabilité des nazis ? Que les juifs et les Tsiganes soient morts dans ces chambres ou qu'ils aient été victimes du typhus ou de telle autre forme de l’“enfer organisé”, en quoi la responsabilité des nazis est-elle diminuée ? » Qu'ils me pardonnent, mais c'est là capituler en rase campagne. Le point capital en effet est la volonté de détruire. Sans doute cette volonté s'exprime-t-elle aussi dans les actions nazies menées par les Einsatzgruppen en territoire soviétique, les groupes d'action qui rassemblaient la population juive et les commissaires soviétiques et les fusillaient après leur avoir fait creuser leurs propres tombes. Mais ces actions gardaient quelque chose d'anarchique, d'émotionnel et de rudimentaire. La décision froide d'exterminer tout un groupe humain supposait un instrument spécifique, et ce fut la chambre à gaz [1]. »

P. V.-N. a tout à fait raison : sans chambre à gaz la thèse du génocide s'effondrerait.

[Légende d'une photo représentant la prétendue] CHAMBRE À GAZ DU CAMP DE MAIDANEK La mort mobile ou la mort lente ?

Photo publiée à l'appui de l'article de P. V.-N., en provenance du CDJC de Paris (photo à méditer : même le musée de Majdanek-Lublin reconnaît depuis quelques années qu'il s'agit d'une salle de douches).

26 avril 1985


[1] P. Vidal-Naquet, « Le Secret partagé », in Le Nouvel Observateur, 21 septembre 1984, p. 80, rendant compte du livre Chambres à gaz, Secret d'État (titre à méditer : n'attendez pas de véritables preuves car c'était le plus grand des secrets !).

Wednesday, April 24, 1985

Le vrai motif d’angoisse de l’État d’Israël : le révisionnisme historique


Depuis quelques mois il se manifeste dans les journaux, à la radio et à la télévision une véritable fièvre d’antinazisme. On croirait que les nazis sont de retour. Je suppose que le grand public assiste à ce phénomène avec une perplexité croissante. Peut-être pense-t-il que cette fièvre est due à l’approche du quarantième anniversaire du 8 mai 1945, date de la capitulation sans condition du IIIe Reich.

Si le grand public pense vraiment cela, il se trompe. Cette effervescence ne va pas retomber après le 8 mai, ni même à la fin de 1985. Au contraire, elle va s’accroître. Son vrai motif n’a rien à voir avec ce qu’il s’est passé il y a quarante ans. Son vrai motif se trouve dans l’actualité la plus brûlante. Les organisations juives ou sionistes, à travers le monde, sont en train de vivre un drame. Un mythe, dont elles ont cherché à tirer profit, est en train de se dévoiler : le mythe du prétendu « holocauste des juifs durant la seconde guerre mondiale ».

La thèse révisionniste


Les historiens révisionnistes sont les responsables actuellement d’une interrogation qui porte, dans l’ensemble, sur l’histoire de la dernière guerre et, en particulier, sur l’histoire des camps de concentration utilisés par les Allemands du temps de Hitler.

Les révisionnistes n’ont jamais nié l’existence de ces camps. Ils font toutefois remarquer que les Allemands n’ont été ni les premiers, ni les derniers à utiliser de tels camps. Il n’y a donc pas là un crime spécifique du nazisme.

Ils admettent aussi que, dans certains de ces camps, il y avait des fours crématoires. Dans ces fours on brûlait des cadavres. Ce n’est pas un crime. On constate qu’aujourd’hui même, dans bien des pays modernes, l’incinération tend à remplacer l’inhumation.

Les Allemands utilisaient dans tous les camps de concentration des chambres à gaz de désinfection. Ce n’était pas un crime là non plus ; c’était une nécessité d’hygiène. Le désinfectant employé était parfois de l’acide cyanhydrique. Sous sa forme commerciale il s’appelait « Zyklon » ou « Zyklon B ».

Le vrai crime des Allemands aurait été, d’après ce qu’on nous répète inlassablement depuis quarante ans, d’avoir employé d’énormes chambres à gaz spécialement conçues pour y tuer des hommes et, en particulier, des juifs. Ces chambres à gaz homicides auraient constitué l’arme spécifique d’un crime spécifique, lui-même appelé « génocide », c’est-à-dire extermination systématique d’une race.

Et c’est là que les révisionnistes interviennent pour nous dire : les prétendues chambres à gaz homicides de Hitler et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique. Pour les révisionnistes, ce prétendu génocide et ces prétendues chambres à gaz sont des inventions de la propagande de guerre. Ces inventions auraient dû normalement disparaître peu à peu après 1945. Si elles ont survécu jusqu’à nos jours avec une telle vigueur, c’est en raison de leur utilité pour certains, en particulier pour permettre la création de l’État d’Israël en 1948. Les sionistes, dès la fin de la guerre, faisaient valoir que les juifs n’avaient pas seulement été persécutés par Hitler (ce que personne ne met en doute) mais qu’ils avaient été les victimes d’un crime abominable, sans précédent dans l’Histoire, à la fois par la qualité et la quantité des massacres perpétrés : une qualité particulièrement affreuse et une quantité particulièrement gigantesque. En effet, rien ne pourrait se comparer en qualité d’horreur au fait d’utiliser des sortes d’abattoirs dans lesquels on aurait fait entrer des hommes, des femmes, des enfants pour la simple et unique raison qu’ils étaient de race juive. Rien non plus ne pourrait se comparer en quantité d’horreur au fait d’éliminer ainsi environ six millions d’êtres humains.

Les révisionnistes estiment que, s’il y avait eu un génocide, il n’y aurait plus eu de juifs européens après la guerre. Il n’y en aurait plus eu en Europe même et il n’y aurait pas eu de juifs européens pour émigrer vers les États-Unis, le Canada, l’Argentine, l’Afrique du Sud, l’Australie, la Palestine... S’il y avait eu de la part de Hitler un ordre d’exterminer les juifs, comme on nous le répète sans cesse, on aurait retrouvé soit cet ordre même, soit des documents qui auraient prouvé l’existence d’un tel ordre. Par dessus tout les révisionnistes ont apporté la preuve que les fameuses chambres à gaz homicides n’avaient pas pu exister pour tout un ensemble de raisons précises d’ordre physique, chimique, topographique, médical,... Ils ont dévoilé les diverses supercheries employées à Auschwitz ou ailleurs pour donner à croire que les Allemands avaient eu recours à des chambres à gaz homicides.

Les révisionnistes ne disent pas que les juifs ont forgé le mensonge des chambres à gaz. Ils constatent que ce mensonge existait dans l’arsenal de la propagande de guerre des Alliés et qu’après la guerre les sionistes en ont tiré bénéfice. C’est ainsi que cette arme des Alliés, au lieu d’être abandonnée à la fin de la guerre, semble être devenue progressivement l’arme 1 de l’arsenal de la propagande israélienne.

Le mythe de l’Holocauste, c’est-à-dire essentiellement du prétendu génocide et des prétendues chambres à gaz homicides, est le mythe fondateur de l’État d’Israël. Il a permis à cet État de percevoir de l’Allemagne de l’Ouest des « réparations » financières que même Nahum Goldmann, l’ancien président du Congrès juif mondial et de l’Organisation sioniste internationale, a qualifiées d’« astronomiques ». Cela ne signifie pas qu’aux yeux des révisionnistes les sionistes aient mis au point une escroquerie. Là encore ils ont tiré partie d’une situation de fait.

Cris d’alarme

Le vrai motif d’angoisse de l’État d’Israël tient aux progrès des idées révisionnistes. 

Le 18 avril 1985, l’ancien premier ministre Menahem Begin est sorti de son silence pour dénoncer le danger que constitue à ses yeux la thèse révisionniste.

Aux États-Unis, Simon Wiesenthal et Elie Wiesel manifestent une inquiétude croissante et lancent des campagnes désespérées en vue de sauvegarder le mythe de l’Holocauste. Le président Reagan en personne, vraisemblablement sous l’effet d’intenses pressions, en est arrivé à formuler une mise en garde contre le révisionnisme quand il a dit dans le discours d’ouverture du « Rassemblement des survivants juifs de l’Holocauste » le 11 avril 1983 :

Nous devons veiller à ce que l’incommensurable souffrance de l’Holocauste ne soit pas déshumanisée, à ce qu’elle ne soit pas examinée cliniquement et sans passion, à ce que sa signification ne soit pas perdue pour cette génération ou pour les générations futures. 

Mais, précisément, ce que tout historien devrait se proposer de faire c’est d’étudier toute question historique sans passion et comme le ferait un clinicien ! 

On peut prévoir, sans grand risque de se tromper, que des hommes politiques américains et, en particulier, le président Reagan seront conduits à prendre la défense de l’Holocauste avec plus de force et de netteté encore dans les mois ou les années qui viennent. Il leur importera peu que la religion de l’Holocauste enferme de plus en plus les jeunes générations juives dans un ghetto psychologique et moral.

24 avril 1985

Tuesday, April 9, 1985

Lettre à M. le Directeur responsable de la publication "Al-Yom Assabeh", Paris


Monsieur le Directeur, 

En dernière page de votre livraison du 11 mars 1985, je suis nommé et mis en cause dans un article signé de M. Tahar Ben Jelloun. 

Je vous demande, en conséquence, de publier le texte ci-dessous, sans aucune déformation, dans les délais et dans les conditions ordinaires du « droit de réponse », en application de l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881. 

Veuillez recevoir, je vous prie, mes salutations distinguées.


Texte en droit de réponse

M. Tahar Ben Jelloun critique vivement les historiens révisionnistes et dit que les Arabes et, en particulier, Radio Tiers Monde, ne devraient pas s’intéresser aux thèses de ces historiens, inspirés, dit-il, par l’antisémitisme.

En fait, les révisionnistes pensent qu’il n’est plus possible de décrire les Allemands tout en noir et les juifs tout en blanc. Il faut se débarrasser des légendes de la dernière guerre mondiale. Les Allemands ont certes utilisé des camps de concentration mais ils n’ont été ni les premiers, ni les derniers à le faire. Dans ces camps ils employaient des fours crématoires pour y brûler des cadavres, ce qui n’a rien de criminel. Mais c’est un mensonge que d’ajouter qu’ils utilisaient des chambres à gaz homicides : il n’a jamais existé de tels abattoirs humains, même à Auschwitz. De la même façon, il est vrai que Hitler a traité les juifs en ennemis, mais il est faux qu’il ait donné l’ordre d’un génocide ou d’un holocauste, c’est-à-dire d’une extermination systématique. S’il l’avait fait, il n’y aurait plus de juifs européens. Le prétendu « holocauste des juifs » est une imposture historique. Le chiffre de six millions de victimes juives est « symbolique ». Peut-être est-il mort un million de juifs par tout fait de guerre comme il est mort quarante millions d’autres personnes par tout fait de guerre, de 1939 à 1945.

Le mythe de l’Holocauste est le mythe fondateur de l’État d’Israël. Il a permis à cet état de percevoir de l’Allemagne des réparations financières que même Nahum Goldmann, président du Congrès juif mondial, a qualifiées d’« astronomiques ». Très inquiet des progrès du révisionnisme historique, le professeur W. D. Rubinstein, de Deakin University, a écrit en 1979 : « Si l’Holocauste venait à apparaître comme une imposture, l’arme n° 1 de l’arsenal de la propagande israélienne disparaîtrait. » 

N.B.  ne publier que si vous le jugez bon) : La déclaration du professeur Rubinstein a été faite dans Nation Review, 21 juin 1979, p. 639, et celle de Nahum Goldmann dans l’émission télévisée « Profil : Nahum Goldmann », Antenne 2, 18 août 1981, 22 h. De son côté, le professeur israélien Saul Friedländer a déclaré en 1980 : « L’école des historiens révisionnistes, ceux qui disent que l’Holocauste n’a jamais existé, que c’est une invention juive, est plus inquiétante que les positions politiques des États [1]. »

Un exposé, en langue arabe, de la thèse révisionniste peut se lire dans la livraison du 27 avril 1983 de Kol Al Arab.

9 avril 1985

[1] Australian Jewish News, 3 octobre 1980, p. 13.