Wednesday, December 17, 1980

Interview de Robert Faurisson par le journaliste Ivan Levaï (Radio Europe n° 1)


L'enregistrement de l'émission est disponible iciC'était le point de départ de « l'affaire  Faurisson » sur le plan judiciaire, avec le lancement de « la phrase de soixante mots » :

Les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière dont les principaux bénéficiaires sont l’état d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand, mais non pas ses dirigeants, et le peuple palestinien tout entier. 



***

Ivan Levaï : Vous niez le génocide et l’holocauste. Vous affirmez que Hitler n’a jamais ordonné que quiconque fût tué en raison de sa race et de sa religion. Ces contre-vérités-là ont contraint Mme Alice Saunier-Seïté à sanctionner le professeur que vous étiez à Lyon et face à tous ceux qui, dans ce pays, ont été les martyrs de la barbarie nazie, vous venez de recevoir, au nom de la liberté d’écrire, le renfort d’un intellectuel progressiste américain, M. Noam Chomsky. 

Faut-il, M. Faurisson, avoir peur de vous et de votre effroyable enseignement ? Non. 

Faut-il vous combattre ? Oui, sans doute, mais auparavant, il faut vous connaître et c’est pourquoi vous êtes là ce matin.

Trois questions : M. Faurisson, comment pouvez-vous prétendre au titre d’historien ? Est-il nécessaire de réhabiliter Hitler, dont la cause, d’un bout à l’autre de la planète, est entendue ? Enfin, vous me permettrez de vous demander pour qui vous roulez, car un citoyen normal ne peut défier seul un peuple, ses martyrs, ses historiens et tous les témoins vivants de l’holocauste.

R. Faurisson : Je ne revendique pas le titre d’historien. Une de mes spécialités est la critique de textes et documents. Cela signifie : comment peut-on discerner le sens et le contresens ? le vrai et le faux ? C’est intéressant, surtout à notre époque, de chercher à distinguer entre le vrai et le faux dans l’information. Vous dites que je parais défendre Hitler. Je me moque de Hitler, ce qui m’intéresse, c’est la vérité. Si je dis : Je n’ai pas de preuve que Néron ait incendié Rome, je ne le fais pas parce que je veux prendre la défense de Néron mais parce qu’il m’intéresse de savoir si Néron a fait brûler Rome ou non. Voici ma réponse.

Ivan Levaï : M. Faurisson, on peut toujours dire effectivement que Néron n’a pas incendié Rome, on peut dire que le Général de Gaulle n’a pas existé, que Jeanne d’Arc était un homme. Enfin, on peut dire mille choses. 

R. Faurisson : On peut également, Monsieur, contester les vérités reçues, comme, par exemple, le soleil tourne autour de la Terre; nier l’évidence peut être la meilleure ou la plus sotte des choses. Alors il faut aller au sujet.

Si vous le permettez, M. Levaï... 

Ivan Levaï : On y vient tout de suite, M. Faurisson. Simplement, je disais: Comment pouvez-vous prétendre au titre d’historien ? C’était la manière de rappeler que vous étiez professeur de lettres jusqu’à ce que l’Université vous ait sanctionné. Vous avez enseigné les lettres. La méthode de critique historique n’est pas votre méthode. 

R. Faurisson : Mais il n’existe pas, Monsieur, de méthode de critique historique. Il existe une méthode de critique qui peut s’appliquer soit à un sujet de radio, soit à ce que vous voudrez. 

Alors, Monsieur, si vous me permettez, je voudrais résumer, puisqu’enfin j’ai la parole après avoir été tellement insulté – je vous remercie d’ailleurs de m’avoir fait venir... 

Ivan Levaï : Ne me remerciez pas, je vais vous dire pourquoi vous avez la parole. Vous avez la parole, M. Faurisson, parce que M. Chomsky, dans la préface qu’il consent à écrire dans votre livre, qu’il n’a pas lu, dit : « la France est un pays totalitaire et le totalitarisme de l’information interdit à ce pauvre M. Faurisson de s’exprimer. » Eh bien ! Voyez, la preuve est faite, c’est pas un pays totalitaire, quoi qu’en pense M. Chomsky, vous êtes là et vous parlez. 

R. Faurisson : Oui, en effet, Monsieur, au bout de six ans d’insultes. Très bien. J’en viens directement au sujet. Je me suis posé des questions pendant quatorze ans sur cette affaire-là et j’ai travaillé très dur pendant six ans au moins. J’ai essayé de résumer en une phrase de soixante mots le résultat de mes recherches. Je vais vous donner cette phrase de soixante mots. Je vous préviens, elle ne m’est inspirée par aucune sympathie ou antipathie politique. 

Ivan Levaï : Allez-y.

R. Faurisson : Alors voici. 

« Les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière dont les principaux bénéficiaires sont l’état d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand, mais non pas ses dirigeants, et le peuple palestinien tout entier. » 

J’en ai terminé avec ma phrase de soixante mots. Chomsky... 

Ivan Levaï : Très bien, vous êtes conscient qu’en disant ça, là, calmement, à ce micro, vous insultez beaucoup de monde ? Je dirais même que vous faites mourir des gens deux fois. Vous êtes conscient ? 

R. Faurisson : J’entends souvent dire cela ; ce qui m’intéresse, c’est la vérité. J’estime n’avoir de responsabilité qu’à l’endroit de la vérité. Ce que je dis est vrai ou faux. C’est cela qui importe. 

Ivan Levaï : M. Faurisson, était-il bien nécessaire de tenter de réhabiliter Hitler, dont la cause, d’un bout à l’autre de la planète, est définitivement entendue ? 

R. Faurisson : Je condamne Hitler. Il ne m’intéresse d’ailleurs même pas. Je condamne toute dictature, voilà pourquoi. Je... 

Ivan Levaï : Non, non, Monsieur, attendez ! Dans une lettre que vous avez fait publier le 1er novembre 1978, vous dites : « Hitler n’a jamais ordonné, ni admis que quiconque fût tué en raison de sa race et de sa religion. » 

R. Faurisson : Fût tué, en effet. Laissez-moi préciser. 

Ivan Levaï : Je vous en prie. 

R. Faurisson : Hitler a persécuté les juifs, c’est vrai. Les déportations ont existé, c’est vrai. Les fours crématoires ont existé ; cela n’a rien de mal de brûler des cadavres, surtout là où il y a des risques d’épidémie, mais ce que l’on appelle chambres à gaz, c’est-à-dire un endroit, un abattoir humain où on aurait fait entrer des gens pour les gazer, pour les tuer, cela n’a jamais existé. 

L’horreur concentrationnaire est une réalité, où qu’elle soit. 

Ivan Levaï : M. Faurisson... 

R. Faurisson : Ecoutez-moi. L’horreur concentrationnaire, je la dénonce partout... 

Ivan Levaï : M. Faurisson...

R. Faurisson : Oui, je vous écoute... 

Ivan Levaï : Pardonnez-moi. Il se trouve... Alors évidemment, moi qui ne suis pas historien et je n’enseigne pas... 

R. Faurisson : Ça n’a pas d’importance. 

Ivan Levaï : Je suis allé à Auschwitz et j’ai vu, de mes yeux vu, les chambres à gaz d’Auschwitz et je vous dis : le spectacle est insoutenable et Auschwitz est sous la protection internationale. Chaque pays a son blockhaus, chaque pays a son camp. Vous accusez de mensonge, en disant ce que vous dites, à ce micro et ce que vous écrivez depuis plusieurs années, vous accusez de mensonge, je dis, la communauté des nations et tous les êtres individuels de chair et de sang qui ont payé, je dis bien, ont payé de leur vie la folie de Hitler. 

R. Faurisson : Vous permettez... 

Ivan Levaï : C’est bien ça ? Pourquoi réhabiliter Hitler, c’est ma question ? 

R. Faurisson : Je ne suis pas en train de réhabiliter Hitler, je dis que ces choses-là ont existé. Vous me dites que vous avez visité Auschwitz, d’autres ont visité le Struthof et d’autres Dachau. Je vous conseille de revisiter et de visiter attentivement et de vous renseigner et d’essayer de voir, de vous renseigner sur ce que peut être le Zyklon, sur... 

Ivan Levaï : Le Zyklon B, oui, que vous appelez insecticide. Vous dites: C’est un insecticide. A Auschwitz, des documents prouvent que c’était un gaz véritable et M. Vidal-Naquet, dans son livre, dit que des expertises ont été faites, que dans les soixante tonnes de cheveux expertisés on a trouvé du cyanure. Il y a eu, vous le savez, des gens gazés, M. Faurisson. 

R. Faurisson : Pas du tout, laissez moi répondre. Le Zyklon est un insecticide extrêmement dangereux, mais qui existe encore aujourd’hui et qui se vend partout, là où vous avez l’autorisation de l’acheter, 18 rue Goubet, Paris (19e). Il s’emploie encore aujourd’hui. 

Quant à ce que vous racontez sur les soixante tonnes de cheveux, je suis désolé, l’expertise a prouvé que, dans une usine de tapis et de peluches de Haute-Silésie, on a trouvé des cheveux dans lesquels on a trouvé trace d’acide cyanhydrique, ce qui est bien normal : on désinfecte. 

Je répète, si vous permettez, que Hitler a persécuté les juifs. Je pense qu’il était plus dangereux, d’ailleurs, d’être communiste ou résistant que d’être juif pendant la guerre. 

Ivan Levaï : Oh, ça se valait, ça se valait. 

R. Faurisson : Non, monsieur. 

Ivan Levaï : Oh si, oh si. 

R. Faurisson : Ça ne valait pas mort et je vous conseille d’étudier là-dessus nos livres. 

Ivan Levaï : Permettez-moi, M. Faurisson, de vous demander tout de même pour qui vous roulez, car un citoyen normal, je dis bien normal, ne peut défier seul un peuple, ses martyrs, ses historiens et tous les témoins vivants de l’Holocauste. 

R. Faurisson : Ce que vous appelez témoins vivants de l’Holocauste, je les écoute et je les lis et, néanmoins, je maintiens ce que je dis, car il s’agit de savoir si on est témoin ou si on est témoin oculaire, ce qui est autre chose. 

Maintenant, vous me demandez pour qui je roule. La question peut être posée à Chomsky, à Cohn-Bendit, à Serge Thion. Elle peut être posée à quantité d’auteurs maintenant aux États-Unis, en Angleterre, en Australie. Moi-même j’ai...

Ivan Levaï : Non, à vous, à vous. 

R. Faurisson : J’ai déjà répondu à votre question, Monsieur. 

Ivan Levaï : Vous n’avez pas répondu, M. Faurisson. D’abord parce que vous allez m’obliger à dire que vous étiez en 79 à Los Angeles. Ne vous défilez pas, pardonnez-moi... 

R. Faurisson : ... Jamais... 

Ivan Levaï : Un instant ! Je dois dire, pour l’information des auditeurs d’Europe 1, à Los Angeles en 79, vous étiez présent à une Internationale révisionniste, c’est-à-dire qui voulait réviser ce qu’avaient été les soi-disant crimes de guerre. Avec M. Bennett, avec M. Butz, un nazi américain. Bien. Vous étiez... vous êtes conseiller... 

R. Faurisson : Vous n’avez pas le droit de dire que M. Butz est un nazi. Quant à M. Bennett, il est l’équivalent en France, figurez-vous, de M. Noguères. Il est... 

Ivan Levaï : Non, non. 

R. Faurisson : Mais si ! Ce monsieur est secrétaire d[e l'union pour l]es libertés civiles dans l’état de Victoria, en Australie. C’est un homme de gauche... Est-ce que Chomsky est un hitlérien ? 

Ivan Levaï Encore un mot, encore un mot. Pourquoi êtes-vous le conseiller « historique » d’une maison d’édition belge qui publie comme par hasard... 

R. Faurisson : Non, Monsieur, je vous préviens que cette chose-là a été sanctionnée par le tribunal. 

Ivan Levaï : Allons bon ! Vous allez me traînez aussi devant les tribunaux ! 

R. Faurisson : Méfiez-vous, Monsieur, c’est une pure calomnie. 

Ivan Levaï : Alors, c’est une question que je vous pose, ce n’est ni calomnie, ni médisance. Je voudrais savoir pourquoi votre avocat est aussi celui qui défend Fredriksen et la FANE ? 

R. Faurisson : Mais il ne défend nullement Fredriksen et la FANE, je vous fais remarquer, par exemple, que Me Chotard, un de mes avocats, appartient au MRAP. 

Ivan Levaï : Pour qui roulez-vous, M. Faurisson ? 

R. Faurisson : Je vous ai répété que je « roule » pour, pour prendre votre expression, je roule pour la vérité, quoi qu’il doive m’en coûter, à moi-même, à ma femme, à mes enfants. J’irai jusqu’au bout de mon travail. Lors de la guerre de 14, il a été dit et répété que les Allemands coupaient les mains aux petits enfants, que dans des usines on fabriquait du savon humain, etc. Après la guerre, on a révisé. Je voudrais vous dire une chose à propos des historiens : vous les mettez dans le même sac. Je vous signale que les historiens les plus officiels, en 1960, ont fini par dire piteusement : « Eh bien ! à Dachau, malgré tous les témoignages, toutes les preuves, il n’y a jamais eu de gazage ». Et je ne vois aucune différence...

Ivan Levaï : Etonnant, ce que vous dites ! Quand je pense que Mme Saunier-Seïté vous sanctionne pour votre attitude. M. Giscard d’Estaing se déplace lui-même à Auschwitz, il emmène Samuel Pisar à Auschwitz et alors tout un pays se serait trompé ! Vous auriez seul raison contre un pays...

R. Faurisson : D’abord, je suis loin d’être seul. Calmons-nous. Je conserve mon calme, conservez le vôtre. 

Ivan Levaï : Oui, oui je le conserve. C’est parce qu’il est l’heure de terminer. 

R. Faurisson : Je regrette. Une visite officielle, à la façon de Giscard d’Estaing, ne signifie rien. Il s’agit d’aller sur place, de faire un travail scientifique. Je sais que c’est extrêmement difficile. Monsieur, je voudrais ajouter une dernière chose ?

Ivan Levaï : C’est la dernière.

R. Faurisson : Oui. On a tendance à croire qu’on est honnête, tandis que je serais malhonnête, qu’on dit la vérité tandis que je mentirais, qu’on serait démocrate tandis que je serais nazi. La différence, elle est la suivante : je travaille et je n’admets pas les vérités admises. Ainsi, je révise, j’examine, je reviens sur la question et je suis loin d’être le seul, et croyez-moi, il y a de plus en plus de gens pour réexaminer les vérités acceptées ainsi.

Ivan Levaï : M. Faurisson, vous avez eu plus de temps que mes invités habituels. Je renvoie au fond les auditeurs d’Europe 1, à votre procès qui aura lieu le 31 mars prochain. 
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[Émission de radio du mercredi 17 décembre 1980 sur les antennes d’Europe n° 1, intitulée : « Expliquez–vous, M. X », enregistrée sur cassette et transcrite par nos soins. – NdÉ]

Monday, December 1, 1980

Le chancelier Schmidt décide de révéler au peuple allemand le mensonge des chambres à gaz et du génocide


(récit de politique-fiction, en trois actes)

Premier acte


Les agences de presse du monde entier se font l’écho d’une nouvelle surprenante : pour un motif inconnu, le chancelier Schmidt a décidé de démissionner de son poste de chancelier ; il s’en expliquera ce soir à la télévision. 

Il est 20 h. Une bonne partie du peuple allemand est à l’écoute cependant que les journalistes politiques et les chancelleries du monde entier guettent un message qui, sans nul doute, sera de portée internationale.

Helmut Schmidt apparaît sur les écrans. Il est blême. Voici le texte de son message :


Mes chers concitoyens,

Notre pays a connu dans son histoire des heures particulièrement tragiques. Je crains que ce soir, une nouvelle fois, il ne s’apprête à connaître une terrible épreuve. Et cela par ma faute. J’ai, en effet, pris la décision de vous révéler une vérité particulièrement troublante. J’ai conscience de vous avoir assez menti pour vous devoir enfin la vérité, quoi qu’il doive m’en coûter et quoi qu’il doive vous en coûter à vous aussi.

Cette vérité concerne le passé de l’Allemagne. Ou plutôt, non : elle concerne un passé qui reste tellement présent dans l’esprit du monde entier que cette vérité touche à notre vie quotidienne d’aujourd’hui. Elle intéresse, si j’ose dire, la substance même de notre peuple, sa sensibilité la plus profonde, la représentation qu’il se fait de lui-même, d’une façon consciente ou inconsciente.

Cette vérité concerne notre histoire de la dernière guerre.

Vous savez avec quel zèle de tous les instants j’ai personnellement veillé à ce que notre peuple prenne une conscience aiguë de son indignité en raison des crimes sataniques du nazisme. Vous savez aussi qu’en vertu de la jurisprudence allemande nul n’a le droit de douter si peu que ce soit de la réalité des « chambres à gaz » homicides et du « génocide des juifs ».

Eh bien, mes chers concitoyens, je vous mentais abominablement, on vous mentait abominablement. Ces « chambres à gaz » n’ont jamais existé et ce « génocide » n’a jamais eu lieu.

Cet odieux mensonge a eu chez nous cours forcé. Votre devoir, jusqu’ici, était de vous flageller devant la communauté internationale en raison de crimes imaginaires. Plus vous vous flagelliez, plus on vous estimait. C’est à ce prix qu’a été possible le pardon des grandes puissances occidentales et, par voie de conséquence, le miracle économique allemand.

Aujourd’hui, on nous envie notre monnaie et notre économie mais personne ne nous envie notre âme.

II s’est trouvé quelques hommes courageux et solitaires pour vous dire depuis longtemps ce que je me suis décidé à vous dire en ce jour. Nous les avons couverts de boue et d’outrages. Notre police et nos tribunaux les ont persécutés.

Auparavant, nous avions déjà applaudi à la mascarade judiciaire de Nuremberg. Puis, nous avons approuvé ces innombrables procès de sorcellerie au terme desquels tant de nos concitoyens ont été pendus ou fusillés, torturés ou acculés au suicide, condamnés à des peines de prison, destitués de leurs droits de citoyens, déshonorés par la presse avant de l’être par les tribunaux. Nos magistrats ont pris parti pour « le mensonge du siècle ». Nos hommes politiques. Nos professeurs. Nos prêtres. Nos historiens. L’histoire de l’Allemagne n’a plus été écrite, en fait, par les historiens mais par les journalistes. De jour, de nuit, pendant trente-cinq ans, nous avons été assommés, ahuris, hébétés par la plus grande force qui soit au monde : le pouvoir médiatique. Après un Goebbels, nous avons eu dix mille « Goebbels » qui, se disputant à tout sujet, étaient d’accord sur un seul : l’holocauste des juifs. Il n’y a eu là ni complot, ni conjuration, mais un conformisme de fer.

A nos fils et à nos filles, nous avons appris à mépriser leurs pères. Nous avons été les pires ennemis de nous-mêmes. Jamais un peuple ne s’était encore roulé dans la fange comme nous l’avons fait. Jamais un peuple ne s’était ainsi battu la coulpe.

Au nom de prétendus crimes gigantesques, mon glorieux prédécesseur, Konrad Adenauer, s’est laissé extorquer des sommes gigantesques au bénéfice d’Israël. L’État d’Israël ne doit sa survie économique qu’aux « réparations » que nous lui versons. Encore ne les versons-nous qu’avec une telle discrétion que rares sont les gens qui connaissent le versement de ces « réparations ». Aujourd’hui, trente-cinq ans après la fin de la guerre, le jeune contribuable allemand, qui n’a pas la moindre responsabilité dans les événements de la période « 1932-1945 » verse sa part d’argent pour les prétendus crimes exceptionnels de ses pères.

L’escroquerie politico-financière dont nous sommes les victimes est si vaste, si outrageante, si bouleversante que, lorsque je m’arrête un instant pour la considérer dans son ensemble, je crois sentir le sol se dérober sous mes pieds. Ce vertige, vous le ressentirez à votre tour, lorsque, peu à peu, vous découvrirez l’étendue de la vérité.

Vous ressentirez alors la tentation de la haine ou de la vengeance. N’y cédez pas ! Songez qu’il a existé cent autres mensonges dans l’histoire et que, si celui-ci nous bouleverse, c’est parce que l’évolution générale de l’humanité, les progrès de la communication, la dépendance accrue des économies de chaque pays ont permis la création et la perpétuation d’une espèce de mensonge frappée d’un gigantisme qui est la caractéristique des temps modernes. Et puis, bien des religions occidentales s’effondrent ; il y avait un relais à prendre ; c’est chose faite avec la religion de l’Holocauste. Elle permet, au moins, provisoirement, une communion des esprits. Haine et vengeance n’auraient donc aucun sens.

Peut-être, aussi, serez-vous tentés de croire qu’après tout le national-socialisme était, en fin de compte, une doctrine acceptable et le régime de Hitler, un régime qui ne conduisait pas aux excès de toutes sortes. Réfléchissez ! Hitler a tiré l’Allemagne de l’abîme pour la replonger dans l’abîme. Comme Napoléon l’avait fait pour la France.

Pourquoi ces réflexions ? Pourquoi ce discours ? Et pourquoi ce soir ?

Je ne le sais pas moi-même. J’ai seulement l’impression que, si je ne vous parlais pas ce soir, d’autres hommes politiques, demain, dans un an, dans dix ans, dans trente ans, le feraient à ma place. Autant vous le dire : je crains le jugement de la postérité. Je songe à mes enfants et à mes petits-enfants.

Quand ils en viendront à me juger et quand le peuple allemand me jugera, je demande qu’on prenne en considération, à la fois, toute une vie de mensonges, lesquels m’ont permis d’accéder aux plus hautes responsabilités politiques, et ces minutes de vérité, lesquelles m’obligent à présenter ma démission de ces hautes responsabilités.

Parce que je viens de dire la vérité, je m’attends à être cruellement traité. C’est la règle. Mais ma conviction est que cette vérité, quoi qu’entreprennent ses ennemis, finira par se faire jour. C’est la règle aussi.

Mes chers concitoyens, attendez-vous à payer chèrement ce que je viens de vous révéler. On ne vous pardonnera pas d’avoir entendu ce langage, ne fût-ce que quelques minutes.

S’il le faut, courbez une nouvelle fois la tête dans la tempête qui se prépare. Mais, au fond de vous-mêmes, comme une flamme inextinguible, gardez ce besoin de vérité sans lequel l’homme ne peut pas vivre.

Les sceptiques prétendent : « L’homme est de glace aux vérités, il est de feu pour les mensonges. » C’est sans doute exact. Toutefois, ce feu-là ne brûle qu’un temps. Le mensonge de l’ « Holocauste » est déjà condamné.
J’en appelle à une véritable réconciliation des vainqueurs occidentaux et de la République fédérale d’Allemagne : une réconciliation dans la vérité.

Pour commencer et pour être pratique, je demande le rétablissement en Allemagne de la liberté d’expression dans les universités, le droit au doute et à la recherche en ce qui concerne l’histoire de la seconde guerre mondiale et la levée des interdits de toutes sortes qui pèsent sur les jeunes historiens et chercheurs.

Il y a en Allemagne trois capitales du Grand Mensonge : Munich, Ludwigsburg et Göttingen. A Munich règne, sous l’égide de Martin Broszat, un Institut d’histoire contemporaine qui s’est érigé en porte-parole du « mensonge d’Auschwitz ». A Ludwigsburg, fonctionne, sous l’égide d’Adalbert Rückerl, un office judiciaire d’investigation des « crimes nationaux-socialistes », qui organise la préparation de mascarades judiciaires comme, par exemple, le très honteux « procès d’Auschwitz », à Francfort (1963-1965). A Göttingen, se trouve une célèbre université qui, sous l’égide du professeur Norbert Kamp, en appelle à une loi de Hitler (!) pour essayer de retirer à Wilhelm Stäglich, magistrat intègre, historien courageux, véritable honneur de notre pays, son grade de docteur, obtenu en 1951, parce que, en 1979, il a publié un livre intitulé Le Mensonge d’Auschwitz : ce livre a été saisi par notre police et tous les instruments servant à sa composition ont été détruits.

Cette collusion entre policiers et universitaires, entre juges et historiens doit cesser. Ni Broszat, ni Rückerl, ni Kamp ne devront être inquiétés ; ils devront simplement ne plus être autorisés à prononcer la loi et le droit.

C’est par des mesures de ce genre, sans esprit de revanche, que l’Allemagne réapprendra l’usage de libertés élémentaires qui lui ont été retirées par Hitler en 1932 et que les Alliés ne lui ont toujours pas restituées aujourd’hui.

L’Allemagne n’est ni le pire, ni le meilleur des peuples. Le reste du monde devrait s’en convaincre mais, pour cela, c’est aux Allemands d’abord à le découvrir enfin. 


Deuxième acte

Après cette allocution, l’opinion générale en Allemagne et à l’étranger est que le Chancelier Schmidt est devenu fou. On pense qu’au terme de toute une vie d’auto-flagellation devant le regard satisfait des Alliés il a voulu, cédant à son habitude, se flageller encore mais, cette fois, dans une toute autre intention : pour faire honte aux Alliés. Il est impossible qu’il ait dit la vérité sur l’Holocauste, vu qu’il y a au moins six millions de témoins juifs pour attester de ce que les juifs ont été exterminés par Hitler. Néanmoins, quelques jeunes sont troublés et se mettent à réfléchir. Quelques vieux ne sont pas moins troublés et réinterrogent leur mémoire anesthésiée.

Martin Broszat réagit avec vigueur. Il déclare : 

Assurément, il n’existe pas d’ordre de Hitler d’exterminer les juifs. Certes, il n’existe pas non plus de plan. Bien sûr, il n’existe pas de budget. Sans doute n’a-t-on pas retrouvé l’arme du crime (chambre à gaz ou camion à gaz). Il n’y a pas non plus de cadavre, puisque les cadavres qu’on a découverts par milliers étaient des cadavres de malheureux tués principalement par des épidémies mais jamais par gaz-poison. Sans doute... Sans doute...

Sans doute aussi la prolifération des rescapés, survivants et miraculés est-elle quelque peu troublante, si l’on considère qu’il y a eu une politique d’extermination totale des juifs pendant trois ou quatre ans sur toute la superficie d’un continent.

Je reconnais que nous n’avons pas pu, en trente-cinq ans de recherches, déceler le moindre commencement de preuve matérielle d’un gigantesque massacre.

Mais c’est là précisément que réside la perversité du nazisme.

Ces gens-là codaient énormément. Ils passaient même le plus clair de leur temps, non pas à chercher à gagner la guerre, mais à coder et à surcoder. Mais l’institut que je dirige consacre une bonne partie de ses forces et de l’argent du contribuable à décoder.

Il faut donc nous croire. Il le faut d’autant plus que nous ne cherchons pas vraiment à prouver.

Ainsi que l’ont fort bien proclamé trente-quatre universitaires français : « Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. »

Bref, pendant trente-cinq ans les historiens allemands s’en sont remis aux journalistes et aux juges pour savoir comment écrire l’histoire. Il n’y a pas de raison de changer. Et puis, enfin, il y a la police, la nouvelle Gestapo de la pensée. Il est de l’intérêt des Allemands de continuer à m’accorder le crédit et les crédits qu’ils m’ont jusqu’à présent consentis. J’y veillerai. 


Pendant toute la nuit suivant l’allocution du chancelier Schmidt, les télétypes du monde entier ont crépité. A peu près toutes les chancelleries de la planète ont envoyé au gouvernement israélien et au Congrès juif mondial des télégrammes pour exprimer leur indignation devant les propos tenus par l’« ex-Chancelier » et pour dire leur soutien à la seule vraie vérité : la vérité officielle. Heureusement, tous les télégrammes expriment l’idée que «le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde.» On stigmatise à l’envi cette résurgence du nazisme et de l’antisémitisme. On souligne que la liberté d’expression est un droit sacré, garanti par toutes les constitutions et tous les États, y compris en Union soviétique, ce qui est assez dire combien ce droit est inaliénable. Mais il ne suffit pas d’être libre ; il faut être responsable !!! La liberté est un bien trop précieux pour que des irresponsables en abusent. On suggère une répression accrue contre ces abus.

Même des ambassades de pays arabes ou musulmans ont tenu à faire savoir leur émotion. Elles sont prêtes à tout pour que la presse internationale cesse d’insinuer qu’Arafat est le nouvel Hitler. Il leur faut à tout prix se dédouaner. Comme en 1945, l’heure de la mise au pas de l’Allemagne a sonné. Il convient de rééduquer le peuple allemand.

Les responsables du Fonds monétaire international et de toutes les grandes banques mondiales ont décidé de bloquer les avoirs allemands. Le mark est en chute libre. Les commandes passées aux entreprises allemandes sont annulées. Comme en 1933, certains commerçants juifs écrivent à leurs créanciers allemands qu’étant donné ce qui vient de se passer en Allemagne, l’argent juif n’a plus de raison d’aller à ce pays maudit. Un peu partout dans le monde, des agences de firmes allemandes sont mises à sac. Dans toutes les villes du monde occidental se forment des cortèges de protestataires. Des touristes allemands sont lynchés. Des voitures allemandes, y compris des Mercédès appartenant à des juifs ou à des Africains, sont brûlées. C’est l’allégresse générale dans la haine. C’est l’hallali. C’est la curée à odeur de Libération (des instincts). Élie Wiesel, grelottant de haine, préside. L’Allemagne compte maintenant six millions de chômeurs, vu que, progressivement, la machine économique s’arrête.

Quant à Helmut Schmidt, il n’a pas eu le temps de présenter sa démission. Il a été interné dans un asile psychiatrique. Le directeur et les membres de cet asile sont, d’ailleurs, à la pointe du combat contre l’usage des asiles et de la psychiatrie dans la répression des idées, en Union soviétique. Des psychiatres et psychologues américains, britanniques, français et soviétiques vont s’occuper de Helmut Schmidt comme ils ont autrefois pris soin des accusés de Nuremberg. Comme à Nuremberg, Schmidt aura un projecteur braqué sur sa figure de jour comme de nuit. Il verra plus clair en lui. La tâche de ses interrogateurs en sera facilitée. Il est question qu’il aille rejoindre à la prison de Berlin-Spandau le plus vieux prisonnier du monde, l’homme aux trente-neuf années de prison aggravée de solitude totale, le vaincu que l’on dit fou parce qu’il n’a jamais voulu adhérer aux thèses de ses vainqueurs, le captif qui, plus que personne, mériterait le prix Nobel de la paix, puisque, aussi bien, c’est pour avoir cherché à faire la paix avec la Grande-Bretagne qu’en 1941 il s’est envolé vers ses amis anglais pour leur offrir la paix ; cet homme, c’est Rudolf Hess.


Troisième acte

A l’horizon, l‘Allemagne voit poindre une catastrophe comparable à celles qu’elle a connues après la première et la seconde guerre mondiale. 

Les Occidentaux s’inquiètent. 

Les Soviétiques et l’Allemagne de l’Est menacent de « libérer » l’Allemagne de l’Ouest en proie à ses « revanchards ».

Menahem Begin a pris le lit. Il est agité de soubresauts frénétiques. C’est de la faute aux Anglais. Il va revenir aux bonnes vieilles méthodes : faire sauter des hôtels et pendre des Anglais. 

Le lobby juif américain est en transe. D’une part, ses milliards de dollars ont bien profité de l’effondrement du mark, mais, d’autre part, cet effondrement d’une monnaie qu’il fallait jusqu’ici garantir à tout prix parce que c’est en marks que la RFA versait aux juifs et à Israël les très juteuses « réparations », l’inquiète jusque dans ses fibres les plus intimes.

L’Organisation sioniste mondiale ne semble pas du tout déconcertée. Elle voit revenir les heureux jours des années 30 où le brave chancelier Hitler, bien obligé de faire face au boycottage décrété par des quantités d’organisations juives, avait été trop heureux de saisir la perche tendue par les Sionistes et de leur réserver le monopole de certaines opérations financières. 

Les Allemands décident d’offrir à l’État d’Israël mille milliards de dollars de « réparations » dès que l‘économie de leur pays aura repris souffle.

Le parlement allemand, à l’unanimité décide alors de faire appel à Willy Brandt. Autrefois, ce vieux cheval de retour du monde politique s’était mis à genoux à Varsovie (sous-capitale du Goulag) et les mauvaises langues disent qu’il avait ainsi mené à bien une certaine opération commerciale qui s’annonçait délicate entre la RFA et la Pologne. Pendant la guerre, établi à l’étranger, cet ancien militant communiste, semble avoir participé à la « propagande à base d’atrocités » contre l’Allemagne.

Sans élection aucune, par un vote à main levée, Willy Brandt accède pour la deuxième fois de sa vie au poste de chancelier. Parmi les messages de félicitations on note celui de Günther Guillaume qui, après avoir si longtemps trahi son pays pour la cause communiste, coule des jours paisibles en Allemagne de l’Est. 

Le soir même de sa nomination triomphale, Willy Brandt s’adresse en ces termes à la nation allemande :


Mes chers concitoyens,

Il y quelques mois, vous avez entendu, comme moi, hélas, l’horrible blasphème proféré de la bouche d’un illuminé qu’inspiraient, à n’en pas douter, Satan, Amalec et Adolf Hitler. La preuve qu’il se trompait est là sous vos yeux. Voyez la situation tragique où nous sommes aujourd’hui plongés. Nous méritons pleinement ce qui nous est arrivé.

Cependant, il nous faut sortir du chaos. Il le faut pour notre peuple, tant éprouvé ; il le faut dans l’intérêt même de la paix et de la sécurité mondiales. Il le faut surtout – et là, je suis sûr d’être entendu – pour l’État le plus cher à nos cœurs et à notre portefeuille : l’État d’Israël. A cet État sublime, choisi de Dieu, épris de paix, incapable de s’approprier le bien d’autrui, de mener des conquêtes coloniales, modèle de démocratie socialiste et de désintéressement, si bon pour ses domestiques arabes, il faut, dans les plus brefs délais, cette manne de marks allemands sans laquelle il ne pourrait survivre.

En 1945, dans des circonstances aussi graves que celles-ci, le peuple allemand avait pris la sage résolution de ne plus désormais vivre qu’à genoux. Que cette belle leçon ne soit pas perdue ! Mes chers concitoyens, vous m’avez déjà compris. Jusqu’à présent nous vivions à genoux. Cela ne suffit plus. Désormais, nous vivrons couchés.

Depuis trente-cinq ans, l’Allemagne est amputée d’un tiers de son territoire. Elle est coupée en deux. Son territoire est occupé par quatre grandes puissances. Le peuple allemand, à l’Est comme à l’Ouest, a fait la preuve de son sérieux. C’est ainsi qu’à l’Est il n’a fait entendre que la voix de son vainqueur de l’Est tandis qu’à l’Ouest il n’a fait entendre que la voix de ses vainqueurs de l’Ouest. C’est le gramophone allemand : c’est la voix de ses maîtres. C’est notre devise. Il suffit de s’y tenir mais, cette fois-ci, en allant plus loin.

D’ores et déjà, en signe de repentance pour le blasphème ici prononcé et en témoignage de contrition, j’ai pris unilatéralement une série de décisions démocratiques. Je sais d’avance que ceux qui ne les approuveraient pas pleinement ne seraient que des néo-nazis. Donc, ou bien vous serez d’accord ou bien je vous enverrai devant les juges.

Je vais m’adresser à M. Begin et aux plus hautes autorités juives. Ces personnes ont toujours témoigné à l’endroit de l’Allemagne bonté, compréhension, désintéressement ; jamais une once de haine, de désir de vengeance ; encore moins de fébrilité à ausculter nos coffres. Surtout, jamais d’arrogance ! Oh que non pas ! A M. Begin je demanderai pour la RFA l’honneur, l’insigne honneur de n’être plus seulement une sorte de colonie américano-sioniste, mais une belle et bonne et franche colonie exclusivement sioniste. Notre drapeau portera l’étoile de David. Quiconque touchera à Israël devra savoir qu’il touche à la fibre même de la République fédérale d’Allemagne. Selon le vœu de Mme Simone Veil (qui fut gazée à Auschwitz), nous sommes prêts à intervenir militairement au Proche-Orient dès qu’Israël se décrétera en danger. Nos milliards ne suffisent plus. C’est le sang de nos fils qu’il faut offrir à cet État si pacifique.

Dans chaque commune d’Allemagne sera dressé, à côté du monument à nos morts bien réels un monument à l’Holocauste. Sur nos écrans de télévision, une fois par an passera le film Holocauste. Dans nos universités, comme dans déjà plus de mille universités américaines, seront créées des chaires d’histoire de l’Holocauste, avec des cursus en Holocauste, des examens en Holocauste, des doctorats en Holocauste. Dans une phase ultérieure, il conviendrait que chaque foyer allemand possède un recoin où se dresserait un petit autel de l’Holocauste ; en cas de ces perquisitions policières que nous affectionnons tant, il faudra qu’un cierge brûle en permanence.

Mes chers concitoyens, il ne sera pas dit que trente-cinq ans de « rééducation » n’ont servi à rien. Nos enfants naissent aujourd’hui avec l’échine pliée. Dès leur plus jeune âge, ils savent que nous avons assassiné six millions de juifs, que les nazis ne sont pas des hommes, que seuls les juifs sont des hommes et qu’en conséquence les crimes commis contre les juifs appartiennent à une catégorie très spéciale, celle dénommée des « crimes contre l’Humanité ». C’est en continuant d’élever les jeunes générations dans ces idées saines que nous préserverons l’avenir de notre pays, c’est-à-dire sa prospérité économique et financière.

Un deuxième miracle économique allemand est à notre portée. Mes chers concitoyens, n’écoutez pas celui qui vous a suggéré de vivre debout. Mes chers concitoyens, pour vivre heureux, vivons couchés ! »

Suite non prévue par Willy Brandt

Le révisionnisme historique, c’est-à-dire, le mouvement naturel qui conduit les historiens à revoir et vérifier les idées reçues, commence à se développer hors d’Allemagne. Tout naturellement, le flot révisionniste tend à s’infiltrer en Allemagne même. Les historiens allemands s’inquiètent, vacillent, hésitent, se demandent pendant combien de temps encore ils vont pouvoir affecter la surdité. Ils trouvent une parade momentanée. Ils fabriqueront à usage interne un ersatz de révisionnisme, un succédané bien allemand. Lourdement, dans le langage obscur qu’ils aiment bien, ils vont « reviser », revoir et corriger, rectifier, tout ce qui est au-dessus, en dessous et à côté du cœur de la religion holocaustique. Ils vont continuer d’affirmer qu’ils croient aux chambres à gaz et au génocide mais ils vont aussi se livrer à des comparaisons hardies entre les différentes entreprises de génocide que le monde, disent-ils, a connues ou connaît encore. Ils vont découvrir que « juger, c’est comparer ». Ils vont suggérer que les plus terribles déportations que le monde ait connues, en quantité et en horreur, sont peut-être les déportations des minorités allemandes de l’Est. Ils vont parler de Katyn, de Dresde, d’Hiroshima, du Goulag stalinien, des crimes alliés, de l’« Opération Keelhaul ». Ils vont faire le procès du procès de Nuremberg. Peu à peu, le tabou de l’holocauste va surgir dans le paysage historiographique comme un phénomène excentrique, une monstrueuse anomalie dans un environnement encombré de prêtres gesticulants et déserté par les gens normaux.

Que se produira-t-il alors dans le monde politique ? Cela dépendra-t-il de lAllemagne elle-même ? Ou des pays arabo-musulmans ? Ou des intellectuels juifs de New York ou de Californie ? Ou de certains Israéliens ? Ou de la France, pays où la curiosité intellectuelle reste vivace ?

La pièce ne fait que commencer. Elle risque de devenir intéressante à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix. 

En un bel exemple de mouvement dit « dialectique », la répression contre les révisionnistes s’aggravera et la drogue holocaustique étendra ses ravages à coups de milliards et, pendant ce temps-là, s’accentuera l’indifférencegénérale des populations aux prétendues souffrances exceptionnelles des juifs et, chez des intellectuels, l’intérêt pour les idées révisionnistes gagnera en profondeur.