Monday, February 26, 1979

Droit de réponse au "Monde" du 21 février 1979, p. 23, et au "Monde" du 23 février 1979, p. 40


Une preuve… une seule preuve


Dans une longue déclaration, trente-quatre historiens français viennent de nous faire savoir qu'il est certes « naturel » de se poser toutes sortes de questions sur la Seconde Guerre mondiale, mais que, néanmoins, « il n'y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz ».

Pour ma part, je constate qu'il y a un débat sur l'existence ou non des « chambres à gaz » et je crois que ce débat est légitime. Longtemps, il a opposé quelques spécialistes de l'école des historiens révisionnistes à quelques spécialistes de l'histoire officielle. Ce débat s'est en quelque sorte ouvert en 1960 quand le Dr Martin Broszat, représentant du très officiel Institut d'histoire contemporaine de Munich, a dû faire une énorme concession au révisionniste Paul Rassinier : il lui a fallu admettre qu'en dépit d'une prétendue surabondance de preuves, de documents, de témoignages et d’aveux, tous dignes de foi, il n'avait pourtant jamais existé une seule «chambre à gaz» dans tous les camps de concentration de l'Ancien Reich. En 1968, la discussion avait été relancée, du côté officiel, par Olga Wormser-Migot qui, affrontant une véritable tempête de protestations, osait parler dans sa thèse de ce qu'elle nommait alors « le problème des chambres à gaz ». Depuis 1974, ce débat est peu à peu devenu public en Europe occidentale et dans tout le monde anglo-saxon (y compris, tout récemment, en Australie !). La presse française ne peut plus l'ignorer, sous peine de pratiquer une forme de censure.

Ce débat est déjà riche d'enseignements. Un lecteur attentif du Monde aura beaucoup appris de la seule lecture de son journal, le 21 février 1979, où toute une page est exclusivement consacrée à un exposé des thèses de l'histoire officielle. Pour commencer, le lecteur aura appris que, dans certains camps, on présente «aux pèlerins ou aux touristes» de fausses «chambres à gaz» (il est seulement dommage qu'on ne lui nomme pas ces camps). Puis, il aura appris que le chiffre de trois millions de morts pour Auschwitz est « certainement exagéré », ce qui le surprendra s'il se rappelle que le chiffre officiel est de quatre millions. Il aura constaté que, là où les archives allemandes sont déclarées «muettes» (1), on tend à les interpréter. Il aura vu que, là où les documents du IIIe Reich sont «apparemment anodins», on les interprète au point, par exemple, de dire que « traiter en conséquence » signifie… «gazer». Il aura noté que les ordres de Himmler, soit de construire, soit de détruire les «chambres à gaz», ne font l'objet d'aucune précision ; c'est qu'en fait de tels ordres n'ont apparemment jamais existé. Il aura appris que le « document » de l'ingénieur SS Gerstein est jugé « indiscutable », non pas dans sa totalité mais seulement « sur l'essentiel ». Avec un peu d'attention encore, il aura remarqué que, dans ce qu'on veut bien lui citer de ce document, il est question de 700 à 800 personnes dans une « chambre à gaz » de 25 m2 de surface et d'une hauteur de 1,80 m : ce qui donne 28 à 32 personnes debout dans un espace d’un mètre sur un mètre ! Dans la liste des trente-quatre historiens il aura peut-être remarqué qu'il ne figure qu'un seul spécialiste de l'histoire des camps. Dans la liste bibliographique il aura deux fois rencontré le nom d'Olga Wormser-Migot pour des ouvrages secondaires mais non pour sa thèse, sans doute jugée dangereuse ; et il n'aura trouvé aucun livre ni aucun article consacré aux «chambres à gaz» pour la bonne raison qu'il n'en existe, du côté officiel, ni en français, ni en aucune langue étrangère (attention, ici, à certains titres trompeurs !).

Au lecteur du Monde on parle d'un exposé sur «la solution finale du problème juif» en date du 20 janvier 1942. On se demande vraiment pourquoi le texte de cet exposé n'est pas appelé, comme on le fait d'habitude, par son nom de « Protocole de Wannsee ». Je note que, depuis quelque temps, on semble s'être aperçu que cet étrange procès-verbal (car le mot de «Protocole» est un faux sens) est plein de bizarreries et qu'il est dénué de toute garantie d'authenticité. Il a été dactylographié sur du papier ordinaire, sans indication de lieu ni de date de rédaction, sans indication de provenance, sans en-tête officiel, sans référence, sans signature. Cela dit, je pense que la réunion du 20 janvier 1942 a bien eu lieu et qu'elle concernait « la solution, enfin, du problème juif », c'est-à-dire que, leur émigration vers Madagascar étant rendue impossible par la guerre, on décidait le refoulement des populations juives vers l’Est européen.

Quiconque fonde quelque accusation que ce soit sur le « document » Gerstein (PS-1553) fait, par là même, la preuve de son incapacité à trouver un argument solide en faveur de l'existence des «chambres à gaz». Même le Tribunal militaire international de Nuremberg n'avait pas voulu exploiter ce texte sorti de ses archives. D’autres tribunaux, il est vrai, s'en sont contentés. La confession de R. Höss n'a pas plus de valeur. Je ne reviendrai pas sur cet « aveu » rédigé sous la surveillance de ses geôliers polonais et staliniens. Le moindre effort d'analyse en montre le caractère fabriqué; je renvoie là-dessus aux ouvrages de Paul Rassinier et, en particulier, à son étude sur Le Procès Eichmann. Quant au Journal de Kremer, écrit pendant la guerre, il est authentique mais on en sollicite abusivement quelques passages ou bien l'on en déforme le texte pour nous faire croire que Kremer parle des horreurs des « chambres à gaz » là où, en réalité, il décrit les horreurs d'une épidémie de typhus. Après la guerre, Kremer a, bien entendu, avoué ce qu'on voulait lui faire avouer selon tous les stéréotypes des spécialistes de l'aveu. On me reproche d'avoir caché ce point. Je ne l'ai pas caché. J'ai expressément mentionné l'existence de ces « aveux ». Je n'en ai pas analysé le texte tout simplement parce qu'on s'était heureusement abstenu de me le présenter comme une preuve de l'existence de « chambres à gaz » à Auschwitz ! Quand Kremer parle de trois femmes fusillées, je veux bien l'en croire. Il pouvait arriver, je pense, qu'un convoi de mille sept cent dix personnes comprenne trois personnes à fusiller sur place, à Auschwitz. Mais quand Kremer, après la guerre, nous dit qu'il s'agissait de femmes refusant d'entrer dans la «chambre à gaz», je n'en crois rien. Je n'ai qu'à me reporter à ce qu'il prétend avoir vu d'une prétendue opération de gazage, observée de sa voiture. Kremer fait partie de ces gens selon qui la réouverture de la « chambre à gaz » se faisait «un moment» après la mort des victimes (2). J'ai déjà montré qu'il y avait là une impossibilité matérielle. Et puis, je constate que, pour tenter d'expliquer une confession, celle de Kremer, on s'appuie sur une autre confession, celle, comme par hasard, de Höss. Le point troublant est que ces deux confessions, toutes deux obtenues par la justice militaire polonaise, se contredisent beaucoup plus qu'elles ne se confirment. Voyez de près la description et des victimes, et du cadre, et des exécutants et du mode d'exécution.

Je ne comprends pas la réponse qui m'est faite concernant le Zyklon B. Employé dans une «chambre à gaz», il aurait adhéré au plafond, au plancher, aux quatre murs et il aurait pénétré les corps des victimes et leurs muqueuses pendant vingt heures au moins. Les membres du Sonderkommando (en fait, le kommando du crématoire) chargés, dit-on, d'aller retirer les cadavres de la «chambre à gaz» une demi-heure après le déversement (?) du Zyklon B auraient été instantanément asphyxiés. Et, de cela, les Allemands n'auraient pu se moquer, puisque le travail n'aurait pas été fait et qu'aucune nouvelle fournée de victimes n'aurait pu être amenée.

Il ne faut pas confondre une asphyxie suicidaire ou accidentelle avec une exécution par le gaz. Dans le cas d'une exécution, l'exécutant et son entourage ne doivent pas courir le moindre risque. Aussi les Américains, pour asphyxier un seul détenu à la fois, emploient-ils un processus compliqué dans un espace réduit et hermétiquement clos où toute manœuvre se déclenche de l'extérieur. Le prisonnier a les pieds et les poings liés et la tête immobilisée. Après sa mort, on aspire et on neutralise le gaz et les gardiens doivent attendre plus d'une heure pour pénétrer dans le petit local. Une «chambre à gaz» n'est pas une chambre à coucher.

Depuis quatre ans je souhaite un débat public avec qui l'on voudra sur « le problème des chambres à gaz ». On me répond par des assignations en justice. Mais les procès de sorcellerie, tout comme la chasse aux sorcières, n'ont jamais rien prouvé. Je connais un moyen de faire progresser le débat. Au lieu de répéter à satiété qu'il existe une surabondance de preuves attestant de l'existence des « chambres à gaz » (rappelons-nous la valeur de cette prétendue surabondance pour les « chambres à gaz » – mythiques – de l'Ancien Reich), je suggère que, pour commencer par le commencement, on me fournisse une preuve, une seule preuve précise de l'existence réelle d'une « chambre à gaz », d'une seule « chambre à gaz ». Cette preuve, nous l'examinerons ensemble, en public.

26 février 1979

Notes :


(1) Le fait que des déportés n'aient pas été immatriculés à Auschwitz, comme on pouvait pourtant s'y attendre, ne signifie pas que ces déportés aient disparu ou qu'ils aient été «gazés». Pour plus de détails sur ce point, voyez le Mémorial de S. Klarsfeld, p. 10 et 12.

(2) Justiz und NS-Verbrechen, University Press Amsterdam, t. XVII (1977), p. 20.

"One proof... one single proof"


“Right to Reply” letter of February 26, 1979, refused publication by Le Monde, regarding pieces appearing in its editions of February 21, 1979 (p. 23) and February 23, 1979 (p. 40).



In a long declaration, thirty-four French historians have recently let us know that it is of course "natural" to ask oneself all sorts of questions about the Second World War, but that, nonetheless, "there is not, there cannot be, any debate on the existence of the gas chambers".


For my part, I remark that there is a debate on the existence or the non-existence of the "gas chambers", and believe that this debate is a legitimate one. It has for a long time pitted a few specialists of the school of revisionist historians against a few specialists of the official history. This debate opened, in a way, in 1960 when Dr Martin Broszat, representing the very official Institute for Contemporary History in Munich, had to make a huge concession to the revisionist Paul Rassinier: he was obliged to acknowledge that in spite of an alleged over-abundance of evidence, documents, testimonies and confessions (all of them reliable), there had never existed a single "gas chamber" in any of the concentration camps in the former Reich. In 1968, the discussion was revived, on the official side, by Olga Wormser-Migot who, in the face of a veritable storm of protest, dared to speak, in her thesis, of what she then termed "the problem of the gas chambers". Since 1974, this debate has little by little become a public one in Western Europe, and also in the English-speaking world at large (including, just recently, Australia!). The French press can no longer ignore this, lest it practise a form of censorship.

This debate is already richly instructive. An attentive reader of Le Monde will have learned much just from a perusal of the February 21, 1979 issue, where a whole page was exclusively devoted to a rendering of the official history's arguments. To begin, the reader will have learned that, in certain camps, fake "gas chambers" are presented to "pilgrims and tourists" (the only pity being that the reader is not told the names of those camps). Then, he will have learned that the figure for Auschwitz of three million dead is "surely an exaggeration", news that will have come as a surprise if he recalls that the official figure is four million. He will have noted that, in places where the German archives are declared to be "silent" 1, there is a tendency to interpret them. He will have seen that, in places where Third Reich documents are "apparently innocuous", they are interpreted to the point, for example, of appearing to say that "to treat accordingly" signifies… "to gas". He will have noted that the orders of Himmler either to build or to destroy the "gas chambers" are not in the least precise, the fact being that such orders apparently never existed. He will have learned that the "document" of the SS engineer Gerstein is deemed "unquestionable", not in its entirety but "for the most part". With still a bit of attention, he will have noted that, according to the passages of the document that those in charge care to quote, there were from 700 to 800 persons in a "gas chamber" whose area was about 25 square metres, with a ceiling of 1.8 metres, which gives us from 28 to 32 persons standing in the space of each square metre! In the list of the thirty-four historians, he will perhaps have noticed that there is but a single specialist of the history of the camps. In the bibliography list, he will have twice come across the name of Olga Wormser-Migot for secondary works but not for her thesis, doubtless considered dangerous; and he will not have found any book or article devoted to the "gas chambers", for the good reason that, on the official side, there are none, either in French or in any foreign language (in this regard, beware of certain deceptive titles!).


The Le Monde reader is told of an account of the "final solution to the Jewish problem" dated January 20, 1942. One may well wonder why the text of this account is not called by its name, as is normally the case: "Wannsee Protocol". I observe that, for some time, it has been realised that these strange minutes (for the word "Protocol" is a misnomer) are full of oddities and that they lack any guarantee of genuineness. They were typed on ordinary paper, with no indication of place or date of issue, no indication of point of origin, no official letterhead, no reference, no signature. That said, I think that the meeting of January 20, 1942 did take place and that it dealt with "the solution, at last, of the Jewish problem", which is to say that, as their emigration to Madagascar had been made impossible by the war, it was decided to expel the Jewish populations to the East of Europe.


Whoever bases any accusation at all on the Gerstein "document" (PS-1553) shows, by so doing, proof of an inability to find a solid argument in favour of the "gas chambers'" existence. Not even the Nuremberg International Military Tribunal cared to exploit this text that had emerged from its archives. Other tribunals, it is true, have been content to use it. The confession by R. Höss is worth no more. I shall not go back over the matter of this "admission" drafted under the surveillance of his Polish and Soviet jailers. The least effort of analysis shows its fabricated nature; on this point I refer the reader to the works of Paul Rassinier and, in particular, to his study of the Eichmann trial (Le Véritable Procès Eichmann). As for Kremer's diary, written during the war, it is genuine, but certain meanings are abusively coaxed out of some passages, or indeed the text is twisted in order to have us think that Kremer is speaking of the horrors of the "gas chambers" where, in reality, he describes the horrors of a typhus epidemic. After the war Kremer, indeed, did confess what he was led to confess, in accordance with all the stereotypes of the confession specialists. I am rebuked for having hidden this confession. I have not hidden it. I have expressly mentioned the existence of these "admissions". I have not analysed the text because, quite simply, my opponents have felicitously refrained from presenting it to me as evidence of the existence of "gas chambers" at Auschwitz! When Kremer speaks of three women being shot, I am willing to believe him. It could happen, I think, that a convoy of 1,710 persons contain three who were to be shot on arrival, at Auschwitz. But when Kremer, after the war, tells us that the incident involved women who had refused to enter the "gas chamber", I believe none of it. I need only go back to what he claimed to have seen of an alleged gassing operation, observed from his car. Kremer is among those people according to whom the reopening of the "gas chamber" was carried out "a moment" after the victims' death 2. I have already shown that this is a material impossibility. And then, I note that, in an attempt to explain a confession, Kremer's, another confession is relied upon, that (as chance would have it) of Höss. The disturbing point is that these two confessions, both obtained by Polish military justice, contradict one another much more than they uphold one another. One should take a close look at their respective descriptions both of the victims and the surroundings, and of the executioners and the mode of execution.


I do not understand the reply made in regard to Zyklon B. Used in a "gas chamber", it would have stuck to the ceiling, to the floor, to the four walls and would have perfused the victims’ bodies and their mucous for at least twenty hours. The members of the Sonderkommando (in fact, the crematorium team) charged with the task, it is said, of taking the bodies out of the “gas chamber” half an hour after the pouring in (?) of the Zyklon B, would have been instantly asphyxiated. And the Germans could hardly have scoffed at that, for the job would thus not have been done and no new batch of victims could have been brought to the spot.


One must not confuse a suicidal or accidental asphyxiation with an execution by gassing. In the latter case, those carrying out the job must avoid the least risk. Thus, the Americans, in order to gas a single prisoner at a time, use a complicated procedure in a small and hermetically sealed space. All movements are begun on the outside. The condemned man has his wrists and ankles bound and his head immobilised. After his death, the gas is extracted from the chamber and neutralised, and the guards must wait more than an hour before entering. A “gas chamber” is not a bedroom.


For four years I have expressed the wish to debate publicly, with anyone whom the other side may care to name, “the problem of the gas chambers”. I am answered with court writs. But the witchcraft trials, like the witch-hunts, never proved anything. I know of a way to move the debate forward. Instead of repeating ad nauseam that there exists an overabundance of evidence to prove the existence of the "gas chambers" (let us be reminded of what this supposed overabundance was worth for the former Reich's — mythical — "gas chambers"), I suggest, in order to begin at the beginning, that my adversaries provide me with a proof, one single clear-cut proof of the actual existence of a "gas chamber", of a single "gas chamber". Then we shall examine that "proof" together, in public.


R. Faurisson,
February 26, 1979



Notes: 

1 The fact that some deportees were not registered at Auschwitz, as could well be expected, does not signify that those deportees disappeared or that they were “gassed”. For more details on this point, see S. Klarsfeld, Le Mémorial de la déportation des Juifs de France , Paris, 1978, p. 10 and 12.
2 Justiz und NS-Verbrechen, University Press Amsterdam, tome XVII (1977), p. 20.

Monday, February 19, 1979

Travaux, enquêtes, recherches


Sur un point controversé de l’histoire contemporaine, je me suis permis de donner mon opinion en un article et en une lettre [1]. Me suis-je exprimé à la légère ? Ou bien ai-je travaillé et réfléchi avant de m’exprimer comme je l’ai fait ?

Quelques personnes à qui j’ai écrit ou parlé sur le sujet :

Robert Aron (sa réponse est du 10 juin 1962) – Emmanuel d’Astier – Léon Poliakov – Olga Wormser-Migot – Jean Duché – Jean Planchais – Dr S. Noller – Alain Decaux – Georges Weill – Philippe Bourdrel – Louis Martin-Chauffier – Joseph Billig – Lucien Steinberg – Jean Fontugne – Chancelier Brandt (réponse Nolte) – Jacques Pirenne – Edgar Faure (ex-procureur adjoint au Tribunal militaire international de Nuremberg) – Gilbert Badia – Arnold Mandel – J.-B. Duroselle - André Fontaine – Dr Kubovy – Dr Martin Broszat – Zvi Michaeli – Elie Ben Elissar – Serge Sellem – J.T. Sik – Joseph Kotlarsky – R. Freschel – Robert Sommer – Dr Wilhelm Pfannenstiel – Louise Alcan – Raymond Lipa – Léon Alhadeff – Me Albert Naud – F. Junien – Raymond Montégut – André Malraux (réponse Sophie L. de Vilmorin) – A. Espiau de La Maestre – Jean-Marc Théolleyre - Peter Loewenberg – Bernard Lauzanne – Me Jacques Isorni (qui croit aux « chambres à gaz ») – Jacques Willequet – Marlis G. Steinert - René Rémond – David Rousset – Adam Rutkowski – Georges Wellers – Ulrich Hessel – Alfred Grosser – Rita Thalmann – Simon Wiesenthal – Gitta Sereny-Honeyman – Henri Amouroux – Albert Speer – François Faure – Heinz Riesel – Pierre Joffroy – Pierre Seelic-Javet-Kahn... Je ne parle pas des personnes, très nombreuses, de l’école historique adverse !

- Centres où j’ai travaillé ou avec qui j’ai été en correspondance :

Centre de documentation juive contemporaine de Paris – Archives d’Auschwitz à Oswiecim (Pologne) – Service international de recherches d’Arolsen – Centrale judiciaire de Ludwigsburg – Institut d’histoire contemporaine de Munich – Institut historique allemand de Paris – Croix-Rouge internationale de Genève – Archives de l’Eglise évangélique de Westphalie – Comité international de Dachau (Bruxelles) – Amicale de Natzweiler-Struthof – Amicale des anciens d’Auschwitz et des camps de Haute-Silésie (Hefte von Auschwitz) – Amsterdam, Vienne, Sofia, Varsovie – Visite du Struthof, de Majdanek, d’Auschwitz : photos personnelles et photos d’archives.

Pour les procès : les quarante et un tomes du TMI – les quinze tomes des procès américains – quelques tomes (très mal faits) des procès britanniques – les dix-neuf tomes (jusqu’ici parus) des NS-Verbrechen publiés par l’université d’Amsterdam – les (très instructifs) sténogrammes du procès Eichmann... et jusqu’à des P.V. d’interrogatoires que j’ai pu obtenir grâce à l’obligeance d’un juge d’instruction allemand convaincu de l’existence de quelques « chambres à gaz » ; je ne citerai pas les ouvrages assez nombreux qui ont été consacrés aux procès, où les éléments sont, par définition, de seconde main (ouvrages de Naumann, Langbein, Hausner, Rückerl, etc.) [2].

Les deux ouvrages de base de l’Américain Raul Hilberg et de l’Anglais Gerald Reitlinger et, seulement pour les juifs d’Allemagne, de H.-G. Adler.

Les ouvrages de référence (en français) de Léon Poliakov, de Joseph Billig et, surtout, la thèse d’Olga Wormser-Migot. Il n’existe, à ma connaissance, aucun livre ni même aucun article consacré aux « chambres à gaz » ! (attention aux titres trompeurs).

Les publications du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale [3], de l’Institut d’histoire contemporaine de Munich et, surtout, Le Monde juif, revue du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) [4] de Paris (en particulier les études tendant à réfuter la thèse de Paul Rassinier, qui est la mienne aussi).

Des milliers de documents du CDJC et, en particulier, toutes les références, sans aucune exception, du fichier « Extermination-Gazage ».

Des centaines de témoignages écrits sur la vie des camps.

Recherches dans l’Encyclopaedia Judaica, dans le Mémorial de S. Klarsfeld.

Très nombreuses recherches d’ordre matériel ou technique sur les fours crématoires ou sur le Zyklon B (acide cyanhydrique) : à Paris, à Montreuil, à Lyon, à Oswiecim. Recherches dans l’esprit de l’orfèvre de Fontenelle par opposition aux compilations de Horstius, Ingolsteterus ou Libavius sur la prétendue dent d’or miraculeusement découverte en Silésie.

Méthodes de routine de la critique historique : « Montrez-moi vos preuves » – « Ce document offre-t-il des garanties d’authenticité ? » – « D’où viennent vos chiffres ? » – « Que dit au juste ce témoin ? » – « Qui a rédigé la légende de cette photo ? » – « Où est le manuscrit de ce témoignage extraordinaire? » – « Comment expliquer les variantes considérables d’un texte pour lequel il n’existe et ne peut exister qu’un seul manuscrit ? » – « Cela tient-il debout ? »

Critique interne ou de cohérence – Critique externe – La transmission, la traduction, l’adaptation – Le film, la photo, le montage – L’expertise judiciaire, scientifique, archéologique présente ou absente :    pourquoi ?    Son    protocole,    son    déroulement,    ses conclusions ? Sur ces méthodes traditionnelles et sur les techniques modernes, voir l’« Encyclopédie de la Pléiade », L’Histoire et ses méthodes.

19 février 1979

Notes
[1] Voy. Le Monde du 29 déc. 1978, p. 8, et du 16 janvier 1979, p. 13.
[2] Parmi ces ouvrages, le plus instructif (involontairement) est peut-être de M. Hill et L. N. Williams, Auschwitz en Angleterre (l’affaire Dering), Paris, Calmann-Lévy, 1971.
[3] Le confidentiel (?) Bulletin de ce comité (rattaché au premier ministre) dit que le résultat d’ensemble de sa longue enquête sur le total des déportés de France ne sera pas publié par crainte de « réflexions désobligeantes pour les déportés » et pour éviter « des heurts possibles avec certaines associations de déportés ». Je suis en mesure de donner ces chiffres et de désigner ces associations. Cette rétention de documents date de janvier 1974.
[4] Je peux préciser et prouver pourquoi et comment j’ai été chassé du CDJC en avril 1978.