Sunday, December 15, 1974

La révision de 1960 : il n'y a pas eu un seul « gazage » dans tout l'ancien Reich


(En particulier, ni à Buchenwald, ni à Dachau)

Remarque sur cette pièce : L'hebdomadaire Die Zeit, n° 34, du 19 août 1960, p. 16 (éd. américaine, n° 34, du 26 août 1960, p. 14) publiait une lettre du Dr Martin Broszat de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich. Le titre choisi par l'hebdomadaire était : « Pas de gazage à Dachau ». Ainsi que le montre le contenu de la lettre, ce titre aurait dû être : « Pas de gazage dans tout l'ancien Reich » (Allemagne dans ses frontières de 1937).

Dans une lettre du 23 août 1974, le Dr Martin Broszat, devenu entre-temps directeur de son institut, et que j'interrogeais sur d'autres « chambres à gaz » que celles de l'ancien Reich, me faisait savoir qu'il ne pouvait me répondre. Il m'écrivait : « Une information qui se veut scientifique, sur le problème complexe [ou : compliqué] des chambres à gaz, ne peut se réduire à répondre à un catalogue de questions-pièges sur des points coupés de leur contexte. » C'était là une dérobade. Je ne vois pas en quoi une simple feuille de questions très simples ne pouvait recevoir de réponse. En quoi était-il difficile de répondre à des questions comme : « Pour vous, a-t-il, oui ou non, existé une ou des "chambre(s) à gaz" au Struthof ? à Mauthausen ? » ?

Retenons, en tout cas, que pour le Dr Broszat il existe un problème des chambres à gaz et que ce problème est même « complexe » (ou : « compliqué »). 

Relançant le Dr Broszat, je lui ai dit que je lui faisais grâce du reste et que je lui demandais seulement de répondre à la question suivante : pour lui, avait-il, oui ou non, existé une « chambre à gaz » homicide au Struthof ? Je n'ai jamais reçu de réponse à cette simple question. J'ai pourtant saisi jusqu'aux autorités officielles dont dépendait l'institut pour obtenir le droit d'avoir une réponse. Rien n'y a fait. Les autorités officielles ont cautionné le refus de réponse du Dr Broszat.

Aucun gazage à Dachau 
(par le Dr Martin Broszat) 

Ni à Dachau, ni à Bergen-Belsen, ni à Buchenwald des juifs ou d'autres détenus n'ont été gazés. La chambre à gaz de Dachau n'a jamais été complètement terminée et mise « en service ». Des centaines de milliers de détenus, qui périrent à Dachau ou dans d'autres camps de concentration situés à l’intérieur des frontières de l'ancien Reich, furent victimes avant tout des catastrophiques conditions d'hygiène et d'approvisionnement : rien que dans les douze mois allant de juillet 1942 à juin 1943, 110.812 personnes moururent de maladie et de faim dans tous les camps de concentration du Reich, d'après les statistiques officielles de la SS. L'anéantissement massif des juifs par le gaz commença en 1941-1942 et il prit place uniquement en de rares points choisis à cet effet et pourvus d'installations techniques adéquates, avant tout en territoire polonais occupé (mais nulle part dans l'ancien Reich) : à Auschwitz-Birkenau, à Sobibor-sur-Bug, à Treblinka, Chelmno et Belzec.

Là mais non à Bergen-Belsen, Dachau ou Buchenwald, furent érigés ces dispositifs d'anéantissement en masse, camouflés en douches ou en chambres de désinfection, dont il est question dans votre article [1]. Cette distinction nécessaire ne change assurément pas d'un pouce le caractère criminel de l'institution des camps de concentration. Mais peut-être peut-elle aider à supprimer la fatale confusion d'où il résulte que maints incorrigibles se servent d'arguments isolément justes mais séparés de leur contexte à des fins polémiques et [d'où il résulte aussi] que se hâtent d'y répliquer des gens qui assurément possèdent un exact jugement d'ensemble mais qui s'appuient sur des informations fausses ou défectueuses.

Dr M. Broszat, 
Institut d'histoire contemporaine, Munich.



[Publié dans Mémoire en défense contre ceux qui m'accusent de falsifier l'histoire, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 181-184.]


[1] Allusion à un article publié la semaine précédente en première page de Die Zeit sous la plume de son rédacteur en chef, R. Strobel. Ce dernier avait violemment pris à partie le général américain Unrein qui avait, paraît-il, déclaré que la « chambre à gaz » de Dachau n'était qu'une douche. R. Strobel demandait que le général américain fût chassé d'Allemagne. On a là un exemple de la surenchère allemande dans les accusations portées contre l'Allemagne. Ce goût de surenchère atteint d'étonnantes proportions dans des domaines sans rapport avec le sujet tabou des « chambres à gaz ». Deux exemples : un marchand de jouets vendait des petits avions du modèle des avions allemands de la dernière guerre ; il est condamné pour leur avoir laissé l'insigne de la croix gammée ; le héros de la chasse allemande Hans Rudel publie Trotzdem ; aux États-Unis le livre est vendu à deux millions d'exemplaires ; en Allemagne, il est mis à l'index (fait rapporté par Europäische Freiheitsbewegung, juin 1980, p. 1 : à vérifier). [NdA]

Thursday, August 1, 1974

Lettre au journal "Le Monde"


Des chambres à gaz auraient-elles cependant fonctionné « en quelques points de Pologne et notamment à Auschwitz-Birkenau »? Mme Delbo affirme en avoir vu une. Mais qu’a-t-elle vu au juste ? Elle ne nous le dit pas. Elle mêle les fours crématoires (où l’on brûlait les cadavres) avec les chambres a gaz (ou, à ce qu’on prétend, on tuait jusqu’à dix mille personnes par jour). Höss, dit-elle, avoue qu’il collait son œil au hublot de la chambre à gaz. Pour ma part, je lis dans l’ouvrage qu’elle cite que Höss regardait l’intérieur de la chambre à gaz « à travers le trou de la serrure de la porte » [1]. Cette absurdité, jointe à cent autres de même acabit, fait de la « confession » de Höss un document auquel on peut accorder autant de valeur qu’aux aveux des procès de Moscou, de Prague ou, comme c’est le cas ici, de Varsovie. D’ailleurs, le manuscrit de Höss n’est, en fait, pas consultable et les versions qui en circulent sont gravement contradictoires.

Il est troublant que des détenus qui ont passé plus de trois ans à Auschwitz-Birkenau affirment n’y avoir jamais vu de chambre à gaz ; tel est le cas de Benedikt Kautsky, déporté juif et leader du Parti social-démocrate autrichien. Rien ne permet de dire que les « actions spéciales » crûment relatées dans le journal saisi sur le chirurgien d’Auschwitz Johann-Paul Kremer soient des gazages [2]. Enfin, une question : la Croix-Rouge internationale a-t-elle, sur le sujet, procédé, en septembre 1944, à une enquête minutieuse auprès de prisonniers de toutes les catégories et a-t-elle conclu à l’inexistence, passée et présente, de ces chambres à gaz que la radio anglaise situait à Auschwitz-Birkenau ?

Les déportés sont morts de faim, de froid, de maladies, d’épidémies, de mauvais traitements. Ils ont parfois été exécutés par armes à feu ou par pendaison. Ils ont parfois été victimes des bombardements alliés. Ils ont été décimés par d’incessants transferts. A toutes ces horreurs faut-il ajouter celle, bien plus abominable et parfaitement démoniaque, des chambres à gaz ? Je l’ai cru. Je ne le crois plus guère. Mais le doute n'interdit pas la recherche. Au contraire.



[1] R. Höss, Le Commandant d’Auschwitz parle..., Paris, Julliard, 1959, p. 288. 
[2] Hefte von Auschwitz n° 13, Musée d'Etat d'Auschwitz, 1971.

______ 
[Publié dans Vérité historique ou vérité politique ?, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 63. Le Monde avait publié, sous la plume de Mme Charlotte Delbo, un article qui reprenait la lettre circulaire publiée par Le Canard enchaîné, passant outre au refus du professeur Faurisson de la voir publier dans ces conditions (11-12 août 1974). Le Monde n'a pas publié la lettre ci-dessus.– NdÉ]

Wednesday, July 17, 1974

"Le Canard enchaîné", 17 juillet 1974 : Défaut d’information


Paris, le 23 mars 1974

à Monsieur le Dr Kubovy 
Directeur du Centre de documentation 
juive de Tel-Aviv

Monsieur,

Puis-je me permettre de vous demander votre sentiment personnel sur un point particulièrement délicat de l’histoire contemporaine : les chambres à gaz hitlériennes vous semblent-t-elles avoir été un mythe ou une réalité ? Auriez-vous l’obligeance de me préciser éventuellement dans votre réponse quel crédit, selon vous, il convient d’accorder au « document Gerstein » à la confession de R. Hüss [Höss], au témoignage Nyiszli (faut-il dire Nyiszli-Kremer ?) et, d’une façon générale, à ce qui s’est écrit, de ce point de vue, sur Auschwitz, sur ce gaz Zyklons B [Zyklon B], sur le sigle « N.N. » (« Nacht und Nebel » ou « Nomen Nescia » ? [Nescio]) et sur la formule de « solution finale » ?


Votre opinion sur la possibilité d’existence de ces chambres a-t-elle varié depuis 1945 ou bien reste-t-elle aujourd’hui ce qu’elle était il y a vingt-neuf ans ?

Je n’ai pu, jusqu’à présent, découvrir de photographies de chambres à gaz qui paraissent présenter quelque garantie d’authenticité.


Cette lettre, qu’on hésite de qualifier de « sérieuse », a été publiée par le quotidien israélien Yediot Aharouot [Aharonot] dans son numéro du 26 mai dernier. Elle a pour auteur un nommé Faurisson qui dispense son enseignement à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines (Centre Censier, Paris). Chargé de commenter cet ahurissant poulet, l’écrivain Haim Gouri finissait par admettre, avec un humour féroce, que si, en 1974, un professeur de la Sorbonne pouvait encore douter de l’existence des camps de la mort, et poser au directeur du Centre de la documentation juive de Tel-Aviv la question de savoir si, au sujet de ceux-ci, son opinion restait aujourd’hui ce qu’elle était il y a vingt-neuf ans, ce ne pouvait être que par défaut d’information.

Il est vrai qu’on a si peu évoqué les joyeusetés de la « solution finale », qu’il est permis à un Sorbonnard de s’interroger sur cette vague formule. Et qu’est-ce que c’est, Auschwitz ? Ce gaz zyklone ? Ce document Gerstein ? Et ces chambres à gaz, dont on ne peut découvrir de photographies qui paraissent présenter quelque garantie d’authenticité ?

Faute de culture et de lecture, M. le professeur Faurisson pourrait peut-être aller faire du tourisme en Allemagne, du côté d’Auschwitz, où on peut les « visiter » ces chambres à gaz.


[Publié dans Le Canard enchaîné, 17 juillet 1974.]

Friday, June 28, 1974

Lettre à une déportée qui dit pouvoir témoigner



Madame, 

« Déportée à Auschwitz en tant que juive, j’ai passé des mois à l’annexe (!) de Birkenau toute proche des chambres à gaz et des fours crématoires dont nous pouvions voir fumer les cheminées. » 

Quel est l’antécédent de « dont » ? 

En quoi apportez-vous ici un élément à qui recherche des témoignages sur les « chambres à gaz » ?

 _________ 
[Extrait de Tribune juive Hebdo, n° 315, 12 juillet 1974, qui reproduit, dans un article, la réponse faite par le professeur Faurisson à Mme Ruth Freschel, de Marseille, qui lui avait écrit « en se présentant comme un témoin survivant aux chambres à gaz ».]


Saturday, March 23, 1974

Lettre circulaire à divers spécialistes


Voici le texte intégral d’une lettre adressée personnellement à un certain nombre de spécialistes que je désirais consulter sur le problème exclusif de l’existence des chambres à gaz hitlériennes. Cette lettre était à en-tête de la Sorbonne Nouvelle. [NdA]


Monsieur, 

Puis-je me permettre de vous demander votre sentiment, votre sentiment personnel, sur un point délicat de l’histoire contemporaine : les chambres à gaz hitlériennes vous semblent-elles avoir été un mythe ou une réalité ? Auriez-vous l’obligeance de me préciser éventuellement dans votre réponse quel crédit, selon vous, il convient d’accorder au « document Gerstein », à la confession de R. Höss, au témoignage Nyiszli (faut-il dire Nyiszli-Kremer ?) et, d’une façon générale, à ce qui s’est écrit de ce point de vue sur Auschwitz, sur le gaz Zyklon B, sur le sigle « N.N. » (« Nacht und Nebel » ou « Nomen Nescio» ?) et sur la formule de « solution finale » ? 

Votre opinion sur la possibilité d’existence de ces chambres a-t-elle varié depuis 1945 ou bien reste-t-elle aujourd’hui ce qu’elle était il y a vingt-neuf ans ? 

Je n’ai pu, jusqu’à présent, découvrir de photographies de chambres à gaz qui paraissent présenter quelque garantie d’authenticité. Ni le Centre de documentation juive de Paris, ni l’Institut für Zeitgeschichte de Munich n’ont pu m’en fournir. Auriez-vous, pour votre part, connaissance de photographies à verser au dossier de la question ? 

Merci d’avance pour votre réponse et peut-être pour votre aide. Veuillez recevoir, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée. 

P.S. Avez-vous, personnellement, eu accès aux originaux des documents Gerstein, Höss ou Nyiszli ? Connaissez-vous quelqu’un dont vous êtes sûr qu’il a eu accès à ces originaux ?

23 mars 1974