Thursday, April 16, 2015

Faurisson vu par André Breton et vu par Jean d'Ormesson


Hier dans le blog des amis de Paul-Eric Blanrue (blanrue.blogspot.fr) est paru le bref article D'Ormesson en Pléiade. Bientôt Faurisson ?

Avant de m'engager, à la fin des années 1970, dans la publication d'ouvrages relevant du  révisionnisme historique, j'avais, dans le domaine du révisionnisme littéraire, notamment publié A-t-on lu Rimbaud ? (Jean-Jacques Pauvert 1961, 1962) et A-t-on lu Lautréamont ? (Gallimard, 1972).

Le premier de ces deux ouvrages avait provoqué une retentissante « Affaire Rimbaud » tandis que le second avait agité surtout certains milieux universitaires.

André Breton, parmi bien d'autres, avait traité du premier ouvrage et Jean d'Ormesson avait rendu compte du second.

Deux citations pour vous mettre la puce à l'oreille :

1) Une citation de Rimbaud : « On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans ».
2) Une citation de Lautréamont tout à la fin des Chants de Maldoror :  « [Quand je serai mort,] je veux que le lecteur en deuil puisse se dire : "Il faut lui rendre justice. Il m'a beaucoup crétinisé. Que n'aurait-il pas fait, s'il eût pu vivre davantage ! c'est le meilleur professeur d'hypnotisme que je connaisse !" » 

J'avais discrètement commencé mes recherches sur la magique chambre à gaz au début des années 1960.

En 1972, dans ma thèse sur Lautréamont, j'avais glissé les mots suivants à propos des mystifications, particulièrement en temps de guerre : « La Seconde guerre mondiale a suscité des mythes encore plus extravagants [que la première guerre mondiale] mais il ne fait pas bon s'y attaquer. Une entreprise comme celle de Norton Cru, si on l'appliquait à la dernière guerre, serait encore prématurée, semble-t-il. Certains mythes sont sacrés. Même en littérature ou en histoire, on court quelque risque à vouloir démystifier » (p. 338).  


PS : Dans le cas de Rimbaud, le mieux est de lire l'ouvrage publié en 1991, soit trente après l'édition originale de 1961 : Robert Faurisson, A-t-on lu  Rimbaud ? Suivi de L'Affaire Rimbaud, La Vieille Taupe, 1991, 205 pages ; il  s'agit là de la troisième édition. 
16 avril 2015

Sunday, April 5, 2015

Illustration par une vidéo du total échec de Raul Hilberg, l’éminent historien de "l’Holocauste"

      
« Robert Faurisson et le Consensus Mind Reading de Raul Hilberg » : cette étonnante vidéo est signée de Soraj (avec un « j »).

On le sait, le juif américain Raul Hilberg (1926-2007) est unanimement tenu pour représenter la plus haute autorité en matière d’histoire de « l’Holocauste ». Son œuvre majeure s’intitule The Destruction of the European Jews. En 1961, dans la première édition de son ouvrage, à la page 177, il avait osé écrire qu’il avait existé deux ordres de Hitler d’exterminer physiquement les juifs mais, curieusement, à l’appui d’une affirmation aussi péremptoire il n’avait fourni aucune référence, aucun libellé de ces ordres, aucune date.

            Par la suite, dans la première moitié des années 1980, il avait reconnu que « Faurisson et d’autres » l’avaient obligé à s’engager dans de nouvelles recherches. Il avait exactement déclaré :

Je dirai que, d’une certaine manière, Faurisson et d’autres, sans l’avoir voulu, nous ont rendu service. Ils ont soulevé des questions qui ont eu pour effet d’engager les historiens dans de nouvelles recherches. Ils nous ont obligés à rassembler davantage d’informations, à réexaminer les documents et à aller plus loin dans la compréhension de ce qui s’est passé (propos recueillis par Guy Sitbon in « Les Archives de l’horreur », Le Nouvel Observateur, 3-9 juillet 1982, p. 71 A).          

            De ses nouvelles recherches qui, comme il l’admet, lui ont été inspirées par « Faurisson et d’autres », R. Hilberg allait finalement conclure qu’on ne trouvait décidément aucune preuve de l’existence d’un ordre d’exterminer les juifs. Selon sa nouvelle thèse, il n’y avait eu aucun ordre en ce sens, aucun programme, aucun budget, aucune instruction écrite : RIEN. Sa nouvelle explication était la suivante : au sein de cette partie de la « vaste bureaucratie » allemande qui était en charge du règlement de la question juive, il s’était lentement produit une évolution spontanée consistant, pour ce qui était de la destruction physique des juifs, à remplacer l’écrit par l’oral et, du coup, ces bureaucrates s’étaient mis à prendre et à communiquer entre eux leurs funestes décisions « par une incroyable rencontre des esprits, une transmission de pensée consensuelle » (« by an incredible meeting of minds, a consensus-mind reading »).

            C’est de cette aberrante explication que l’ingénieux Soraj a entendu se moquer en procédant à la confection d’une vidéo de son cru où il a savamment combiné des extraits de trois sources audiovisuelles : 1) la vidéo réalisée en octobre 2010 et publiée en septembre 2011 par Paul-Eric Blanrue où la parole est donnée à « Un homme : Robert Faurisson » ; 2) la vidéo « Historiascopie » du 11 novembre 2014 où l’on entend Mérée Drante ponctuer de rires ou de moqueries la lecture par R. Faurisson de certains extraits de La Destruction des Juifs d’Europe dans sa seconde version, celle de 1985 ; 3) des bribes de la série américaine Hogan’s Heroes (1965-1971) où, en Allemagne, dans un camp de prisonniers de guerre, le « malin » colonel américain Robert Hogan se paie la tête de ses gardiens teutons : l’incompétent colonel Klink et l’inepte sergent Papa Schultz.

            Soraj mérite nos compliments : par un véritable tour de force vidéoscopique et en n’utilisant que d’authentiques citations il est parvenu à nous convaincre que le plus prestigieux des historiens de « l’Holocauste » en a été réduit, pour expliquer sa thèse de l’extermination des juifs, à des expédients tout juste dignes de Papa Schultz et du colonel Klink, tous deux si bêtes mais si convaincus de leur propre intelligence et de leur propre sens de « la transmission de pensée consensuelle » (voyez les impayables mimiques).
Or, répétons-le, pas un historien de la prétendue destruction des juifs d’Europe ne jouit, encore aujourd’hui, d’un prestige comparable à celui de R. Hilberg.
Ce dernier entendait servir l’histoire mais, en réalité, à force de spéculations fumeuses et irrationnelles, il aura ouvert la voie à une croyance de nature religieuse. En ce sens, il aura été à la source de cette « religion de l’Holocauste », qui aujourd’hui dicte sa loi et paralyse chez trop d’auteurs la recherche de la simple exactitude historique.
Mais cette loi et cette paralysie n’auront qu’un temps. A bien des signes déjà on note que la foi en « l’Holocauste » tend à se perdre chez les historiens. Prochainement je le démontrerai dans une analyse portant sur le 70e anniversaire de la « libération d’Auschwitz » et, en particulier, sur une étonnante livraison du journal Le Monde, celle du 28 janvier 2015. Intitulée « Auschwitz à l’épreuve des générations », elle contient un éditorial alarmant contre « les négationnismes » et un ensemble de quatorze articles répartis sur dix pages mais où le mot de « gaz » n’apparaît qu’une seule fois dans des flots de rhétorique purement verbale. La semaine précédente, parmi d’autres articles holocaustiques, celui de Maurice Lévy, président du groupe Publicis, se signalait par l’inquiétude du personnage devant la levée d’un « tabou » (sic) qui protégeait les juifs (« Face à l’antisémitisme, le choix du départ doit rester personnel », 21 janvier 2015, p. 12). Pour lui, l’antisémitisme avait disparu à la fin de la Seconde guerre mondiale avec la découverte de « la Shoah » mais il avait ensuite repris vie, sous une forme nouvelle, au début des années 1980 avec le « négationnisme » (allusion, une fois de plus, dans l’honorable journal, à sa « bourde monumentale » ayant consisté à publier Faurisson). « Le roi de la pub » nous le dit en sa prose : « […] la seconde guerre mondiale et la Shoah débouchèrent sur un consensus social et un tabou. Ce dernier a perduré jusqu’aux années 1980, avant de se fracasser [sic] sur la diffusion des thèses négationnistes. Un nouvel antisémitisme libéré s’est alors engouffré dans la brèche ; celui d’une minorité de jeunes issus de l’immigration ».
Comme il m’est arrivé de l’écrire, « il y a décidément de plus en plus d’eau dans le gaz et de mou dans la corde à nœuds ». S’il revenait à la vie, R. Hilberg n’en serait peut-être pas tellement surpris. En 1985, lors d’un procès long de sept semaines intenté à Toronto au révisionniste Ernst Zündel, il s’était exprimé en expert au nom de l’accusation : mal lui en avait pris. Les experts révisionnistes, dont la compétence avait étonné la presse canadienne,  l’avaient emporté haut la main. A telle enseigne que, trois ans plus tard, en 1988, lors d’un nouveau procès intenté au même Zündel, R. Hilberg à nouveau sollicité avait refusé de revenir à la barre. L’avocat de Zündel, Doug Christie, le « Battling Barrister », avait exigé et obtenu communication de la lettre de refus, une lettre édifiante : R. Hilberg y confessait sa peur d’affronter une nouvelle fois « Faurisson et d’autres ».

Le « total échec » du plus prestigieux historien de « l’Holocauste » ne fait qu’annoncer  le « total échec », qui surviendra tôt ou tard, de la doctrine de « l’Holocauste » lui-même.
5 avril 2015

Thursday, March 19, 2015

Simone Jacob, future Simone Veil, sa mère et sa sœur Milou ont vécu plusieurs mois à Auschwitz-Birkenau à « quelques dizaines de mètres » de ce qui aurait été une usine d’extermination des juifs. Et pourtant elles n’ont RIEN soupçonné du crime des crimes !


Auschwitz-Birkenau passe pour avoir été le plus grand « camp de concentration et d’extermination » du IIIe Reich. Celui même de Birkenau aurait été, pour sa part, le plus grand « camp d’extermination » (ou « extermination camp » : forgée par le War Refugee Board américain en novembre 1944, cette expression a été traduite en allemand au procès de Nuremberg par « Vernichtungslager », un mot ensuite hardiment présenté comme s’il avait été créé par les « Nazis »).
Auschwitz, dit Auschwitz-I, possédait un bâtiment, le Krematorium I, composé d’une salle des fours (avec dépôt de coke, urnes funéraires, etc.) ainsi que d’une pièce qu’on nous présente aujourd’hui comme une chambre à gaz d’exécution massive. Malheureusement pour la thèse exterminationniste, mes découvertes sur place, en 1975 et 1976, ont contraint l’historien orthodoxe Eric Conan à écrire à propos de cette salle et de cette pièce, que l’on présente encore aujourd’hui aux visiteurs comme authentiques : « Tout y est faux » et à préciser : « A la fin des années 1970, Robert Faurisson exploita d’autant mieux ces falsifications que les responsables du musée [d’Etat d’Auschwitz] rechignaient alors à lui répondre » (« Auschwitz : la mémoire du mal », L’Express, 19-25 janvier 1995, p. 54-73 ; p. 68 ; voyez mon article sur « Les falsifications d’Auschwitz d’après un dossier de L’Express », 19 janvier 1995).
Birkenau, dit Auschwitz-II, possédait quatre grands bâtiments de crémation en fin de compte numérotés de II à V. Le 19 mars 1976, grâce à une petite ruse, j’ai fini par découvrir les plans de construction des cinq crématoires : celui d’Auschwitz comme ceux des quatre crématoires de Birkenau. Depuis la fin de la guerre tous ces plans avaient été soigneusement cachés par les autorités polonaises, par les Alliés occidentaux et par les Soviétiques. Internet n’existant pas encore en 1976, je n’ai pu les rendre publics qu’en 1978 et 1979. Ils ont fait sensation. Ils  révélaient qu’aucun des cinq crématoires n’avait possédé de « chambre à gaz » mais en revanche de simples dépositoires, aux dimensions parfaitement caractéristiques et conçus pour y entreposer les cadavres (soit non encore en cercueil, soit déjà en cercueil) en l’attente de leur crémation. Ces dépositoires étaient désignés comme tels. Par exemple, celui d’Auschwitz-I portait le nom de Leichenhalle (halle à cadavres) tandis que les crématoires II et III de Birkenau étaient dotés, pour chacun d’entre eux, d’un Leichenkeller 1 et d’un Leichenkeller 2 (caveaux à cadavres).
Birkenau, réputé avoir été par excellence un « camp d’extermination », était, en réalité, tout au contraire, un camp pourvu de toutes sortes d’installations conçues dans un esprit soucieux d’hygiène et de salubrité. Il comptait un camp de quarantaine, un camp des hommes, un camp des femmes, un camp des familles, un camp des familles tsiganes, un camp pour juifs en transit, un camp de baraquements hospitaliers pour hommes ainsi qu’un autre pour femmes, des bassins de décantation, un vaste Sauna avec douches et chambres de désinfection fonctionnant avec le puissant pesticide Zyklon B dont la composante active était l’acide cyanhydrique (HCN), un entrepôt pour effets surnommé « Kanada » à cause de l’abondance des biens confisqués aux arrivants et enregistrés comme à toute entrée en un lieu de détention, un terrain de volley-ball, un terrain de football contigu au Krematorium III. Comme le Krematorium II, ce crématoire était entouré d’un jardinet aux lignes bien tracées et où les joueurs de football allaient parfois chercher leur ballon égaré. Les photos aériennes prises par les Alliés pendant leurs 32 missions au-dessus du vaste complexe sont là qui en attestent : on ne notait dans les jardinets aucune de ces foules considérables qui auraient attendu de pénétrer dans les souterrains d’abord pour s’y dévêtir dans une pièce, puis pour y être gazés dans une autre pièce ; on ne relevait également aucune trace de piétinements du jardinet par ces milliers de futures victimes en attente ni aucun énorme amoncellement de coke pour la crémation de ces supposées foules.
Bref, si S. Veil, sa mère et sa sœur Milou, descendant du train – qui s’arrêtait tout près de là – n’ont rien noté d’extraordinaire ni d’inquiétant à leur arrivée ni durant leur séjour du 15 avril au début juillet 1944 avant leur transfert au sous-camp de Bobrek, c’est qu’il n’y avait rien à noter de tel. Si elles n’ont jamais compris qu’elles étaient à quelques dizaines de mètres du cœur d’une fantastique usine de mort, c’est qu’une telle monstruosité n’avait aucune existence réelle.
Le bref passage où S. Veil confesse qu’avec sa mère et sa sœur elle n’a jamais pu « comprendre » qu’elles se trouvaient toutes trois au cœur d’une usine d’extermination des juifs se situe soit à la page 65 de la première édition d’Une Vie (Stock, 2007), soit à la page 55 de l’édition ultérieure (Stock, 2014).
S. Veil commence par nous y dire que, sur la rampe d’arrivée du convoi, certaines de ses compagnes de chambrée avaient été séparées de membres de leurs familles et qu’elles s’inquiétaient auprès des kapos du sort de ces disparus. Les kapos, des femmes brutales, leur « montraient par la fenêtre la cheminée des crématoires et la fumée qui s’en échappait ». Autrement dit, elles leur signifiaient par ce geste que les disparus en question avaient tout de suite été tués et réduits en cendres. Mais Simone, sa mère et Milou ne pouvaient comprendre ce geste. « Nous ne comprenions pas ; nous ne pouvions pas comprendre. Ce qui était en train de se produire à quelques dizaines de mètres de nous était si inimaginable que notre esprit était incapable de l’admettre. » Et d’ajouter : « Dehors la cheminée des crématoires fumait sans cesse. Une odeur épouvantable se répandait partout. » Il est douteux que la cheminée ait ainsi incessamment fumé mais laissons ce point de côté. Dans la suite de son ouvrage, l’auteur mentionne à quinze reprises les « chambres à gaz » ou les « gazages » mais à aucun moment elle ne nous révèle quand, comment et par suite de quelle circonstance elle s’est mise à « comprendre » ce que jusqu’alors avec sa sœur et sa mère elle n’avait pas pu « comprendre ». Est-ce après la guerre qu’elle aurait « compris » que, pendant des mois, toutes trois avaient vécu « à quelques dizaines de mètres » d’un abattoir chimique où, jour et nuit, l’on gazait des juifs ? Aurait-elle agi, comme, par exemple, le chauffeur de locomotive de Treblinka ? Dans Shoah, film de Claude Lanzmann, ce chauffeur nous est présenté en témoin privilégié de ce que chaque jour les juifs étaient conduits de Varsovie aux « chambres à gaz » de Treblinka. Mais quand, en 1988, le retrouvant dans sa Pologne natale, je lui ai dit en présence d’un interprète : « Mais alors, chaque jour, vous avez ainsi conduit les juifs à leur mort ? », il avait sursauté et répondu qu’il n’avait appris le « gazage » de ces juifs qu’après la guerre.
 Pour les révisionnistes, l’aveu de S. Veil constitue un témoignage d’une valeur exceptionnelle. Il entraîne dans la suite du livre une remarquable conséquence : cette femme, si dure, si sévère dans ses jugements, se refuse à critiquer les Alliés pour avoir manqué de bombarder les voies de chemin de fer conduisant à Auschwitz ou encore les camps mêmes d’Auschwitz ou de Birkenau. Je recommande à cet égard le développement qu’elle consacre au sujet tout au long des pages 96-98 de l’édition de 2007 ou des pages 80-82 de l’édition de 2014. Il faut bien reconnaître qu’elle ne pouvait blâmer les Alliés pour leur ignorance d’une horreur absolue qu’elle n’avait, elle-même – tout comme sa sœur et sa mère –, pas su voir alors que toutes trois vivaient à proximité d’un crématoire, visible de partout et engloutissant régulièrement des milliers de juifs vivants qui ne réapparaissaient plus jamais.
Cela dit, les Alliés étaient parfaitement renseignés sur les réalités d’Auschwitz et ils se doutaient que les histoires de gazages industriels de détenus pouvaient n’être qu’une rumeur de guerre (voyez mon article « Pires que Le Pen, les révisionnistes Churchill, Eisenhower et de Gaulle », 20 octobre 1998).
Ce qui est étrange dans le cas de S. Veil, c’est qu’au fil du temps elle a fini par se plier aux usages de sa communauté et par servir la propagande holocaustique. Encore en 1983, elle ne croyait pas à la « preuve formelle » ni aux « témoins » des gazages. Précisément cette année-là elle était amenée à déclarer : « Au cours d’un procès intenté à Faurisson pour avoir nié l’existence des chambres à gaz, ceux qui intentent le procès [ont été] contraints d’apporter la preuve formelle de l’existence des chambres à gaz. Or, chacun sait que les nazis ont détruit ces chambres à gaz et supprimé systématiquement tous les témoins (France-Soir Magazine, 7 mai 1983, p. 47). Pourtant, en 2007, elle préfacera le grotesque « témoignage » du fier survivant des Sonderkommandos Shlomo Venezia (en collaboration avec cinq personnes), Sonderkommando / Dans l’enfer des chambres à gaz (Albin Michel, 2007, 269 p.).
Etonnante destinée que celle de cette personnalité politique qui, pour commencer, a été enregistrée comme « gazée à Auschwitz » (sic) et qui, pour finir, aura tardivement apporté, dans sa biographie, un candide témoignage qui donne à penser qu’il n’a existé à Auschwitz aucune chambre à gaz homicide. Notre témoin vedette, nous l’avons vu, avait pourtant vécu tout près de la scène du crime. Pendant plusieurs mois. Avec sa mère et sa sœur Milou à proximité d’un crématoire en action. Or, aucune d’entre ces trois femmes n’avait rien remarqué du spectacle proprement dantesque qui, paraît-il, se déroulait jour et nuit avec des fournées d’au moins deux mille juifs, hommes, femmes et enfants, s’engouffrant, en file indienne, par un petit escalier dans un crématoire pour s’y déshabiller et y mourir dans des cris déchirants sous l’effet d’un pesticide déversé, à ce qu’on dit, par des SS dans quatre ouvertures aménagées dans le toit, lui aussi visible de loin ! Pendant tant de jours et tant de nuits, les trois femmes n’ont apparemment RIEN vu, RIEN entendu, RIEN compris, de la tragédie qui se serait déroulée pour ainsi dire sous leurs yeux et à portée d’oreille. Elles constataient que dans ces crématoires on brûlait normalement des cadavres mais elles n’imaginaient pas qu’on y assassinait systématiquement par le gaz des foules de juifs.
Elie Wiesel et S. Veil sont deux extraordinaires témoins d’Auschwitz. Tous deux ont été finalement d’accord pour affirmer qu’on y exterminait les juifs. Mais, pour le premier, cette extermination se faisait par le feu et non par le gaz : les Allemands précipitaient leurs victimes dans des fournaises, en plein air (sic) ! Quant à la seconde, elle dit avoir vécu à Auschwitz-Birkenau pendant près de trois mois à proximité d’un crématoire mais sans comprendre qu’on y gazait des foules de juifs. Aujourd’hui tous deux ont un point commun : ils bénéficient d’une estime, d’un prestige et d’une gloire inégalés et ils sont devenus des icônes de notre temps. Soit ! Mais en quoi sont-ils des témoins de l’existence à Auschwitz de la magique chambre à gaz ? Dans La Nuit, le premier n’a pas même parlé de « chambre à gaz ». Dans Une Vie, la seconde écrit que, même sur place, cette horreur « était si inimaginable que notre esprit était incapable de l’admettre ». Pourtant tous deux se sont mis ultérieurement à y croire mais sans nous dire à partir de quand et pourquoi cette croyance leur est venue. Par la suite, ils se sont même faits les apôtres d’une religion au centre de laquelle on voit que trône la chambre à gaz.
Mais dans ces toutes dernières années, en particulier chez les historiens de « l’Holocauste », il y a de plus en plus d’eau dans ce gaz-là. Serait-ce aussi le cas pour E. Wiesel qui, dès 1994, préconisait déjà qu’on s’abstînt définitivement de toute curiosité sur le sujet ? N’écrivait-il pas alors : « Les chambres à gaz, il vaut mieux qu’elles restent fermées au regard indiscret. Et à l’imagination » (Tous les fleuves vont à la mer / Mémoires, Paris, Seuil, 1994, p. 97 ; Let the gas chambers remain closed to prying eyes, and to imagination, All Rivers Run to the Sea, Memoirs, New York, Knopf, 1995, p. 74 – citations dans mon étude « Les Victoires du révisionnisme (suite) », 11 septembre 2011) ? Serait-ce aussi le cas pour S. Veil ?

Au fond, pour ces deux personnages comme pour nous, le temps ne serait-il pas venu d’enterrer ensemble la magique chambre à gaz ?  
19 mars 2015